Iso Rae, née à Melbourne en 1860 et morte à Brighton en 1940, est une peintre et dessinatrice impressionniste australienne.

Formée à la National Gallery of Victoria Art School de Melbourne par Frederick McCubbin et Jane Sutherland, Rae se rend en France en 1887 avec sa famille et y passe la majeure partie de sa vie. Membre de longue date de la colonie artistique d'Étaples, Rae vit dans ou près du village d'Étaples des années 1890 jusqu'aux années 1930. Pendant cette période, Rae expose ses peintures à la Royal Society of British Artists, à la Royal Institute of Oil Painters et au Salon de Paris. Pendant la Première Guerre mondiale, elle est membre du détachement d'aide volontaire et travaille pendant toute la guerre au camp de base de l'armée d'Étaples. Elle et Jessie Traill sont les seules femmes australiennes à vivre et à peindre en France pendant la guerre, mais elles ne sont pas incluses dans le premier groupe d'. Après l'arrivée au pouvoir d'Hitler, Rae s'exile dans le sud-est de l'Angleterre, où elle est meurt en 1940.

Biographie Jeunesse et formation en Australie puis en France Iso Rae naît à Melbourne en Australie le . Elle est la plus jeune fille d'émigrants écossais : Thomas Rae, fabricant, et son épouse Janet Love..

Rae étudie à la National Gallery of Victoria Art School de 1877 à 1887, où elle a comme professeurs George Folingsby et Oswald Rose Campbell. Rae a un certain succès académique lors des expositions étudiantes, recevant des prix et la reconnaissance du jury à plusieurs reprises, aux côtés de ses camarades comme Rupert Bunny, , Frederick McCubbin, Jane Sutherland et May Vale.. Rae rejoint et expose avec la entre 1881 et 1883..

Début de carrière à la colonie d'artistes d'Étaples vignette|Procession à Étaples(1913, collection publique). En 1887, Rae se rend en France et s'installe à Paris avec sa mère Janet et sa sœur Alison. Elles y vivent pendant trois ans, avant que la famille ne déménage dans la colonie d'artistes du village de pêcheurs d'Étaples, dans le nord de la côte française.

Au cours de cette première partie de sa carrière, Rae expose des œuvres en Australie et en Nouvelle-Zélande, tout en restant en Europe. Parmi ces expositions, la « » (« exposition de la Nouvelle-Zélande et des mers du Sud ») à Dunedin en 1889 et la Victorian Artists' Society de 1896, où elle présente plusieurs de ses paysages.

Iso Rae devient une résidente permanente de la colonie d'Étaples. Là, elle travaille aux côtés d'un certain nombre d'autres artistes australiens, dont Hilda Rix Nicholas, Rupert Bunny, James Peter Quinn, Edward Officer, ainsi qu'avec d'autres qui se sont intéressés au travail des Australiens, comme le Français Jules Adler...

À la fin des années 1890, Rae expose régulièrement à la Royal Society of British Artists et à la Society of Oil Painters. Ses tableaux représentent souvent des scènes de tous les jours : elle remporte le troisième prix de son année de fin d'études avec une peinture , tandis que deux décennies plus tard, elle expose en Australie un tableau d'une fille de la classe ouvrière charriant de l'eau au crépuscule.

Tout en vivant à Étaples, Rae expose régulièrement au Salon de Paris, et son succès est rapporté dans la presse australienne. Elle y expose des œuvres à de nombreuses reprises, notamment en 1908, 1909., 1910, 1911., 1912., 1913. et 1914.. Par la suite, des tableaux de sa sœur sont également exposés.

Première Guerre mondiale vignette|Camp for the German Wounded (1917, ). Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, certains Australiens, dont Hilda Rix Nicholas, fuient en Angleterre. Mais Iso Rae et Jessie Traill rejoignent le détachement d'aide volontaire.. Elle travaille dans les hôpitaux, y compris dans un centre de convalescence à Roehampton (banlieue de Londres) en ., puis plus tard dans un hôpital militaire à Rouen, en France.. Traill et Rae deviennent les seules femmes artistes australiennes à dépeindre la guerre en étant en France. Lorsqu'en 1918, l'Australie nomme pour la première fois des , seize hommes sont choisis ; pourtant en France toute la durée du conflit, elles n'en font pas partie.

