Starplex (titre original : Starplex) est un roman de science-fiction écrit par l'écrivain canadien Robert J. Sawyer et publié en 1996.

Le titre fait référence à la série Star Trek : comme son paronyme, le vaisseau Starplex est chargé d'explorer des zones inconnues de la Voie lactée et de tenter de découvrir d'autres espèces intelligentes. Les deux espèces intelligentes citées dans le roman ressemblent d'ailleurs respectivement, s'agissant de leurs traits de personnalité, aux Klingons (Waldahuds) et aux Vulcains (Ebis).

Le roman est dans le droit fil d'autres œuvres de l'auteur, telles Rollback, Calculating God ou Un procès pour les étoiles. L'auteur raconte sa vision d'une rencontre avec des extraterrestres et les implications engendrées par cette rencontre. Ainsi dans le présent roman, l'intrigue consiste dans la rencontre avec une entité extraterrestre supérieure qui donne aux humains des informations essentielles sur des questions telles que : combien y a-t-il d'espèces vivantes extraterrestres dans notre galaxie ? qu'est-ce que la matière noire ? qu'est-ce que la vie et d'où vient-elle ? comment se sont formées les galaxies ? l'Univers est-il en expansion infinie ? l'Univers a-t-il une fin ? qui a créé les « transchangeurs » et à quelles fins ?

Publications Le roman a été publié en langue anglaise en 1996 chez Ace Books. En langue française, le roman a notamment été publié en 2002 dans la collection J'ai lu, n°5366, avec une traduction de Patricia Ranvoisé. Les références des pages indiquées ci-dessous font référence à cette édition chez J'ai lu. Le roman a fait l'objet d'une critique dans Bifrost n°29 ().

Distinctions Le roman s'est vu décerner le prix HOMer du meilleur roman 1996Source : iSFdb.. et le prix Aurora du meilleur livre en anglais 1997Source : iSFdb..

Il a été classé dans la liste du Hugo 1997 (catégorie « meilleur roman ») et a été proposé au prix Nebula 1997 sans être finaliste.

Lieux de l’action du roman right|thumb|220px L'action se déroule intégralement dans l'espace, et jamais sur Terre. Elle se déroule explicitement à proximité des étoiles Alpha Draconis, Beta Draconis, Delta Draconis, Epsilon Draconis, Zeta Draconis et Eta Draconis. On peut observer un problème dans la rédaction du roman, pour le choix des lieux d'action : le lecteur peut penser que ces étoiles, qui portent des noms apparentés, sont proches les unes des autres, alors qu'Alpha Draconis est distante de 300 années-lumière du soleil, Beta Draconis est distante de 400 années-lumière du soleil et Eta Draconis est distante de 88 années-lumière. Ces étoiles sont donc très éloignées les unes des autres. Dans Rollback (2007), il est fait mention de l'étoile Sigma Draconis, située à 18,8 années-lumière de la Terre dans la constellation du Dragon. Cette étoile n'est pas mentionnée dans le présent roman.

Contexte scientifique, astronomique, politique, social et culturel évoqué dans le roman Le roman, qui relève du space opera, se déroule en 2094L'année durant laquelle se déroule l’action du roman n'est pas indiquée explicitement. Néanmoins, à la page 137 (chapitre XI), il est indiqué que l'ebi Petit-Wagon a commis une grave infraction à la loi ebi à l'âge de 24 ans. Or elle a eu 24 ans en 1513 du calendrier humain occidental. Elle est donc née en l'an 1489 de notre calendrier. Le romancier avait précisé, au paragraphe précédent, que l'ebi est âgé de 605 ans. On est donc en l'an 1489 + 605 = 2094..

L'humanité, au cours du , a découvert qu'un « vaste réseau de raccourcis artificiels trouait la Voie lactée et permettait de voyager instantanément d'un système stellaire à un autre. Personne ne savait qui avait construit ces passages ni quel était leur but précis » (p. 15). Ces trous de vers artificiels sont appelés « transchangeurs ».

