Les Bourbonnais sont les habitants du Bourbonnais, une région historique française qui est aussi un ancien duché français disparu en 1790.
L'étendue de son territoire correspond principalement au département de l'Allier, division administrative dans laquelle le gentilé Bourbonnais continue d'être employé pour désigner ses habitantsDe manière officieuse entre 1790 et octobre 2018, puis de manière officielle depuis cette dernière date.. L'appellation actuelle du département de l'Allier dans la communication et le logo du conseil départemental est ..
Ceux-ci sont au nombre de en 2017 et constituent par ailleurs une part du peuple français.
Ethnonymie Bourbonnais, qui s'écrivait anciennement Bourbonnois, provient de Bourbon, nom de la seigneurie qui tire son nom de la localité de Bourbon-l'Archambault. Depuis au moins le , les Bourbonnais sont également appelés BourbonnichonsJacques-Antoine Dulaure, Description des principaux lieux de France, partie, Paris, Lejay, 1789.. Par ailleurs, le terme Bourbonnistes est employé pour désigner les partisans des Bourbons à une époque où leur nom est proscrit en FranceHippolyte-François Jaubert, Vocabulaire du Berry et de quelques cantons voisins, Paris, Roret, 1842..
Une enquête de 2001 réalisée auprès de la population du département de l'Allier, montre que 50 % des habitants se définissent comme Bourbonnais et 35 % comme habitants de l'Allier. En 2018, lors de la consultation publique « Allier 2021, imaginons demain », 70 % des sondés estiment que Bourbonnais est le gentilé idéal. D'autre part, les principaux autres noms alors utilisés pour désigner les habitants sont ÉlavérinsRéunion publique du 22 septembre 2011 sur allier.fr. et AlliérinsLes habitants de votre département ont-ils un nom ?, Liberation, 29 juin 2013Les habitants d’Ille-et-Vilaine ont enfin un nom, Marie Claire, 2013. Le , les noms de Bourbonnais et Bourbonnaise sont finalement officialisés par le conseil départemental.
Proverbe et sobriquet Selon Alfred Legoyt, les bourgeois avaient une tendance démesurée à excéder la limite de leur revenu et même à attaquer la plus pure substance du capital. Aussi, grandes et petites, toutes les maisons étaient-elles à la lettre criblées de dettes. De là le vieux proverbe : « Bourbonichon, habit de velours, ventre de son ». Par ailleurs, dans la première moitié du , les citadins de Moulins appellent « pieds de loups » les émigrants auvergnats qui passent par leur ville ; cela à cause de raisons concernant l'industrie et le commerce.
Anthropologie Origines vignette|centre|Les peuples gaulois dans l'Allier à l'âge du fer. Vert : Arvernes., marron : Éduens, bleu : Bituriges.
Un écrivainDont le nom n'est pas précisé. du décrit de la manière suivante les bourgeois citadins : les habitants de Gannat, dit-il, ont conservé la grossièreté et l'impolitesse des Auvergnats, mais comme eux ils sont actifs et laborieux. Les citadins de Bourbon, Moulins et Vichy, continue-t-il, sont pleins de bonnes manières et de civilité, il se polissent dans le commerce qu'ils ont avec les gens de qualité. Un autre écrivainSon nom n'est pas non plus indiqué. du écrit que l'esprit du bourgeois bourbonnais ressemble à la terre du pays qui est légère et qu'il en est de l'instabilité de ses opinions comme de la rivière d'Allier, qui prend et rend successivement aux riverains les terres que ses eaux détachent.
Avant la Révolution, il y avait en Bourbonnais, d'une part, d'innombrables châtellenies ; de l'autre, une foule de fondations pieuses, cloitres, abbayes, prieurés et maisons monastiques de tous les ordres. Vassal à la fois des barons et des religieux, le paysan vivait de cette double féodalité. Quand la Révolution vint l’émanciper et lui fournir les moyens d'avoir sa part de ce sol qu'il avait longtemps cultivé pour un maître, il ne sut ni ne put en profiter et la propriété presque tout entière passa entre les mains de la grande et petite bourgeoisie.
