La rue des Saints-Pères est une voie de Paris. Elle marque une partie de la limite entre le 6 et le arrondissement auquel appartiennent les numéros pairs.
Situation et accès Grossièrement orientée nord-sud, longue de , elle commence au 23, quai Malaquais et au 1, quai Voltaire et se termine au 8, rue de Sèvres. Elle est à sens unique dans le sens nord-sud.
Elle est desservie par la ligne 4 aux stations Saint-Sulpice et Saint-Germain-des-Prés et par les lignes 10 et 12 à la station Sèvres - Babylone.
Origine du nom Son nom provient de l'altération de « Saint-Pierre », qui est le nom d'une ancienne chapelle de l'ancien hôpital de la Charité, détruit en 1935 pour laisser place au centre universitaire des Saints-Pères, ou campus Saint-Germain-des-Prés« Rue des Saints-Pères », Nomenclature officielle des voies de Paris, www.v2asp.paris.fr..
L'écrivain et journaliste Auguste Vitu (1823-1891), quoique d'accord sur l'altération de « Saint-Pierre », attribue l'origine de ce vocable à l'église paroissiale des vassaux du bourg Saint-GermainAuguste Vitu, Paris il y a 100 ans, Quantin éditeur, date inconnue vers 1880, . Lire en ligne..
Historique La voie était à l'origine le « chemin des Vaches » du fait que les bovins l'empruntaient pour aller paître au Pré-aux-Clercs. Puis elle s'appela au : « rue de la Maladrerie » ; « rue de l'Hôpital de la Charité » et « rue de l'Hôtel Dieu de la Charité ».
Elle devint « rue des Jacobins-Réformés » ou « rue Saint-Père » sous Louis XIII. Elle est citée sous le nom de « rue des Jacobins réformez » dans un manuscrit de 1636.
Enfin elle prit son nom actuel de « rue des Saints-Pères » en 1652Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, ..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|redresse|gauche|Entrée du 1. 1-3 (et 21-23, quai Malaquais) : à cet emplacement se trouvait un hôtel construit pour le maître des comptes Louis de Falcony entre 1637 et 1643, démoli deux siècles plus tard et remplacé par quatre bâtiments. Le 1 présente une porte cloutée d’époque Louis-Philippe et le 3 un décor sculpté très soigné (pilastres ioniques, guirlande, coquilles, bas-reliefs)Protections patrimoniales, arrondissement, Ville de Paris, Règlement du PLU, tome 2, annexe VI, à 219.. 2 (angle du quai Voltaire) : hôtel de Tessé, construit en 1768 par Pierre-Noël Rousset et Louis Le Tellier pour le comte de Tessé, grand écuyer de la Reine. Le décor du grand salon se trouve au Metropolitan Museum of Art de New York. 3 : galerie Framond (galerie d'art). C'est là qu'habitait en 1933 l'artiste peintre Élisabeth Faure (1906-1964)Liste des membres de l'association La Fresque en 1933. Archives de Paris VR 594.. 4 : entrée latérale (ouverte en 1975 et rénovée en 2012) de l'ancien siège de l'École des langues orientales, où sont regroupés aujourd'hui une partie des centres de recherche de l'INALCO (entrée principale : 2, rue de Lille). 6 (et 1, rue de Lille) : en 1637-1639, Pierre Pidou fait construire par le maçon Dimanche Cappé un hôtel dont il ne reste que le gros œuvre. En 1753, l'hôtel est transformé pour le marquis d'Estiau par Pierre Mouret, qui réalise notamment le portail sur la rue de Lille et le balcon sur la rue des Saints-Pères. De nouvelles transformations sont effectuées pour la librairie Garnier frères après 1852. : deux hôtels jumelés autour d'une cour commune construits en 1640 pour Louis de Falcony et gravés par Jean Marot. Ils furent fortement remaniés. Gustave Moreau, artiste peintre, est né le au . Le compositeur et organiste Charles-Marie Widor a habité au . : maison construite, en 1640, par le fils de Jacques Potier, principal acquéreur des terrains de l’hôtel de la reine Margot. Maison d'édition A. Joanin & Cie Éditeurs. Le couturier Karl Lagerfeld (1933-2019) disposait de deux appartements dans le quartier, dont l’un à cette adresse où il organisait des dîners et recevait ses amis ; l’autre appartement situé 17, quai Voltaire, lui servait d’atelier et de lieu de reposWilliam Middleton, Paradise Now. La vie extraordinaire de Karl Lagerfeld, Bouquins, 2024.. : l'acteur Jean-Paul Belmondo (1933-2021) a très longtemps vécu dans cet hôtel particulier, dont il était le propriétaireGuide du Routard de Paris, 1989.Cécile Beaulieu, « Mort de Jean-Paul Belmondo : un voisin discret mais très chaleureux », Le Parisien, 6 septembre 2021.. 