Le Répertoire opérationnel des métiers et des emplois (ROME) est un répertoire créé en 1974 par l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE), aujourd'hui France Travail en France. Il sert à identifier aussi précisément que possible chaque métier. Ce répertoire comprend plus de de métiers et d'emplois. Cette nomenclature et la codification du ROME sont utilisées par d'autres organismes publics ou privés traitant de l'emploi.

Histoire Première version (1974) L'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) est créée en 1967. Dans ses premières années, elle s'appuie sur la Nomenclature des métiers et des activités individuelles (NAI), créée en 1947, pour classer les offres d'emploi déposées par les entreprises et les demandes d'emploi formulées par les usagers..

Cependant, la NAI et les autres nomenclatures dérivées de celles-ci, issues des accords Parodi dans le contexte de la réorganisation économique de la période d'après-guerre, avaient pour objet de réaliser un classement des métiers en fonction de leur niveau de qualification et de rémunération. Elles répertoriaient de nombreuses appellations, mais elles contenaient peu d'informations qualitatives sur le contenu des activités, dont l'ANPE avait besoin pour associer une offre d'emploi ou un demandeur d'emploi à un métier. Cette limite conduit l'ANPE à élaborer un nouveau répertoire plus utile à son activité..

Le Répertoire opérationnel des métiers et des emplois (ROME) est créé en 1974 par l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE)Bernard Fourcade, Le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) et ses apports sur les métiers et leur codification, in Élisabeth Longuenesse, Formation, qualification, métiers. Évolution du marché de l’emploi et information sur les métiers, p. 123-134.Cahier n°22, De la politique de la main-d’œuvre à la politique de l’emploi : cent ans de placement, Colloque du 20 octobre 2017, 2018.d'Iribarne Alain, Trente ans de Céreq. Des qualifications aux compétences : chronique d'un oubli accepté ?. In: Formation Emploi. N.76, 2001. Numéro spécial : 30 ans d'analyses des relations entre travail, emploi et formation. pp. 71-97..

Il a pour objectif de faciliter l'appariement entre les offres d'emplois proposées par les employeurs et les profils des demandeurs d'emploi grâce à un « vocabulaire commun » : l'emploi offert et le métier du demandeur doivent être désignés par une même dénomination. Il répond ainsi à un besoin opérationnel de l'ANPE et n'a donc pas pour but, contrairement à d'autres nomenclatures de métiers, de réaliser des études statistiques sur le travail« Un nouveau répertoire des métiers », Le Monde, 17 octobre 1989..

Le ROME se présente sous forme de « fiches caractéristiques ». Chaque fiche identifie un emploi, dont elle décrit le contenu, les formations souhaitées par les employeurs, et les relations avec d'emplois proches, plus qualifiés ou plus spécialisés. Les emplois sont regroupées en « familles ». Le nombre de fiches est évolutif. Elles ne sont pas numérotées par un code ; cependant, le code de leur équivalent dans la Nomenclature des métiers et des activités individuelles (NAI) et la Nomenclature des emplois du Céreq. Un index alphabétique permet de naviguer dans les fiches à partir des mots-clefs.

En 1976, le ROME compte environ , et l'ANPE estime qu'il pourrait atteindre à terme .

En 1989, il compte environ d'emploi, regroupées en ou « secteurs professionnels », parmi lesquels l'agriculture, le bâtiment et la fonction publique.