Le plus proche transchangeur du Soleil est situé après le Nuage de Oort, près de l'étoile Tau Ceti. C'est pourquoi une base terrienne a été construite à cet endroit-là afin d'accéder facilement au transchangeur.

Au cours du siècle, l'humanité a fait connaissance avec deux espèces extraterrestres : les Waldahuds, vivant sur la planète Rehbollo, à années-lumière du soleil ; les Ebis (acronyme d'Entités-Bio-Intégrées), vivant sur la planète Flatland, à années-lumière du soleilPage 15 du roman..

L'humanité a aussi noué des liens avec les dauphins, seconde espèce intelligente sur la planète Terre, et les a associés à la conquête spatiale. Néanmoins, les dauphins ne sont mentionnés comme membres de l'équipage qu'à la page 99 du roman et n'apparaissent significativement dans le déroulement du récit qu'à partir de la page 214 (sur 318 pages), lors des combats stellaires. Trois dauphins sont cités : Longuebouteille, Nageoire mince, Flocon de neige.

Les Humains, les Dauphins, les Waldahuds et les Ebis ont créé le « Commonwealth des trois planètes », sorte de zone de libre-échange et de commerce, onze années avant l'action du roman, donc en 2083. C'est en quelque sorte l'équivalent de l'embryon de la « Fédération des planètes unies » de Star Trek.

Le vaisseau Starplex et son équipage

Lorsque le récit débute, le Commonwealth a fabriqué le vaisseau spatial Starplex, chargé d'explorer des zones inconnues de la galaxie par l'utilisation des transpondeurs déjà connus et de tenter de découvrir d'autres espèces intelligentes. Il va s'agir de son premier voyage. Un second vaisseau de même type, Starplex II, est en cours de construction.

Le vaisseau va être dirigé par le commandant Keith Lansing, âgé de 47 ans. Son épouse Clarissa (« Rissa ») Cervantès est chef du service « Sciences de la vie » ; le waldahud Jag-Kandaro-em-Pelsh est chef du service « Sciences physiques » ; l'humain Thorald (« Thor ») Magnor est le chef-pilote ; le service des « Opérations internes » est sous la responsabilité de la jeune et jolie Lianne Karendaughter, envers qui Keith Lansing éprouve une attirance physique certaine ; le service des « Opérations externes » est dirigé par l'ebi Losange.

Une grande zone centrale est remplie de deux cuves d'eau dans laquelle se trouvent les dauphins, chargés du pilotage des petits vaisseaux spatiaux de reconnaissance.

Le poste de commandement est assisté par une intelligence artificielle très performante, « PHANTOM ».

Résumé La narration se fait sur deux niveaux, distincts chronologiquement : d'une part les aventures ayant eu lieu pour l'équipage du Starplex, d'autre part une discussion assez mystérieuse entre Keith Lansing et une entité mystérieuse se présentant comme venant d'un lointain futur. Ces deux récits sont enchevêtrés ; le second récit, concernant spécifiquement Lansing, est écrit en lettres italiques dans le roman et ne fait pas partie de la numérotation des chapitres.

Pour la commodité de la synthèse de l'histoire, celle-ci sera indiquée dans l'ordre chronologique des événements.

Informations au lecteur ; présentation des personnages et des lieux Pages 15 à 43 de l’édition de poche.

Le lecteur est informé des identités et caractères des principaux personnages et de leurs fonctions au sein du vaisseau Starplex. Celui-ci est détaillé et ses caractéristiques sont mentionnées. Des informations sont données sur la nature et la localisation des transchangeurs.

Le vaisseau quitte Grand Central (base terrienne de Tau Ceti) et passe à travers le transchangeur. Il se retrouve immédiatement dans la constellation du Dragon.

Dès sa matérialisation, l'équipage observe que les « étoiles clignotent » : il y a d'étranges interférences dans l'espace.

Découverte des Géantes noires Pages 44 à 120 de l’édition de poche.

Le clignotement anormal des étoiles provient de la présence, dans un espace restreint à l'échelle astronomique, de plusieurs dizaines de « sphères noires et grises » dans l’espace, toutes d'une taille supérieure à Jupiter.

