Le Curly, officiellement North American Curly Horse et anciennement American Bashkir Curly, est une race de chevaux de selle au poil bouclé, originaire des États-Unis. Ses origines ne sont pas connues mais sa présence est constatée aux États-Unis à partir des années 1800. La sélection de la race débute à la fin du , dans le Nevada. En raison du très faible effectif originel, les premiers chevaux Curly ont été croisés avec d'autres races, ce qui en fait un cheval à la morphologie peu homogène. Le premier stud-book est créé en 1971.
Ses caractéristiques principales sont uniques, puisque c'est un cheval adapté aux climats froids, seule race chevaline systématiquement dotée d'un poil bouclé. Contrairement à une croyance populaire répandue, il n'est pas démontré que le Curly serait hypoallergénique.
Le Curly est également un animal polyvalent, apte à la pratique de toutes les disciplines équestres. Avec un effectif mondial situé entre et en 2012 et 2013, il reste rare. La race s'exporte hors de son pays natal, notamment vers l'Allemagne et la France, où elle est reconnue depuis 2011.
Étymologie et terminologie Le nom (ou ) est d'origine russe. Il est attribué à cette race américaine par la famille Damele lors de la fondation du premier registre généalogique en 1971, par analogie avec les chevaux de Sibérie élevés par le peuple Bachkir en Oural du Sud. Les Damele croient, sur la base d'un dessin, que leurs chevaux proviennent des montures des Bashkirs, qui ont elles aussi le poil frisé.
Des recherches plus récentes prouvent l'absence de relation entre ces deux races : seuls quelques chevaux Bashkirs ont un poil bouclé, en raison de croisements avec le Lokaï. Ce nom est toutefois longtemps resté associé à la race américaine. Aux États-Unis, ce cheval est aujourd'hui reconnu sous le nom de . En France, il est plus simplement appelé « Curly ».
Histoire vignette|gauche|Cheval Curly de robe palomino.|alt=Photo d'un cheval au pas dans un enclos. Origine Les origines du Curly sont assez obscures et il est difficile de connaître sa provenance exacte. Ce n'est pas un cheval génétiquement modifié qui aurait été spécialement créé pour les personnes allergiques, contrairement à une croyance populaire.
À l'époque où l'on croyait que cette race provenait de Russie, quelques théories ont évoqué des chevaux mongols qui auraient traversé le détroit de Béring dans des temps anciens, sans la moindre preuve historique. La race reste un mystère car une grande majorité des chevaux américains provient de colons européens.
Il est possible que des chevaux au poil bouclé aient été amenés par les Russes pendant la colonisation de l'Alaska et d'une partie de la côte ouest des États-Unis. Une race de chevaux frisés, dont des représentations trouvées en Asie centrale remontent au , survit en effet dans celle du cheval Bachkir, dont les spécimens ne sont pas toujours frisés. D'après l'ouvrage Imperial Russia in Frontier America, des chevaux russes ont été importés en nombre réduit de la fin du aux , mais les rudes conditions climatiques ont entraîné une mortalité élevée. Des spécimens se seraient échappés ou auraient fait l'objet de commerce avec les peuples amérindiens, un groupe aurait survécu dans le Nevada. Une autre théorie russe attribue l'origine du Curly à un étalon de race Lokaï qui a été exporté de la Russie vers les États-Unis en 1874... et a pu servir à des croisements. Plus récemment, la théorie d'une origine exclusivement russe a été remise en cause par la découverte de documents iconographiques.