10 : cabaret Don Camilo. À cette adresse se trouvait en 1827 la boutique de Méquignon-Havard, libraire-éditeur. Club des Saint-Pères, boîte de nuit fréquentée notamment par Michel Audiard, qui lui consacre une soirée spéciale le Isabelle Blondel, Olivier Delacroix, Alice Develex, Nicolas d'Estienne d'Orves, Bertrand Guyard, Colette Monsat, Marie-Noëlle Tranchant et Florence Virerron, « Si le Paname d'Audiard m'était conté », Le Figaroscope, semaine du 10 au 16 mai 2017, .. Le peintre Joseph-Marie Le Tournier y meurt en 1972. 13 : l'historien Édouard Fournier y meurt en 1880 ; une plaque lui rend hommage. 14 : l'ingénieur, préfet et député Achille Chaper (1795-1874) habita l'immeuble dans les années 1820. 15 : troisième siège de l'École libre des sciences politiques (Institut d'études politiques de Paris), à partir de 1879, jusqu'au déménagement au 27, Rue Saint-Guillaume. Karl Lagerfeld y installa ses bureaux et son studio de photographie pendant dix ans au deuxième étage. Philippe Tesson y vécut pendant vingt ans avec son épouse Marie-Claude Tesson-Millet. Julien Clerc y composa pendant cinq ans avec sa dernière compagne. La famille Holder y développa les Boulangeries Paul. 16 : en 1839 le généalogiste et historien P. Louis Lainé demeurait en ce lieuAdresse imprimée sur ses ouvrages Archives généalogiques et historiques, en plusieurs volumes, chez l'auteur.. De 1841 à 1844, ce fut le siège de La Revue indépendante. : Claude Izner a installé ici la librairie L'Elzévir des Enquêtes de Victor Legris. Herbert Le Porrier y a habité et exercé de 1945 à 1977. : imprimerie Renouard. : maison d'édition A. Joanin & Cie Éditeurs. 26 : Samuel Hahnemann, le fondateur de la médecine homéopathique, y a vécu à son arrivée à Paris en 1835 ; à ce moment-là, l'appartement était celui de sa deuxième épouse Mélanie d'Hervilly-Gohier (1800-1878). Le couple déménagea ensuite rue Madame puis rue de Milan. Hahnemann vécut à Paris et y pratiqua l'homéopathie jusqu'à sa mort en 1843, à 88 ans. Une plaque au mur témoigne de son passage rue des Saints-Pères. 27 : Augustin Burdet (1798-1870), graveur, y vécutExplication des ouvrages de peinture, sculpture, , 1850.. 28 : hôtel Brochet de Saint-Prest« Hôtel de Fleury », en.structurae.de., ou hôtel de Fleury, construit en 1772 par l'architecte Denis Antoine, architecte de l'hôtel des Monnaies, pour Jacques Frécot de Lanty, conseiller au Parlement de Paris, qui le revendit en cours de construction à Charles Brochet de Saint-Prest. L'hôtel a été fortement remanié à partir de 1831 pour accueillir l'École nationale des ponts et chaussées, puis, depuis 2009, l'Institut d'études politiques de Paris qui y a installé une partie de ses locaux, salles de cours et centres de recherche. Une arcade ionique et deux colonnes, vestiges du palais des Tuileries, ont été remontées dans la seconde cour puis transférées en 2011 dans la cour Marly du musée du LouvreCaroline Hauer, « Paris : Vestiges du Palais des Tuileries, jeu de piste historique à travers la ville », parisladouce.com, 15 janvier 2020.François-Guillaume Lorrain, Ces lieux qui ont fait la France, Fayard, 2015.. L'Union des Françaises contre l'alcool (UFCA), accueillie dans les locaux de l'École des ponts et chaussées, y a son siège entre 1916 et 1918Victoria Afanasyeva, « Union des Françaises contre l'alcool », france-temperance.com, 5 juin 2020.. 30 : chocolaterie Debauve & Gallais, magasin créé en 1819Nikita Harwich, Histoire du chocolat, 2013. par les architectes Charles Percier et Pierre-François-Léonard Fontaine. Emplacement du cimetière des Saints-Pères, un ancien cimetière protestant (de 1604 à 1685), dont une plaque rappelle le souvenir. 