Des applications mobiles, dites applications concernant la Covid-19, sont utilisées à diverses fins en réponse à la pandémie de Covid-19, particulièrement pour aider à la recherche des contacts, c'est-à-dire le processus d'identification des personnes (contacts) qui peuvent avoir été en contact avec une personne infectée.
vignette|350px|Exemple de proposition pour une application de localisation des contacts Covid-19 basée sur la localisation : les contacts de l'individu A (et de toutes les personnes utilisant l'application) sont tracés à l'aide de la co-localisation GPS avec d'autres utilisateurs de l'application, complétés par la numérisation de codes QR affichés sur les équipements publics à fort trafic où le GPS n'est pas suffisamment précis. La personne A demande un test SARS-COV-2 (à l'aide de l'application) et son résultat positif déclenche une notification instantanée aux personnes qui ont été en contact étroit. L'application conseille l'isolement du cas (individu A) et la mise en quarantaine ses contacts. De nombreuses applications d'aide à la recherche des contacts basées sur le traçage numérique des contacts ont été développées ou proposées, avec le soutien officiel des gouvernements, basés sur divers protocoles développés pour l'occasion. Ces efforts, en particulier ceux basés sur le traçage de la localisation géographique des personnes (géolocalisation), reçoivent de nombreuses critiques pour les risques et problèmes qu'ils posent en matière de confidentialité et d'utilité.
Pour pallier les critiques d'un recueil trop important de données personnelles comme dans le cas de la géolocalisation, et/ou du stockage des données dans des serveurs centralisés, des approches décentralisées faisant recours à un traçage dit de et stockant les données recueillies sur le téléphone mobile ont été proposées. Celles-ci utilisent le plus souvent le Bluetooth à basse consommation (BLE) pour tracer uniquement la proximité du téléphone mobile d'un utilisateur avec d'autres téléphones mobiles, et non sa géolocalisation. Certaines applications, comme TraceTogether et son protocole réutilisé ailleurs (Singapour) et TousAntiCovid (France) combinent un traçage de proximité utilisant le BLE avec un stockage des données partiellement centralisé.
Google et Apple ont intégré directement dans leurs systèmes d'exploitation Android et iOS une interface de programmation pour prendre en charge les applications de suivi des contacts basées sur le Bluetooth, et y donnent accès aux applications qui remplissent un certain nombre de conditions, notamment de confidentialité et décentralisation. Cette politique suscite des conflits avec des États qui ont conçu ou conçoivent des applications ne respectant pas ces conditions, et se voient donc refuser l'accès pour leurs applications à certaines fonctionnalités du système d'exploitation jugées utiles. La position de Google et Apple a contribué à ce que certains États passent à une approche décentralisée, comme l'Allemagne, ou considèrent cette possibilité, comme le Royaume-Uni.
Types d'application
Aide au diagnostic
Recherche des contacts
Aide au confinement
Approches générales Suivi de localisation basé sur le réseau centralisé
Certains pays utilisent le suivi de localisation basé sur le réseau, éliminant le besoin de télécharger une application et la possibilité technique d'éviter le suivi. En Israël, le suivi basé sur le réseau a été approuvé. Les solutions basées sur le réseau ont accès aux données brutes de localisation et sont critiquées pour leurs atteintes à la vie privée. Cependant, tous les systèmes utilisant des serveurs centraux ne nécessitent pas l'accès aux données personnelles de localisation; un certain nombre de systèmes visant à préserver la vie privée n'utilisent des serveurs centraux que pour de la communication (voir la section ci-dessous).
En Corée du Sud, la recherche numérique des contacts ne s'appuie pas sur une application ni sur un système de suivi des contacts, mais sur la collecte a posteriori d'informations de différentes sources, notamment les données de suivi des appareils mobiles, les données de transaction par carte et les données de vidéosurveillance. Ces informations sont ensuite combinées pour générer des notifications via des SMS aux personnes potentiellement infectées. Par ailleurs, le gouvernement rend accessible au public les informations recueillies sur les déplacements des personnes testées positives, ce qui est autorisé depuis l' à coronavirus MERS de 2015 dans le pays, qui a mené à des modifications profondes des lois sur la confidentialité en matière de santé publique. Ces informations sont accessibles via certaines d'applications et sites Web.
Suivi des contacts visant à préserver la vie privée vignette|Bande dessinée expliquant comment le traçage de proximité permet d'effectuer un suivi des contacts décentralisé et anonyme Le traçage des contacts préservant la confidentialité est un concept bien établi, avec un corpus substantiel de documents de recherche datant d'au moins 2013.
Au , plus d'une douzaine de groupes d'experts travaillent sur des solutions visant à respecter au maximum la vie privée, telles que l'utilisation de Bluetooth à basse consommation (BLE) pour enregistrer la proximité d'un utilisateur avec d'autres téléphones portables. Les utilisateurs reçoivent un message s'ils ont été en contact proche avec quelqu'un qui a été testé positif à la Covid-19Le Figaro 8 avril 2020.
Un groupe de chercheurs européens, notamment du Fraunhofer Heinrich Hertz Institute et de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), qui sont sous l'égide du projet (PEPP-PT), développent une application sur le BLE conçue pour éviter une surveillance intrusive de l'État. Cependant, le PEPP-PT est un effort de coordination qui comporte à la fois des approches centralisées et décentralisées. Le , l'EPFL et l'ETH Zurich se retirent du projet, critiquant le PEPP-PT pour son manque de transparence et d'ouverture, et pour ne pas respecter suffisamment la vie privée. Ensuite, le KU Leuven, le CISPA Helmholz Center for Information Security, le Laboratoire européen pour l'apprentissage et les systèmes intelligents et l'université technique du Danemark se retirent également du projet. Le , le gouvernement allemand change de position et annonce partir pour une solution décentralisée.
