est une société américaine qui modifie des Porsche 911 avec des éléments modernes en conservant le charme d'antan de ces voitures. Depuis 2009, Singer s'est ainsi bâtie une solide réputation avec des restomods (restauration-modernisation) de Porsche 911 aussi performantes qu'exclusives. Elle a été fondée par , ancien membre du groupe Catherine Wheel. L'entreprise est basée à Torrance dans le compté de Los Angeles en Californie. Elle y exploite un site de qui regroupe sous un même toit la fabrication, la peinture, l'assemblage et l'aménagement intérieur. Singer possède également un site distinct à Bicester Heritage au Royaume-Uni, le premier campus d'affaires du pays dédié à l'excellence automobile historique et centre national établi pour l'industrie.
vignette|centre|281px|Une Porsche 911 Singer Classic aux côtés de Rob Dickinson (à droite, avec une casquette militaire kaki).
Histoire Au début des années 2000, Rob Dickinson cherche à restaurer sa Porsche personnelle, une 911 type 964, la troisième génération née à la fin des années 1980. Il ne vise pas une simple remise en état mais une réinterprétation magnifiant le modèle classique en intégrant des technologies modernes. Bien que musicien professionnel, Rob Dickinson a étudié le design automobile à Coventry et côtoyé Peter Stevens, le concepteur de l'illustre McLaren F1. Sur sa 911, tout est revu de fond en comble à Los Angeles où l'artiste anglais s'est installé. Le châssis est allégé, le moteur retravaillé et la finition réétudiée. Aussitôt reconditionnée, l'étonnante 911 de Rob Dickinson ne tarde pas à faire des envieux. L'idée d'en faire d'autres fait alors son chemin dans son esprit. Singer Vehicle Design voit ainsi le jour en 2008. Bien que les porschistes puristes détestent que l'on modifie les caractéristiques originelles des 911, les Singer rencontrent le succès.
Le nom rend hommage au célèbre ingénieur Porsche Norbert Singer et fait également référence à l’ancienne carrière de chanteur de Dickinson.
La devise de l'entreprise est , « tout est important », une référence à leur philosophie de conception dans laquelle aucun aspect de la voiture n'est négligé et même les plus petits détails sont améliorés.
Voitures produites vignette|201px|gauche|La 911 Singer à la livrée Singer's Racing Orange présentée au Pebble Beach Concours d'Élégance de 2009.
vignette|201px|Une Porsche Singer Targa au Festival de Goodwood 2015. La voiture principalement produite par la société est une 911 «réinventée». Il s’agit d’un coupé 911 fortement modifié ou une Porsche 964 Targa, "964" étant le nom interne de la firme de Zuffenhausen pour les Porsche 911 fabriquées et vendues entre 1989 et 1994. Les Porsche 911 Singer combinent le charme et les saveurs d'une Porsche 911 des années 1960, refroidie par air, avec des performances supérieures à celles des modèles les plus récents. Une grande partie de la carrosserie est remplacée par des panneaux de carrosserie en fibre de carbone et le moteur est retravaillé par des constructeurs de moteurs tels que Cosworth, Ed Pink Racing Engines et Williams afin de délivrer beaucoup plus de puissance. Le long capot de la "Porsche 911 classic" remplace le capot plus court de la Porsche 964. Les bouchons de réservoir et de remplissage d'huile relocalisés sur le milieu du capot sont un clin d'œil aux voitures de course historiques de chez Porsche. Le tachymètre est coloré en orange "Singer" et affiche des valeurs allant jusqu'à 11, une référence au mème "up to 11" (bien que la zone rouge du moteur soit à 7900 tr/min). De nombreux composants réalisés sur mesure sont de qualité "sport automobile".
