L'Art de la mode, devenu L'Art et la mode, est un magazine français de mode, fondé en 1880 et disparu en 1972.

Histoire du support L'Art de la mode (1880-1882) vignette|redresse| Une des planches illustrées par Gœneutte, livraison d'octobre 1880 (Fonds Rijksmuseum). vignette|redresse| Page de titre du volume 2 de la parution en volume, première année, avec sommaire (juillet 1881). En est annoncé à Paris la parution d'une revue luxueuse de 24 pages intitulée L'Art et la mode, revue mensuelle de l'élégance : le projet est initié par Ernest Hoschedé avec la complicité de l'illustrateur Henri de Montaut (qui signera H. de Hem) et de l'écrivaine Marie Biard dite « Étincelle », qui fut la première rédactrice en chef« L'Art de la mode : revue mensuelle de l'élégance », notice du catalogue général de la BNF.. L'administrateur-gérant est Jules Luquet, l'ancien associé d'Alfred Cadart. Le prix à l'année est de cent francs« Août 1880 » par Albert Wolff, in: Émile Mermet et Henri Avenel (dir.), Annuaire de la presse française, Paris, 1881, — sur Gallica..

La publication se présente sous la forme de cahiers mensualisés et numérotés, contenant des reproductions de dessins originaux, vignettes à la plume, et hors-textes en couleurs, ainsi que des textes, le tout mettant en valeur le vêtement féminin et la mode, élevée ici au rang des beaux-arts. La première série de planches de 12 livraisons qui prend fin en fait appel à des artistes comme Alexandre Jean-Baptiste Brun, Georges Ferdinand Bigot, Clermont-Gallerande, Giuseppe De Nittis, Ernest Ange Duez, Alfred Grévin, Norbert Gœneutte, Charles Kreutzberger, Madeleine Lemaire, Louis Leloir, Ricardo de Madrazo, Léonie Mesnil, Edmond Morin, Henri Pille, Georges-Antoine Rochegrosse, Saint-Elme Gautier, Paul Sédille, Alfred Stevens... Les silhouettes proprement dites sont conçues par F. de Rore [ou Rose ?]. Les textes, outre ceux d'Étincelle, sont signés Théodore de Banville, Philippe Burty, Edmond de Goncourt, Ludovic Halévy, Arsène Houssaye, Henri Meilhac, René Langlois, Aurélien Scholl« La Vie à Paris », par Jules Clarétie, in: Le Temps, Paris, 22 septembre 1880, — lire sur Gallica.. La rédaction s'est installée au 18 du boulevard Montmartre, dans un immeuble portant sur sa façade la marque du périodiqueBeaux-arts, in: L'Estafette, Paris, 28 décembre 1881, — sur Gallica..

La deuxième livraison à compter de la rentrée 1881 prend place dans de nouveaux bureaux situés rue Gluck, et implique d'autres artistes comme Pierre-Marie Beyle, John-Lewis Brown, Édouard Detaille, Auguste Renoir... De nouvelles plumes apparaissent comme celles de Ernest Chesneau, Jules Clarétie, Albéric Second, Armand Silvestre. Les vignettes sont signées Mars. Ernest Hoschedé s'est adjoint à la direction l'expertise du commissaire-priseur Charles OudardLa Vie parisienne, Paris, 17 décembre 1881, — sur Gallica..

De septembre à , la parution est suspendue : elle va reprendre sous un titre légèrement modifié. Durant cet intervalle, est annoncée pour le 10 et la vente aux enchères de 400 dessins originaux publiés dans la dite revueErnest Gandouin [expert], Catalogue d'environ 400 dessins originaux ayant servi aux illustrations du journal l'"Art de la mode", Paris, A. Quantin, 1882 — sur Gallica..

L'Art et la mode (1882-1889) vignette|redresse| Sarah Bernhardt et ses costumes de scène, dessin de Marie de Solar (1894, BNF). Pour des raisons que l'on ignore, peut-être liées à un dépôt de bilan, le magazine change de nom et d'adresse. Devenu L'Art et la mode, journal de la vie mondaine, il passe sous la direction de Henri de Montaut. Le siège se trouve au 8 de la rue Halévy. Il s'intitule parfois le , ou encore la . Montaut dirige ce support jusqu'à sa mort en 1889. Il fait appel à Ferdinand Bac pour concevoir la page de titre« Art de la mode (L') » par Françoise Tétart-Vittu, in: Dictionnaire de la Mode, Paris, Encyclopaedia Universalis, 2015 — extrait en ligne. dans une composition intitulée . S'y distinguent des dessinateurs comme Maurice Marais avec des silhouettes amusantesJohn Grand-Carteret, Le Livre et l'image. Revue documentaire illustrée, tome II, Librairie Auguste Fontaine, août.-déc. 1893, — sur Gallica..

