thumb|Logo de la marque Bretagne pour le tourisme régional, et son slogan « passez à l'ouest ». Le tourisme en Bretagne concerne environ par an. Secteur important de l'économie de la région, il représente environ 8 % du PIB de la région Bretagne pour un peu moins de . Sa saisonnalité s'étend de mai à septembre, et il intéresse essentiellement le littoral, en particulier dans les départements du Finistère et du Morbihan.

Les premiers touristes fréquentent la région à partir du début du , attirés par la qualité de ses eaux minérales et par la possibilité d'y bénéficier de bains de mer. Les premières stations balnéaires apparaissent sur la côte dans les années 1830, comme à Saint-Malo, remplaçant peu à peu la motivation thérapeutique par des dynamiques plus hédonistes. Sa base sociale s'élargit progressivement jusqu'à l'entre-deux-guerres pour devenir moins aristocratique et plus bourgeoise. Les activités se diversifient, pour inclure une forme de tourisme culturel, le tourisme s'intéressant aux paysages et à certains aspects de la culture bretonne. L'avènement des congés payés en 1936 va faire basculer la Bretagne dans l'ère du tourisme de masse, et induire la nécessité de protéger son environnement de ses excès.

Si un tourisme balnéaire se concentre sur le littoral et représente le plus gros pôle d'activité, un tourisme vert est aussi notable en centre Bretagne, complété par un tourisme urbain dans les plus grandes villes de Bretagne. La culture de la région et son patrimoine sont des motifs de visites, tout comme ses sites naturels, sa gastronomie, et son offre de loisirs (festivals, équipements sportifs…).

Historique Débuts au Essor des premières stations balnéaires dans la première moitié du thumb|alt=carte de Bretagne figurant les stations balnéaires en fonction de leurs époques d'apparition|Carte historique de la création de stations balnéaires en Bretagne. upright=1|vignette|alt=Affiche montrant le bâtiment des bains de mer le long de la plage de Saint-Malo.|Affiche publicitaire pour les Bains de mer de Paramé (1886). La Bretagne voit apparaître au début du les prémices d'un tourisme près de certaines sources d'eaux, connues pour leurs valeurs thérapeutiques. Sous l'influence du thermalisme, le Clos Poulet près de Saint-Malo attire des cercles de buveurs d'eaux minérales. Ceux-ci développent localement une certaine forme de mondanité de station, coupée du reste des habitants. Une activité de bains de mer apparaît par la suite, à partir de ce premier pôle d'activité. Le même phénomène est observable dans d'autres villes du littoral breton comme Pornic. La popularisation du tourisme balnéaire par les Britanniques dans la première moitié du va profiter à ces premières implantations. Ces villes vont voir certains de leurs quartiers commencer à se structurer comme des stations balnéaires à partir des années 1830. Cette première génération de station balnéaire bretonne émerge (Saint-Malo, Pornic) et voit la construction d'installations dédiées à cette pratique (établissement de bains de mer) ou l'aménagement d'installations déjà existantes pour l'adapter à la clientèle (digues de protection et môles reconvertis en lieux de promenade). Pour accommoder cette riche clientèle, le plus souvent issue de l'aristocratie, des établissements de jeu ouvrent. La dynamique thérapeutique commence à céder le pas à des dynamiques plus hédonistes.

Une seconde génération de stations balnéaires se développe en Bretagne à partir des années 1860. Portées par une bourgeoisie d'affaires cherchant à émuler les pratiques de l'aristocratie, elles s'installent souvent en périphérie de ces premières stations, le long du littoral (Saint-Lunaire et Saint-Briac à partir de Dinard ; Le Pouliguen, La Baule et Pornichet à partir du Croisic ; Paramé à partir de Saint-Malo). Certaines de ces nouvelles stations vont gagner en importance, parfois jusqu'à devenir de nouvelles communes indépendantes (Le Pouliguen en 1854 à partir de Batz-sur-Mer, Saint-Pierre-Quiberon en 1856 à partir de Quiberon, La Trinité-sur-Mer en 1864 à partir de Carnac).

Une activité s'affirmant à partir du milieu du Le premier guide touristique traitant de la région est publié en 1845. Parmi les sites qui attirent les visiteurs à l'époque, on peut citer le tombeau de Chateaubriand à Saint-Malo (mort en 1848), qui devient un lieu de pèlerinage littéraire pour ses admirateurs ainsi que pour d'autres artistes, ou encore Pont-Aven où l'École de Pont-Aven attire les peintres à partir de 1865. Ces représentations participent alors à un processus de folklorisation de la culture bretonne. Une vision stéréotypée de la région, portée par l'image des paysans endimanchés aux pardons ou par les côtes granitiques sauvages, se popularise en dehors de la Bretagne à partir des années 1850. Eugène Boudin présente à Paris en 1859 Le Pardon à Sainte-Anne-la-Palud et rencontre un certain succès, amenant à sa suite des peintres dans la région, à la recherche de ces paysages et de ces sujets. La publication du en 1838 par Théodore Hersart de La Villemarqué participe à ce même phénomène. La faïence de Quimper crée sa première assiette à sujet « breton » en 1878.

thumb|alt=affiche figurant 2 bretonnes portant des coiffes régionales.|Affiche britannique vantant la Bretagne comme destination touristique.

