La catastrophe de Montceau-les-Mines est un accident minier survenue le à Montceau-les-Mines, en France. Il est probablement dû à un coup de grisou et provoque la mort de 28 mineurs.
Le puits Sainte-Eugénie, ou puits Cinq-Sous vignette|gauche|Vieux Puits Ste-Eugénie.
Le puits de Cinq-sous est fondé en 1835 (creusement d'un puits de mine, en descendant à partir de la surface). Après l’effondrement des installations en 1836, le fonçage reprit de 1846 à 1848, et entra en exploitation en 1849.
Le puits Cinq-sous était très dangereux et les accidents furent nombreux. Avant la catastrophe du , les miniers du puits avaient déjà subi plusieurs coups de grisou mortels en : 1851 (6 morts) ; 1853 (13 morts) ; 1867 (89 morts) ; 1872 (39 morts).
Les ouvriers touchaient une prime spéciale de 5 sous pour le risque encouru, d’où son nom. Après d’importantes réparations, le , le puits fut rebaptisé puits Sainte-Eugénie, en l’honneur de l’impératrice Eugénie, qui avait envoyé de nombreux secours aux familles des victimes.
La catastrophe
Le dimanche , un incendie s’est déclaré dans une galerie : des ouvriers remarquent un dégagement de fumée au lieu-dit « quartier Saint Laurent » à 364 m de profondeur. Afin d’étouffer la propagation du feu, une construction de barrages en bois (planches et madriers) est mise en place pour isoler le foyer de l’incendie et le priver d’air. Cependant, ces efforts furent insuffisants.
Le lundi , à 4h du matin : descente dans le puits de 51 hommes choisis parmi les meilleurs ouvriers de la mine.
Une heure plus tard, l’incendie éventrait le barrage : un jet de flamme de plus de 600 mètres fusa dans la galerie et incendia tout sur son passage, brûlant et ensevelissant ceux qui s’y trouvaient.
On dénombrera 21 morts et 7 disparus, soit 28 victimes et une vingtaine de blessés.
Réactions vignette|redresse|Président de la république visitant l'hôpital Saint-Antoine.
L'histoire bouleverse la France entière, et les journaux s’emparent de l’évènement. Dès le au soir, des représentants du Président de la République et du Ministre de l’Intérieur se sont rendus sur place. Le , nombre d’élus locaux (députés, sénateurs) également.
Les funérailles des victimes réunirent personnes dont de nombreuses personnalités et plusieurs journalistes.
Le supplément illustré du Petit Journal s'indigne des mesures de sécurité :
Et de la priorité politique donnée :
Deux ingénieurs des mines de Blanzy sont condamnés à la suite de l’accident, pour homicide et blessures par imprudence. M. Saverot, ingénieur de service, à payer 500 francs d’amende et M. de Bellefond, ingénieur sous les ordres du précédent, à verser 400 francs d’amende.
Une règlementation plus stricte est mise en place en France cette même année (1895)
Liste des victimes Parmi les victimes, on compta 21 morts, 7 disparus, et une vingtaine de blessés. Ainsi, 56 enfants devinrent orphelins à la suite de la catastrophe.
+ Liste des victimes Nom Age Métier Lieu de naissance Situation Pierre LAURENT51 ans Maître mineur né à Sainte-Radegonde époux de Françoise Virot Philibert BAUDOT52 ans chef de poste né à Blanzy époux de Pierrette Mercier Nicolas MARLOT51 ans mineur né à Saint-Brizier-sous-Charmiz époux de Marie Brugniaud Philibert BERNARD32 ans mineur né à Montceau-les-mines époux de Lazarette Gayet François FLECHE 28 ans mineur né à St-Berain époux de Louise Ferrand François DURAND24 ans mineur né au Creusot célibataire Claude GRAND 49 ans mineur né à Saint-Hilaire veuf de Marie Tauveron Gilbert Alphonse GRAND18 ans mineur né à Doyet célibataire Benoit BERTRAND20 ans mineur né à Mary célibataire Théophile BRUGNAUD 47 ans mineur né à Robiae (Gard) époux de Marie Laforest Philbert FOMMERAND48 ans mineur né à Hautefond époux de Françoise Degueurce Henri VACHEZ42 ans mineur né à Génelard époux Claudine Guichard Claude LAPRAIS29 ans mineur né à Millay époux de Marie-Françoise Bertin Jacques LEGER34 ans mineur né à Sanvigues époux de Françoise Touillon Antoine Jules FOUILLOUX34 ans mineur né à Bruxières-les-Mines (Allier) époux de Jeanne-Marie Brétigny Claude GUITTARD40 ans mineur né à Vaudebarrier époux de Benoite Billoud Charles GABON44 ans mineur né à Saint-Vallier époux de Françoise Comu Jean-Marie PARIZE22 ans mineur né à Montceau-les-Mines célibataireJean DUVERNE28 ans mineur né à Saint-Eugène époux de Philiberte Doyen Claude MERCIER28 ans mineur né à Saint-Bérain époux de Anne Gauthier Claude GILLOT35 ans mineur né à Saint-Romain-sous Gourdon (71) époux de Eugénie Baudot
+ Liste des ouvriers disparus. Leurs décès ont été reconnus ultérieurement Nom Age Métier Lieu de naissance Situation Claude BENOIT35 ans/ né à Issy-l'Evêque époux de Jeanne Rameau Pierre LARAGE48 ans mineur né au Creusot époux d'Anne Alliot Benoit POTOGNON35 ans manœuvre né à Sauvignes époux de Marie Breleau Pierre BONNARD29 ans mineur né à Aluze époux de Eugénie Bonnard Mathieu NEANT 38 ans mineur né à Ternant époux de Jacqueline Portherat Pierre RIGOLET42 ans mineur né à Ecuisses époux d'Annette Brugnaud François BENOIT 38 ans mineur né à Uxeau époux de Marie Segand
vignette|Monument élevé à la mémoire des victimes de la mine.
Les corps des 7 disparus seront retrouvés et inhumés en 1910. Une plaque commémorative fût scellée à l’occasion sur le monument aux morts de la mine, érigé en 1905
Fermeture du puits Le puits subira encore un accident en 1897 (4 morts) avant l'arrêt des installations en 1918. Il sera transformé en bure (puits de mine intérieur creusé entre des galeries), et le remblayage effectué en 1926.
Références
Catégorie:Houillères de Blanzy Montceau-les-Mines Catégorie:1895 en France Catégorie:Montceau-les-Mines Catégorie:Catastrophe minière en 1895