vignette|« CN · POMPEIVS / CN · L · HYLA / HERCVLI / ILVNNO ANDOSE / V · S · L · M[ »Socle d’une statue d’Hercule « Illuno Andoseren ». Ce piédestal d’époque romaine, destiné à une statue du dieu Hercule, porte une dédicace accompagnée d’épithètes aquitaines. Il est aujourd’hui conservé et exposé au musée Saint-Raymond de Toulouse, en Occitanie. Ilunnus, également attesté sous les formes Ilunus, Ilun, Ilunni/Ilunnis et Ilunno, est une divinité indigène attestée à l'époque romaine dans le territoire de la cité des Convènes, dans les Pyrénées centrales. Le théonyme apparaît notamment sous la forme Ilunni deo dans une dédicace votive découverte à Montauban-de-Luchon. La forme Ilunnus est notamment assurée par la tradition épigraphique et par le datif Ilunno, attesté dans la dédicace Herculi Ilunno Andose de Narbonne.
Étymologie Le théonyme Ilun est attesté dans les inscriptions aquitaniennes sous plusieurs formes, notamment Iluni, Ilunni et Ilunno. L'élément Ilun- ou Ilunn- est généralement rapproché du basque il(h)un, « obscur, sombre ». Joaquín Gorrochategui classe Iluni et Ilunni parmi les théonymes aquitains et les rapproche du basque il(h)un « obscur ».
Cette correspondance avait déjà été proposée dans les études sur les idiomes pyrénéens : l'élément Ilunn des théonymes aquitains a été rapproché du basque ilhun, forme dialectale signifiant « sombre, obscur ».
Ce rapprochement étymologique doit toutefois être présenté comme une hypothèse linguistique et non comme une traduction certaine du nom du dieu. Il ne permet pas d'établir qu'Ilun était une divinité des ténèbres ou que sa fonction religieuse était liée à l'obscurité. Une étude récente souligne d'ailleurs que, malgré le rapprochement traditionnel avec le basque ilun, la correspondance phonétique entre les formes aquitaniennes et le basque doit être examinée avec prudence.
Inscriptions Le théonyme est attesté par plusieurs inscriptions votives de l'Aquitaine protohistorique . Les principales formes connues sont Iluni, Ilunni et Ilunno, auxquelles s'ajoutent les formes composées Astoilunno et Arsilunno.
Les lieux d'attestation traditionnellement associés à ces formes sont les suivants : à Montauban-de-Luchon, sous la forme Ilunni.
à Juzet-de-Luchon, sous une forme restituée Ilu(nni).
à Cierp-Gaud, sous une forme restituée Ilunni.
à Cadéac, sous la forme Iluni.
probablement dans la région de Burgalays, sous la forme Astoiluno.
à Narbonne, sous la forme Ilunno, comme épithète d'Hercule et était donc assimilé à ce dernier.
F ., V . S ., L . M . sont des abréviations latines épigraphiques très courantes dans les inscriptions votives gallo-romaines.
F(ilius) = filius → « fils de » V(otum) S(oluit) = votum solvit → « il s'est acquitté de son vœu » L(ibens) M(erito) = libens merito → « de bon gré, comme il se devait » / « volontiers et à juste titre »
Voir aussi Articles connexes Religion celtique Panthéon pyrénéen
Bibliographie
Notes et références
Catégorie:Divinité de la mythologie basque Catégorie:Mythologie pyrénéenne Catégorie:Divinité celte Catégorie:Dieu celtique gaulois