L’Institut national d'histoire de l'art (INHA) est un établissement d'enseignement supérieur et de recherche français, reconnu comme grand établissement, créé et régi par le décret 2001-621 du .

L'Institut a pour mission de « développer l’activité scientifique et de contribuer à la coopération scientifique internationale dans le domaine de l'histoire de l’art et du patrimoine » en exerçant des « activités de recherche, de formation et de diffusion des connaissances » .. Il est situé à Paris, dans la galerie Colbert qui abrite le département des Études et de la Recherche et l'administration, et dans le quadrilatère Richelieu, autour de la salle LabrousteCalendrier d'ouverture de la bibliothèque en salle Labrouste, blog de l'INHA.La salle Ovale accueillit la salle de lecture de la bibliothèque de 1999 au 2 septembre 2016. qui abrite le département de la Bibliothèque et de la Documentation, bénéficiaire en 2003 des collections de la Bibliothèque d'art et d'archéologie créée en 1906 et initialement offerte en 1917 par Jacques Doucet à l'Université de Paris, puis en 2016 des collections de la bibliothèque centrale des musées nationaux. L'activité de recherche est réparti en 8 domaines principaux, couvrant tous les domaines et toutes les périodes de l'histoire de l'art, de la muséologie, de l'histoire des collections et des techniques artistiques, ainsi que du marché de l'art. L'institut accueille à titre temporaire et permanent des chercheurs, conservateurs, maîtres de conférences, doctorants et post-doctorants afin de financer la conduite de leurs travaux.

Buts et origines

Fédérer les historiens de l'art L'INHA vient combler une certaine lacune dans le monde de la recherche française, dans la mesure où il existait assez peu d'universités dans le domaine et où les équipes étaient dispersées. C’est pour remédier à cette situation que, dès 1973, Jacques Thuillier suggérait à Georges Pompidou la création de ce type d’institut. Toutefois, à ce moment, la suggestion n’a eu aucune suite. En 1983, l’idée est reprise, avec plus de succès, puisque André Chastel est mandaté par le Premier ministre Pierre Mauroy pour formuler des propositions en ce sens. Son rapport est publié la même année.

En 1986, une association portant déjà le nom d’Institut national d’histoire de l’art est créée sous la présidence de l’historien d’art Antoine Schnapper. Un rapport est commandé à Marc Fornacciari, qui voit plutôt un institut comme prestataire de services pour la recherche. En marge d’un congrès international d’histoire de l’art qui se tenait à Strasbourg, Jack Lang annonça la naissance d’un Institut international d’histoire de l’art à Paris.

À partir de 1990, la perspective d’un déménagement de la Bibliothèque nationale permet d’envisager la réutilisation de ses espaces pour installer l’institut, qui serait couplé à une Bibliothèque nationale des arts. Un rapport, confié à Michel Melot, va dans ce sens. Fin 1991, le gouvernement s’oriente vers la constitution de deux entités distinctes, l’Institut international d’histoire des arts d’une part, dont la préfiguration est confiée à Pierre Encrevé, et la Bibliothèque nationale des arts, d’autre part.

À la fin de l’année 1992, on s’oriente vers la création d’un centre international d’histoire des arts constitué de l’Institut et de la Bibliothèque mentionnés plus haut, auxquels s’adjoindrait l’École nationale du patrimoine. Dans les mêmes temps, François Fossier et Françoise Benhamou publient aussi des rapports précisant le fonctionnement de la future bibliothèque, qui regrouperait différentes bibliothèques préexistantes (qui ont été en partie intégrées), mais aussi les départements spécialisés de la Bibliothèque nationale.

Accueillir la collection Doucet En 1992-1993, la Bibliothèque d'art et d'archéologie Jacques Doucet déménage matériellement de l'Institut Michelet d'histoire de l'art de l'Université de Paris vers le quadrilatère Richelieu de la Bibliothèque nationale (en salle Ovale), tout en conservant provisoirement son statut interuniversitaire. Jack Lang préconise parallèlement la création d’un établissement public à caractère administratif sous le nom d’Institut international d’histoire des arts. Mais le Conseil d’État émet un avis défavorable, soulignant qu’une loi est indispensable pour créer ce type d’établissement, ce qui conduit Jack Lang à renoncer.

Concrétisation et fondation En 1994, le gouvernement d’Édouard Balladur charge Michel Laclotte de publier un nouveau rapport sur la situation. Une convention est signée avec le musée du Louvre pour aider à la constitution définitive de l’institut, dont le nom définitif est adopté.

L’association de préfiguration est créée en 1995. Les années 1995 et 1996 sont marquées par les différentes missions confiées à Michel Laclotte, qui permettent de préciser certains éléments du projet. Les derniers arbitrages ministériels et interministériels sont rendus en 1997 et 1998, alors même que l’institut, qui n’existe encore qu’à l’état d’« association de préfiguration », commence déjà ses activités. En effet, le site Internet est ouvert en et les premiers projets de recherche sont lancés au mois d’avril. Le professeur Alain Schnapp est nommé à la tête de l’association.

En 1999, l’institut organise les premières manifestations scientifiques. Le décret portant création de l'INHA est signé le Décret n°2001-621 du 12 juillet 2001 portant création de l'Institut national d'histoire de l'art. et son statut confirmé par décret du Décret n°2001-1010 du 29 octobre 2001 modifiant le décret n° 2000-250 du 15 mars 2000 portant classification d'établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel.. thumb|right|upright=1.3|L’Institut national d’histoire de l’art se trouve dans la galerie Colbert à Paris.

Sites L'INHA occupe deux sites, de part et d'autre de la rue Vivienne.