Les premiers écrits attestant la présence de chevaux aux poils bouclés datent des années 1800. Leur présence est attestée en Autriche, en Amérique du Sud, où elle est relevée par Charles Darwin, et en France vers 1850. Aux États-Unis, l'existence de chevaux bouclés est attestée en 1800 ou 1801 par une gravure qui évoque l'hiver où les Sioux ont dérobé des chevaux Curly aux Crows. Certains chevaux élevés par les nations amérindiennes ont le poil frisé et sont réputés être plus fiers et plus courageux. Des dessins datant de 1801 et 1804 décrivent les peuples Sioux et Lakotas et montrent des chevaux frisés. Les chefs de tribus et les chamanes indiens les élèvent soigneusement, et les considèrent comme sacrés. Ils les nomment « chevaux bisons », par analogie avec le poil bouclé des bisons. Les Curlys sont employés pour les migrations, les guerres et la chasse aux bisons. Le chef Red Cloud en a dessiné dans une scène décrivant la bataille de Little Big Horn contre le Général Custer. Par la suite, les chevaux bouclés sont perdus, les ranchers américains les croisent avec d'autres animaux, notamment des Quarter Horses.
En 1898, la famille Damele trouve plusieurs chevaux aux poils bouclés dans les montagnes du Nevada, près d'Austin. Elle rassemble ces animaux dans son ranch, ils deviennent la principale population souche de la race Curly aux États-Unis.
La famille Damele perd la plupart de ses chevaux en 1932, après un hiver particulièrement rigoureux. Parmi ceux qui restent en vie se trouvent tous les Curly, preuve de leur résistance au froid. L'hiver 1951-1952, lui aussi particulièrement rude, montre que les Curly sont les seuls chevaux capables de survivre sans supplément de nourriture. Benny Damele décide de se spécialiser dans l'élevage extensif de ces animaux, il croise ses mustangs au poil bouclé avec d'autres chevaux de diverses races issus de son cheptel : Pur-sang arabe, American Saddlebred et Morgan. Son affaire prospère et il vend ses bêtes dans tous les États-Unis, popularisant ainsi la race.
L'hétérogénéité des chevaux avant les interdit toute création de registre généalogique. Le premier registre de la race, , est fondé en 1971 afin de la préserver. Les premiers standards sont fixés. Au vu du très petit nombre de sujets, les premiers Curly sont croisés avec quatre races différentes : l'arabe pour son endurance, le Morgan pour sa conformation similaire à celle du Curly, l'appaloosa et enfin le Missouri Fox Trotter pour ses allures particulières, mais peu de Curly présentent aujourd'hui cette caractéristique. Dans les années 1990, le registre est fermé aux croisements. L' est alors créée pour les éleveurs souhaitant continuer à croiser le Curly et à diversifier les lignées. Le est ensuite créé dans l'optique d'élever un Curly pour le sport, c'est-à-dire les différentes disciplines équestres pratiquées en compétition. Le Curly se répand grâce à son facteur hypoallergénique, permettant aux cavaliers allergiques de côtoyer des chevaux à nouveau.
Description vignette|Un Curly gris pommelé au galop.|alt=Un cheval gris de profil galope dans son paddock. Si le Curly est essentiellement distingué par son pelage, la race possède d'autres caractéristiques uniques. Les recherches réalisées en 1984 prouvent ainsi l'existence de groupes sanguins très rares. C'est typiquement un cheval adapté aux climats froids, grâce à ses naseaux peu ouverts et à l'épaisse couche de graisse qu'il développe en hiver sous sa peau. Il dispose d'une capacité de ventilation supérieure à celle des autres chevaux, lui conférant une meilleure oxygénation des muscles.
Morphologie
Du fait des croisements effectués sur la race, le Curly peut présenter différentes conformations, tailles et poids. C'est généralement un cheval de taille moyenne, bien charpenté. Sa toise se situe entre et au garrot ( à le plus souvent), pour un poids compris entre et environ. Il ressemble assez au Morgan, une autre race américaine. Selon les lignées, il peut être plus proche du Quarter Horse et posséder comme lui le sens du bétail, ou bien se rapprocher du cheval de sport, voire du cheval d'allures.