Durant l'été [?] 1887, Stéphane Mallarmé y publie des poèmes en prose dont La Déclaration foraineLa question de la date de publication est posée par Alain Chevrier, « Le sonnet anglais chez Mallarmé », in: Romantisme [revue], année 1995, n° 87, — sur Persée..

L'Art et la mode (1890-1922) vignette|redresse| Robe de voile, crinoline et taffetas (avril 1916). vignette|redresse| Composition d'A. Soulié (1921, fonds Rijksmuseum). Après Montaut, c'est Charles Chantel qui en prend la direction ; vers 1907, le siège déménage au 35 de la rue Boissy-d'Anglas A. La Fare, Tout-Paris : Annuaire de la Société parisienne : Noms et adresses, classés par noms, par professions et par rues suivis d'un dictionnaire des pseudonymes, , 1891 (). En 1903, le Gil Blas annonce offrir à ses lectrices le remboursement de leur abonnement à L'Art et la mode, à savoir 60 francs par an et donne la liste des collaborateurs à ce magazineGil Blas, Paris, 22 janvier 1903, — sur Gallica. : on note entre autres les noms de Louise Abbema, Madeleine Lemaire, Alfons Mucha« Interventions de Mucha dans le magazine (1896-1903) », sur le site de Christian Richet., Henri Fantin-Latour pour les peintres, et de Georges Ohnet, Marcel Prévost ou encore Pierre Maël pour les contributions écrites. Couvertures, vignettes et mise en page des différents modèles de couturiers était assurées dans les années 1910-1920 par A. Soulié ; d'autres, plus rarement, par Mathilde Chigot, la fille du peintre Eugène Chigot.

La parution est suspendue de à . Par la suite, Charles Chantel cède, en 1922, la direction à son beau-fils, le graphiste Geo Dorival, qui abandonne l'affiche pour se consacrer entièrement à cette activitéD'après Jean-Charles Giroud [introduction], Geo Dorival 1879-1968, les affiches, Genève, Patrick Kramer éditeur, 2009..

Curieusement, un titre mensuel quasi-homonyme et libellé en français, L'Art de la mode, commence à paraître dans les années 1890 à New York sous les presses de la Morse-Broughton Company qui fusionne avec Le Charme en ; d'éventuels liens d'affaires entre le titre parisien et celui-ci restent hypothétiques Annonce dans Quad-City Times, Davenport (Iowa), 31 juillet 1898, — extrait en ligne sur newspaper.com..

L'Art et la mode, fin Toujours mensuel, devenu, au tournant des années 1930, un magazine de prestige contenant de nombreuses reproductions photographiques en couleurs, il se veut le . Fin 1940, sous l'Occupation, la presse de mode doit se plier aux exigences de Berlin ; la plupart des photographies sont commissionnées en Allemagne, tandis que les abonnements américains, fort nombreux, continuent d'être honorés Kate Nelson Best, The History of Fashion Journalism, Bloomsbury Publishing, 2017, .. En dépit de la présence du crayon de Roger Rouffiange« Roger Rouffiange, modèle pour Balmain 1947 », Collections Paris-Musées., les croquis et dessins de Bernard Blossac, Jean Bosc ou Jean Demachy, se font plus rares. Concurrent de L'Officiel de la mode (fondé en 1921), le mensuel, qui coûte 500 francs par numéro en 1950, affiche une régularité de parution jusqu'en 1972, date à laquelle il disparaît. La dernière direction fut assurée par Denise Rigaut (1901-1968), entrée au journal en 1933 pour s'occuper de la publicité ; elle y rencontre le photographe Georges Saad, fondateur d'une agence et l'épouse en 1940.. Au début des années 1950, la signature du jeune photographe Richard Avedon se remarque. Denise et Georges Saad gèrent le magazine jusqu'en 1968.

En 2013, les éditions Jalou rachètent les archives du magazine, les numérisent et les mettent en ligneCommuniqué, Alip France, 14 février 2018..

Notes et références

Liens externes

« L'Art de la mode, revue » , par Françoise Tétart-Vittu, sur Encyclopædia Universalis [blog] Nombreuses illustrations sur À la recherche des modes perdues et oubliées

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