vignette|droite|Cathédrale de la Nativité de Riga. Cet article traite des religions ou phénomènes religieux, passés et présents, des populations sur le territoire de l'actuelle Lettonie (environ ).

Histoire Vers 5000 , la région est colonisée par des groupes humains parlant des langues finno-ougriennes qui sont les ancêtres des Finlandais, Estoniens et Livoniens. Une deuxième vague de peuplement d'origine indo-européenne arrive vers 3000 et se mélange avec les populations déjà installées ou les repousse vers le nord sans qu'on sache si des conflits sont nés de cette confrontation. Ces protobaltes, qui sont installés sur le territoire correspondant à la Prusse, la Lituanie et la Lettonie vivent d'abord de la pêche, de la chasse et de la cueillette puis ils se sédentarisent et deviennent agriculteurs. Le mode de culture est primitif car ils n'utilisent pas d'outils en métal avant la fin de l'ère préchrétienne. Les Romains connaissent indirectement ces régions car ils en importent l'ambre, une résine fossile très prisée à Rome, qui abonde sur la côte de la mer Baltique et dont le trafic passe par la route de l'ambre. Dans son livre , l'auteur romain Tacite évoque les Aestes qui cultivent le blé avec patience, qui fouillent la mer et recueillent le « succin » (l'ambre). Ces Aestes ou « Estes » sont sans aucun doute les protobaltesS. Champonnois et al : Estoniens... op. cit., p.27-29.

Avant l'an 1000 Les protobaltes sont peu touchés par les grands courants de migration qui bouleversent l'Europe du nord et orientale durant les premiers siècles Ils sont pratiquement isolés jusqu'à ce que les peuples slaves, qui ont suivi le cours des fleuves russes descendant vers le nord-ouest posent les fondations des principautés russes de Polotsk, Pskov et Novgorod. Ces peuples tirent leur subsistance de la forêt et de l'agriculture. Ils organisent des raids chez leurs voisins baltes, notamment les Latgaliens, pour capturer des esclaves et lever des tributs.

À partir du , les occupants de l'aire correspondant à la Lettonie forment cinq tribus. Les Lives, seul reliquat de la première vague de peuplement, qui donneront plus tard son nom à la Livonie, occupent la côte et les vallées des fleuves Gauja et Daugava. Ils sont progressivement assimilés par les autres peuples baltes et il ne subsiste plus aujourd'hui qu'une douzaine de villages lives et quelques dizaines de locuteurs. Les Coures sont installés dans l'ouest de la Lettonie, les Latgaliens dans l'est et le nord de la Daugava, les Séloniens sur la rive gauche de la Daugava et les Sémigaliens dans le bassin de la Lielupe .

Depuis le début de l'ère chrétienne, le territoire de la Lettonie est un carrefour commercial sur la route des Varègues aux Grecs. Cette route mentionnée dans les anciennes chroniques s'étend de la Scandinavie jusqu'à l'Empire byzantin et passe par la Lettonie en empruntant la Daugava pour déboucher dans l'ancienne Russie. Une autre route commerciale célèbre est la route de l'ambre, la côte de la mer Baltique étant réputée pour son ambre. Jusqu'au Moyen Âge, l'ambre a une plus grande valeur que l'or dans certaines régions.

Le paganisme dans les campagnes semble avoir survécu jusqu'au , au moins dans les très visibles fêtes païennes. La mythologie lettone, proche de la mythologie lituanienne et de la , participe des , tout comme la mythologie estonienne, plus proche des mythologies finnoises.

