Dschang est une ville historique et universitaire du Cameroun située dans la région de l'Ouest, en pays Bamiléké. Chef-lieu du département de la Menoua, elle est la deuxième plus grande ville de la région Ouest après Bafoussam.
Étymologie En 1895, après l'arrivée dans la localité d'une mission coloniale allemande conduite par Eugen Zintgraff, une région militaire dirigée par le colonel Hunter y est installée. En 1903, Dschang devient une ville administrative et civile dirigée par le commissaire de district Emil Rausch (1877-1914 Florian Hoffmann, « Emil Rausch », in Okkupation und Militärverwaltung in Kamerun: Etablierung und Institutionalisierung des kolonialen Gewaltmonopols 1891-1914, Cuvillier Verlag, 2007, ).
Auparavant le territoire portait le nom de Fo-lekeu (Foréké), du nom du roi Fo-Lekeu-ane, mort en 1886 et dont la disparition déclencha une guerre de neuf ans entre les Foreké et leurs voisins, les Foto.
Le nom du royaume Fo-lekeu aurait pu être conservé, puisque le préfixe fo est présent dans de nombreux toponymes de la régionJean-Benoît Tsofack, « (Dé)nominations et constructions identitaires au Cameroun », in Cahiers de sociolinguistique, vol. 11, , 2006, , : Foréké, Foto, Fongo-Tongo, Fotetsa ou Fongo-Ndeng.
La seconde option était Ba-me-lekeu, d’autres noms de royaumes possédant le préfixe ba, qui signifie « les gens de quelque part, d’un lieu précis », par exemple Baleveng, Bamendjou, Bamenda, Bafoussam, Batcham ou Bafut.
Le mot yemba Tsan présente en effet une similitude avec les mots allemands Zank et Zange, avec une prononciation proche. De fait, en allemand, Zank signifie aussi « querelle », alors que Zange désigne la « pince » ou la « tenaille ».
Un phénomène inédit de triangulation favorisa le choix du mot Zange plutôt que Zank. Pour cette station militaire, on peut y voir l’intention de saisir l’ennemi dans ses serres, l’aigle allemande étant le symbole de l’armée impérialeÀ sa création en 1932, l’équipe de football de Dschang sera ainsi appelée Aigle Royal de Dschang, avec l’aigle impériale allemande présente dans son logo.
Géographie La ville de Dschang se situe à 45 minutes de route de Bafoussam (), quatre heures de Douala () et cinq heures de Yaoundé (). La commune s'étend sur , son espace urbain compte 20 communautés et la zone rurale en compte 96. Les cinq groupements qui la composent sont Foto : ; Foréké-Dschang : ; Fongo-Ndeng : ; Fossong Wentcheng : ; Fotetsa : ; Centre urbain : .
Le climat de la ville de Dschang est de type équatorial avec une pluviométrie moyenne annuelle de . On y rencontre deux types de saisons : la saison pluvieuse qui dure 09 mois (de mars à novembre) avec une température minimale de et maximale de . La saison sèche dure 3 mois. Le mois le plus chaud de l'année est le mois de mars et le mois le plus froid c'est le mois d'août.
La superficie de l’espace urbain de Dschang est évalué à et se situe dans l’intercession du territoire des chefferies Foto et Foréké-Dschang. La Commune de Dschang est limitée au nord par la Commune de Nkong-Zem ; au sud par la commune de Santchou ; à l’ouest par la Commune de Fongo-Tongo ; à l’est par la Commune de Fokoué ; au sud-ouest par la Commune de Fontem.
La ville est traversée par la route provinciale P17: axe Bamougoum (RN6) - Nkongsoung (RN5). Elle est à de Bafoussam capitale régionale, de Mbouda, de la frontière avec le Sud-Ouest, de Melong et de Nkongsamba dans le Moungo.
Histoire Les terres occupées par Dschang aujourd'hui n'étaient pas un lieu important d'habitation, mais un domaine disputé par deux chefferies voisines. Le Dschang nom se traduit par « différend » dans la langue locale.
L'histoire documentée de Dschang a commencé en 1895, quand elle a été « découverte » par une mission militaire allemande.
Elle a été sous contrôle britannique de 1919 à 1920, puis sous administration française jusqu'à l’accession du Cameroun à l’indépendance en 1960.