En 1789, selon Jacques-Antoine Dulaure, les Bourbonnais diffèrent à plusieurs égards de leurs voisins les Auvergnats : ces derniers sont . Alors que les Bourbonnais sont .
Bourgeois La bourgeoisie du Bourbonnais se divise, selon Legoyt, en deux catégories distinctes : celle qui vit dans ses domaines et celle qui habite les villes. Cette division est essentielle et elle repose sur des différences fondamentales. Néanmoins elles ont aussi, dit-il, des points communs : un caractère facile et doux, une grande affabilité, un esprit hospitalier et généreux, une impressionnabilité ardente, une rare mobilité d'idées et une fierté imperturbable via leurs arbres généalogiques dont les racines s'enfoncent de plusieurs siècles dans le passé.
Citadins Les habitants des villes, dit Abel Hugo, se montrent sociables entre eux et empressés de faire accueil aux étrangers. Lors de réunions, les hommes s'y distinguent par des manières affables et polies et les femmes par une conversation spirituelle facile et piquante.
Femmes En Auvergne, la loi romaine avait institué l’infériorité sociale de la femme ; en Bourbonnais, pays de coutume, elle fut de tout temps l'égale du mari. C'est elle qui dispose de la bourse commune, ordonne les dépenses et jouit de toutes les autres prérogatives du pouvoir marital. Elle se charge de toutes les missions difficiles dans lesquelles la fierté ou la faiblesse de son mari pourraient succomber et les accomplit avec bonheur. C'est elle qui, a la Saint-Martin, fait renouveler le bail, qui va chercher de l'ouvrage pour elle et son homme. Enfin, c'est elle qui le défend dans tous les litiges qui peuvent s'élever entre lui et le bourgeois ou les voisins.
En revanche, la femme de la montagne bourbonnaise est à cette époque inférieure au mari, elle le sert a table et n'y prend place qu'après lui.
Paysans D'après Abel Hugo, les paysans de l'Allier sont doux, honnêtes et économes, très attachés à leurs anciens usages, dévoués à leurs familles et religieux jusqu'à la superstition mais charitables envers les pauvres et disposés à pratiquer l'hospitalité. Malgré leur tranquillité apparente, ils sont vifs, gais et adonnés aux plaisirs.
Selon un écrivain de l'AllierSon identité n'est pas divulguée par Abel Hugo., les habitants des campagnes sont moins civilisés que ceux de la ville, on leur reproche d'être tracassiers et d'aimer les procès. Jaloux les uns des autres, les haines qu'ils se portent ne sont ni héréditaires ni de longue durée et cèdent assez tacitement à des moyens de conciliation. Les vengeances vont rarement jusqu'à l'effusion du sang ; elles se bornent le plus souvent au ravage d'un champ, d'un jardin, ou à la destruction d'un arbre. Accablés de travaux sur un sol qui ne leur offre que de faibles moyens de subsistance, ils sont cependant très attachés au lieu qui les a vus naître. Les grains qu'ils récoltent, le charbon qu'ils fabriquent, le beurre et le fromage qu'ils préparent, sont les principales ressources du plus grand nombre. Le gain qu'ils peuvent retirer de ces produits de leur industrie, paraît suffire à leurs besoins ; peu vont chercher au dehors la fortune qui les oublie. Un reproche qui pourrait leur être adressé, dit l'auteur, c'est leur obstination dans certaines pratiques routinières qu'il a été, jusqu'à environ 1835, presque impossible de vaincre. Il leur serait indiqué en vain de nouveaux procédés agricoles, ils cultivent comme faisaient leurs pères. Par ailleurs, la nature leur a donné des formes moins belles qu'aux habitants de la ville, cela est vrai dans plusieurs localités, mais pas dans tout le département.
