Le stade du Hameau (anciennement stade olympique du Hameau ou stade Colonel-de-Fornel) est un stade destiné à la pratique du rugby et du football, ainsi qu'un complexe de sports et de loisirs comprenant ce stade situé à Pau. Ce stade est la propriété de la ville de Pau depuis 1983 après avoir été rétrocédé par l'armée française, et le club résident est la Section paloise.
D'une capacité de , avant la reconstruction de la tribune Ossau, le stade du Hameau accueille depuis 1991 les rencontres de rugby de la Section paloise, qui se tenaient jusqu'alors au stade de la Croix du Prince depuis 1910.
La construction débute le , à l'initiative du colonel de Fornel.
La première rénovation du stade du Hameau est opérée en 1988, afin d'accueillir la Section paloise et le Pau FC, pour un second bail, à partir de 1991.
Le stade du Hameau est ensuite entièrement transformé en 2017, et se distingue désormais par son esthétisme. La couverture des tribunes Nord et Est dessine un arc tendu, offrant une silhouette élancée et unifiée, tandis que la forme galbée et translucide du bord d'attaque de l'auvent apporte légèreté et élégance.
Le Pau FC a quitté le Hameau en 2018, disposant désormais de son stade du Nouste Camp. Le club de football palois est cependant contraint de retrouver le Hameau pour un troisième bail temporaire durant la première moitié de la saison 2020-2021, en attendant la mise aux normes Ligue 2 de son nouveau stade.
Enfin, le Hameau accueille également des événements sportifs et culturels, dont la finale de Pro D2 2019.
Même amputé de la tribune Ossau, le Hameau reste le plus grand stade des Pyrénées-Atlantiques, devant le stade Jean-Dauger de Bayonne et le parc des sports d'Aguiléra de Biarritz.
Le stade du Hameau est également le quatrième plus grand stade de la région Nouvelle-Aquitaine, derrière les stades bordelais du Matmut Atlantique, du stade Chaban-Delmas et du stade Marcel Deflandre de La Rochelle.
Repères historiques
Construction du stade Colonel-de-Fornel alt=Galets du gave de Pau au stade du Hameau, en 1949|gauche|vignette|Galets du gave de Pau au stade du Hameau, en 1949. Photo de L'Équipe. L'École normale militaire de gymnastique de Joinville voit jour le .
Le , en raison de la mobilisation de son personnel enseignant et de ses étudiants au début de la Seconde Guerre mondiale, l'éminente école de Joinville, première école de formation de cadres sportifs en France, doit fermer ses portes à Joinville-Le-Pont après une histoire de plus de 80 ans. Deux ans plus tard, l'école renaît à Pau, au Camp du Hameau, à l'initiative du Général de Lattre.
Le commandement est confié au colonel de Fornel, champion de France de cross-country et qui est un officier emblématique de l'Armée d'Afrique. Formé aux méthodes de Lyautey, cet athlète accompli et officier de la vieille école à l'autorité incontestée, baroudeur de légende était aussi un bâtisseur infatigable, a supervisé la construction du stade de la Garnison de Meknès, au Maroc.
L'invasion de la zone libre interrompt ses activités, qui reprendront à la Libération sous le nom d (ENEPM). Cette école a pour mission de former les officiers et sous-officiers chargés des sports dans le corps de troupe des Armées de terre et de l'air. Des enseignants civils d’éducation physique et sportive dirigent et encadrent la pratique des sports collectifs et individuels.
En 1948, le colonel de Fornel considère que les terrains de jeu, d'exercice, de concours sont insuffisants et engage une réflexion pour la construction d'équipements sportifs. Le site retenu est une zone marécageuse de touya, au carrefour des routes menant à Morlaàs et à Tarbes.
La construction débute le . Le stade sera bâti en un an seulement.
Stade olympique du Hameau Le lieu retenu pour la création du stade est en 1949 situé hors des limites du tissu urbain de Pau.
Ces terres font partie de la plaine marécageuse du Pont-Long, où les Ossalois venaient faire paitre les troupeaux, sans doute depuis l'Antiquité.