Deuxième version (1993) En 1989, l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) engage une révision de son Répertoire opérationnel des métiers et des emplois. Sa première version est considérée comme obsolète face à l'évolution du marché du travail. L'apparition de nouveaux métiers n'est pas une difficulté substantielle, car elle est facilement surmontée par la création de nouvelles fiches. En revanche, l'utilisation du ROME rencontre deux problèmes : D'une part, la classification des offres d'emploi est rendue difficile par le caractère flou des besoins exprimés par les entreprises, qui sont difficiles à rapprocher des métiers du ROME : soit parce qu'elles recherchent un assemblage de compétences relevant de différents métiers, soit parce qu'elles attendent des qualités professionnelles ou la connaissance d'un domaine économique particulier davantage que des compétences issues de la formation ou de l'expérience professionnelle. D'autre part, l'inscription des demandeurs d'emploi dans les catégories de métiers du ROME est également difficile pour les travailleurs peu qualifiés, qui représentent la majorité des demandeurs d'emploi : leurs compétences et leurs aspirations peuvent être très généralistes, ou au contraire très étroitement cantonnées à une spécialité.

Pour répondre à ces difficultés, l'ANPE fixe trois principes pour l'élaboration de la deuxième version du ROME : Une structure en arborescence : le nouveau ROME décrira des métiers-emplois, regroupés en domaines, eux-mêmes regroupés en catégories sociales ; inversement chaque métier-emploi pourra être précisé par des « spécialisations » ou des « compétences complémentaires ». Cette structure a pour objectif de permettre un ciblage plus ou moins précis en fonction du besoin de l'entreprise : elle peut rechercher des candidats dans tout un domaine, ou au contraire viser une spécialisation précise. Une nomenclature évolutive : le ROME pourra être actualisé fréquemment en s'appuyant sur l'expertise des agents de l'ANPE. Ce principe vise à mieux répondre à l'évolution des besoins du marché du travail. La prise en compte des « atouts personnels » : le nouveau ROME recensera, en plus des compétences traditionnelles, les « aptitudes particulières » ou « compétences génériques » des individus, comme l'aptitude à communiquer avec un public, l'habileté gestuelle ou le raisonnement logique. Le but de cette approche est de mieux orienter les demandeurs d'emploi vers les offres qui leur correspondent.

La révision du ROME s'accompagne d'une modernisation du système d'information de l'ANPE, qui bénéficie des progrès de l'informatique.

La deuxième version du ROME est publiée en 1993« Le nouveau Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois », Grand angle sur l'emploi (, octobre 1993).. Elle introduit la notion d'« aires de mobilité », qui visent à identifier des aptitudes transférables d'un métier à l'autreSTROOBANTS Marcelle, [https://www.cairn.info/revue-formation-emploi-2007-3-page-89.htm « La fabrication des compétences, un processus piloté par l'aval ? », Formation emploi, 2007/3 (n° 99), p. 89-94.STROOBANTS Marcelle, « La qualification ou comment s'en débarrasser », dans : Joaquim Dolz éd., L’énigme de la compétence en éducation. Louvain-la-Neuve, De Boeck Supérieur, « Raisons éducatives », 2002, p. 61-73. DOI : 10.3917/dbu.dolz.2002.01.0061.NEYRAT Frédéric, « Le travail à l'épreuve de la compétence », Savoir/Agir, 2008/1 (n° 3), p. 31-36. DOI : 10.3917/sava.003.0031..

ROME V3 (2009)

ROME V 4.0 (2023)

Présentation Le répertoire opérationnel des métiers et des emplois fait partie des neuf bases de données de références, instituées par la loi pour une République Numérique du , dite Lemaire. Le décret d’application 2017-331 du relatif au service public fixe la mise à disposition de ces données de référence.

Le ROME est utilisé pour l'élaboration des familles professionnelles (FAP) en FranceFAmilles Professionnelles (histoire) sur le site du Ministère du Travail et de l'Emploi.

Nouvelle version 2009 du ROME La version 2009 du ROME répertorie 531 fiches regroupant plus de appellations différentes de métiers et emplois. Le code ROME, composé d’une lettre et quatre chiffres, se structure en trois niveaux : la lettre (de A à N) une famille de métiers (au nombre de 14) ; la lettre et les deux premiers chiffres identifient le domaine professionnel (au nombre de 110) ; la lettre et les quatre chiffres, représentant le code ROME, renvoient à la fiche métier