Les Fraternités monastiques de Jérusalem forment deux instituts religieux catholiques séparés d'inspiration monastique. Les frères et les sœurs, moines et moniales, vivent l'esprit de la solitude monastique au cœur des grandes villes.

Fondées en 1975 par le père Pierre-Marie Delfieux, les Fraternités ont été érigées en Instituts diocésains de vie religieuse (séparément pour les frères et pour les sœurs) en 1996 par le cardinal Lustiger, archevêque de Paris.

À partir de 2019, plusieurs livres de témoignages d'anciens membres dénonçant des abus de conscience et d'autorité conduisent les Fraternités monastiques de Jérusalem en à demander une visite apostolique qui débouche sur un travail de réforme à partir de .

Historique thumb|200px|L'église Saint-Gervais, où se célèbrent les offices de la fraternité de Paris Les Fraternités de Jérusalem sont nées dans le mouvement de renouveau qui a suivi le concile Vatican II, à l'initiative du cardinal Marty, alors archevêque de Paris, et du père Pierre-Marie Delfieux, alors aumônier d’étudiants à la Sorbonne. Elles rassemblent des moines, des moniales et des laïcs désireux de partager une même spiritualité qui les invite à vivre « au cœur des villes, au cœur de Dieu », pour y ouvrir une .

Le père Pierre-Marie Delfieux est l'auteur du Livre de Vie de Jérusalem, qui en est la règle monastique et qui se veut aussi un adressé à tous ceux qui sont sensibles à la dimension urbaine et universelle de la vocation chrétienne.

Les Fraternités sont composées de trois branches, la première étant la principale : les deux Instituts monastiques des Frères et des Sœurs de Jérusalem, dont la vocation principale est liturgique et contemplative ; les Fraternités apostoliques, dont la vocation principale est évangélisatrice, nourrie par l'esprit monastique de « Jérusalem » (silence, prière, lectio divina) ; les Fraternités laïques, dont l'engagement est varié (catéchuménat, culture et foi, groupes de prière, accompagnement, retraites…) et qui ont en commun l'inspiration qu'ils trouvent dans le Livre de Vie de Jérusalem. Les Fraternités monastiques retransmettaient en direct depuis l'église Saint-Gervais-Saint-Protais à Paris leurs offices religieux sur la chaîne de télévision KTO et sur internet via YouTube (du mardi au samedi : laudes du matin, office du milieu du jour, messe du samedi soir). La retransmission sur KTO a cessé fin 2020 ainsi que sur YouTube en ..

Mode de vie et orientation religieuse Moines et moniales sont citadins, considérant que les grandes villes sont un des phénomènes les plus marquants de l'époque contemporaine, et souvent anonymes elles semblent conduire vers le repli individuel et l'absence de Dieu.

Moines et moniales vivent en locataires des lieux qu'ils occupent, ainsi que le sont la grande majorité de leurs contemporains. Ils cherchent à éviter l'installation et l'esprit de possession.

Moines et moniales ne cohabitent pas, mais partagent des moments de prière, d'études, de rencontre et des offices religieux.

Moines et moniales sont des salariés, vivant de leur travail, considérant que le travail est le lot et la dignité de l'homme moderne. Ils choisissent cependant un travail à mi-temps pour se garder de tout esprit d'accumulation de richesses et de réussite socio-professionnelle.

Moines et moniales vivent en communion et symbiose avec l'Église locale, dans l'esprit du concile Vatican II qui est à l'origine de la fondation des Fraternités.

Moines et moniales vivent sans clôture religieuse, mais se préservent néanmoins des temps et lieux de silence, recueillement et prière.

Le choix du nom Jérusalem est expliqué dans le Livre de Vie des Fraternités monastiques de Jérusalem :

§ 161.

§ 174..

Dénonciation d'abus de conscience et d'autorité et de dysfonctionnements internes vignette|Pierre-Marie Delfieux. En paraît le livre Quand l'Église détruit écrit par une ancienne membre des Fraternités monastiques de Jérusalem (FMJ), Anne Mardon, qui met en cause le fondateur, le père Pierre-Marie Delfieux.., « pour agressions sexuelles et abus spirituels ». En , les FMJ mettent en place une cellule d'écoute « à l’adresse des personnes qui auraient pu être victimes d’abus »..