vignette|201px|Les 911 Singer Classic sont toutes chaussées de Michelin Pilot Sport sur jantes Fuchs en magnésium. vignette|201px|Le moteur flat-six d’une 911 Classic Singer dans son écrin capitonné. Dans les années 2010, la production des Singer se succèdent à un rythme soutenu. Pas moins de quatre-vingt 911 baptisées d'un nom de ville, d’une région ou d’un élément de culture, choisi par leur propriétaire (Colorado Springs, Montréal, New York, Le Mans, Montana, Nebraska, , Wasabi, etc) et « ré-imaginées », terme consacré par Rob Dickinson, roulent sur le bitume américain. Pour démarrer la création d’une 911 Singer, il faut se procurer une Porsche type 964. Ni trop ancienne, ni trop contemporaine, cette 911 produite entre 1989 et 1994 constitue la base idéale pour intégrer des technologies modernes (système de freinage, système de refroidissement, feux, etc.) tout en arborant des éléments (silhouette, chromes, etc.) évoquant le modèle originel. Un aspect délicatement « vintage » auquel les ingénieurs de Singer sont particulièrement attachés. Les chromes, les laques, les teintes et les jantes Fuchs, forgées en magnésium pour l'occasion, donnent aux production californiennes une esthétique proche des Porsche des années 1960. La qualité du travail et la finition soignée font des 911 Singer des bolides construits pour durer. Le raffinement et le souci des détails apportent un charme particulier aux voitures, avec notamment les signatures Porsche dorées, le cuir tressé qui recouvre jusqu'à la planche de bord et les cadrans, typiquement Porsche, recréés à la typo près. Quant aux sièges Recaro, ils arborent des teintes qui s'harmonisent aux moquettes de laine dont l’épaisseur est digne de celle que l’on trouve dans les Rolls-Royce. Par ailleurs, des capitons de cuir surpiqués recouvrent l’intérieur du coffre à l’avant, et même les parois du compartiment moteur.
Les moteurs, des six cylindres à plat refroidis par air, développant 300, 360 ou 400 ch au choix, sont remontés neufs par les ingénieurs d'Ed Pink Racing ou de Cosworth, des partenaires spécialistes de la compétition.
Les Porsche 911 repensées par Singer ont le prix d'une Supercar actuelle, qui se situe entre et selon les attentes des clients, et peut parfois atteindre 1,8 million de dollars. Certains exemplaires se sont même vendus aux enchères à plus d’un million de dollars. Singer Vehicle Design propose à ses clients de dénicher la type 964 nécessaire avant de la leur livrer magnifiée après six mois dans ses ateliers.
La DLS, Dynamics & Lightweighting Study vignette|201px|La 911 Singer DLS conçue en partenariat avec Williams. En 2015, un collectionneur de Porsche, Scott Blattner, demanda à Singer à quoi ressemblerait sa 964 s’ils utilisaient le savoir-faire d’un ingénieur de F1 pour la modifier. Deux ans plus tard, en 2017, Singer s’associe alors à du groupe Williams, qui comprend le célèbre constructeur anglais de Formule 1 Williams, pour créer la DLS (Dynamics and Lightweighting Study), une version inédite de 500 ch truffée de titane. La carrosserie est refaite en carbone et ne dénature pas la ligne emblématique des « nine-eleven » comme on les appelle aux États-Unis. L’entreprise de Grove a travaillé sur une évaluation aérodynamique moderne qui a abouti à une ligne plus lisse et étirée jusqu’à l’aileron arrière façon « » de style 2.7 RS Carrera. Parée d’une livrée verte « Absinthe » et habillée d’un cuir orange « », la 911 Singer DLS est elle aussi basée sur une Porsche 964. Ainsi, sur le plan de l’esthétique, le style néo-rétro habituel des Singer est conservé mais il côtoie désormais une robe aérodynamique plus agressive. Celle-ci n’est d’ailleurs pas qu’esthétique puisqu’elle a été pensée pour augmenter l’appui mais aussi répondre aux plus grandes exigences de refroidissement du moteur. De plus, grâce à l’emploi massif de matériaux ultra-légers comme le magnésium, le titane et la fibre de carbone, les ingénieurs de Singer ont réussi à contenir le poids sous la tonne, à selon la firme californienne.
