Agnès Keith, comtesse de Moray (1540 - ) est une aristocrate écossaise. Elle est l'épouse de James Stuart, régent d'Écosse et demi-frère illégitime de Marie Stuart. En tant qu'épouse du régent, Agnès était la femme la plus puissante d'Écosse de 1567 jusqu'à l'assassinat de son mari en 1570.
Elle se marie en secondes noces avec Colin Campbell, qui devient comte d'Argyll en 1573. Au cours de son deuxième mariage, Agnès s'est retrouvée impliquée dans un litige concernant les bijoux de la reine Marie qui lui avait été confiés. C'est son refus de remettre les bijoux au gouvernement écossais qui a déclenché une querelle entre le comte d'Argyll et le régent Morton.
Famille gauche|vignette|150x150px| Château de Dunnottar, lieu de naissance d’Agnès Keith. Lady Agnès KeithG.E. Cokayne; with Vicary Gibbs, H.A. Doubleday, Geoffrey H. White, Duncan Warrand and Lord Howard de Walden, editors, The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom, Extant, Extinct or Dormant, new ed., 13 volumes in 14 (1910–1959; reprint in 6 volumes, Gloucester, U.K.: Alan Sutton Publishing, 2000), volume I, page 159.Charles Mosley, editor, Burke's Peerage, Baronetage & Knightage, 107th edition, 3 volumes (Wilmington, Delaware, U.S.A.: Burke's Peerage (Genealogical Books) Ltd, 2003), volume 2, page 2195. est née au château de Dunnottar, en Écosse, vers 1540. Elle est la fille aînée de William Keith, comte Marischal et de Margaret KeithG.E. Cokayne; with Vicary Gibbs, H.A. Doubleday, Geoffrey H. White, Duncan Warrand and Lord Howard de Walden, editors, The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom, Extant, Extinct or Dormant, new ed., 13 volumes in 14 (1910–1959; reprint in 6 volumes, Gloucester, U.K.: Alan Sutton Publishing, 2000), volume I, pages 159 and 183.. Ses grands-parents paternels sont Robert Keith et Elizabeth Douglas, et ses grands-parents maternels sont William Keith et Janet Gray. Agnès est une descendante du roi Jacques d'Écosse et de son épouse Jeanne Beaufort, l'arrière-petite-fille du roi Édouard III d'Angleterre.
Elle a deux frères, William Keith (décédé en 1580), et Robert Keith, Lord Altrie (décédé en 1596), et six sœurs cadettes : Élisabeth, épouse de Sir Alexander Irvine de Drum, Alison, épouse d'Alexander, Lord Salton, Marie, épouse de Sir John Campbell de Calder, Béatrice, épouse de John Allardice d'Allardice, Janet, épouse de James Crichton de Frendraght et Margaret, épouse de Sir John Kennedy de BalquhanDictionary of National Biography, 1885–1900, Volume 30, Keith, William (d.1581), by Thomas Finlayson Henderson. Sa tante est Élisabeth Keith, épouse de George Gordon, comte de Huntly, qui mena une rébellion infructueuse contre la reine Marie d'Écosse en 1562. Elle est la cousine de Jean Gordon, la première épouse de James Hepburn, qui deviendra lui-même le troisième mari de Marie d'Écosse. Le père d’Agnès était membre du Conseil privé de la reine Marie, et avait combattu à la bataille de Pinkie quand elle avait environ sept ans. Il est mort en 1581.
Agnès était également connue sous le nom d’Annabelle G.E. Cokayne; with Vicary Gibbs, H.A. Doubleday, Geoffrey H. White, Duncan Warrand and Lord Howard de Walden, editors, The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom, Extant, Extinct or Dormant, new ed., 13 volumes in 14 (1910–1959; reprint in 6 volumes, Gloucester, U.K.: Alan Sutton Publishing, 2000), volume I, page 201. ou d'Anna.
