Les élections municipales françaises de 2001 se déroulent les et .

Elles sont marquées par un fort recul de la gauche au bénéfice de la droite, notamment dans les villes populaires mais aussi par quelques victoires symboliques du Parti socialiste dans des villes traditionnellement conservatrices et bourgeoises, marquant une évolution notable de la sociologie politique française.

Si la majorité des villes de plus de reste gérée par la droite, celle-ci ne dirige plus que trois des cinq plus grandes villes de France après la perte de sa majorité en siège dans les villes de Paris et de Lyon.

À l'issue du second tour, la droite contrôle de plus de , contre 259 pour l'ensemble de la gauche.

Dispositions légales concernant les élections municipales

Durée du mandat

Le mandat des conseillers municipaux est normalement fixé à six ans, selon l'article L. 227 du code électoral. Le mandat des maires élus en 2001 a été prolongé d'un an à cause de la trop grande proximité, en 2007, avec les élections présidentielle et législatives, dont certains redoutaient qu'elle ne créât une « cacophonie électorale ». Les élections municipales suivantes en France se sont donc tenues en .

Mode de scrutin Les élections municipales en France sont régies par un scrutin proportionnel avec prime majoritaire, à deux tours pour les communes de ou plus. Le seuil de maintien au second tour est fixé à 10 % des suffrages exprimés.

Pour les communes de moins de , les conseillers municipaux sont élus au scrutin majoritaire.

Pour les villes de Paris, Lyon et Marseille, la circonscription n'est pas la ville elle-même, mais les conseillers sont élus par arrondissement.

Participation des ressortissants de l'Union européenne

C'est lors des élections municipales de 2001 que, pour la première fois, les citoyens des pays de l'Union européenne peuvent à la fois élire les conseillers municipaux, et être éligibles à ces postes. Cette disposition était contenue dans l'article 8B du traité de Maastricht.

Cependant, les droits de ces citoyens sont limités par l'article 88-3 de la Constitution du 4 octobre 1958, puisqu'ils ne peuvent prétendre au poste de Maire, ni d'adjoint, et ne peuvent participer aux Élections sénatoriales françaises, fonctions considérées comme participant de la souveraineté nationale.

Pour pouvoir s'inscrire sur la liste électorale complémentaire dans leur commune, les ressortissants européens doivent: Être âgés de ou plus au jour de la clôture de révision des listes Jouir de leurs droits civiques à la fois en France et dans leur pays d'origine Avoir leur domicile réel dans une commune française, ou prouver qu'ils y résident de manière continue et effective depuis au moins six moisSource : articles et ..

Parité hommes / femmes

Compte tenu de la faible participation des femmes dans la vie publique française, la révision constitutionnelle du a complété l'article 3 de la Constitution d'un alinéa qui prévoit, par dérogation au principe d'égalité des citoyens, que « la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ».

Cette disposition a été mise en œuvre pour les élections municipales des communes de plus de par une modification de l'article L 264 du Code électoral, dont la version applicable aux élections de 2001 disposait que « l'écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un. Au sein de chaque groupe entier de six candidats dans l'ordre de présentation de la liste doit figurer un nombre égal de candidats de chaque sexe ».

Cette réforme a eu un effet important, puisque le nombre de femmes élues dans les conseils municipaux concernés a pratiquement doublé, atteignant désormais 47,5 % des conseillers municipaux.

Toutefois, le mécanisme légal permettait des détournements qui ont abouti à ce que seuls 6,6 % des maires des villes de plus de soient des femmesSource : http://www.femmes-egalite.gouv.fr/grands_dossiers/dossiers/vie_politique/vie_politique_bilan.htm. Les dispositions de l'article L 264 du code électoral ont donc été renforcées pour les élections de 2008.

Participation

Au premier tour, le , le taux d'abstention est relativement élevé : 32,7 % des électeurs inscrits sur les listes électorales, ce qui correspond à une augmentation de 2,1 % par rapport aux élections municipales de 1995. Lors des élections de 2008, le ministère de l’Intérieur a revu ce taux d'abstention à 34,5 %.

Le second tour, une semaine plus tard, voit la participation augmenter (+ 2,2 % par rapport au premier tour), 69,5 % des électeurs inscrits ayant voté. Le taux d'abstention de 30,5 % est donc le même que lors des élections de 1995, mais sensiblement plus élevé que pour les élections antérieures.