Dans les stations balnéaires, de grands projets de lotissements se mettent en place entre les années 1880 et la Première Guerre mondiale, accompagnant l'arrivée du chemin de fer. Certains projets de construction ex nihilo de stations balnéaires voient le jour, souvent portés par une personnalité importante, comme le comte Hennecart à La Baule à partir de 1876, ou Armand Peugeot à Morgat à partir de 1884. Face à l'importance de cette activité économique, les conseils municipaux prennent en compte les attentes des touristes pour aménager la ville (entretien des quais de Pornic pour y permettre les promenades, création d'une estacade dans ce même but à La Baule en 1892). Cette nouvelle population importe également ses pratiques sociales : les premières régates commencent au Pouliguen en 1875, et la navigation de plaisance s'y affirme dès les années 1880. Ces touristes, le plus souvent issus de la bourgeoisie, viennent en famille, ce qui entraîne l'apparition de problématiques de sécurité liées à la baignade. Des guides-baigneurs, des cordes de sécurité, et des bateaux de surveillance voient le jour, et les prospectus publicitaires mettent en avant cet aspect, comme à Quiberon. Enfin, la dimension thérapeutique de certaines activités déjà présentes au début du perdure. Le docteur Lhoste invente la cure marine à Saint-Malo en 1850, et en 1899 Louis-Eugène Bagot ouvre à Roscoff la première structure de thalassothérapie de France.

La Bretagne bénéficie aussi d'une grande popularité dans le Royaume-Uni de l'époque victorienne, notamment entre 1856 et 1881. Portés par la popularité locale d'auteurs bretons comme Souvestre, Chateaubriand, et de La Villemarqué, des auteurs britanniques s'y rendent, et choisissent la Bretagne comme décor de leurs productions littéraires. Robert Browning y situe plusieurs poèmes comme Gold Hair: A Story of Pornic ou The Two Poets of Croisic, Ernest Dowson y place Yvonne of Brittany et In a Breton Cemetery. The Lady of La Garaye que publie Caroline Norton en 1862 est même à l'origine d'un tourisme littéraire propre à ce livre, certains visiteurs cherchant spécifiquement à visiter les lieux présentés dans l'œuvre. Ceci contribue à faire de la Bretagne une des destinations privilégiées de la clientèle britannique de l'époque.

La question de la protection des sites touristiques commence à se poser dès 1900, ce qui lui vaut de bénéficier du classement du premier site français au titre du paysage : le , la commission départementale des Côtes-du-Nord (actuellement les Côtes-d'Armor) classe l'île de Bréhat parmi les « sites et monuments naturels de caractère artistique » à préserver..

L'arrivée d'une population extérieure à la région induite par le tourisme est aussi l'occasion pour les Bretons d'interagir avec celle-ci. Certains travaillent comme domestiques auprès de cette clientèle, et quittent parfois la région pour continuer de travailler pour ces nouveaux employeurs. Les mœurs locales évoluent aussi, ce qui fait craindre à certains un certain emparisiennement. Au tournant du siècle, les premières fêtes folkloriques sont aussi mises en place pour divertir les touristes. Théodore Botrel utilise sa notoriété dans le domaine de la culture bretonne pour lancer le Pardon des Fleurs d'Ajonc à Pont-Aven en 1905. Costumes traditionnels et musique bretonne y occupent une place centrale. La même année, la fête des Filets bleus à Concarneau utilise la même formule pour attirer les touristes, cette fois en y intégrant un aspect social, en utilisant les sommes récoltées pour aider les populations localesErwan Chartier, « Bretagne. De quand datent les premières fêtes folkloriques ? », dans Le Télégramme, le 10 juillet 2017, consulté sur www.letelegramme.fr le 5 mai 2020.

Essor lors de l'entre-deux-guerres Pendant l'entre-deux-guerres, le tourisme va continuer son essor essentiellement sur la côte. Plusieurs facteurs de développement apparaissent. L'automobile rend les déplacements plus aisés, et certaines routes sont même aménagées pour elle (route de la corniche à Perros-Guirec en 1925, route de la mer à La Baule en 1928). Un réseau de syndicats d'initiatives voit le jour pour mieux informer les touristes, et une revue, La Bretagne touristique, est éditée dans ce même but à partir de 1922. Enfin, de nouvelles stations balnéaires sont créées ex nihilo comme à Kerfany-les-pins, ou gagnent en importance comme à Quiberon.

La clientèle très aisée continue de fréquenter les mêmes stations qu'avant-guerre, et des aménagements comme des golfs, des courts de tennis, ou des hippodromes s'y généralisent. En 1935, on peut ainsi dénombrer 12 casinos, 7 terrains de golf, et 17 ports dédiés à la plaisance dans la région. La Baule-Escoublac et Dinard comptent respectivement 50 et 86 hôtels en 1926 – accueillant à la même date un total de . La cohabitation avec la population locale n'est pas toujours aisée, et régulièrement ces touristes se plaignent d'être sollicités par des enfants pour l'aumône. La crise de 1929 a raison d'une partie de ce tourisme de luxe et plusieurs casinos ferment après cette date. La clientèle britannique et américaine en particulier déserte la région après cette date.

Les congés payés amènent à l'été 1937 un nouveau souffle à cette activité avec l'arrivée d'un demi-million d'estivants français et dans la région, qui compte à cette date quelque balnéaires. La clientèle est cependant d'un nouveau type, et compte beaucoup de Bretons montés à Paris pour le travail, et de retour chez eux le temps d'un été. Beaucoup plus populaire, ce tourisme voit le développement du camping et des séjours chez l'habitant, ainsi que des colonies de vacances. Par son ampleur et sa forme, il préfigure le tourisme de masse auquel va être confronté la région après la Seconde Guerre mondiale.

L'après-guerre Un développement qui pose des questions jusqu'à la fin du