Premier mariage gauche|vignette|203x203px| Portrait de son premier mari James Stuart, comte de Moray, peint par Hans Eworth en 1562. À la cathédrale Saint-Gilles d’Édimbourg ou à Holyrood le /2G.E. Cokayne; with Vicary Gibbs, H.A. Doubleday, Geoffrey H. White, Duncan Warrand and Lord Howard de Walden, editors, The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom, Extant, Extinct or Dormant, new ed., 13 volumes in 14 (1910–1959; reprint in 6 volumes, Gloucester, U.K.: Alan Sutton Publishing, 2000), volume I, page 183., Agnès épouse James Stuart, demi-frère illégitime et conseiller en chef de la reine Marie, qui avait été créé comte de Mar le jour précédent. La cérémonie, à laquelle assista toute la noblesse, était magnifique et John Knox avait prêché le sermon. Le somptueux mariage a été suivi de trois jours de festivités et de banquets au palais de Holyrood, dont la frivolité a été par la suite dénoncée par Knox par ces mots : "la vanité utilisée à cet égard a offensé beaucoup de pieux"Fraser, p.215. La reine Marie a fait grand cas de la nouvelle Lady Mar et la considérait comme un membre proche de sa familleFraser, p.306. Éduquée, Agnès a été décrite par l'auteure Antonia Fraser comme ayant "une véritable intelligence et un véritable esprit"Fraser, p. 168. Keith M. Brown, professeur d'histoire écossaise à l'Université de St. Andrews, l'a décrite comme étant "intelligente, avide, avec un caractère d'acier"Brown, p.180".
Agnès et son mari ont eu trois filles :
Élisabeth Stuart, comtesse de Moray (fin 1565 - ), épouse le James Stewart de Doune, avec qui elle eut cinq enfants dont James Stuart, comte de Moray et Margaret Stuart, comtesse de Nottingham. Annabelle Stuart (1568/69 - 1570), selon le Diurnal of Occurents, Annabelle est née à Stirling vers le Thomson, Thomas ed., A diurnal of remarkable occurrents that have passed within Scotland since the death of king James IV till 1575, Bannatyne Club (1833), 132. Margaret Stuart, (née posthume fin janvier / - avant le ), épouse en 1584 Francis Hay, comte d'Errol. Le mariage reste sans enfantCharles Mosley, editor, Burke's Peerage, Baronetage & Knightage, 107th edition, 3 volumes (Wilmington, Delaware, U.S.A.: Burke's Peerage (Genealogical Books) Ltd, 2003), volume 1, page 1336..
La reine avait secrètement donné à son demi-frère le titre de comte de Moray en . Ce titre appartenait à George Gordon, comte de Huntly, lui-même marié à la tante d'Agnès. James accepta de renoncer au titre de comte de Mar, qui appartenait à la famille Erskine, mais conserva le comté de Moray. Le comte de Huntly mena donc une rébellion dans les Highlands contre la reine. La rébellion était encouragée par la tante d'Agnès. Huntly et ses rebelles ont été vaincus par les troupes de James lors de la bataille de Corrichie le . Certains des biens confisqués de Huntly ont été envoyés pour meubler le nouveau château du couple à DarnawayFraser, p.231.
Le comte de Moray et sa demi-sœur sont devenus ennemis après le mariage de Marie avec Henry Stuart, Lord Darnley, en 1565, un homme à qui Moray était farouchement opposé. Il ne semble cependant pas que sa femme ait partagé la même hostilité envers la reineFraser, pp.306, 312. En raison de sa grossesse avancée, Agnès n'a pas pu rejoindre son mari en exil en Angleterre. Moray avait été en effet déclaré hors la loi à la suite de sa rébellion, connue sous le nom de "Chaseabout Raid", contre sa sœur en août de la même année. Agnès est restée chez elle au prieuré de St. Andrew, où, à la fin de 1565, elle donne naissance à une fille, Élisabeth. Après son rétablissement, elle a repris sa gestion des domaines du couple. Son mari retourne en Écosse après le meurtre du secrétaire de la reine, David Rizzio, en et est gracié par la reine.
Il a été rapporté qu'en , après la naissance du futur roi Jacques VI d'Écosse, Agnès était l'une des dames avec lesquelles la reine passait le plus de tempsFraser, p.312. Au début de , Agnès fait une fausse couche, ce qui fournit à son mari une excuse pour quitter précipitamment Édimbourg, il était donc absent lorsque Lord Darnley est assassiné à Kirk o'FieldFraser, pp.342–343.