Résultats par villes Ville de plus de +VillePopulation (1999)Maire sortantPartiMaire éluPartiParis Jean Tiberi RPR Bertrand Delanoë PSMarseille Jean-Claude Gaudin DL Jean-Claude Gaudin DLLyon Raymond Barre UDF Gérard Collomb PSToulouse Guy Hersant* DL Philippe Douste-Blazy UDFNice Jacques Peyrat RPR Jacques Peyrat RPRNantes Jean-Marc Ayrault PS Jean-Marc Ayrault PSStrasbourg Catherine Trautmann PS Fabienne Keller UDFMontpellier Georges Frêche PS Georges Frêche PSBordeaux Alain Juppé RPR Alain Juppé RPRLille Pierre Mauroy PS Martine Aubry PSRennes Edmond Hervé PS Edmond Hervé PSLe Havre Antoine Rufenacht RPR Antoine Rufenacht RPRReims Jean-Louis Schneiter UDF Jean-Louis Schneiter UDFSaint-Étienne Michel Thiollière UDF Michel Thiollière UDFToulon Jean-Marie Le Chevallier FN Hubert Falco DLGrenoble Michel Destot PS Michel Destot PSDijon Robert Poujade RPR François Rebsamen PSAngers Jean-Claude Antonini PS Jean-Claude Antonini PSBrest Pierre Maille* PS François Cuillandre PSNîmes Alain Clary PCF Jean-Paul Fournier RPRLe Mans Robert Jarry* DVG Jean-Claude Boulard PSAix-en-Provence Jean-François Picheral PS Maryse Joissains-Masini UDFClermont-Ferrand Serge Godard PS Serge Godard PSSaint-Denis (La Réunion) Michel Tamaya PS René-Paul Victoria RPRTours Jean Germain PS Jean Germain PSVilleurbanne Gilbert Chabroux* PS Jean-Paul Bret PSLimoges Alain Rodet PS Alain Rodet PSAmiens Gilles de Robien UDF Gilles de Robien UDFMetz Jean-Marie Rausch DVD Jean-Marie Rausch DVDBesançon Robert Schwint* PS Jean-Louis Fousseret PSPerpignan Jean-Paul Alduy UDF Jean-Paul Alduy UDFOrléans Jean-Pierre Sueur PS Serge Grouard RPRMulhouse Jean-Marie Bockel PS Jean-Marie Bockel PSCaen Jean-Marie Girault* DL Brigitte Le Brethon RPRBoulogne-Billancourt Jean-Pierre Fourcade DL Jean-Pierre Fourcade DLRouen Yvon Robert PS Pierre Albertini UDFNancy André Rossinot UDF André Rossinot UDFArgenteuil Roger Ouvrard PCF Georges Mothron RPFMontreuil Jean-Pierre Brard CAP Jean-Pierre Brard CAP

Bilan des élections sur les 18 communes de plus de 150 000 habitants : neuf maires PS, cinq maires RPR ou DL, ainsi que quatre maires UDF, ont été élus. Le FN perd sa seule ville sans en gagner une nouvelle.

