L'économie de la Polynésie française, collectivité d'outre-mer française, est considérée comme une économie de pays développé du fait de son niveau de PIB par habitant. Le tourisme et la culture de la perle sont les principales activités économiques de ces îles. Certains déséquilibres constituent un handicap pour l'archipel : en 2014, le quart du PIB provenait de cinquante entreprises, dont certaines en situation d'oligopole, qui détenaient 50 % du marché local dans 11 secteurs . D'autres secteurs restent néanmoins plus concurrentiels comme le petit et le gros commerce alimentaire ou l'hôtellerie. En 2012, le retard de développement par rapport à la métropole était estimé à .
Historique
Les transferts de la métropole La Polynésie française est passée d'une économie de comptoir à une économie de garnisonTermes utilisés par Patrick Peaucellier, ministre des finances de 1991 à 2001 (ITW accordée aux Nouvelles de Tahiti 24/10/11). avec l'installation du Centre d’Expérimentation du Pacifique (CEP). Quand le CEP a cessé ses activités, la France a signé le « Pacte de Progrès » avec le gouvernement territorial afin de compenser la perte de ressources financières. Il était initialement prévu pour (1996-2006) et pour un montant d'environ de francs français par an (environ d'euros, environ de francs pacifique par an)Rapport d'inspection dit "rapport Bolliet", 2010.; cette limite a ensuite été reportée et enfin pérennisée en 2010 sous forme de trois dotations.. Les transferts financiers directs de la métropole vers la collectivité Polynésie française en 2006 correspondaient, selon la cour des compteshttp://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPA/20GestionFondsPublicsPolynesie.pdf., à d'euros : d'euros sous forme de subventions et d'euros par le biais des salaires des enseignants. En comparaison la valeur des exportations était de de francs (dont liés aux perles) en 2009.
L'État français publie chaque année le montant des dépenses de l'État en Polynésie française : de francs en 2010, soit d'euros (environ 34 % du PIB soit sensiblement le niveau de la fin des années 1980). Ce montant est essentiellement composé des salaires des enseignants, du versement des pensions aux agents de l'État installés sur le territoire, des coûts des missions régaliennes assumées par l'État : Justice, Sécurité... Aucun impôt ou prélèvement n'est perçu par l'État sur le territoire. Le taux des prélèvements obligatoires (fiscalité et prélèvements sociaux) est de ce fait assez modéré mais a considérablement augmenté, passant de 27 % en 1995 à 38 % du PIB en 2010Synthèse des États généraux de l'outre mer en Polynésie française., du fait notamment de la mise en place de la protection sociale généralisée et de la multiplication d'établissements publics.
Le P.I.B. par tête est d’environ francs CFP (ISPF 2006). Le P.I.B total est de CFP (ISPF 2006)(en 1991 il était de CFP, mais depuis 2006 le PIB réel est en récession d'après les évaluations menées par l'Université de Polynésie française). La Polynésie Française fait partie des pays et territoires les plus riches du Pacifique Sud après l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie.
Monnaie La monnaie utilisée en Polynésie Française est le Franc pacifique (CFP). Depuis le , sa parité est fixe : 100 XPF = 0.8380 euros donc ≈ 119.33 XPF
Structure économique La balance commerciale (hors services) est fortement déséquilibrée : d'importation contre 12,5 d'exportation environ, essentiellement composée des produits perliers (voir graphe). Le secteur marchand représente les deux tiers du PIB. Le secteur tertiaire concentre à lui seul les trois quarts du PIB marchand. Secteur primaire
Secteur agricole et pêche La pêche et l'exploitation du coprah (huile de coco) sont les deux principales activités traditionnelles. Tahiti exporte aussi de la vanille, des fruits, de l'ylang-ylang, des fleurs, du monoï, des poissons et bénitiers d’aquarium et du noni.
