Le de tirailleurs sénégalais (ou R.T.S) est un régiment de l'armée française. Créé en , il combat en dans la bataille de France, au sein de la légère d'infanterie coloniale.
Historique des opérations du RTS Seconde Guerre mondiale
Formation Le de tirailleurs sénégalais est le dernier régiment colonial mobilisé en 1940. Il est composé de trois bataillons. Il est formé d'éléments provenant des différents territoires de l'Afrique-Occidentale française (Mali, Sénégal...) et réunis au camp de Souge, près de Bordeaux en .
La formation du R.T.S. s'est effectuée en 3 phases: constitution des 3 bataillons au camp de Souge, intégration de chacun de ces bataillons dans l'unité de correspondance du d'infanterie coloniale comme s'il s'agissait d'un renfort normal, puis extraction des militaires européens en excédent d'effectif de l'unité par le centre de transition de Souge.
Ces opérations de formation de l'unité ont pris fin au , date à laquelle a été établi le procès-verbal de changement de dénomination du corps.
L'encadrement est principalement composé d'officier de réserve. Il est affecté à la division légère d'infanterie coloniale (D.L.I.C.) du Général Gillier et commandé par le colonel Perretier. Ses premiers entrainements ont lieu à Tulette, près d'Orange. Il est initialement destiné à la protection de la Provence en prévision d'attaques italiennes.
À la fin de , il est envoyé, en urgence, dans la région de Maintenon (Eure-et-Loir), le long de l'Eure, pour couvrir le repli de l'armée de Paris placée sous le commandement du général Hering. La D.L.I.C. fait partie du corps d'armée commandé par le général C. Gransard et sera en contact direct avec l'ennemi du 15 au . Les premiers combats du 12 au 15 juin 1940 Le , mettant fin à la guerre de positions qui dure depuis le , les Allemands passent à l'offensive et envahissent les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et le nord de la France.
En moins d'un mois, les grandes unités des alliés, à l’exception des forces françaises tenant les ouvrages de la ligne Maginot, sont anéanties ou contraintes de se replier, en livrant de durs combats retardateurs.
Le au matin, la D.L.I.C. n'est toujours pas en contact, mais l’ennemi a entamé sa progression au sud de la Seine. Partant de sa tête de pont de la forêt de Bizy, il a atteint Pacy-sur-Eure.
Avec la division d’infanterie d'Afrique ( D.I.), la légère d'infanterie coloniale constitue le corps d’armée du général Grandsard. Son dispositif, le , est le suivant :
Le régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM) du colonel Avré, avec son et son , mêlé à des unités de la D.I., fait face à l'ouest (en direction de Pacy-sur-Eure) et au nord (à hauteur de Bonnières, sur la Seine); le est en réserve au sud de Mantes ;
Le R.T.S. du colonel Perretier, avec deux bataillons, contrôle la rive sud de la Seine, entre Rolleboise et Épone ; le bataillon est à Rosny-sur-Seine, où il assure la liaison avec le régiment d'infanterie coloniale du Maroc (R.I.C.M.) ;
Un groupe du R.A.D. est déployé au sud d’Épone ;
Le poste de Commandement (P.C.) de la division est à Courgent.
La division marocaine ( D.M.) est au sud de Pacy-sur-Eure, à gauche de la D.L.I.C. ; la D.I. doit se redéployer plus à l'est, car pour l'instant elle est imbriquée avec la division.
Pour la D.L.I.C., cette journée du 12 est une journée de relatif répit. Une attaque d'infanterie et d'engins de reconnaissance est stoppée à Chaufour par des unités de la D.I.
Le colonel Avré reçoit l'ordre de porter son régiment (à l'exception du ) sur l'Eure, entre Anet au nord et l'Avre au sud.
Le P.C. de la division (général Gillier) se replie à Nogent-le-Roi.
Le à l'aube, les Allemands attaquent en force entre l'Eure et la Seine, faisant effort en direction de Saint-Illiers. Le G.R.D., le 3/R.I.C.M. et le 3/ R.T.S., aux ordres du colonel Perretier, opposent à l'ennemi une vive résistance, le contenant sur un front d'une dizaine de kilomètres aux lisières sud de la forêt de Rosny. Isolé, le 3/ R.T.S. continue de résister jusqu'au soir, au prix de lourdes pertes, l'ordre de décrocher ne lui étant parvenu que tardivement. En effet, le corps d'armée a donné, dans l'après-midi, l'ordre à la D.L.I.C. de s'aligner sur la légère mécanique ( D.L.M.) et la D.I. (ligne Dreux, Saint-Léger-en-Yvelines).