Elle documente néanmoins de manière prolifique l'expérience de la guerre dans sa ville de résidence, créant plus de deux cents dessins. La plupart d'entre eux représentent le camp de base de l'armée d'Étaples, , qui, à son zénith, abritait environ , y compris des services hospitaliers pouvant accueillir jusqu'à . La plupart des dessins sont des scènes nocturnes, peut-être parce que pendant la guerre, Rae et sa sœur travaillent toutes les deux au détachement d'aide volontaire et ont peu de temps libre pendant la journée. Peu de ces œuvres ont été acquises par des galeries publiques : l'historienne de l'art Sasha Grishin affirme qu'elles étaient

Exil en Angleterre et mort vignette|redresse=0.5|La sépulture de Janet Rae. La mère de Rae, domiciliée à Étaples, y meurt en 1916 et est inhumée au cimetière du Touquet-Paris-Plage...

Les sœurs y restent jusqu'aux années 1930, lorsque la montée en puissance d'Hitler les incite à déménager en Angleterre. Elles s'installent à St Leonards-on-Sea, une ville balnéaire dans le sud du pays.

Iso Rae meurt à l'hôpital psychiatrique de Brighton le à l'âge de 79 ans.

Œuvre La conservatrice de musée Betty Snowden a passé en revue la collection de dessins d'Iso Rae de la Première Guerre mondiale. Elle a observé l'influence du mouvement postimpressionniste auquel Rae a été exposée lors de son arrivée en France, et son attention sur la régimentation et les tensions de la vie dans les camps. Snowden a écrit :

vignette| au camp militaire britannique d'Étaples (1916, Mémorial australien de la guerre). Le Mémorial australien de la guerre contient onze œuvres d'Iso Rae, dont (« File d'attente au cinéma »), que Snowden a décrit comme une

L'évaluation de l'œuvre d'Iso Rae par les historiens de l'art varie. Elle a été critiquée pour avoir laissé son style impressionniste devenir extrême au point de distraire visuellement le spectateur de ses sujets, mais cette même approche a été considérée par un autre critique comme charmante et présentant .

Rae n'est pas incluse dans le (« Dictionnaire des femmes artistes en Australie ») de Max Germaine., ni dans (« Exposition des tableaux des dames ») de Caroline Ambrus., pas plus que dans le d'Helen Topliss..

Néanmoins, le marché secondaire des œuvres de Rae a été relativement fort, avec une œuvre vendue en 2012 pour , contre une estimation pré-enchères des deux tiers de cette somme.. Les œuvres de Rae sont conservées dans les collections de la National Gallery of Australia, National Gallery of Victoria, et au Mémorial australien de la guerre déjà mentionné. En dehors de l'Australie, son travail est conservé au musée du Touquet-Paris-Plage..

Œuvres dans les collections publiques Étaples, musée Quentovic d'Étaples : Le Tambour de la ville et le garçon brasseur, pastel sur papierLe Tambour de la ville et le garçon brasseur, Musenor. Jeune enfant, huile sur toileJeune enfant, Musenor. Étaples, vapeurs sur le pont-rose, huile sur toileÉtaples, vapeurs sur le pont-rose, Musenor. Low Tide Etaples, huile sur toileLow Tide Etaples, Musenor. Le Touquet-Paris-Plage, musée municipal : Procession à Étaples, huile sur toile, 1913 Les Rogations, huile sur toile, non datée

Hommage La ville d'Étaples lui a rendu hommage en donnant son nom à une voie de la commune, la rue Isobel Rae.

Galerie

Notes et références

Notes

Références

Annexes Bibliographie . . . .

Liens externes

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