vignette|Figurine de femme nue (vers 1300 av. J.-C.) L'art du Nouvel Empire égyptien (vers 1580 – vers 1077) correspond aux règnes des , et s, le Nouvel Empire. Il atteint un apogée dans l'art de l'Égypte antique qu'il ne retrouvera plus ensuite. En effet, après cette longue période de rayonnement, la Troisième Période intermédiaire, puis la Basse Époque n'auront plus les moyens de tels investissements dans les arts. Cette époque marque aussi une rupture nette après la Deuxième Période intermédiaire aux productions révélatrices de l'état d'une société bouleversée.

C'est la grande période de l'architecture funéraire, après l'époque des pyramides de l'Ancien Empire. Dans la vallée des Rois, ces volumes architecturés sont creusés à flanc de montagne, et pour certains d'entre-eux, construits devant l'ouverture, comme le temple funéraire d'Hatchepsout et son tombeau à Deir-el-Bahari, légèrement au sud de la vallée des Rois, et adossé à la paroi rocheuse de « la Cime », une montagne qui fait office de pyramide, immense.

Le trésor de Toutânkhamon a révélé aux yeux éblouis du monde, un véritable flot d'or et de pierres, travaillé avec un art sidérant. De magnifiques objets, de marqueterie, de céramique, une accumulation de joyaux. Et le visage de ce jeune homme a conservé la perfection de la jeunesse. Une multitude de sculptures du Nouvel Empire ont cette qualité, d'un naturalisme étonnant. Par contre, à l'époque du pharaon - Akhenaton, ce sont des corps étrangement redessinés qui nous paraissent invraisemblables. Tous ces portraits, tous ces corps méritent que l'on s'interroge sur leur degré de rapport au réel, précisément, scientifiquement. Le célèbre portrait de Néfertiti, l'épouse d', n'est pas le seul à poser un problème. Mais la recherche scientifique s'appuyant sur des collections aujourd'hui bien répertoriées, permet d'avancer des hypothèses de plus en plus finement étayées.

L'art du bas-relief, et des autres formes de relief, les peintures murales ou sur les objets, conservent une image plus typiquement « égyptienne », avec ses effets de rabattement typiques, comme l'œil de face et le visage de profil. Les solutions qui ignorent notre perspective sont d'ailleurs d'une incroyable richesse à cette époque. Mais cette période révèle aussi des surprises. La Chambre mortuaire de dans la vallée des Rois ne renvoie à rien de connu. Ce sont des dessins où tout un peuple s'active, tracé d'un geste parfaitement maîtrisé, mais sans aucune indication de volume. Et puis ce sont aussi des multitudes de petits dessins, sur éclats de pierre calcaire, parfois des fragments de poterie, les « ostraca ». Comme sur des pages arrachées à un carnet de croquis, le dessinateur égyptien y a multiplié les essais, les croquis, les esquisses qui semblent parfois saisies sur le vif. On y rencontre aussi ce qui nous paraît être des illustrations pour des contes ou des fables amusantes. Elles se trouvent aussi sur des papyrus, toutes aussi comiques, mais tout aussi énigmatiques.

Présentation. L'architecture du Nouvel Empire Vers la fin de la Deuxième Période intermédiaire (vers 1650-1550), les dirigeants thébains (la ) ont commencé à chasser du Delta les rois Hyksôs (la ). Ainsi , a réuni à nouveau l'Égypte, inaugurant le Nouvel Empire - la troisième grande ère de la culture égyptienne. Les successeurs d'Ahmose de la ont mené des campagnes militaires qui ont étendu l'influence de l'Égypte au Proche-Orient et établi le contrôle égyptien sur toute la Nubie, jusqu'à la quatrième cataracte. En conséquence, les pharaons du Nouvel Empire possédaient une richesse inimaginable, dont ils offraient une grande partie à leurs dieux, en particulier à Amon-Rê, dont le temple culte de Karnak (l'antique Thèbes, la moderne Louxor, en Haute-Égypte) a été agrandi par des générations successives de dirigeants égyptiens et rempli de statues votives commandées par les rois et les courtisans.

Bien que les dirigeants de la aient établi une capitale administrative près de leur résidence, dans le delta, Thèbes est restée un centre culturel et religieux. Les pharaons ont construit leurs temples funéraires ici et ont été enterrés dans d'énormes tombes taillées dans la roche. Elles ont été décorées de peintures ou de reliefs peints illustrant des textes religieux concernant la vie après la mort. Une ville, Deir el-Médineh, a été fondée à l'ouest de Thèbes pour les artistes qui réalisaient toutes ces tombes. Sur ce site, ils ont laissé une mine d'informations sur ce que pouvait être la vie dans une ancienne communauté égyptienne d'artisans, parfois de très haut niveau, et d'ouvriers plus ou moins spécialisés..

Connu spécialement pour l'architecture monumentale et la statuaire en l'honneur des dieux et des pharaons, le Nouvel Empire, une période de près de de stabilité politique et de prospérité économique, a également produit une abondance de chefs-d'œuvre artistiques créés pour être utilisés par des individus de statut non royal, des sculptures restées à l'état de modèles dans le village des artisans de Deir el-Médineh, des objets d'art surprenants ainsi que des dessins ébauchés sur des éclats de pierre ou de vases brisés (les ostraca), des dessins rapides comme des photographies.

vignette|redresse=3|center|La vallée des Rois. Thèbes Ouest. vignette|centre|redresse=3|La vallée des Rois. Les tombes royales étaient des installations somptueuses, avec de grands temples commémoratifs situés en marge du désert et dédiés au souverain décédé et au dieu Amon. L'enterrement proprement dit avait lieu dans de profondes chambres souterraines de la vallée des Rois, où le seul symbole extérieur de la royauté était la « pyramide » naturelle qui couronne la montagne, juste au-dessus de la célèbre vallée. Ces tombes, remplies de richesses, comme on le voit dans la tombe semi-intacte de Toutânkhamon (1335–1325 avant notre ère), témoignent de la richesse des rois égyptiens et des splendides compétences de leurs artistes et artisans.