Perliculture À la suite de la chute massive de la production des huîtres nacrières (pour la fabrication en Europe des boutons de nacre) et perlières naturelles au cours du – passant vers 1920 de l'ordre de par an de nacre brute à exportées vers 1975 en raison de la surexploitation des stocks naturellement présents dans les lagons L'Huître nacrière et perlière en Polynésie française : mutation de l'exploitation par André Intès dans La Pêche maritime de mars 1984. –, la perliculture, fut expérimentée dans les années 1970 mais n'a vraiment été lancée que dans les années 1990. Elle consiste à placer une bille de nacre blanche généralement importée du Mississippi dans l'huître. Celle-ci la recouvrira de sa propre nacre deux ans plus tard. La perle de Tahiti a des reflets vert-paon ou mauve aubergine, voire argent, or ou bleutés. Certaines sont même d'un gris profond et lustré. La perle de Tahiti jouit sur le marché international d'une excellente réputation de qualité et constitue de fait un étalon auquel sont comparées toutes les productions perlicoles à travers le monde. Cette activité assure une rémunération à personnes et a généré un chiffre d'affaires de CFP en 2004. Le Japon et Hong Kong sont les premiers importateurs suivis de l'Europe et des États-Unis. Le prix moyen de vente au gramme chute ces dernières années, plongeant ce secteur dans une récession sans précédent. En 2013, le secteur enregistre cependant sa première hausse depuis cinq années (hausse de l'ordre de 10 %). Le prix de la perle atteint ainsi son niveau le plus haut depuis 2008 Source : ISPF .
Industrie Elle repose essentiellement sur quatre pôles : agroalimentaire, construction navale et biens intermédiaires pour le bâtiment et des activités de transformation (meubles, textile, imprimerie...). Le secteur industriel représente 9 % du PIB marchand en 2006ISPF Divers secteurs sont protégés par une taxe de développement local à l'importation (TDIL) qui frappe les produits importés concurrents (entre 2 % et 82 % de taxe). Environ entreprises (dont dans l'agro-alimentaire) sont présentes et génèrent un chiffre d'affaires de l'ordre de de francs pacifique. L'artisanat représenterait environ personnes, environ artisans étant recensés par la Chambre de commerce, d'industrie, des services et des métiers (CCISM).
Électricité
La production et la distribution d’électricité en Polynésie française sont assurées en grande majorité par l’opérateur Électricité de Tahiti (28 communes desservies sur 48, couvrant près de 90 % de la population).. Le mix de production est principalement thermique, mais comporte une part importante d’énergies renouvelables, de l’ordre de 25 à 30 % par anhttp://www.edt.pf/a-propos-dedt/ (contre 16,1 % pour la France et 23,4 % pour l’Union Européenne en 2012)http://www.energies-renouvelables.org/observ-er/stat_baro/barobilan/barobilan13-fr.pdf. Le record atteint sur le périmètre d’Électricité de Tahiti est établi à 65,8 %, pour la journée du http://www.edt.pf/communique-de-presse-edt-gdf-suez-la-part-des-energies-renouvelables-a-tahiti-a-atteint-658-le-11-11-2015/. La pointe de puissance appelée sur le réseau public de l'île de Tahiti a atteint un maximum en 2010, avec http://www.carbone4.com/download/polynesie/Schema_Directeur_Polynesie.pdf
D'une manière générale les coûts de production sont très élevés, du fait de la petite taille des systèmes et de leur caractère insulairerapport de la CTC sur le service public de l'énergie 1998-2008. Ce phénomène est amplifié dans les îles autres que Tahiti. Par un mécanisme de péréquation et de contrôle des prix, le tarif de vente de l'électricité est cependant le même quel que soit le lieu (à Tahiti ou dans une autre île). Les tarifs de l'électricité ont connu une réforme avec l'avenant au cahier des charges de la concession d'Électricité de Tahiti, en date du , qui doit mener à une nouvelle baisse de prix au . et répondre aux exigences de transparence des coûts formulées tant par la Commission de régulation de l'énergie. que par le Tribunal Administratif de la Polynésie françaiseJugement du 13 juin 2013.