En , paraît un nouveau livre d'Anne Mardon : Silences dans l'Église : par action et par omission. Le le magazine La Vie publie une enquête qui confirme l’existence de dysfonctionnements systémiques au sein de toute la famille de Jérusalem, système mis en place par le fondateur qui aurait perduré conduisant à des dérives toujours présentes..

Une visite apostolique est engagée début par la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique. Parallèlement, une nouvelle cellule d'écoute indépendante est mise en place par l'archidiocèse de Paris, l'ancienne s'étant et lente à traiter les dossiers : des personnes n'auraient pas obtenu de proposition de rendez-vous avant quinze mois..

En , les FMJ publient un extrait du bilan de la cellule d'écoute indépendante. en l'assortissant d'un communiqué.. Le prieur de la branche masculine se dit prêt à des anciens membres..

En est publié en italien le témoignage d'Erika Martino, L'amore è più forte della morte: la mia storia di vocazione. En , il est disponible en français : L’amour est plus fort que la mort : histoire de ma vocation. Il relate les de vie religieuse d'Erika Martino aux FMJ à l'issue desquels elle « se voit contrainte d'abandonner [cette] voie [en 2019] à cause de situations abusives vécues au sein de la communauté »..

En paraît le témoignage d'Anne-Charlotte de Maistre, ancienne sœur restée neuf ans aux FMJ jusqu'en 2013 : Liturgies sous Prozac : récit d'une emprise spirituelle. Cette dernière témoigne d'« une emprise qui [a duré] huit ans et demi en communauté » et qui s'est poursuivie à sa sortie de communauté pendant six autres années. Lorsqu'elle s'avoue ne pas avoir été « libre », elle constate que sa « sortie réelle et authentique n’a eu lieu qu’à ce moment-là, c’est-à-dire six ans après [sa] sortie physique. »..

Le , un ancien frère parti des FMJ en 2021 s'exprime sous couvert d'anonymat dans le cadre d'un article publié par La Nouvelle République du Centre-Ouest. Il évoque une période de « love bombing », à son entrée en communauté, qui a court-circuité son . Il mentionne des laissées par son vécu chez les FMJ..

Le le témoignage d'une ancienne sœur de la branche apostolique (Fraternités Apostoliques de Jérusalem) paraît : Sois pieuse et tais-toi ! De l'emprise à la liberté. L'auteure, Sabine Tainturier, a passé dans la communauté avant d'en être expulsée sans explications en 2019. Elle témoigne du , du harcèlement et de la dont elle a souffert dans la communauté... Elle dit avoir été, à sa sortie de la communauté, confrontée à , raison qui l'a poussée à . Elle affirme que ses échanges avec les assistants apostoliques sont restés ... Le livre analyse par (, , , , ). Le dernier chapitre de l'ouvrage est consacré à la proposition de pistes concrètes (hébergements d'urgence, réseau de professionnels du social…) pour les personnes sorties de communauté à faire face aux défis qui s'ouvrent à elles (logement, reconstruction, emploi…)..

Le , le journal Le Télégramme publie l'interview d'une ancienne sœur restée en communauté et partie en . Cette dernière, qui a souhaité conserver son anonymat, dénonce Elle dit avoir vécu ..

Le , La Vie publie le récit d'une autre victime : sœur Samuelle. Membre des Fraternités monastiques de Jérusalem pendant près de avant de les quitter en 2018, elle relate y avoir . Durant ce temps, elle a également travaillé pour le Centre Aletti de 2010 à 2014, où elle indique avoir été victime d' de la part de Marko Ivan Rupnik..

Fin , les Fraternités monastiques de Jérusalem reconnaissent publiquement la véracité des témoignages d'abus spirituels et sexuels envers Pierre-Marie Delfieux..

Après la visite apostolique de 2021 Le , les prieurs des deux branches (féminines et masculines) annoncent que les deux visiteurs apostoliques, le dominicain Bruno Cadoré et la sœur auxiliatrice Emmanuelle Maupomé, ont été nommés assistants par la Congrégation pour les Instituts de la Vie Consacrée pour ...