Des prélèvements de ces immenses « choses » (sphères de gaz ? planètes ?) sont effectués. Les résultats sidèrent Jag et Rissa : les prélèvements ne montrent aucune charge électromagnétique ni aucune masse… Les éléments, une fois analysés, montrent qu'ils sont composés de quarks Matt et Glossy, d'origine naturelle, formant des paraneutrons et des paraprotons non chargés électriquement. Or la « matière classique » est composée de six types de quarks (Down, Up, Strange, Charm, Bottom, Top) et non pas de quarks Matt et Glossy, uniquement observés jusqu'à présent de manière hyper-éphémère dans le cadre d'expériences de laboratoireCes quarks Matt et Glossy sont une invention de l'auteur..

Jag a alors une intuition : ces sphères sont constituées de la célèbre matière noire, détectée mais jamais « vue », constituant environ un quart de la densité d'énergie totale de l'Univers observable.

Selon une métaphore courante, aboya-t-il, la matière visible ne serait que l'écume au-dessus d'un océan de matière noire. Nous connaissions son existence grâce aux effets de la gravitation, mais nous ne l'avions jamais vue. Et aujourd'hui, pour la première fois, nous avons devant nous ces sphères et le brouillard de poussière qui les entoure, entièrement constitués de matière noire.

L'équipage découvre aussi que ces planètes ou étoiles mystérieuses peuvent passer à travers des transchangeurs, y compris ceux qui n'étaient pas utilisables par les Humains, les Waldahuds et les Ebis.

Dialogue avec les Géantes noires ; menaces diplomatiques Pages 121 à 198 de l’édition de poche.

Rissa apprend que l'ébi Petit-Wagon doit mourir. En effet l'extraterrestre, il y a fort longtemps, avait commis une faute lui ayant valu une peine assez surprenante, « l'amputation d'un seizième de sa vie ». L'opération de mise à mort (« désassemblage ») doit avoir lieu dans cinq jours. Le dialogue entre Rissa et Petit-Wagon est l'occasion de connaître un peu mieux la psychologie de cette espèce extraterrestrePages 134 à 138..

Peu après, l'équipage compte le nombre des sphères mystérieuses : il y en a 217, et chacune d'elles émet des ondes radio sur une fréquence distincte. Il se pourrait donc que ces sphères soient vivantes et capables de communiquer. On découvre aussi l'apparition d'une nouvelle sphère, créée à partir d'autres sphères : un « bébé-sphère » vient-il de « naître » ?

On apprend aussi que le gouvernement Waldahud menace les deux autres planètes de la Confédération de mesures de rétorsion à la suite de différents commerciaux. Le diplomate chargé de donner ces nouvelles se montre menaçant et évoque une action arméePages 158 et 159..

L'équipage a mis au point une façon de communiquer avec une de ces sphères, appelées désormais « Géantes noires », et en abrégé Génoirs.

Un dialogue s'engage entre Starplex et un des Génoirs, peut-être « ambassadeur » des autres sphères. Ce Génoir est appelé Œil de chat par l'équipage, en raison des bandes de couleurs qui strient sa surface. Le dialogue, dirigé par Lansing, Rissa et Jag, traduit par l'intermédiaire de Phantom, est d'abord très succinct et basé sur des règles mathématiques de base, puis complexes. Après tâtonnements, un vocabulaire commun est établi, puis une grammaire ; on apprend, selon Œil de chat, que les Génoirs vivent depuis… dix milliards d'annéesPages 166 à 173..

Une conversation plus poussée a lieu, concernant la durée de vie des Génoirs, la matière, la vie dans l'Univers, le Temps, le nombre de Génoirs, etcPages 186 à 191..

Keith et Rissa se rendent à la cérémonie de « désassemblage » de Petit-Wagon. Par sa dignité et sa simplicité, cette cérémonie émeut fortement les deux humains.

La Guerre interstellaire Pages 199 à 234 de l’édition de poche.