D'une part, l'ancien hôtel Bautru construit par l'architecte Louis Le Vau et le maître maçon Michel Villedo en 1634, devenu plus tard l'hôtel Colbert. Sous la monarchie de Juillet, une galerie est créée, appelée aujourd'hui galerie Colbert. La gestion de ce site est confiée à l’INHA et certains espaces sont alloués à l'Institut national du patrimoine et aux facultés d'histoire de l'art parisiennes qui y disposent de bureaux et de salles de cours.

D'autre part, la bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art et sa salle de lecture (dite salle Labrouste), au sein du quadrilatère Richelieu formé par les rues de Richelieu, Colbert, Vivienne et des Petits-Champs. La gestion de ce dernier site est confiée à la Bibliothèque nationale de France. La bibliothèque de l'INHA a d'abord occupé une partie de la salle Ovale (1993-2016), puis la salle Labrouste depuis le .

Missions

L’Institut national d’histoire de l’art possède trois axes de travail : la recherche, la valorisation de l'histoire de l'art et la gestion de la bibliothèque d’histoire de l'art.

L'INHA participe à la formation des chercheurs — doctorants, post-doctorants, assistants ou attachés de conservation. Il cherche à développer différents programmes de recherche autour de l’histoire de l’art, en veillant à favoriser l’interdisciplinarité. Son service numérique de la recherche a notamment pour vocation de constituer et diffuser des bases de données documentaires, regroupées pour partie sous le portail AGORHA (Accès global et organisé aux ressources en histoire de l'art)AGORHA (Accès global et organisé aux ressources en histoire de l'art) depuis Les nouvelles de l'INHA, n°37, avril 2010, pp. 4-5, site inha.fr.Les nouvelles de l'INHA, n°40, novembre 2011, pp. 7-9, site inha.fr..

L’INHA organise également des congrès, des colloques, journées professionnelles Conservation-restaurationConservation-restauration : 2011. Patrimoines et conservation préventive : pratiques comparées et nouveaux enjeux 2012. Architecture et conservation préventive 2013. Le patrimoine, ça déménage ! 2014. S’unir pour préserver les patrimoines 2015. Agir pour la préservation du patrimoine, mobiliser les publics ! 2016. Conserver malgré tout ? Limites et défis 2017. Innover pour conserver. Recherche et développement en conservation-restauration des biens culturels 2018. Conserver et restaurer le patrimoine culturel : des métiers et des pratiques en évolution 2019. Anticipez ! Connaître, prévoir, agir en conservation-restauration 2021. Conservation-restauration et environnement : adaptons nos pratiques ! 2022. Soyons acteurs de la recherche en conservation-restauration 2023. La conservation-restauration au cœur de la société civile 2024. Actualité des métiers et formations : l’alchimie des compétences 2025. Conservation-restauration - Le numérique (les 17 et 18 mars), manifestations scientifiques et séminaires. Il produit le Festival de l'histoire de l'art de Fontainebleau avec le ministère de la Culture.. L'Institut est éditeur d'ouvrages en histoire de l'art.

Fonctionnement L'INHA a successivement été dirigé par :

Alain Schnapp (2001-2005), Jean-Pierre Cuzin, administrateur provisoire (2005-2006), Antoinette Le Normand-Romain (2006-2016)Décret du 21 juin 2006 portant nomination de la directrice générale de l'Institut national d'histoire de l'art (enseignements supérieurs) - Le Normand-Romain (Antoinette).Décret du 21 juin 2011 portant nomination de la directrice générale de l'Institut national d'histoire de l'art (enseignements supérieurs) - Le Normand-Romain (Antoinette)., Éric de Chassey (2016-2025)décret du 5 juillet 2016 portant nomination du directeur général de l'Institut national d'histoire de l'art - M. de Chassey (Éric)., Anne-Solène Rolland (depuis le ).

Il est administré par un conseil d'administration dont le président est, depuis , Fabrice Bakhouche, conseiller maître à la Cour des comptes, et le vice-président Gilles Pécout.

L'INHA se compose du département des Études et de la Recherche et du département de la Bibliothèque et de la Documentation, assistés par des services communs. En 2024, l'INHA comptait 236 agents en poste.

Ressources documentaires Bibliothèque vignette|La salle Labrouste, la salle de lecture de l'INHA, sur le site Richelieu D'abord installée dans la « salle Ovale » du quadrilatère Richelieu, la bibliothèque est rattachée en 2003 à l'INHA nouvellement créé. Elle prend alors le nom de « Bibliothèque de l'INHA – collections Jacques-Doucet ». En , elle fusionne avec l'ancienne Bibliothèque centrale des musées nationaux, autrefois située au sein du palais du Louvre, dont les agents et les collections rejoignent le site Richelieu. Elle constitue le cœur de la nouvelle bibliothèque de recherche en histoire de l'art et archéologie qui ouvre ses portes dans la salle Labrouste rénovée le . En 2018, l'INHA est devenu propriétaire des collections des Archives de la critique d'art (Rennes), et en 2021 a intégré certaines collections de la bibliothèque de l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA). Son catalogue commun intègre également les collections de la bibliothèque Gernet-Glotz de l'EHESS.

Elle offre actuellement à ses lecteurs 435 places de lecture et documents en libre accès, répartis dans la salle de lecture et sur trois niveaux du magasin central situé dans son prolongement. Cette salle et le magasin attenant ont conçu par l'architecte Henri Labrouste, originellement pour abriter les collections de livres imprimés de la Bibliothèque impériale.

La bibliothèque avait lecteurs inscrits en 2024, des étudiants en master et doctorat pour 47 %.

La SABAA, Société des amis de la Bibliothèque d'art et d'archéologie, est fondée en 1925 par Jacques Doucet lui-même afin de soutenir l'établissement. Cette société existe toujours.

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