Le a revivifié et réinventé des pratiques anciennes : Jāņi, solstice d'été, assimilé à la Fête de la Saint-Jean ou Midsummer , festival d'été (15 août), en l'honneur de , fête du solstice d'hiver, assimilé en Fête de Noël et du nouvel an ou Lieldienas, reprenant diverses pratiques traditionnelles païennes Daina Mārtiņš, Mārtiņi Meteņi Ūsiņš Dievturība Vēja māte

Christianisme Avec la fin de l'Âge des Vikings (793-1066), la situation en Mer Baltique se transforme. Knut le Grand (995-1035) du Danemark étend son territoire sur des parties de la Grande-Bretagne, de la Suède et de la Norvège. La Ligue hanséatique s'intéresse à la région dès le . L'Ordre cistercien la suit.

Les croisades baltes, initiées par le pape en 1193, sont menées par les puissances de l'Occident chrétien contre les peuples païens du Nord-Est de l'Europe riverains de la mer Baltique à partir de la fin du , les peuples baltes, y compris les habitants originels de la Prusse orientale désignés sous le nom de Vieux-Prussiens (ou Borusses). Elles se détournent de leur but originel et s'achèvent par la territorialisation des ordres militaires qui les ont conduites : Chevaliers Porte-Glaive (1202-) et ordre Teutonique (1190-1929), qui finissent par fusionner en ordre de Livonie en 1237.

La croisade livonienne (1203-1290), ensemble de campagnes d'évangélisation, de colonisation chrétienne, et de nettoyage ethnique au aboutit à l'établissement d'une Estonie danoise (1219-1346, ou Duché d'Estonie) et d'une Terra Mariana ou Confédération livonienne (1207-1561, Estonie et Lettonie actuelles). Colonisation germanique de l'Europe orientale, Drang nach Osten Archidiocèse médiéval de Riga (1224-1561) État monastique des chevaliers Teutoniques (1226-1525) Soulèvement de la nuit de la Saint-George (1343-1345)

À la suite de la Réforme protestante, le luthéranisme se développe, particulièrement en Courlande.

Publication du premier livre imprimé connu, en letton, en 1525, en Allemagne, pour l'église lettone luthérienne de Riga Johann Ernst Glück (1654-1705), avec la première Bible en letton Musée de la Bible Ernst Glück, à Alūksne (ex-Marienburg, nord-est du pays)

Orthodoxie Une partie orientale de la Lettonie, sous domination de la Rus' de Kiev lors de la dynastie riourikide (d'origine varègue ruthène), adopte l'orthodoxie orientale dès le , pour un siècle. L'orthodoxie reparaît seulement au .

Catholicisme Le roi Knut IV du Danemark amène la chrétienté catholique en Courlande et en Livonie au milieu du , avec une première église en Courlande en 1048St. Canute IV Catholic Encyclopedia, retrieved: 2007-04-28Baznīcas vēsture 11. gadsimts catholic.lv, retrieved: 2007-04-28.

Avec la réforme protestante, seule la Latgale, province du centre-est, reste catholique, sous influence polono-lituanienne, avant le retour, en période russe, de l'histoire de l'Église catholique en Lettonie.

Évangélisme L'évangélisme, christianisme évangélique ou protestantisme évangélique, regroupe ici les principaux mouvements d'églises évangéliques que sont le baptisme, le mouvement charismatique, le mouvement néo-charismatique et le Christianisme non confessionnel. L’évangélisme est également présent d’une façon plus large dans d’autres branches protestantes. Certaines confessions chrétiennes évangéliques sont regroupées dans l'Alliance évangélique mondiale.

Restaurationnisme Le restaurationnisme chrétien regroupe ici l'adventisme, le mormonisme de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, les Témoins de Jéhovah, et le pentecôtisme.

Judaïsme Les peuples des États baltes entrent en contact avec les Juifs seulement au Moyen Âge. Après la possession et la christianisation du pays par des croisés allemands, les Juifs ne sont pas autorisés à entrer dans la Confédération livonienne. Un décret de 1309, du maître de l'ordre Teutonique, Siegfried von Feuchtwangen, l'interdit. L'interdiction est motivée à la fois par la politique commerciale et la religion. Alors que les communautés juives se sont formées de plus en plus dans la Lituanie voisine depuis le , seules quelques références à la présence de commerçants juifs en Livonie apparaissent dans les sources.