Thermique Il y a au minimum une centrale de production thermique par île bénéficiant d’un réseau de distribution. La principale d’entre elles est la centrale de Punaruu, sur l’île de Tahiti, qui compte électrogènes totalisant installés. Le prix du fioul et du gazole qui sont utilisés pour la production électrique bénéficient d'une part, du fonds de régulation des prix des hydrocarbures (FRPH) et d'autre part, du Fonds de péréquation des prix des hydrocarbures (FPPH). Ces mécanismes permettent de lisser le prix des carburants destinés à la production électrique pour éviter les variations trop fréquentes des prix de l’électricité, et d'appliquer des tarifs du kWh identiques dans toute la Polynésie française. En outre, sur la moyenne, le FRPH a pour effet de subventionner les prix des hydrocarbures destinés à la production électrique, afin d'en modérer l'impact sur les usagers de l'électricité. Le gouvernement de la Polynésie française a toutefois annoncé son intention de mettre un terme au mécanisme du FRPH afin de rétablir une vérité des prix sur les hydrocarbures destinés à la production électrique, et de supprimer les subventions croisées entre différents consommateurs d’hydrocarburesPlan de transition énergétique 2015-2030).
Hydraulique L’hydroélectricité représente la principale source d’électricité issue des énergies renouvelables en Polynésie française. Certaines îles disposent de centrales hydrauliques datant des années 1980 ou 1990L'ère de l'hydroélectricité, la dépêche du 9 septembre 2008 (Tahiti, Hiva Oa, Nuku Hiva, Fatu Hiva) mais seule Tahiti dispose de capacités significatives, du fait des installations de Marama Nui, filiale d'Électricité de Tahiti ( produisant environ 30 % de l'électricité de l'ile)D'après Électricité de Tahiti.
Photovoltaïque Le programme Photom, cofinancé par la Polynésie française et l'ADEME, et lancé en 1997, a permis à près de familles non raccordées à des réseaux de distribution, essentiellement aux Tuamotu, de se doter d'un générateur solaire d'une puissance moyenne d', pour une puissance totale installée d’environ .
Par ailleurs, en 2009, la Polynésie française a posé le cadre réglementaire du rachat des énergies renouvelables par les distributeurs d'électricité (Arrêtés 901 et 902 CM du ). Entre le et le , ce cadre s’est accompagné de tarifs de rachat incitatifs sur l’électricité photovoltaïque, de 35 à 45 F/kWh, garantis sur . Le nombre d’installations raccordées aux réseaux publics de distribution est ainsi passé d'à peu près 0 en 2008 à plus de 1400 en 2015. Toutefois, en raison du surcoût qu’imposaient ces rachats aux autres consommateurs d’électricité, le gouvernement a ramené le prix du kWh solaire injecté sur le réseau au niveau des coûts de production (sortie usine) du kWh thermique, soit 15,98 XPF/kWh pour Tahiti et 23,64 XPF/kWh pour les autres îles. Le développement des installations solaires n’a cependant pas cessé, l’autoconsommation permettant toujours de faire diminuer la facture d’électricité sur les tranches de consommation hautes, les plus onéreuses. L’activité reste en outre soumise à diverses mesures de défiscalisation, sur le matériel notamment.
Enfin, disposent de centrales hybride solaire-thermique : Makatea (2006), Ahe (2010), Fangatau (2010), Fakahina (2010), Napuka, Reao, Tatakoto (2011) réalisées sur fonds publics (Polynésie française, ADEME, FED) Au total, la production d’électricité photovoltaïque représente une part inférieure à 4 % de la production électrique totale de Polynésie française (dont 1,6 % pour le solaire injecté sur le réseau, et 2,2 % environ pour le solaire autoconsommé).
Éolien Avec la fin de l'exploitation de l'éolienne de Rurutu en 2008, Makemo est la seule île à être théoriquement alimentée par des éoliennes. Celles-ci sont toutefois en incapacité de produire depuis 2010..
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