Le paysan des environs de Ferrière, dit Legoyt, est un homme de haute taille, aux traits rudes, à l'œil grave et à la force athlétique. Il est selon lui généreux, hospitalier, mais violent et vindicatif. Le montagnard bourbonnais n’a guère qu'une seule industrie vers 1842 : propriétaire de quelques arpents de terrain dans les bois de sapin qui couronnent la montagne, il fabrique des coffres, des tables et d’autres meubles qu’il va vendre à Thiers, Gannat et Cusset. Le montagnard bourbonnais a peuplé de légendes les moindres ruines, les moindres rochers de sa montagne. À l'exemple du paysan de la plaine, il croit au diable et aux fées, aux démons et aux mauvais génies.
Propriétaires La classe des petits propriétaires est très nombreuse en Bourbonnais vers 1842 et ils résident presque tous dans leurs domaines. Ce sont généralement d'anciens négociants qui se sont retirés avec 12 à de revenu avec lequel ils s'estiment comblés et à la suite de quoi ils ont une vie faite de flânerie et de plaisir, dans laquelle ils « devisent du tiers et du quart ». Il arrive qu'ils soient maire, adjoint au maire, ou capitaine de la garde nationale. D'autre part, dans ses relations avec le paysan, le petit propriétaire est tout patriarcal. Le gros propriétaire n'a ni les défauts ni les qualités du petit indique Legoyt, celui-ci est un homme politique dans les diverses acceptions du mot : il thésaurise, il spécule, il est membre d'une bande noire particulière au pays et dont les opérations consistent à prêter à forts intérêts à un paysan pauvre qu'on est certain d'exproprier à l'échéance, faute de paiement. Les gros propriétaires dépouillent ainsi régulièrement le peu de paysans propriétaires que renferme la région à cette époque. Du reste, ces messieurs se marient entre eux, ne voient qu'eux, n'estiment qu'eux et sont essentiellement conservateurs.
À la suite de la création des régions administratives dans la seconde moitié du , le département de l'Allier est intégré dans la région Auvergne. Depuis lors, les Bourbonnais sont confondus avec les Auvergnats puisque le gentilé de ladite région étant Auvergnats. La population bourbonnaise représente environ 25 % des habitants de l'Auvergne administrative au début du .
En 2016, d'après le périodique La Montagne, le fait de se sentir Bourbonnais ou Auvergnat dépend des zones géographiques du département. En 2019, selon Claude RibouletQui est alors le président du conseil départemental de l'Allier., lorsqu'on demande à un Bourbonnais s’il se sent Auvergnat, ce n'est pas le cas ; il ajoute que .
Langue
Vers 1835, on parle généralement le français dans le département de l'Allier d'après Abel Hugo. Le langage du peuple des villes est assez correct, mais la prononciation y est lourde et lente, surtout sur les finales. Quant aux habitants des campagnes, ils (standard) auquel ils mêlent un assez grand nombre de locutions vicieuses et d'expressions surannées.
Le terme « bourbonnais » est ambigu : il peut désigner aussi bien les parlers du Croissant du sud du département (langue intermédiaire langue d'oc / langue d'oïl)Philippe Boula de Mareüil, Gilles Adda (Limsi, CNRS), , communication au colloque , Montluçon, 2019, . que les parlers français (langue d'oïl) de la moitié nord du Bourbonnais.. Il est néanmoins généralement utilisé pour désigner les parlers d'oïl.
Religion Leur saint patron est historiquement Gilbert de Neuffonts.
Costumes
Costume masculin L'habillement des habitants de la campagne est simple et commode vers 1835 : une veste ronde, de larges pantalons, des sabots ou de gros souliers, un chapeau à larges bords d'où s'échappent les mèches flottantes de leurs longs cheveux, tel est le costume habituel des hommes d'alorsAbel Hugo, France pittoresque, ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France, tome 1, Paris, Delloye, 1835.. Le paysan des environs de Ferrière portait autrefois une longue blouse blanche et un large chapeau dont il relevait les bords par devant. En 1842 il a remplacé la blouse par une veste blanche à basques très courtes ornée de quatre rangées de boutons métalliques à quatre ou dix boutons par rangée ; le gilet est rouge. Quand il descend en ville, il porte un court et noueux rotin, attaché à l'une des boutonnières de sa veste. Dans les bois de sapin on le voit toujours coiffé du véritable bonnet phrygien.