Le , la prieure générale des sœurs des FMJ, sœur Rosalba Bulzaga, publie une .dans laquelle elle reconnaît qu'au sein de la communauté Elle attribue pour partie , mais se dit consciente d'. Interrogés par le quotidien La Croix, d'anciens membres constitués en comité expriment que cette lettre a suscité. L'un d'eux pointe , dénonce le fait que la communauté . Un autre . Ce comité d'anciens membres exprime son attente et son souhait que les responsables des FMJ ayant pu à la commission d’abus soient suspendus. Il réclame que les noviciats soient fermés tant qu'un n'est pas mis en place..

Le , les FMJ rendent publics dans une lettre d'information des extraits du rapport de la visite apostolique engagée en , adressé en à la communauté par Bruno Cadoré et Emmanuelle Maupomé.. Ces derniers s'y disent . Ils expriment leur D’autres manquements graves sont signalés quant à la gouvernance des FMJ, la vie communautaire et leur charisme décrit comme . Dans leur lettre d'information de , les FMJ annoncent la constitution de neuf groupes de travail, rassemblant une soixantaine de frères et sœurs, consacrés à la figure du fondateur, la gouvernance, la vie communautaire, la formation des membres, la liturgie et les questions économiques, en vue d'une réforme de la communauté. De leur côté, certains anciens membres se montrent critiques vis-à-vis des réformes envisagées. L'un d'eux estime qu'il . Ils dénoncent également le fait que les noviciats restent ouverts malgré pour les nouveaux entrants et déplorent . Ils constatent la décrédibilisation Une sœur des FMJ assure au contraire que dans le processus de réforme..

Dans un courrier des lecteurs publié le par le journal La Croix, la mère d'un ancien membre des FMJ réagit à l'article du de ce même quotidien. Elle présente la lettre d'information des FMJ dont rend compte La Croix comme un . Au sujet des groupes de travail annoncés en vue d'une réforme, elle exprime ses doutes quant à avec des dont les noms ne seraient pas communiqués. Selon elle, Elle s'interroge sur les bénéfices de l’enquête apostolique et de la cellule d’écoute..

Le , dans le cadre du processus de réforme, les instituts féminins et masculins des FMJ annoncent la fermeture de leurs noviciats pendant deux ans..

Implantations vignette|droite|Moniales des Fraternités monastiques de Jérusalem à l'abbaye du Mont Saint-Michel.Au total en 2013, les Fraternités monastiques comptaient 52 frères engagés et une dizaine de postulants et novices, ainsi que 104 sœurs engagées et une quinzaine de postulantes et novices.

Ces communautés, catholiques, existent en :

Allemagne : Cologne, Église Saint-Martin de Cologne (2009) Belgique : Bruxelles, église Saint-Gilles (2001-2017). Les Fraternités quittent Bruxelles en , à cause d'un regroupement de paroisses.. Canada : Montréal, sanctuaire du Saint-Sacrement (2004) ; Mont-Saint-Hilaire, Maison de Prière (2016) France : Paris, église Saint-Gervais-Saint-Protais (1975) Vézelay, basilique Sainte-Marie-Madeleine (1993) Strasbourg, église Saint-Jean (1995) Le Mont-Saint-Michel (2001) La Ferté-Imbault, Maison d'accueil « Magdala » (1985) Tarbes, cathédrale Notre-Dame-de-la-Sède (2013) Saint-Chély-d'Aubrac, Notre-Dame-des-Pauvres d'Aubrac Italie : Florence, la Badia Fiorentina (1998) Pistoia, église San Bartolomeo in Pantano Marradi, ermitage de Saint-Barnabé de Gamogna (1998) Rome, La Trinité-des-Monts (2006-2016), San Sebastiano al Palatino (2016) Pologne : Varsovie, église Notre-Dame-de-Jérusalem (2010)

Par ailleurs, Benoît Rivière, évêque d'Autun, Chalon-sur-Saône et Mâcon est l'unique prélat, à ce jour, issu de cette communauté.

Publications Revue Sources Vives

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Ordres religieux par ordre alphabétique