Les protocoles décentralisés comprennent le Decentralized Privacy-Preserving Proximity Tracing (DP-PPT / DP-3T), qu'on peut traduire par traçage de proximité décentralisé préservant la confidentialité, le ("Temporary Contact Numbers") de la coalition mondiale TCN et SafePaths du MIT Media Lab. L'objectif de la décentralisation est de réduire la perte de confidentialité, en échangeant des clés anonymes qui ne contiennent pas d'informations identifiables.
Le , le gouvernement singapourien a annoncé qu'il publie en open source une implémentation de référence du protocole BlueTrace utilisé par son application gouvernementale officielle.
Initiative conjointe de Google et Apple : Notification d'exposition
Le , Google et Apple, les sociétés qui contrôlent les systèmes d'exploitation mobiles dominant le marché Android et iOS, annoncent une initiative conjointe pour le suivi des contacts, dénommée d'abord Privacy-Preserving Contact Tracing Project () puis Exposure Notification (). Elles favorisent une approche décentralisée basée sur le traçage de proximité faisant recours à la technologie Bluetooth à basse consommation (BLE) et la cryptographie, citant des avantages en matière de confidentialité. Les deux entreprises déclarent préparer dans un premier temps une interface de programmation pour permettre de simplifier et rendre plus efficace la création d'applications de suivi des contacts. Elles publient également les spécifications des technologies de base utilisées dans le système. Selon Apple et Google, le système devrait être déployé en trois étapes. : spécification et publication de l'interface de programmation ; déploiement d'outils pour permettre aux gouvernements de créer des applications officielles de recherche des contacts préservant la confidentialité ; intégration de cette fonctionnalité directement dans iOS et Android.
L'Union américaine pour les libertés civiles déclare que l'approche de Google et d'Apple ..
La volonté de certains gouvernements, notamment de la Grande-Bretagne, de France et d'Allemagne, de créer un système centralisé se heurte à l'opposition de Google et Apple. Apple refuse l'accès des applications centralisées à la technologie bluetooth en tâche de fond, ce qui les empêche de fonctionner quand elles ne sont pas actives.. Certains gouvernements décideront ensuite de changer d'approche pour créer des applications décentralisées, leur permettant d'utiliser les outils Google-Apple..
Le , citant le respect de la vie privée comme une priorité, Google et Apple décident de bloquer l'accès à leur outil aux applications utilisant le GPS. Certaines autorités publiques y faisant recours en conjonction avec le bluetooth affirment pouvoir néanmoins fournir des applications fonctionnelles en se passant de l'outil...
Le , Google et Apple mettent à disposition des autorités sanitaires leur outil intégré directement dans leurs systèmes d'exploitation mobiles.
Restrictions dans les magasins d'applications Répondant aux préoccupations concernant la propagation des applications « coronavirus » trompeuses ou nuisibles, Apple a fixé des limites quant aux types d'organisations pouvant ajouter des applications liées aux coronavirus à son magasin d'applications App Store, en les limitant aux seules organisations « officielles » ou autrement réputées. Google et Amazon ont mis en place des restrictions similaires.
Problèmes soulevés
Efficacité , professeur d'ingénierie de la sécurité à l'Université de Cambridge, énumère un certain nombre de problèmes pratiques potentiels induit par l'utilisation de logiciels, entre autres des faux positifs et le manque d'efficacité si l'application n'est utilisée que par une petite fraction de la population. La modélisation par des chercheurs de l'Université d'Oxford a estimé que 80% de tous les utilisateurs de smartphones dans une ville d'un million de personnes devraient utiliser un système de suivi pour arrêter l'épidémie. À Singapour, une personne sur six seulement avait téléchargé l'application TraceTogether en ; l'application a également été sous-utilisée car elle ne fonctionnait que si les utilisateurs la gardaient ouverte à tout moment.
L'interface de programmation proposée par Google et Apple vise à réduire les problèmes de développement en incorporant le mécanisme de suivi des contacts aux systèmes d'exploitation de leurs appareils, diffusé par les mises à jour logicielles standard. Elle permettra notamment de faire fonctionner en arrière-plan le suivi de contacts par BLE. Dans une deuxième phase, le système d'exploitation serait en mesure de suivre l'exposition sans avoir à télécharger une application Covid-19 dédiée. Confidentialité, de discrimination et de marginalisation Des militants de la protection de la vie privée expriment leur inquiétude concernant les implications de la surveillance de la population à l'aide des applications de coronavirus, en particulier au sujet du démantèlement de l'infrastructure de surveillance créée pour faire face à la pandémie de coronavirus une fois la menace passée. Amnesty International et plus de 100 autres organisations ont publié une déclaration appelant à des limites à ce type de surveillance. Les organisations posent huit conditions aux projets gouvernementaux : Les mesures de surveillance adoptées pour faire face à la pandémie doivent être légales, nécessaires et proportionnées. Si les gouvernements étendent leurs pouvoirs de suivi et de surveillance, alors ces pouvoirs doivent être limités dans le temps et ne doivent pas se prolonger au-delà de la durée nécessaire pour lutter contre la Covid-19.