Paul Beynet, ou Étienne Beynet, est un officier général français né le à Châtillon-en-Michaille (Ain) et mort le à Annecy (Haute-Savoie).. Capitaine d'infanterie pendant la Première Guerre mondiale, il est promu général pendant l'entre-deux-guerres. Il dirige la délégation française à la commission de mise en œuvre de l'armistice pendant l'hiver 1941-1942 puis rejoint les Forces françaises combattantes à Londres.
À la fin de la guerre, il est le dernier Délégué général plénipotentiaire de France au Levant de 1944 à 1946, où il tente en vain de retarder l'accession à l'indépendance de la Syrie et du Liban.
Carrière Paul Beynet nait le à Châtillon-en-Michaille dans le département de l'Ain, .
Première Guerre mondiale Après sa formation à Saint-CyrPromotion du centenaire d'Austerlitz., il se distingue pendant la Première Guerre mondiale comme capitaine d'infanterie.. Il est notamment le premier chef du corps du 114 bataillon de chasseurs alpins, créé en ..
Entre-deux-guerres Au sortir de la guerre, sa progression est rapide : il est promu major en 1927, lieutenant-colonel en 1932, colonel en 1935 puis général de brigade en . Il est présent en Syrie en 1927., et y exerce la charge de chef d'État-Major des troupes du Levant à partir du . Charles de Gaulle est alors un de ses subordonnés : chef de bataillon, il y dirige le Troisième bureau..
Après une période pendant laquelle il est détaché au Centre des Hautes études militaires., Beynet sert ensuite comme gouverneur militaire de Briançon d' à .
À cette date le commandement par intérim de la division d'Alger lui est confié jusqu'en , et c'est à ce poste qu'il est nommé général de division en ..
Seconde Guerre mondiale
De retour en métropole, il commande la 81e division d’infanterie de septembre à fin , puis le corps d’armée (dépendant de l’armée des Alpes du général René Olry) jusqu'au Roger Frison-Roche est alors sous-officier sous ses ordres (Frison-Roche, Le Versant du soleil)., à la tête duquel il arrête la progression de l’armée italienne dans les secteurs fortifiés de Savoie et du Dauphiné, les plus au Nord. (Uriage, siège du PC de Beynet, Saint-Paul-sur-Isère, Saint-Jean-de-Maurienne, Embrun, La-Roche-de-Rame, etc.)..
En il est à nouveau envoyé en Algérie pour y prendre jusqu'en la direction du corps d'armée, qui regroupe toutes les unités militaires d'Algérie et constitue le noyau de l'armée d'Afrique. Devenu en février général de corps d'armée il est le chef de la délégation française auprès de la commission d’armistice de Wiesbaden de à . Avec son homologue le général allemand il y travaille à la réorganisation de la Police française. et construit un programme de renforcement des forces d'Afrique-occidentale française destiné à contrecarrer le ralliement majoritaire des troupes de l'Afrique-équatoriale française à la Résistance : il obtient ainsi la création d'un régiment de chasseurs d'Afrique.
Mis en section de réserve en , il abandonne Vichy et prend contact avec le colonel Passy, chef du BCRA. Il gagne Londres en avion, où le général de Gaulle le reçoit. avec plaisir, et s’engage dans les Forces françaises combattantes le .
Des missions diplomatiques lui sont alors confiées par de Gaulle : il dirige la Mission militaire française à Washington de à . Avec le grade de général d’armée de réserve (), il est Délégué général et plénipotentiaire de France et commandant supérieur des troupes au Levant (-), en remplacement du général Catroux..
Au Proche-Orient
Au Proche-Orient, l'influence française s'affaiblit rapidement : le Royaume-Uni rivalise avec la France pour le contrôle de la région, et les revendications indépendantistes des deux pays sous mandat français, la Syrie et le Liban, vont croissantes. En , un accord franco-libano-syrien vient alors d'accorder une large autonomie aux autorités locales, en préservant le contrôle par les Français des troupes spéciales.. Mais après la libération de Paris, rien ne justifie plus que la France maintienne au Levant des forces militaires.
À la résidence des Pins à Beyrouth, Paul Beynet est chargé par de Gaulle de maintenir pour la France une position privilégiée : celui-ci connait l'expérience de Beynet en Syrie et apprécie les qualités morales et l'absence de fanatisme de ce proche. Mais Beynet a une vision datée de la situation : il perçoit le Proche-Orient comme un pays soumis, dont il méprise les indigènes et leur politique. Rigide, d'un abord difficile, le général est d'abord favorablement accueilli mais se trouve vite confronté aux manœuvres de son homologue britannique Edward Spears, qui tente d'évincer les Français, et aux objectifs des dirigeants locaux. Il doit en effet faire face à une opposition indépendantiste croissante : manifestations anti-françaises en , création de la Ligue arabe par la Syrie, le Liban et quatre autres pays en . La question du commandement des troupes spéciales. provoque fin mai de violentes émeutes à Beyrouth et à Damas, où le délégué français subordonné à Beynet., le général Fernand OliveDit Oliva-Roget., fait bombarder la ville par l'artillerie et l'aviation pendant trente-six heures sans que Beynet ne s'y oppose ou ne tente d'apaiser le différend.. C'est l'intervention de Churchill qui contraint finalement Olive au cessez-le-feuOpération qualifiée par de Gaulle de (Mémoires).. En répondant militairement à des problèmes politiques, en s'arc-boutant pour retarder une indépendance promise dès la mise en place du mandat, la France a compromis ses chances de conserver une influence dans les affaires syriennes.
En , le retrait des troupes françaises est finalement scellé par un accord avec le Royaume-Uni, que Paul Beynet dévoile à Beyrouth.. Sous son autorité, ce transfert s'achève en en Syrie et à l'automne au Liban.
Vie privée .
Bibliographie
Récompenses . , à 7 palmes et 3 étoiles
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Notes et références Notes
Références
Pour aller plus loin
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