Aloïse Guthlin (ou Aloïs ou Aloyse) est né le État civil, commune de Folgensbourg, naissances en 1854, acte . (www.archives.haut-rhin.fr) à Folgensbourg (Haut-Rhin) et mort le État civil, Commune de La Combe-de-Lancey, Décès de 1878, acte [Microfilm.133] (www.archives.isere.fr) à La Combe-de-Lancey (Isère), français et alsacien, prêtre catholique ordonné le , théologien, écrivain, métaphysicien, défenseur du catholicisme libéral.
Au diocèse de Strasbourg, il est professeur de philosophie au Grand séminaire, puis de grammaire au collège libre Saint-Arbogast de Strasbourg (1851-1855) et de philosophie au collège libre Saint-André de Colmar (1855-1872), également conseiller théologique de André Raess au concile Vatican I (1869). Au diocèse d'Orléans à partir de 1872, il est nommé chanoine honoraire (1875) et vicaire général de Félix Dupanloup (1877).
Biographie
Naissance et famille Il naît le à Folgensbourg, où sa famille est ancrée depuis des générations. Il est le sixième des huit enfantsLes enfants de François-Joseph Guthlin et Anne-Marie Studer, dont 5 sont morts à la naissance ou peu après : François-Joseph (1822-1890) ; Marie-Anne (†1823) ; Jean-Dominique (†1824) ; Dominique (†1925) ; Jean (†1827) ; Aloïse (1828-1878) ; Philippe (1831-1888) ; Catherine (†1834) (source : www.archives.haut-rhin.fr) de François-Joseph Guthlin (1791-1855), boucher, et de Marie-Anne Studer (1795-1834)Archives départementales du Haut-Rhin, Registre de l'état civil, commune de Folgensbourg, année 1831, acte qui se sont mariés le État civil, Folgensbourg (Haut-Rhin), Mariages, 1821, acte (www.archives.haut-rhin.fr) dans ce même village. De la fratrie, cinq meurent en bas âge, seuls trois garçons survivent (François-Joseph l'aîné, Aloïse le sixième et Philippe le septième). Le , âgé de seulement six ans, il perd sa mère qui meurt prématurément en coucheArchives du Haut-Rhin, série 5 E164 Folgensbourg – Décès 1793-1862 / Acte – élément 282 http://www.archives.haut-rhin.fr/search/result#viewer_watch:a011455803039ZuFrOi/5e2eb6152a. Le , son père se remarie avec Anne-Marie Grollÿ originaire de KappelenÉtat civil, Folgensbourg (Haut-Rhin), Mariages, 1837, acte (www.archives.haut-rhin.fr).
Son frère aîné François-Joseph (1822-1890), menuisier, épouse Marie-Anne Christ (1817-1890), devient père de six enfantsJoseph (1850), Marie (1852), nés à Colmar ; Philippine (1854), Aloïs (1855), Philippe (1858) et Mathilde (1860), nés à Folgensbourg (État civil du Haut-Rhin : www.archives.haut-rhin.fr), et est membre du conseil général de la Haute-Alsace pendant de longues années"L'Alsace vient de perdre un homme de bien dans toute l'acceptation du mot. M. Joseph Guthlin, qui a été pendant de longues années membre du conseil général de la Haute-Alsace est mort à Volkensberg, dans le comté de Ferrette. M. Guthlin a vécu et il est mort en catholique zélé. Son fils Guthlin, clerc de l'ambassade de France à Rome, était venu pour lui fermer les yeux, il est arrivé trop tard. Le souvenir de M. Joseph Guthlin restera honoré chez tous ses compatriotes." (Edition quotidienne du journal L'univers du mercredi 26 novembre 1890). Le second de ses frères est Philippe Guthlin (1831-1888), écrivain, poète, professeur d’allemand, de littérature et de poésie, et époux de Mathilde Delaporte.
L'aîné de ses six neveux et nièces est Joseph Guthlin (1850-1917), prêtre catholique, professeur d'apologétique, chanoine honoraire, docteur en droit canon et canoniste à l'ambassade de France près le Saint-Siège, clerc national, conseiller et prélat du pape.
Parmi les enfants et petits-enfants de Mathilde (1860-1934)État civil, naissances dans la commune de Folgensbourg (www.archives.haut-rhin.fr), la plus jeune de ses neveux et nièces, il y a deux prêtres catholiques en fonction dans le Haut-Rhin, tous deux nés comme lui à Folgensbourg, son petit-neveu le chanoine Philippe Sauner (1890-1956) et son arrière-petit-neveu le curé Philippe Sauner (1943-2020)Avis de décès : https://www.libramemoria.com/defunts/sauner-philippe/dcfb9c30488846d99e87a39bfe635605.