Période coloniale thumb|Station militaire vers 1915. vignette|Armes utilisées par les colons à Dschang.
Sous l’autorité allemande de 1884 à 1916, la ville de Dschang remplace Fontem en 1907 comme siège d'un district militaire allemand et de la compagnie de la Force impériale de protection.
Après la défaite de l'Allemagne lors de la Première Guerre mondiale, le Cameroun allemand fut placé sous mandat de la Société des Nations administré par la France pour sa partie orientale et le Royaume-Uni pour sa partie occidentale, la localité placée sous contrôle britannique en 1916 est transférée au Cameroun français par le Traité de Versailles du Jean-Paul Messina, Jaap van Slageren, Histoire du christianisme au Cameroun, p.199, Editions Karthala, 2005, elle est par la suite déclarée capitale de la Province Ouest. Il se développe dès lors des lieux de villégiature de la ville dans les années 1940. Cette ville est également connue pour avoir accueilli le premier congrès de l'Union des populations du Cameroun en 1950.
Le centre climatique de Dschang en est le symbole. Cette station constitue désormais la base de plans DSH pour promouvoir Dschang en tant que destination touristique.
Période post coloniale Le , le Cameroun obtient son indépendance, et l'administration régionale a été déplacée à Bafoussam. Dschang a souffert de ce changement, puisque beaucoup plus d'efforts d'investissement ont été consentis dans les infrastructures de Bafoussam.
Après l'institution de l'Université de Dschang en 1993, l'intérêt et les investissements étrangers au développement de la ville ont commencé à augmenter, et le tourisme et l'exploitation de gisements minéraux contribuèrent au développement de la ville.
Culture
Le musée des civilisations est une réalisation communautaire à vocation régionale et nationale. Son architecture africaine contemporaine se caractérise par les symboles : araignée, buffle, éléphant, masque, écriture… Ce lieu propose une lecture générale de l’histoire du Cameroun, de l’homme dans son environnement naturel, socioculturel et économique à travers cinq espaces thématiques : l’histoire singulière du Cameroun, les seigneurs de la forêt, les peuples de l’Eau où l’eau au cœur de la vie, le nord-Cameroun et sa mosaïque de peuples bâtisseurs, et les chefferies des Grassfields, alliance entre tradition et modernitéLe musée des Civilisations à Dschang, sur tourismeouestcameroun.com (consulté le 13 janvier 2025)..
Population L'évolution démographique de la population urbaine de la ville de Dschang est relevée par les recensements de la populationRecensements de la population du Cameroun en 1976, 1987, 2005. En 2005, la zone urbaine de Dschang Ville compte . L'accroissement annuel de la population urbaine est estimé à 3,17 % dans la période 1987-2005Thomas Brinkhoff, Citypopulation, Cities, Oldenburg (Germany). Son statut de zone universitaire influence fortement la pousse démographiehttps://www.researchgate.net/publication/340548343_Pollution_De_L'eau_De_Consommation_Humaine_Et_Risques_Sanitaires_A_Court_Terme_Cas_Du_Bassin_Versant_De_La_Menoua_Ouest-Cameroun.
Administration La ville est érigée en commune de plein exercice en 1962Loi 62/COR/13 du 26 décembre 1962, puis commune urbaine en 1974Loi 74/23 du 5 décembre 1974. A cette date, Le territoire communal est démembré en quatre entités communales pour donner naissance aux communes de Fokoué, Penka Michel, Santchou et Dschang. Il est ainsi créé la commune urbaine de Dschang et la commune rurale de Dschang. En 2007, et en application de la loi de décentralisation de 2004Loi N° 2004/018 du 22 juillet 2004 sur la décentralisation, les communes urbaine et rurale sont supprimées, donnant naissance à la commune de Dschang et la nouvelle commune de Fongo-TongoDécret présidentiel N° 2007/115 du 13 avril 2007. L'actuelle commune de Dschang a été créée par décret 2007 / 117 du du Président de la République portant création des communes. Elle a actuellement 41 conseillers municipaux et pour maire Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou (mandature 2020-2025)...
Les anciens maires sont : Vougmo Fidèle à Momo Bernard en passant par Guetsop Paul, Guetsa Pascal, Momo Bernard Ernest, Ndongson René, Tsobgny Panka Paul, Sonkin Étienne, maire de la commune urbaine de 1996 à 2007, pendant cette période coexiste la commune rurale de Dschang.