Le , dès midi à Anet et vers 17 heures sur la Vesgre, les Allemands poursuivent leur action offensive. Des blindés coiffent vers 18 heures le pont d'Anet. Le R.I.C.M. contre-attaque et reprend le contrôle du pont. La bataille fait rage de part et d'autre d'Houdan. À trois kilomètres au nord-ouest, le village de La Haye, matraqué par l'artillerie, est attaqué par l'infanterie ; à quatre kilomètres, au nord-est les adversaires se battent à la grenade dans les rues de Richebourg. La Luftwaffe intervient, mitraillant les unités au contact et les harcelant sur leurs axes de repli.
Débordée à l'ouest, menacée à l'est où la D.I. n'arrive plus à se maintenir à sa hauteur, la D.L.I.C. reçoit l'ordre de se replier et d’organiser une position défensive à une quinzaine de kilomètres au nord de Chartres, de Châteauneuf-en-Thymerais à Maintenon (exclu).
Le R.I.C.M. qui doit organiser des points d'appui de Châteauneuf à la RN 154 (route de Chartres à Dreux) va parcourir une cinquantaine de kilomètres pour parvenir à cette position. De son côté, le R.T.S. doit s'installer dans le quadrilatère : Achères, Feucherolles, Bouglainval, Saint-Germain-la-Gâtine, après une étape de quarante kilomètres. Les deux régiments n'atteignent leurs nouveaux secteurs que le 15, en début d'après-midi.
Le G.R.D. ralentit avec vigueur la progression ennemie. Aux prises aux ponts de Cherisy et de Mézières (sur l'Eure à l'est de Dreux) avec des détachements d'autos mitrailleuses et d’infanterie portée appuyés par des tirs d'artillerie et d'armes lourdes, les groupes de canons A:C de et les pelotons qui assurent leur protection perdent leurs chevaux. Les cavaliers valides qui échappent à la capture, rejoignent avec leurs armes. Des camionnettes de la compagnie du train leur sont affectées et cet escadron léger motorisé va poursuivre la lutte, dès le 16, au sein du G.R.D.
Les combats du 16 au 18 juin 1940 contre le Reiterregiment (Général Kurt Feldt) alt=Monument aux morts de Chartainvilliers, présentant, sur la gauche, une stèle ainsi rédigée : « A la mémoire des officiers et soldats du Régiment de Tirailleurs Sénégalais tombés sur le territoire de la commune en juin 1940. Ils sont 56 ! »|vignette|Monument aux morts de Chartainvilliers, comportant à gauche une stèle ainsi rédigée : « A la mémoire des officiers et soldats du Régiment de Tirailleurs Sénégalais tombés sur le territoire de la commune en juin 1940. Ils sont 56 ! » alt=tombe de "TINKEA Séréko Soldat du 26° R.T.S. MORT POUR LA FRANCE le " (Le Souvenir français), Saint-Cheron-des-Champs, Tremblay-les-Villages, Eure-et-Loir.|vignette|Tombe de « TINKEA Séréko Soldat du R.T.S. MORT POUR LA FRANCE le » (Le Souvenir français), Saint-Cheron-des-Champs, Tremblay-les-Villages, Eure-et-Loir. La fin de la journée du 15 et la nuit sont consacrées à l'aménagement des P.A. L'ennemi se manifeste mais n'entreprend aucune action de force. Le commandement ayant l'intention de se rétablir sur la rive sud de la Loire cherche à gagner des délais et espère se maintenir sur cette position intermédiaire au moins 24 heures.
La D.L.I.C. est déployée sur un front de plus de . Son dispositif est le suivant : sur l'ancien tracé de la route nationale 10, actuellement route départementale 906), à hauteur de Chartainvilliers, 2 encadrons motorisés du G.R.D. ; à Feucherolles, le 1/ R.T.S., face au nord et nord-est ; à Bouglainval et Néron, le 2/ R.T.S., face au nord-est à l'est ; à Berchères-la-Maingot, le 3/ R.T.S., en réserve ; à Néron, le 5/26 du R.T.S. tient le principal point d'appui (Capitaine Grondin) ; dans le triangle Châteauneuf, Saint-Sauveur, Chêne-Chenu, le R.I.C.M. organise : des P.A. pour interdire cet important nœud routier.