Les services techniques de la ville de Pau apportent leur soutien à construction, les relations étant au beau fixe entre le colonel et le maire de Pau, Louis Sallenave. En effet, l' dispose de crédits limités, et au sortir de la Seconde Guerre mondiale il n'est pas question de solliciter le ministère des Armées. Alors, le colonel de Fornel met ses équipes à contribution, payées en permissions et en nourriture de choix, fournie par une ferme locale, ce qui est inédit dans l'armée française.
De Fornel obtient de la part des forces vives de l'économie béarnaise du ciment, le prêt gratuit d'un bulldozer, de la part des ponts et chaussées celui d'une décapeuse, et ainsi de suite. Le stade prend forme et le touya disparaît, le terrain est assaini, la pelouse s'étale, les pistes et les sautoirs sont construits dans toutes les règles de l'art, avec des galets du gave de Pau triés sur le volet. Enfin, le stade est entouré d'un plan incliné où l'on édifie des tribunes provisoires en attendant que soient débloqués les millions de francs nécessaires à la construction des tribunes en béton, du style du Parc des sports de Bordeaux.
L’inauguration a lieu le par le général Revers. Cet événement attirant plus de trente mille personnes venues de tout le Béarn et des alentours admirer l’élite du sport français et européen, en assistant aux sauts en parachute et aux compétitions d'athlétisme.
René Lehmann, chef des sports à L'Aurore estime alors que la capacité d'accueil du stade est de 100 000 places, décrivant le stade comme une , n'hésitant pas à effectuer un parallèle avec le stade olympique Yves-du-Manoir, en manque criant d'investissements au moment d’accueillir le tour préliminaire de la Coupe du monde de football 1950 entre la France - Yougoslavie. Le journal Ce soir estime quant à lui que la capacité est de 35 000 places, pouvant être portée à 100 000. Le journal L'Équipe estime qu'il s'agit tout simplement de l'inauguration du .
Inauguration
Envoi des couleurs. Défilé de 1.200 athlètes avec quatre musiques militaires. Saut en parachute de l'adjudant Léo Valentin de l'ETAP, recordman du monde. Sauts et danses folkloriques par les Pastourelles de Campan Match international d'athlétisme avec la participation des meilleurs internationaux français. Chants basques d'Oldarra Présentation de close-combat Match de Handball France-Espagne
Le jeune Papa Gallo Thiam, alors âgé de , bat ce jour-là le record de France de saut en hauteur détenu par Georges Damitio avec 1m99. Après deux échecs, la troisième tentative du natif de Dakar le voit ravir le record. Thiam tente une barre à 2m02, mais ne peut améliorer sa marque.
De l’avis de tous les athlètes, les qualités de la piste et des sautoirs sont exceptionnelles, même si Damitio remet en cause, sans doute par jalousie, la planimétrie du sautoir béarnais.
Le gratin de l'athlètisme est présent avec Alain Mimoun, Francis Schewetta, René Valmy, Victor Sillon, André-Jacques Marie, Étienne Bally et Étienne Gailly, tout comme André Mourlon qui ne parvient pas à battre à nouveau son record.
Après l'inauguration du de Pau, le colonel de Fornel avait pu remettre la somme de 546.710 francs pour les sinistrés des Landes et de Gironde victimes de l'incendie de la forêt des Landes de 1949 qui avait fait 82 victimes.
L'inauguration du stade attire une foule de 31000 personnes, générant une recette de 1 600 000 francs.
Premiers matches de Rugby En 1950, les Championnats Internationaux Militaires sont organisés par le colonel de Fornel au Hameau.
C'est durant cette même année 1950 qu'a lieu le premier match de rugby dans ce stade, disputé entre l'équipe de France militaire de rugby et les Combined Services britanniques, à l'issue duquel les Français s'imposent par 8 à 3. En 1951, l'armée de l'air et l'armée de terre s'affrontent lors d'un match de rugby à XV.