La suspension a été revue et allégée, elle présente une meilleure géométrie et de meilleurs réglages par rapport à la configuration initiale. Quant au moteur, un 6 cylindres à plat refroidi par air dont les spécifications techniques sont les mêmes que celles du moteur de la 911 GT3 contemporaine, il a donc été développé en collaboration avec mais aussi avec Hans Mezger, l’ingénieur motoriste de Porsche, le père du Flat-6. La 911 Singer DLS, sans renoncer au look vintage, dispose d’un moteur qui délivre pouvant tourner à plus de . Cette , basée elle aussi sur le 3,6 litres de la Porsche 964, comme les autres Singer, a été profondément remaniée : nouveau système de lubrification, quatre soupapes par cylindre, bielles en titane, boîte à air en carbone, échappement en titane. Pour la transmission, il n’a pas été choisi d’installer une boîte robotisée, ni même une boîte automatique à convertisseur. C’est une boîte manuelle six rapports Hewland, essentiellement fabriquée, elle aussi, à partir de magnésium, qui transmet les du flat-6 aux roues arrière.
Pour faire rouler et s’arrêter la DLS, Singer a fait appel aux meilleurs en s’associant avec Brembo pour les freins, des étriers monoblocs et des disques composites, avec BBS Motorsport pour les jantes Fuchs en magnésium forgé de et avec Michelin pour les pneus Pilot Sport Cup 2 fabriqués sur-mesure.
Pour ne rien laisser au hasard, l’entreprise californienne a également consulté des grands noms du monde automobile en matière de mise au point pour assurer un comportement équilibré et une conduite proche de celle d'une vraie voiture de sport. Singer a notamment fait appel au pilote Marino Franchitti et à Chris Harris, le journaliste de Top Gear, afin de perfectionner les sensations de conduite.
Une série limitée à 75 exemplaires de la Porsche 911 Singer DLS est assemblée sur le nouveau site de Singer basé sur le campus Williams, à Grove dans l’Oxfordshire. Singer touche une commission sur chacune de ces 911 réinterprétées. Pour ce qui est du prix, Singer affirme que le coût des « restaurations-recréations » dépend des souhaits du client et des détails qu’il souhaite installer dans sa voiture. C’est une manière de dire que la DLS est très chère. Sachant que les autres modèles de 911 Singer dépassent souvent les dollars, il est fort probable que le prix de la DLS dépasse la barre du million de dollars.
Cette réussite vaut à Singer d'être observé avec bienveillance par Porsche en Allemagne, vraisemblablement rassurée de constater que l’Anglais de Californie n'a pas versé dans le « tuning » mais a, au contraire, contribué à la préservation du patrimoine.
Enfin, Singer a également conçu et commercialisé des montres-bracelets. Singer Reimagined est née de la rencontre entre Rob Dickinson et Marco Borraccino, un designer horloger de Genève.
Premier modèle destiné au tout-terrain
En , Singer présente pour la première fois de son histoire, un modèle destiné à la compétition tout-terrain. Comme à son habitude, c’est à la demande d'un client pour une déclinaison "baroudeuse" du bolide allemand que Singer a construit deux Porsche 911 ACS, pour All-terrain Competition Study. Ces deux modèles exclusifs sont un hommage aux Porsche de rallye. Le préparateur californien s’est en effet inspiré des 911 SC Safari de la fin des années 1970, que Porsche avait notamment engagées au Safari Rallye en 1978, un modèle auquel la firme allemande avait d’ailleurs également rendu hommage en 2012 avec le concept 911 Vision Safari. La 911 type 953 pilotée par Jacky Ickx sur le Paris-Dakar en 1984 et les 959 engagées sur le célèbre rallye-raid en 1985 et 1986 ont aussi été les inspiratrices de l’ACS. Singer n’est cependant pas le premier préparateur à proposer une version tout-terrain de la légendaire voiture de sport. Il y a déjà eu Ruf avec son prototype Rodéo et Gemballa avec son modèle Avalanche.