Enfance et scolarité Aloïse prépare sa première communion avec l’abbé FaningerAloïse Guthlin consacre une page à la mémoire de l'abbé Faninger, le curé de son village natal, une page émue où il déclare que ce fut pour lui l’un des prêtres les plus vénérables de cette contrée (texte : Revue catholique de l’Alsace, année 1864, page 3195), curé de Folgensbourg pendant 40 ansL'abbé Faninger est mort en 1859 et qui connait bien la famille Guthlin. En , après que son curé lui eut montré une édition polyglotte de L'imitation de Jésus-Christ, il lui manifeste son désir de connaître les langues, et débute avec lui des leçons de latin et d’italien deux fois par semaineMerklen P. A., L’abbé A. Guthlin – Éloge Funèbre prononcé le 31 octobre 1878 à Lachapelle-s.-Rougemont par l’abbé P. A. Merklen professeur de Philosophie, Imp. Paul Hoffmann, Montbelliard, 1878, Merklen P. A., L’abbé A. Guthlin – Éloge Funèbre prononcé le 31 octobre 1878 à Lachapelle-s.-Rougemont par l’abbé P. A. Merklen professeur de Philosophie, Imp. Paul Hoffmann, Montbelliard, 1878, (ce passage cite : Revue catholique de l’Alsace, 1864, ). « L’heureux naturel, la vive imagination, la curiosité ardente et la piété sérieuse de cet enfant » décident son curé à le prendre sous son aile. C'est ainsi qu'il commence avec lui ses études élémentaires et découvre les grands écrivains. Sa vocation de prêtre et de métaphysicien naît et grandit grâce à la rencontre de son curéMerklen P. A., L’abbé A. Guthlin – Éloge Funèbre prononcé le 31 octobre 1878 à Lachapelle-s.-Rougemont par l’abbé P. A. Merklen professeur de Philosophie, Imp. Paul Hoffmann, Montbelliard, 1878, pour qui il a une véritable admirationAloïse admirait en son curé « sa foi inébranlable en Dieu, sa constance invincible dans le bien, et une vertu vraiment sacerdotale, qui savait porter, sans jamais fléchir, le poids des plus rudes épreuves. ». Il est fidèle dans la prière et fréquente l'église de son village. Il se rend un jour au pèlerinage de Mariastein pour demander à Dieu sa bénédiction et pour comprendre davantage sa vocationMerklen P. A., L’abbé A. Guthlin – Éloge Funèbre prononcé le 31 octobre 1878 à Lachapelle-s.-Rougemont par l’abbé P. A. Merklen professeur de Philosophie, Imp. Paul Hoffmann, Montbelliard, 1878, . Déterminé, il poursuit ses études au petit séminaire de Lachapelle-sous-RougemontUn petit séminaire est créé à Lachapelle-sous-Rougemont à l'époque de la Restauration, en 1818, et celui-ci fonctionna jusqu'à la guerre de 1870. Cette commune, située aujourd’hui dans le Territoire de Belfort, faisait encore partie de l’Alsace à l’époque où Aloïse Guthlin y étudie (avant la guerre de 1870 et la cessation par Napoléon III vaincu de l’Alsace-Lorraine à la Prusse)., dirigé par l’abbé Guénot. En , après quelques mois de préparation, il est admis en classe de Merklen P. A., L’abbé A. Guthlin – Éloge Funèbre prononcé le 31 octobre 1878 à Lachapelle-s.-Rougemont par l’abbé P. A. Merklen professeur de Philosophie, Imp. Paul Hoffmann, Montbelliard, 1878, . Les cours de rhétorique et de philosophie le familiarisent avec les vérités invisibles dont il deviendra un démonstrateur.