Chefferies traditionnelles vignette|Chefferie supérieure de Foto.
L'arrondissement de Dschang compte une chefferie traditionnelle de degré, quatre chefferies de degré et 14 chefferies de degré..
La chefferie de premier degré est la chefferie Foto, à Dschang.
Les quatre chefferies de degré sont : 708 : Chefferie Foréké-Dschang ; 709 : Chefferie Fongo-Ndeng ; 710 : Chefferie Fossong-Wentcheng ; 711 : Chefferie Fotetsa.
Quartiers et villages La commune est constituée de l'espace urbain de Dschang Ville et de cinq groupements de villages :
Dschang Ville La zone urbaine de Dschang Ville est constituée de 34 quartiers : Asseitsa, Athoumeto, Aza'a, Aza'a Foreke-Dschang, azuenla, Canne à Sucre, Centre Commercial, Dounga, Famla, Femteu, Fiala (Foto) II, Fiankop, Fiankop I, Fiankop II, Génie Rural, Haoussa et Mosquée, Keuleng, Leufock, Makemtsa, Makemtsa-Madagascar, Mechieu, Meka'a I, Melang, Minghong et Zemba, Mingmeto, Mingou, Mosquée, Ngui, Nylon, Tapalé, Tchoualé I, Tchoualé II, Tsenfem, Tsinbing, Tsinkop, Zemda.
Fongo-Ndeng Le groupement de Fongo-Ndeng est constitué de quinze villages : Atah, Azia ou Minka, Fiala (King Place), Lap, Méguia, Mengang, Mezem, Ndah, Ngui, Nguiabing, Ntseug, Tsenbing, Zeng, Zenlah, Zintse.
Foreke Dschang Le groupement de Foréké-Dschang est constitué de 7 villages : Atchoua Ngoua, Atochi, Banki, Bapouh II, Fiala, Fotsen Lessing, Litieu.
Fossong-Wentcheng Le groupement de Fossong-Wentcheng est constitué de 7 villages : Feu, Fiala I, Fiala II, Lego I, Lego II, Tsingla, Wa.
Fotetsa Le groupement de Fotetsa est constitué de sept villages : Awoungla, Fiala, Megang, Melah, Nzimpouet, Toula, Tsinkou.
Foto Le groupement de Foto est constitué de sept villages : Balivonli, Esiteu, Fiala, Fiala (Foto) II, Fonakeukeu, Makong, FotchülüRGPH, Répertoire actualisé des villages du Cameroun 2005, p.344.
Économie et infrastructures vignette|Élevage de porcs. vignette|gauche|Plantation d'oignons.
Dschang est un centre agricole important depuis le temps des colonies. L'élevage de porc est très pratiqué dans la ville.
À mètres d’altitude, sur le versant sud-est des monts Bamboutos, Dschang dispose d’un microclimat (moyenne de à , maximum de durant le mois le plus chaud en avril), qui en fait une zone de villégiature par excellence ; c’est après Foumban la première destination touristique de la province de l'Ouest.
La commune urbaine de Dschang a ouvert depuis un office du tourismeoffice du tourisme de Dschang, le premier créé au Cameroun, en collaboration avec celui de Nantes (France) ; corrélativement la coopération décentralisée Nantes-Dschang a financé un projet assainissement de la ville et l'approvisionnement de certains quartiers en eau.
Enseignement Liste des établissements d'enseignement de base à Dschang Écoles maternelles École maternelle du marché B École maternelle du camp gendarme École maternelle de Banki
Écoles primaires École publique groupe 2 École publique groupe 4 École publique du centre 1A École publique de Foto groupe 2 A École publique de Foto groupe 2 B École publique de Fonakeukeu 1 École publique de Fonakeukeu 2
Enseignement secondaires Liste des établissements d'enseignement secondaire à Dschang
Enseignement supérieur L'Université de Dschang (UDs) est une institution publique fondée en 1993. vignette|Université de Dschang. Institut Supérieur des Sciences et Technologies Nanfah (ISSTN) Institut d’Enseignement Supérieur Foyaguem (IESF)Ministère de l'enseignement Supérieur
Transport vignette|Transport terrestre interurbain à Dschang.