Villes de plus de ayant basculé de gauche à droite

Aix-en-Provence : commune ayant la particularité d'appartenir au rang des agglomérations de plus de . Deuxième ville des Bouches-du-Rhône, derrière la "cité phocéenne" (Marseille qui, dans le classement des quinze plus grandes villes de France, arrive en seconde position et est respectivement suivie des agglomérations de Lyon, Toulouse et Nice) mais devant la commune d'Arles; qui, de la même façon que Brest, Nantes, Blois, Orléans, Strasbourg, Mulhouse, Quimper, Athis-Mons, Châteauroux, Chambéry, Dunkerque, Tourcoing, Maubeuge, Avignon, Beziers, Pessac ou encore Cergy, avait basculé dans l'escarcelle de la gauche à l'occasion du renouvellement des assemblées municipales de 1989. Agde, une commune que le PS administrait depuis 1989. Andrésy Annonay Anzin Apt, aux dépens du PS. Argenteuil : bastion communiste depuis 1934 emporté par Georges Mothron (RPR). Aubergenville : commune des Yvelines que le Parti socialiste gérait depuis 1989. Auchel, commune du Pas-de-Calais jusque-là administrée par le PC. Bagnols-sur-Cèze : une commune administrée par le Parti socialiste à deux reprises ; dans un premier temps de 1977 à 1989, puis de 1995 jusqu'à ce que celle-ci ne retourne dans le giron de la droite en 2001. Beauvais : ville de taille moyenne située dans le département de l'Oise, qui, de la même façon que Brest, Rennes, Montpellier, Chartres, Castres, Cherbourg, Le Creusot, Meaux, Tourcoing, Poitiers, Angers, Villeneuve d'Ascq, Valence, Chambéry, Belfort, Dreux ou encore Evry, avait vu leur organe exécutif bouleversé par l'impressionnante percée du « tout jeune Parti socialiste » (alors âgé de ) aux élections municipales de 1977. Berck : municipalité du Pas-de-Calais remportée par le PS en 1977. Blois : Jack Lang est battu de au second tour par Nicolas Perruchot (UDF) en dépit du maintien de la candidature d'un représentant du Front national Bourg-en-Bresse Brignoles, une municipalité conquise par le parti communiste lors des précédentes municipales de 1995. Castres : ville qui, à deux reprises, a vu la couleur rose prédominer le conseil municipal spécifique à cette commune ; dans un premier temps de 1977 à 1989, puis dans un deuxième temps de 1995 à 2001. Chartres : Jean-Pierre Gorges met fin à de domination socialiste sur la ville Cahors : patrie de Léon Gambetta, qui fut également administrée pendant plusieurs décennies par le radical Maurice Faure. Castanet-Tolosan Châteaubriant Châteauroux : une ville que le PS dirigeait depuis 1989. Colombes : bastion communiste depuis 1965 emporté par une candidate RPF : Nicole Goueta (ralliée ensuite à l'UMP) Courcouronnes Dieppe, Édouard Leveau met fin à de gestion communiste dans ce port de Seine-Maritime; une municipalité que le parti communiste avait remportée aux élections municipales de 1971 en même temps qu'Amiens, Arles et Calais. Draguignan Drancy, bastion communiste depuis 1935 emporté dès le premier tour par Jean-Christophe Lagarde (UDF). Épinay-sur-Seine : ville emblématique du Parti socialiste, puisque ce fut dans cette commune que s'était tenu le cinquante-huitième congrès de la SFIO, habituellement désigné « congrès d'Épinay » de . Évreux : bastion communiste remporté par Jean-Louis Debré (RPR) Fâches-Thumesnil, municipalité remportée par le PS aux municipales de 1977. Firminy Fondettes Fourmies (aux dépens du PC) Goussainville : une municipalité dans laquelle le Parti communiste se vit renversé par le RPR à l'issue du renouvellement des 13 et ; le PC est toutefois parvenu à reconquérir cette ville lors des précédentes municipales de 1995, en même temps que Nîmes, Sète (dans le cadre d'une élection municipale partielle en 1996), La Ciotat, Sens et Brignoles. Herblay Hérouville-Saint-Clair La Ciotat La Chapelle-Saint-Luc La Garde : une municipalité que le parti communiste dirigeait depuis 1962. L 'Aigle : aux dépens du PS Lamentin (Guadeloupe) Larmor-Plage La Seyne-sur-Mer La Trinité : commune des Alpes-Maritimes jusque-là gérée par le PC. Les Clayes-sous-Bois (ancien bastion communiste) Le Teil Lillebonne Lisieux : défaite d'Yvette Roudy Longjumeau : ville détenue par le PS depuis 1989. Loudéac Lucé Lunel Mâcon Manosque Meylan Miramas Montargis Montauban : Brigitte Barèges fait tomber un bastion socialiste en dépit de la présence au second tour d'un candidat du Front national Montluçon (ancien bastion communiste) élection de Daniel Dugléry Montmagny Meyzieu : une commune dont Jean Poperen, ancien ministre de François Mitterrand durant la première moitié du second septennat présidentiel de celui-ci, fut le maire de 1977 jusqu'à sa mort en 1997. Nîmes : ancienne mairie communiste reconquise par le PCF en 1995 à la faveur d'une quadrangulaire. Oloron-sainte-Marie Orléans : ville centriste gagnée en 1989 par Jean-Pierre Sueur pour le PS Orthez Ostwald