Par le traité de Vilnius (1561), la Livonie est intégrée au royaume de Pologne (maison Jagellon), jusqu'en 1621. Les premiers Juifs arrivés en Lettonie s'installent dans la ville de Pilten (Piltene) vers 1571, mais la première synagogue est édifiée seulement vers 1701 à Hasenpoth (Aizpute)http://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/vjw/Latvia.html Jewish virtual Library; Latvia. Les Juifs de Courlande, premier foyer juif de la région, sont principalement de culture allemande et parlent le yiddish. Hors de Courlande, la situation des Juifs arrivés à partir du est plus difficile.

Après l'échec de la guerre de Crimée (1853-1856), diverses réformes et innovations libérales ont lieu sous le règne d', ce qui améliore également de manière décisive la situation juridique des Juifs. Au cours de l'industrialisation, les artisans et commerçants juifs immigrants trouvent des emplois dans les villes en croissance. En 1881, les Juifs de Riga représentent 8,4 % de la population de la ville. En 1897, Juifs vivent dans le gouvernement de Courlande, en Latgale (gouvernement de Vitebsk) et juifs dans le gouvernement de Livonie (dont Riga). Beaucoup de Juifs figurent parmi les fabricants et les entrepreneurs les plus riches. De plus, l'artisanat (chapellerie, bijouterie, cordonnerie, etc) est du domaine courant de compétence des populations juives. Une vie culturelle animée se développe avec écoles, hôpitaux et sociétés de la communauté.

Parmi les personnes d'origine juive célèbres originaires de Riga au , on compte : le cinéaste Sergueï Eisenstein (1898-1948), et son père architecte Mikhaïl Eisenstein (1867-1920), le penseur Isaiah Berlin (1909-1997), le photographe Philippe Halsman (1906-1979).

Survivent à la Shoah en Lettonie () uniquement les Juifs déportés en URSS avant en tant qu'ennemis de classe et les Juifs communistes évacués aux premiers jours de l'invasion allemande soit environ .

Histoire des Juifs en Lettonie Zone de résidence pour les Juifs dans l'Empire russe (territoires définis par décrets successifs) Musée juif de Lettonie.

Islam Le petit nombre de musulmans actuels en Lettonie correspond principalement à des descendants de Turcs sunnites et d'Azéris chiites. Slaves musulmans, Musulmans (nationalité) (en Yougoslavie et/ou dans les Balkans) Tatars de Crimée, Tatars baltiques

Au L'ère suédoise (1575-1710) connaît une reprise de la démographie. Cet accroissement de la population est en partie lié à l'arrivée d'immigrants qui viennent repeupler les territoires vidés par les différents conflits et répondent ainsi parfois à l'appel des autorités : ils viennent de Finlande, Russie, Courlande et Lituanie. En général, les nouveaux venus finissent par se fondre dans la paysannerie estonienne. Toutefois, une communauté de Russes vieux-croyants, pourchassés dans leur pays, vient coloniser les rives du lac Peipous et conserve jusqu'à aujourd'hui sa langue et sa culture. Des commerçants et artisans russes s'installent dans les villes.

La prospérité des barons Germano-Baltes accompagne la dégradation de la condition des paysans et la stagnation des villes. L'alphabétisation toute relative des campagnes accentue l'influence allemande.

La fin de la période est plus difficile en raison du petit âge glaciaire, avec famines (1690-1695), épidémies, provoquant la mort d'environ 20 % de la population.

Aux L'Empire russe gère la plus grande partie de l'Estonie et de la Lettonie regroupées sous l'appellation de Gouvernement de Livonie (1713-1918). Les privilèges des Germano-Baltes sont préservés ou restaurés. Le Duché de Courlande (1561-1795) indépendant (et luthérien à 76 %) devient Gouvernement de Courlande (1796-1915) sous domination russe.