Yvelyne Wood est une sculptrice, plasticienne et scénographe, franco-suisse, installée à Genève.

Exposées sous l'égide d'organisations des Nations unies, ses œuvres abordent les thèmes liés à la violence de la guerre, des crimes contre l'humanité (génocides, exactions) ou le déplacement forcé dans des installations monumentales. Elle veut pérenniser la mémoire collective des événements tragiques.

Elle est la fondatrice et la présidente actuelle d'UniRef, une ONG humanitaire dédiée à la mission d'enseignement supérieur pour les réfugiés victimes des conflits armés.

Biographie Son père est issu d’une famille catholique. Il est prisonnier de guerre et enfermé dans le camp Rawa-Ruska. Il n’aura de cesse de s’évader pour rejoindre la France Libre. Sa mère est, contrainte de porter l’étoile jaune et vit les années de guerre cachée et dans la misère extrême. En 2012, Yveline Wood raconte à Fanny Bijaoui :

Elle fait des études d’histoire de l’art à l’École du Louvre, à Paris. Elle quitte l’Europe et habite pendant 8 ans au Japon. Elle apprend la sculpture et le modelage. En 1995, elle rentre en Europe et s’installe à Genève.

Engagement artistique

Son travail artistique porte sur tous les thèmes rattachés au traumatisme de la guerre. Elle en est le témoin indirect, en partant à la rencontre de ses victimes. Elle se présente comme un .

Ses œuvres sont basées sur des témoignages personnels, dénoncent les atrocités de la guerre, les atteintes à la dignité humaine et, en premier, celle des femmes. Elle le déclare sur France Culture : ; et ailleurs : .

Elle se reconnaît comme une artiste engagée, mais ne croit pas que l'art doit être engagé : déclare-t-elle à France Info.

Démarches artistique et technique Elle exploite des archives historiques, des matériaux authentiques, présente ses propres souvenirs ou ceux qu'elle s'approprie au cours de ses rencontres.

Sa démarche pourrait être perçue comme la construction d'une passerelles entre le vécu (la « petite histoire ») et l'Histoire. Elle redonne une place à des récits de vie, tant qu'ils peuvent être sauvegardés. Elle dit sur Arte : .

Elle utilise l'Histoire capturée par les caméras, des .

Les témoignages sont reproduits avec fidélité. Dans l'une des installations de l'exposition Chair de la Guerre, sont reproduits, par impression sur des robes, les . Ces témoignages proviennent des archives du UNHCR mais "Expo - La chair de la guerre", Journal, sur Arte (reportage télévisé), 26 mars 2012.

La présentatrice Edwige Coupez compare à un l'enquête réalisée par l'artiste sur les exactions des femmes pendant la guerre de Bosnie. Wood lui répond : .

Elle déclare au journal d'Arte : , sans que l'authenticité historique du matériau ne soit une fin en soi.

L'historien de l'art, Jean-Paul De Roche, voit dans son œuvre une expression visant à sublimer esthétiquement les souvenirs, à travers des propositions souvent dérangeantes, qui rejoignent le symbolisme baudelairien.

L'essayiste et critique d'art, , la suit depuis sa première exposition à la galerie Stendhal à New York. Son œuvre serait, pour lui, la poursuite d'un illusio, qui dénouerait un conflit interne sur les représentations du monde.

Subvertir la violence et la terreur Selon Eric Hobsbawn, le siècle dernier, apogée de la violence dans l'histoire, se retrouve dans l'œuvre de Wood. Selon Donald Kuspit : .

La « mémoire en flammes » de l'Holocauste

Lors de l'installation Mémoires en flammes, présentée en 2012, dans la bibliothèque de la Grande Loge de France, Stéphane Ceccaldi, commissaire de l'exposition et conservateur du musée, dit : .

Donald Kuspit souligne comme la métaphore du phœnix est présente dans ses œuvres, et comme elle veut « consacrer » les victimes :

L'historien de l’art, Sylvain Dubeau, écrit à propos de l'exposition L’Espace d’un instant (2010) : .

Les guerres de Yougoslavie

Au cours de son voyage en Bosnie, l'artiste a collecté des matériaux et des archives, certaines issues directement des victimes de la guerre. Elle a et dont elle a .

Une exposition se monte sous l'égide des Nations unies, centrée sur la place des femmes parmi les victimes « vivant la guerre dans leur chair », et qui lui donne son titre : la Chair de la guerre.

La place des femmes dans la guerre Son travail, sur la place de la femme dans les conflits, a médiatisé ce fait social, que la sphère académique tardait à traiter.

Elle a rencontré à Sarajevo six victimes du siège ou du massacre de Srebenica. Elle a rapporté le destin de ces femmes, victimes de viol systématique employé comme arme de guerre dans les camps dont elles étaient prisonnières. Elle témoigne le sur France Culture :

A partir de ses recherches, elle construit une exposition, Chair de la guerre : d'abord à Genève, au siège du Haut Commissariat Des Nations-Unies aux Réfugiés (UNHCR), puis, sous l'égide de cette agence, pendant un mois à partir du , à La Sorbonne.

L'exposition sera reprise par le Conseil Général du Tarn et Garonne. Le vernissage a eu lieu à Montauban, le , lors d'un colloque à l'Université de Toulouse-I-Capitole. Elle a pu inviter l'une des victimes à Montauban. Elle a montré qu'il est possible de « leur donner une reconnaissance publique » et de « les sortir de la honte ». Engagement pour les réfugiés et le projet UniRef

Le travail artistique d'Yvelyne Wood est lié à son expérience personnelle, à ses immersions dans les conflits armés, exprime sa sensibilité pour les causes humanitaires.

Mais sa .

Elle s'engage dans l'action humanitaire en faveur des réfugiés (au sens statutaire qu'en donne la convention des Nations-Unies du ). Elle co-fonde, en 2013, l’association humanitaire Swiss International Humanitarian Organization (Siho), qui deviendra plus tard UniRef. Elle a emprunté ce nom au premier projet mis en œuvre dans le camp du UNHCR de Musasa, au Burundi).

Distinction

2018 : membre du Forum des 100

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Références

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