La femme la plus puissante d'Écosse La reine Marie est destituée par les seigneurs confédérés à la bataille de Carberry Hill, alors que le comte de Moray était encore en France. Marie est alors détenue au château de Loch Leven. Agnès reste avec la reine et sa belle-mère à Loch Leven en . L'ambassadeur d'Angleterre à Édimbourg, Nicholas Throckmorton, a entendu dire qu'il y avait "un grand chagrin entre la reine et elle lors de leur réunion et beaucoup plus de joie au départ"Stevenson, Joseph, ed., Selections from unpublished manuscripts in the College of Arms and the British Museum illustrating the reign of Mary Queen of Scotland, (1837), p.219, 249–50: CSP. Scotland, vol.2 (1900), pp.354, 363. Peu de temps après le , Marie abdique.
Le comte de Moray est proclamé régent d'Écosse pour le roi nouveau-né Jacques VI le Fraser, p.402. Son mari détenant la régence, Agnès devient la femme la plus puissante d'ÉcosseBrown, p.180. Elle était une politicienne très intelligente et intimidante Brown, p.140 et beaucoup de gens avaient peur de subir sa colère. En , avant la bataille de Langside, elle informa froidement son cousin effrayé, George Gordon, comte de Huntly, que "vous m'avez mise fort en colère". Huntly avait en effet indiqué qu'il soutiendrait Marie plutôt que le régentRoyal Commission on Historical Manuscripts, 6th Report and Appendix, Earl of Moray, (1877), p.649..
Le comte de Moray est assassiné à Linlithgow en Fraser, p.486. The date Fraser gives for the assassination is 11 January, however, this may have been an error as the Calendar State Papers Scotland vol. 3 (1903), 56 note that a letter was written by James Stewart, Earl of Moray at Stirling on 20 January 1570. John Spottiswoode, in his History of the Church of Scotland, vol. 2 (1851), p.120 gives the assassination date as 23 January 1570. par James Hamilton de Bothwellhaugh, partisan de la reine Marie. Hamilton a tiré sur James depuis une fenêtre alors que ce dernier passait à cheval dans la rue principale en dessous, le blessant mortellement. Agnès était enceinte au moment du meurtre et a accouché d'une fille, Margaret, peu de temps après. Elle a passé les deux années suivantes à gérer les biens familiaux et à mener une série de batailles juridiques au cours desquelles elle a cherché à obtenir une compensation financière pour la période de régence de son mari.
Pendant qu'Agnès était à Dunnotar, sa belle-mère, Margaret Erskine, s'occupait de sa seconde fille, Annabelle, au château de Loch Leven. Bien qu’Annabelle ait été décrite comme "joyeuse et très vigoureuse" par le secrétaire de sa mère, John Wood, en , elle meurt quelques mois plus tard.
Second mariage et excommunication Entre le et le , Agnès devient la seconde épouse de Colin Campbell, fils d'Archibald Campbell, comte d'Argyll et de Margaret Graham, et héritier présomptif du comté d'Argyll, avec qui elle eut trois autres enfantsPeter W. Hammond, editor, The Complete Peerage or a History of the House of Lords and All its Members From the Earliest Times, Volume XIV: Addenda & Corrigenda (Stroud, Gloucestershire, U.K.: Sutton Publishing, 1998), page 34. :
Colin Campbell de Lundie (décédé avant le ), épouse Marie Campbell, avec qui il eut un enfant. Jane Campbell, mariée à Donald Campbell. Archibald Campbell, comte d'Argyll (1575-1638), épouse d'abord Agnès Douglas avec qui il eut trois enfants, dont Archibald Campbell, marquis d'Argyll ; il épouse ensuite Anne Cornwallis.
Agnès est excommuniée par l'Église d'Écosse le pour son influence et son manque de soumission à son mari. Il aurait en effet été "très conseillé par Agnès". Dans un autre document, il est rapporté que Colin était "trop conduit par son épouse". Son deuxième mari a quant à lui affirmé qu'il était « bien conseillé par sa femme » et elle était considérée comme « une politicienne intelligente et effrayante ».
À la mort sans descendance de son beau-frère Archibald Campbell, comte d'Argyll le , Agnès devient comtesse d'Argyll. La professeure Jane E.A Dawson de l'Université d'Édimbourg a noté qu'Agnès et son mari se rendaient au château de Darnaway à Moray où ils avaient prévu de passer l'hiver lorsque la nouvelle du décès du comte leur parvint. Ils se sont donc arrêtés au château de Dunnottar pour changer leurs plansDawson, p.26.