Jean François Macé, né le à Paris (ancien 3 arrondissement) et mort le à Monthiers (Aisne), est un pédagogue, écrivain, enseignant, journaliste et homme politique français.
Issu d'un milieu ouvrier, franc-maçon, il est l'un des fondateurs de la Ligue de l'enseignement, promouvant une éducation gratuite, universelle et laïque. De 1883 jusqu'à sa mort, il est sénateur à vie au Sénat de la Troisième République.
Biographie Fils d’une famille d'ouvriers (son père est conducteur de voitures de roulage), Jean Macé poursuit une excellente scolarité au collège Stanislas de Paris. Très tôt, il travaille entre autres pour le journal La République.
Contraint de quitter Paris après le coup d'État du 2 décembre 1851 de Louis-Napoléon Bonaparte, il trouve refuge en Alsace (à Beblenheim, Haut-Rhin), où il applique sa conception de la pédagogie dans une école de jeunes filles. Enseignant, il a l’idée d’écrire pour les enfants des ouvrages de vulgarisation scientifique, comme L’Histoire d’une bouchée de pain, lettres à une petite fille sur nos organes et nos fonctions, publié en 1861 et qui connaît un grand succès. Il écrit aussi des articles dans L'Économiste français, hebdomadaire économique fondé en 1862 par Jules Duval (1813-1870).
Il œuvre pour l’instruction des masses en fondant le Magasin d'éducation et de récréation en 1864 avec l'éditeur Pierre-Jules Hetzel, puis en créant la Ligue de l'enseignement en 1866, qui se bat pour l’instauration d’une école gratuite, obligatoire et laïque. C'est à cette époque qu'il se lie d'amitié avec l'officier Louis-Nathaniel Rossel (futur délégué à la guerre de la Commune de Paris), partisan de l'éducation des classes ouvrières, puis Maurice Berteaux, député de Seine-et-Oise.
vignette|Tablier brodé et cordon de maître franc-maçon de Jean Macé.
Il est élu sénateur inamovible en 1883.
Il meurt et est inhumé à Monthiers. Ses cendres seront transférées à Beblenheim. le . Toutefois, un cénotaphe continue de perpétuer sa mémoire au cimetière de Monthiers.
Engagements Jean Macé est un adepte du fouriérisme, duquel il retient les principes de coopération et de solidarité. Faisant de l'école gratuite et laïque son cheval de bataille, il fait paraître sous pseudonyme Lettres d’un paysan d’Alsace à un sénateur sur l’instruction obligatoire dans le journal L’Industriel alsacien.
Sans être lui-même spirite, c'est pourtant avec l'aide de Pierre-Gaëtan Leymarie (comptable et chez qui elle est domiciliée), Camille Flammarion (président) ou Emmanuel Vauchez (secrétaire) qu'est fondée l'antenne parisienne de la ligue de l'enseignement.
Avant cela, en , il est initié à la loge maçonnique de Mulhouse. Il est présenté aux loges de de Colmar et devient même membre des de Strasbourg en 1869. À la suite de la défaite de 1870, il influence le Grand Orient de France et lui donne une orientation davantage patriotique et chauvine. De plus, il finit par devenir membre d'honneur de la loge nancéienne « Saint-Jean-de-Jérusalem » en 1884.
Publications Premier, deuxième, troisième et quatrième discours d'un vrai républicain [signé Jean Macé, garde national du ], impr. de Claye et Taillefer (Paris), 1848, .
L'Arithmétique du grand papa : histoire de deux petits marchands de pomme (), J. Hetzel (Paris), 18.., . Histoire d'une bouchée de pain, ill. par Lorentz Froelich, J. Hetzel (Paris), 18.., . Les Serviteurs de l'estomac pour faire suite à l'histoire d'une bouchée de pain , J. Hetzel (Paris), 1861, Contes du Petit-Château, J. Hetzel (Paris), 1862, . Le Fils de Giboyer, impr. de C. Decker (Colmar), 1863, . Histoire d'une bibliothèque communale, impr. de C. Decker (Colmar), 1863,. Conseils pour l'établissement des bibliothèques communales, Hetzel (Paris), 1864, . Le Génie et la petite ville, [conte pour les grands enfants], Hetzel (Paris), 1868, . La Grammaire de mademoiselle Lili, [vignettes par Lorentz Froelich (1820-1908), gravure par Charles-Émile Matthis (1838-1893)], J. Hetzel (Paris), 1878, . L'avènement du suffrage universel, A. Cinqualbre (Paris), 1879, .