Tête vignette|gauche|Tête d'un Curly, avec les poils bouclés sortant des oreilles.|alt=Photo de la tête de profil d'un cheval isabelle aux crins bouclés harnaché de son filet. vignette|droite|Gros plan sur la crinière bouclée d'un Curly|alt=Photo de la tête d'un cheval de face, les crins bouclés. Sa tête est de taille moyenne avec un bout de nez et des ganaches bien définies. Le chanfrein est large, avec de grands yeux en amande à l'apparence somnolente, comme ceux du cheval oriental. Les naseaux sont étroits et la mâchoire est solide. La croyance populaire veut que le Curly ait un champ de vision plus large que les autres chevaux, notamment au niveau de sa croupe. Les oreilles sont courtes et dotées d'un poil bouclé à l'intérieur.
Avant-main, corps et arrière-main L'encolure est de longueur moyenne. Les épaules sont puissantes et arrondies. Le dos est court, musclé, et possède le plus souvent cinq vertèbres lombaires, soit une de moins que la plupart des autres races de chevaux. La croupe est ronde et peu inclinée à la base de la queue. La queue est attachée haut et peut être portée très relevée.
Membres Les jambes sont fines, avec des genoux plats, mais ses os sont très denses. Les sabots sont bien ronds, souvent noirs, durs, denses et proportionnels à la taille de l'animal . La plupart des animaux n'ont pas de châtaignes aux membres, ou celles-ci sont très petites et peu apparentes.
Poil et peau La caractéristique principale de la race se situe au niveau de son poil. Comme le nom de la race l'indique, celui-ci est bouclé. L'ensemble du corps est recouvert d'une toison qui peut être décrite comme ondulée, bouclée ou micro-bouclée . La crinière, bien répartie de chaque côté de l'encolure, présente différents degrés de frisure allant du crépu à l'ondulé. Il en est de même avec la queue. L'été, une bonne partie des poils et des crins tombent avec la mue. Ils repoussent à l'automne en prévision de l'hiver. Seuls les poils des oreilles et des boulets restent frisés toute l'année. La peau est épaisse. Il existe quelques Curly dits , à poils courts semblables à ceux des autres chevaux. Les crins sont assez fragiles, et demandent des soins réguliers (démêlage, shampoing nourrissant) à qui souhaite en conserver l'esthétique.
Ces frisures sont dues à une mutation faux sens du gène KRT25 (kératine gène 25), le variant p.R89H ; cependant, une autre mutation pourrait être impliquée chez certains chevaux..
Allégations d'hypoallergénie
Il a longtemps été répété que le Curly serait doté d'un facteur hypoallergénique, allégation qui n'est pas scientifiquement démontrée. En 2015, une étude allemande menée sur , avance que les cavaliers allergiques aux chevaux présentent moins de réactions en présence de Curly et peuvent se désensibiliser à l'allergie aux poils équins au contact de ces chevaux.. Une étude de cas allemande, en 2017, porte sur un cavalier allergique aux chevaux qui est devenu tolérant après six mois au contact d'un Curly..
En 2018, Eva Zahradnik et son équipe mesurent les taux d'allergènes contenus dans la peau et le poil de différentes races de chevaux : .. En 2020, une nouvelle étude sur allergiques côtoyant des chevaux Curly et non-Curly arrive à la conclusion que , mais aussi que . L'étude en conclut que ..
Une explication avancée par les éleveurs de Curly serait que l'hypoallergénie se situe au niveau de la peau et non du poil. Les protéines contenues dans les squames de la peau seraient allergènes. La peau du Curly contiendrait un très faible taux de ces protéines allergènes. Enfin, les témoignages évoquent une odeur différente de celle des autres chevaux chez le Curly, conséquence de la spécificité de sa peau et de son pelage.
Robe
vignette|L'alezan est la couleur de robe la plus fréquente.|alt=Photo de la tête d'un cheval au pelage bouclé dans un box paillé. Toutes les robes sont admises et les marques, blanches ou primitives, sont présentes sans restrictions. L'alezan est la couleur la plus fréquente, mais en plus des robes simples, le Curly peut également présenter des robes pie et tachetées.
Tempérament, entretien et allures