L’artillerie est réduite à 2 batteries de 155.C du V/ R.A.I., le R.A.D., pour des raisons inexpliquées, poursuivit son repli au-delà de Chartres.
La division cuirassée de réserve (D.C.R.) (celle que commandait le Colonel de Gaulle jusqu'à fin ), qui devait fournir un appui de chars à la D.L.I.C. est déjà au-delà de Chartres, ce , en dehors du contrôle du général C. Gransard, qui le mentionne dans son ouvrage sur le corps d'armée.
Le terrain coupé et boisé est favorable aux infiltrations. Une défense efficace nécessiterait une infanterie plus nombreuse et des appuis plus puissants, en raison notamment de tirs puissants des Minenwerfer ennemis.
Face à la division, opèrent des formations du d’armée de la Wehrmacht, notamment la de cavalerie du général Feldt, dépendant de l'armée du Général von Kluge.
L'ennemi a profité de la nuit pour préparer ses actions offensives de la journée du .
À l’ouest, dès 7 heures, le R.I.C.M. est aux prises avec des éléments motorisés. Ses P.A. sont violemment bombardés, pendant que l'infanterie s'infiltre par les talwegs. À 10 heures, Châteauneuf, pris et repris est évacué, ses défenseurs ayant épuisé leurs munitions. Saint-Sauveur assailli par des vagues successives tombe à son tour. Les unités délogées de leurs P.A. se rétablissent au sud de la route de Châteauneuf à Nogent-le-Roi. Vers 15 heures, Thimert est aux mains de l'ennemi et les combats font rage dans le bourg d’Écublé.
En fin de journée, les Allemands tiennent solidement Châteauneuf et ont entamé les positions du R.I.C.M., mais celui-ci les contient et ils ne peuvent exploiter leur succès de la matinée.
À l’ouest, vers 8 h 30, des éléments motorisés sont signalés, à Nogent-le-Roi et à Ormoy. Entre 9 et 10 heures, Maintenon, dont la défense n'est pas à la charge de la D.L.I.C. est occupée par l’ennemi. Une grave menace de débordement par la D 906 se dessine et le G.R.D. ne pourra y faire face avec ses seuls moyens. Le repli prématuré de l'aile gauche de la D.I., aux prises avec la D.I. de la Wehrmacht, qui progresse sur la rive droite de l'Eure, accentue encore cette menace.
Le colonel Perretier, pour y parer, engage en direction de Chartainvilliers un détachement du 3/ R.T.S., tandis que le G.R.D. reçoit de la division l'ordre d'interdire les ponts de l'Eure des lisières sud de Maintenon à Saint-Prest. Aux ordres du Capitaine Aulagnier, commandant la , le détachement du 3/ R.T.S. est formé de cette unité renforcée d'une section de F.V., d'une section de mitrailleuses et de deux pièces de 25 de la C.D.A.C.
Avant de franchir la D 906 à l'ouest de Chartainvilliers, le détachement est cloué au sol par une violente réaction ennemie. La route est encombrée de réfugiés et les Allemands se sont glissés vers le sud dans cette cohue. Le terrain est découvert et commandé par des bosquets, tenus par l'ennemi tout au long de l'aqueduc de Maintenon. Les manœuvres pour tenter de déloger l'ennemi échouent et les pertes sont lourdes. Le capitaine Aulagnier réussit à faire franchir l'ancienne route nationale à ses sections et organise la résistance dans le village de Chartainvilliers, désert, mais bombardé par l'artillerie ennemie.
Le détachement est coupé du régiment, avec lequel il n'a plus aucune liaison. Débordé et encerclé par le cycliste de la D.C., écrasé par les feux du II/ R.A., de cette même division, le détachement Aulagnier tient pourtant jusque vers 18 heures, avant d’être totalement détruit. Sur les 140 hommes qu'il comptait en quittant Berchères-la-Maingot, plus de la moitié sont tombés. Les autres étant capturés sur place ou dans les environs quelques heures plus tard. 56 corps seront relevés à Chartainvilliers et 22 à Saint-Piat, à plus à l'est. Parmi ces morts, des tirailleurs dépouillés de leur plaque d’identité, abattus après leur capture où blessés graves restés sur place et achevés par les vainqueurs, ce qui explique que les hommages rendus sont anonymes.