D'autre part, cette période voit l'extension de nombreux temples. Karnak existait en tant que site religieux avant la .. Hatchepsout a fait construire la Chapelle rouge vers la fin de la première moitié de la . Dans la même enceinte, l' (mi-) a conservé une partie de son décor peint, avec un plafond couvert de petites étoiles sur fond bleu. Datant essentiellement de la , la grande salle hypostyle de l'enceinte d'Amon-Rê (ou « domaine » d'Amon-Rê), de , conserve, entre autres, cent trente-quatre colonnes dont la plupart ont gardé leur décor, en relief. À l'époque de , c'était un ensemble colossal et d'une très grande richesse, alimenté, en grande partie par ses propriétés foncières et par des dons de la couronne jusque sous .

Sous le règne des Thoutmôsis, cet état fort octroya des richesses inestimables au clergé d'Amon déjà extrêmement riche. Les réalisations architecturales et artistiques ont été, alors, considérables, comme en témoigne l'ensemble de Karnak. Ceci n'est pas sans signification pour la suite, où les souverains suivants s'écartèrent progressivement de ce clergé devenu comme un état dans l'état, au point de s'en séparer frontalement sous et avec de nouvelles formes d'art, totalement différentes des traditions. Enfin, au-delà, les ramessides décidèrent de déplacer leur capitale dans le delta, Pi-Ramsès, en partie pour s'éclater, lui aussi, de ce clergé jugé dangereux, lors la reprise en main destructrice sous Toutânkhamon et Horemheb. Le clergé thébain prit finalement le pouvoir pendant la Troisième Période intermédiaire.

jusqu'au règne d' (v. 1550-1353) Art funéraire La reine Hatchepsout et son successeur entreprennent les grands chantiers de la région de Thèbes, en Haute-Égypte. Il s'agit souvent de véritables prouesses. Ainsi la nef centrale de la grande salle hypostyle du temple d'Amon à Karak est constitué de deux rangées de six colonnes de de haut et de de diamètre. Le but obtenu, c'est une puissante sensation à la fois d'écrasement, où l'individu est dominé par une forêt dense de futs colossaux, mais aussi par une aspiration du regard vers le haut, d'où provient la lumière qui éclaire les chapiteaux en forme de fleur de papyrus.

Au lieu de faire élever des pyramides, ces souverains font creuser leurs tombes au fond d'une étroite vallée, totalement désertique, la vallée des Rois, sur la rive gauche du Nil, à la hauteur de Thèbes. Les tombeaux de la vallée des Rois sont identifiés suivant une convention, un sigle KV pour « King Valley » ou WV pour « West Valley », suivi d'un numéro.

Cette suite de bâtiments et de tombes creusées dans la roche, travaux qui seront poursuivis ensuite, feront de Thèbes l'un des ensembles architecturaux les plus célèbres d'Égypte : le sanctuaire d'Amon à Karnak (peut-être fondé par , repensé par Hatchepsout et réalisé ensuite) et les temples funéraires de la rives gauche du Nil, les « temples de millions d'années » dont il reste guère que celui d'Hatchepsout à Deir el-Bahari. Le temple funéraire d'Hatchepsout a été placé, volontairement, à proximité immédiate de celui de , souverain de la qui a réuni l’Égypte au Moyen Empire, afin de ré-affirmer la continuité de la monarchie et la fluidité du commerce sur l'ensemble de la vallée du Nil depuis la deuxième cataracte.

Dans leurs images, sur les parois de ces tombes, peintres et sculpteurs abandonnent peu à peu les scènes de la vie quotidienne pour décrire une vie essentiellement religieuse. Ces images vont se multiplier sous les Ramsès. Une tombe du maire de Thèbes et intendant, Sennefer, se distingue par l'originalité unique et la qualité de son décor : le plafond en est couvert d'une immense treille chargée de grappes et raisins, toutes les parois sont ornées de scènes aux couleurs vives. Ce type de très haut dignitaire est capable de faire que l'on réalise des images sculptées de son propre couple, sur le modèle du couple royal, ou du roi et sa mère ( et sa mère, Le Caire).

L'image des relations internationales La reine Hatchepsout tiendra à laisser, dans le temple du gigantesque complexe funéraire qu'elle se fait construire, l'image du rétablissement du commerce avec les autres pays d'Afrique, plus au Sud. Le transport des arbres à encens dans des paniers depuis le pays de Pount est le premier signe de restauration de ces relations pacifiques avec le reste de l'Afrique, au Nouvel Empire. L'expédition au pays de Pount frappe encore par l'attention au détail exotique observé, et sa transcription dans le bas-relief, avec des effets multiples pour la représentation de l'espace propre à l'Égypte, des habitations nubiennes, des poissons, des oiseaux, du palmier dattier et de l'arbre à myrrhe.

La décoration des temples reflète l'esprit belliqueux des souverains de cette période. Nombreuses sont les scènes de massacres des ennemis comme celle représentant , en vainqueur, sur un pylône du temple de Karnak. Les vaincus et les étrangers se distinguent par une image qui leur est propre : très souvent vus de face, alors que l'égyptien est toujours représenté de profil, ils portent souvent la barbe alors que celle-ci est très rare en Égypte. Quant au vainqueur il est représenté par convention en pleine action, jambes largement écartées, tendues, le corps porté vers l'avant, souriant.

L'image de l'élite