Étudiant et enseignant, jusqu'à la prêtrise En Mossmann X., "Aloyse Guthlin" dans Biographies alsaciennes avec portraits en photographie, Série 5, Ed. A. Meyer, Colmar, 1884-1890, alors qu'il n'est âgé que de 17 ans, il entre au Grand Séminaire de Strasbourg. Il y enseignera aussi la philosophie alors qu'il est encore séminariste. Il songe un moment à devenir religieux dominicain ou jésuite pour se consacrer à l'enseignement, mais se ravise, non seulement en raison de l'opposition de ses amis, mais aussi encouragé par l'ouverture d'un petit séminaire par son évêque Raess dans les locaux de l'ancienne abbaye Saint-Étienne à Strasbourg, bâtisse acquise par son évêque en 1847Paroles prononcées sur la tombe de Monsieur le chanoine A. Guthlin, vicaire général d’Orléans, le 26 août 1878 par M. l’abbé Merklen, professeur de philosophie au Collège libre du Haut-Rhin, imprimerie de J.B. Jung, 1878, Colmar, RAPP Francis, dir., L. CHATELLIER ; R. EPP ; C. MUNIER ; R. WINLING, coll., Le diocèse de Strasbourg, coll. Histoire des diocèses de France, vol. 14, Ed. Beauchesne, 1982, Paris, . En effet, Raess, lui confie dès 1848 la classe de sixième du petit séminaire, puis à partir de 1851 la chaire de grammaire du nouvel établissement.
Il est ordonné prêtre pour le diocèse de Strasbourg le par Raess. Il célèbre sa première messe à Folgensbourg son village natal, premier villageois ordonné prêtre depuis la Révolution française.
Prêtre et professeur en Alsace (1851-1872) alt=|gauche|vignette|300x300px|L'équipe fondatrice des enseignants du collège libre Saint-André de Colmar-Lachapelle, dont Aloïse Guthlin (au deuxième rang, quatrième en partant de la gauche)Source : INGOLD A. M. P., Association amicale des anciens élèves, Histoire du collège libre de Colmar-Lachapelle, Imp. J.-B. Jung, Colmar, 1908,
Professeur de grammaire à Strasbourg (1851-1855) De 1851 à 1855, il est professeur de grammaire au collège libre Saint-Arbogast de Strasbourg, fondé par Raess en 1850 dès après le vote de la loi Falloux du 15 mars 1850, dans le petit séminaire installé au sein de l'ancienne abbaye Saint-Étienne acquis par son évêque en 1847. En effet, auparavant, depuis 1806, les écoles, lycées et facultés étaient regroupées dans un monopole d’État, auxquels seuls les petits séminaires diocésains échappaient, mais dont le nombre et les effectifs étaient strictement limités depuis 1828PERRIN Luc, L’Église au , 1789-1870, Univ. de Strasbourg, faculté de théologie cath., .Son premier directeur y fut en 1851 Charles-Emile FreppelAssociation amicale des anciens élèves, Histoire du collège libre de Colmar-Lachapelle, Imp. J.-B. Jung, Colmar, 1908, Amis de l’Abbé Haegy v. J. Rossé, M. Sturmel, A. Bleicher, F. Deiber, J. Keppi, Das Elsass von 1870-1932, t. III, Colmar, Alsatia, non daté, . Il entreprend par ailleurs avec ce dernier une traduction de la mystique de Joseph Görres, projet qu'ils abandonnent quand est publiée à la même époque une autre traduction réalisée par Charles Sainte-Foi (1805-1861).. alt=|gauche|vignette|Les professeurs du Collège Libre de Colmar en 1863Source : INGOLD A. M. P., Association amicale des anciens élèves, Histoire du collège libre de Colmar-Lachapelle, Imp. J.-B. Jung, Colmar, 1908, .
Professeur de philosophie à Colmar (1855-1872) De 1855 à 1872, il est professeur de philosophie pendant 17 années au collège libre Saint-André de Colmar, fondé le par l'évêque de Strasbourg André Raess, deux années après avoir fondé le Collège Saint-Arbogast à Strasbourg. L'établissement a été placé sous la direction de l'abbé Charles Martin (alors professeur de littérature grecque aux Carmes à Paris).
Il y débute comme professeur titulaire avec la quatrième rentrée du nouvel établissement, mais est considéré comme faisant partie du noyau fondateur, n'ayant pas été étranger à sa fondationLes tout premiers enseignants furent, en 1850, les abbés Martin, Vetter, Jean Umhang, Charles Hamelin, Paul Müller-Simonis, Rousselin, Jenner, Wernert, auxquels s'adjoignirent jusqu'en 1855 les abbés Hanauer, Schürrer, Spitz, Baur, Ritleng, Güthlin, ainsi que M. Batt, le seul laïc de l'équipe fondatrice. Ces sont considérés comme les professeurs fondateurs du Collège libre de Raess à Colmar. (Association amicale des anciens élèves, Histoire du collège libre de Colmar-Lachapelle, Imp. J.-B. Jung, Colmar, 1908, ).
Il est reconnu dans ses compétences en grammaire, en langues et en philosophie.