Le 26 décembre 1951 a lieu la première rencontre internationale de rugby à XIII, qui voit l'équipe nationale de Nouvelle-Zélande. Les , s'imposent 32 à 12 face à une sélection des , composée de joueurs basques, béarnais et bigourdans. Pour l'anecdote, le journal Sud Ouest mentionne le stade sous le nom de stade Jean-Hameau. D'après Denis Lalanne, alors correspondant au Figaro, cette rencontre est disputée devant , ce qui constitue la plus grande affluence de l'histoire du stade pour du Rugby à XIII. Le journal Libération estime toutefois l'affluence à . Ce match permet de revoir sous le même maillot le Triangle Magique de Jean Hatchondo, André Carrère et Antoine Jimenez, anciens joueurs de la Section partis pour le XIII.
À partir de 1954, les terrains sont graduellement utilisés par la ville de Pau afin d'accueillir les associations sportives de cette ville en plein essor économique avec l'exploitation du gisement de Lacq, dans le cadre d'une convention signée avec le ministère de la Défense..
Enfin, le colonel de Fornel décède au début de l'année 1956 et l' est transférée à Antibes peu de temps après.
En 1957, le stade est officiellement renommé , en hommage à son créateur.
Le FC Pau, club résident de 1960 à 1968
Après ces premiers matches de gala disputés au Hameau, le stade est à partir de 1960 occupé par le régiment de chasseurs parachutistes () qui prend possession des lieux pour une durée de six ans.
Le Football-Club de Pau, créé le est ainsi le premier club sportif à s'y établir dès 1960. Le match inaugural, face à Rochefort est remporté 5 à 1.
Le club de football commence son histoire dans ce stade flambant neuf, à la suite de la scission avec les Bleuets de Pau, et y restera jusqu'en 1968, date à laquelle le club s'établira au stade de l'Ousse des Bois.
Un stade délaissé, projet d'un nouveau stade Le stade, depuis le départ des militaires, sans clubs résidents, devient peu à peu un « éléphant blanc », situé dans un quartier excentré de la ville.
Ainsi, en 1965, la ville de Pau étudie la possibilité de construire un nouveau stade municipal au Cami Salié, mais le projet n'aboutit pas.
Rugby à XIII dans les années 1970 et 1980 En 1972, c'est le grand retour du rugby à XIII à Pau avec l'accession de l'AS Pau Béarn en Division nationale. Le club joue au Hameau, en alternance avec le stade François-Récaborde, et en , dans le cadre de la Coupe du monde organisée en France, s'y déroule le match opposant la Grande-Bretagne à la Nouvelle-Zélande disputé devant .
En 1980, le stade est baptisé officiellement par les généraux Pottier et Fayette, en présence des autorités civiles et de nombreux joinvillais. Des travaux d’aménagement sont menés à partir des années 1970 et jusqu'au milieu des années 1980, avec la construction d'une conciergerie, de nouvelles tribunes et l'aménagement du terrain de jeu.
Le stade est définitivement cédé à la ville de Pau en 1983.
Installation de la Section paloise au début des années 90 Le club de rugby de la ville, la Section paloise, quitte son mythique stade de la Croix du Prince pour le stade du Hameau en .
La Section paloise s'était installée dès 1910 au stade de la Croix du Prince, quartier du 14-juillet, où se sont écrites quelques-unes des belles pages de l'histoire du club. Son déménagement au Hameau est un crève-cœur pour de nombreux supporters. Le premier match se déroule le , face au CA Bordeaux Bègles en challenge du Manoir, et les vert et blanc s'inclinent 0-12 ce jour-là.
Sa capacité maximale, longtemps difficile à évaluer en raison du grand nombre de places debout derrière les poteaux, était estimée avant la rénovation de 2017 à environ (les différentes sources oscillent entre et pour les plus optimistes). Ainsi, l'une des plus fortes affluences a été établie le lors de la réception de l'ASSE pour une rencontre de coupe de France, avec un peu plus de . Une affluence similaire s'est produite le durant la demi-finale d'accession au Top 14 qui a vu s'opposer les équipes de Pro D2 de la Section paloise et du Stade rochelais.