45 : bâtiment dit Nouvelle faculté de médecine, mis en service en 1953, aujourd'hui affecté à l'université Paris-Cité : comprenant notamment les UFR biomédicale et de sciences humaines et sociales. Jusqu'en 1935, il y avait à cet emplacement l'hôpital de la Charité. L'architecte Denis Antoine l'avait reconstruit au autour d'un portique intérieur où il avait utilisé pour la première fois l'« ordre archaïque » de Paestum. Ce qui restait de ces bâtiments a été démoli lors des travaux de Walter et Louis Madeline qui ont édifié dans les années 1940 et 1950 le bâtiment actuel. Ce dernier a été conçu dans le cadre du projet, de vaste ampleur, qui devait modifier en profondeur le tissu urbain de ce quartier : le prolongement de la rue de Rennes. De 1953 à 2011, ce bâtiment a accueilli le musée d'anatomie Delmas-Orfila-Rouvière, transféré depuis 2011 à la faculté de médecine de Montpellier. 48 (et 177, boulevard Saint-Germain) : emplacement de l'hôtel Selvois, où naquit en 1675 le mémorialiste Saint-Simon, et qu'il occupa jusqu'en 1714. L'hôtel avançait de plus au nord que l'immeuble qui l'a remplacé, ce qui lui aurait fait couvrir toute la largeur du trottoir sud du boulevardHélène Himelfarb, L'hôtel de Saint-Simon rue des Saints-Pères et son architecte Daniel Gittard (1625-1686) », sur persee.fr, Cahiers Saint-Simon, 1973, , 17 (consulté le 5 mai 2025).. 49 : ancienne chapelle de l'hôpital de la Charité, construite en 1732. Transformée sous la Révolution française en salle d'enseignement de la médecine, et dotée d'une façade par Nicolas-Marie Clavareau. Transformée en 1942 en église, elle devient la cathédrale Saint-Vladimir-le-Grand de rite ukrainien. : hôtel de Cavoye, construit en 1640 pour Paul Bailly, fils de Chrestienne Leclerc du Vivier, aumônier du roi, et reconstruit en 1687 par Daniel Gittard (corps de logis et portail sur rue) pour le marquis de Cavoye et sa femme Louise Philippe de Coëtlogon. Siège de la revue Futuribles créée par Bertrand de Jouvenel. Résidence privée de Bernard Tapie depuis 33 ans, qui y décède le Jérôme Béglé, « Perquisitions dans deux résidences de Bernard Tapie », Le Point, 19 mars 2021.. 54 : l'hydrographe Charles-François Beautemps-Beaupré y meurt en 1854 ; une plaque lui rend hommage. Immeuble appartenant à la Société d'histoire du protestantisme français (SHPF). F. de Schickler, en 1885, en fit l’acquisition et le don à la SHPF. Le bâtiment sur cour, ancien atelier de confection puis dépôt de libraire, fut alors aménagé en bibliothèque. 56 : hôtel de La Meilleraye, construit vers 1660 par Daniel Gittard. Après avoir accueilli l'École nationale d'administration lors de sa création, il abrite aujourd'hui des locaux affectés à l'Institut d'études politiques de Paris (dont la Fondation nationale des sciences politiques). 58 : le général de division François-Étienne Damas y meurt le .
Un local de l’œuvre Sainte-Foy, service social de la Résistance, cofondée par Marie-Hélène Lefaucheux et Yvonne Baratte, y était situé en 1944 ; un guet-apens y a été tendu par la Milice et a conduit à l'arrestation le de 15 personnes, dont Marcelle Bidault. La couturière Sonia Rykiel y habite de 1971 à 2016 ; une plaque lui rend hommage. : cette adresse comprend deux entrées distinctes : à la première (en remontant la rue), une plaque commémorative indique que la scénariste, réalisatrice, productrice et écrivaine Marceline Loridan-Ivens et son époux le réalisateur Joris Ivens y ont vécu de 1964 à leur mort« Apposition d’une plaque commémorative en hommage à Marceline Loridan-Ivens et Joris Ivens 61 rue des Saints-Pères à Paris », paris.fr, 2019. ; la seconde partie du bâtiment accueille le siège des Éditions Grasset depuis 1910. ; la championne sportive, espionne et collaborationniste Violette Morris est née au 61 en 1893.