Récompenses et distinctions Décorations ()Jean François Macé dans la base de données Léonore..
Hommages vignette|Buste de Jean Macé, photographie de presse (négatif sur verre), Agence Roll, 1912. En 1869, Jules Verne, auteur contemporain également édité chez Hetzel et co-directeur avec Hetzel et Macé du Magasin d'éducation et de récréation, met l'ouvrage de Jean Macé intitulé Les Serviteurs de l'estomac entre les mains du Arronax dans Vingt Mille Lieues sous les mersVingt Mille Lieues sous les mers, éditions Hachette 1977, .. Il le mentionne aussi dans le chapitre X de Paris au XXe siècleAlexandre Tarrieu, Dictionnaire des personnes citées par Jules Verne, vol. 2 : F-M, éditions Paganel, 2021, . Un monument à Jean MacéPhoto de la statue de Jean Macé dans le site Paris 1900. L'art nouveau., réalisé par André Massoulle, fut inauguré le sur la place Armand-Carrel dans le de Paris Détails dans le site personnel Yannick Deshogues.com : Un siècle d'hommages.. Les éléments de bronze ont été fondus sous l'Occupation. Le piédestal du monument est resté en place pendant un certain temps, puis a été remplacé en 1961 par une borne de granit comportant un médaillon de bronze réalisé par Albert David. La place Jean-Macé lui est dédiée à Lyon ; la mairie du et un marché s'y trouvent. Une gare et un arrêt de métro portent le même nom. La place Jean-Macé lui est également dédiée à Cocheren en Moselle, ainsi qu'un collège et le gymnase municipal. La médiathèque de Château-Thierry lui est dédiée. L'école primaire et maternelle et la résidence HLM Jean Macé à Limoges sont nommées en son honneur. La ville de Nantes a une place Jean-Macé, qui se situe dans le quartier de Chantenay. La ville de Clichy possède un collège au nom du pédagogue, situé rue Gaston Paymal. En 2015, Jean Macé est le vingt-et-unième personnage le plus célébré au fronton des d'enseignement français : son identité a été attribuée à , collèges et lycées, derrière Saint Joseph (880), Jules Ferry (642), Notre-Dame (546), Jacques Prévert (472) et Jean Moulin (434).. En 2016, à l'occasion des cent-cinquante ans de la Ligue de l'enseignement, l'exposition se tient à l'Hôtel du département du Bas-Rhin. Une rue porte son nom dans le .
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie « Portrait et biographie de Jean Macé », édité par la Ligue de l'enseignement, Librairie de la France scolaire, 1895, texte intégral. Prosper Alfaric, Jean Macé, fondateur de la ligue française de l'enseignement, Le Cercle parisien, Paris, 1955, 128 p.
Gabriel Compayré, Jean Macé et l'instruction obligatoire, P. Delaplane, Paris, 1903 ?, 104 p. Arthur Dessoye, Jean Macé et la fondation de la Ligue pour l'enseignement, Marpon et Flammarion (Paris) , , texte intégral. Arthur Dessoye, « Jean Macé », dans : Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire par Ferdinand Buisson, Hachette (Paris), 1911, Texte intégral en ligne, disponible dans le site de l'Institut français de l'Éducation. Jean Michel Ducomte, Jean Macé, militant de l'éducation populaire, Privat, Toulouse, 2015, 288 p., . Alain Froidefond, " Jean Macé, professeur de République " , l'Harmattan, Paris, 2016, 297 p., . Huguette Gilg, Marlène Laengy, Marie-Louise Jost et al., Un village, un homme, une idée, Jean Macé, Mairie de Beblenheim, 2003, 25 p. (éd. en complément de l'exposition consacrée à l'œuvre de Jean Macé à l'occasion des Journées du patrimoine, 20 et , Beblenheim) André Lefebvre, « Jean Macé », [communication du ].Texte intégral. . Édouard Petit, Jean Macé : sa vie, son œuvre, A. Quillet, s.d., 531 p. Roland Remer, Jean Macé et les origines messines de la Ligue de l'enseignement, Éd. Serpenoise, Metz, 2004, 213 p., .
Articles connexes Ligue de l'enseignement Magasin d'éducation et de récréation Louis Rossel Les Frères réunis
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