La Belle au bois dormant (Sleeping Beauty) est le et le des studios Disney. Sorti en , il est adapté des versions du conte La Belle au bois dormant de Charles Perrault (1697) et des frères Grimm (Dornröschen, 1812).
Avec La Belle au bois dormant, le studio Disney reprend des ingrédients de la recette lui ayant assuré le succès de Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) et Cendrillon (1950) mais, malgré une indéniable qualité technique, le succès n'est pas au rendez-vous. Le public de la fin des années 1950 préfère les films familiaux, les westerns et les productions télévisuelles comme Disneyland et The Mickey Mouse Club. Graphiquement, le film est remarqué pour ses décors évoquant le gothique et les enluminures des Très Riches Heures du duc de Berry. Le personnage de la méchante sorcière, Maléfique, est, pour de nombreux auteurs, l'élément le plus marquant du film, que ce soit sa tenue, sa personnalité ou sa métamorphose en dragon. Celui du Prince charmant est également apprécié, avec un rôle plus développé que les incarnations des précédents contes de fées adaptés par le studio.
Du fait de son insuccès, Walt Disney laisse de côté les contes de fée pour se consacrer à d'autres projets. Il faudra attendre trente ans pour que les studios mettent de nouveau en avant une histoire mettant en scène une princesse, avec la sortie de La Petite Sirène en 1989.
Un remake en prises de vue réelles a été réalisé en 2014, Maléfique avec Angelina Jolie dans le rôle de Maléfique et Elle Fanning dans celui de la princesse Aurore.
Synopsis
Dans un lointain pays imaginaire, au , le Roi Stéphane et sa femme rêvent d'avoir un enfant. Un jour enfin, leur rêve se réalise, et ils prénomment leur petite fille « Aurore ». Ils organisent alors une fête à laquelle sont conviés tous les habitants du royaume. Hubert, roi d'une contrée voisine, se joint à l'assistance, et leur présente son jeune fils Philippe. Soudain, trois marraines-fées apparaissent. Elles sont venues offrir chacune un don à la petite princesse : Flora, à la robe rose ou rouge, la dote d'une beauté incomparable ; Pâquerette, à la robe verte, la dote d'une voix mélodieuse. Quand Pimprenelle, à la robe bleue, s'apprête à formuler son don, un grand souffle de vent se fait entendre. Un éclair zèbre la salle du trône, et Maléfique, la terrifiante et méchante sorcière du Mal, fait son apparition, vite rejointe par son fidèle corbeau. Rancunière de ne pas avoir été invitée à la fête, elle se venge de cet affront en jetant un mauvais sort à la petite princesse : en grandissant, elle deviendra gracieuse et belle, et aura pour elle l'amour et la dévotion de chacun. Mais, avant le jour de ses seize ans, elle se piquera le doigt au fuseau d'un rouet, et en mourra. Pimprenelle, qui ne peut conjurer totalement le mauvais sort, l'adoucit. Au lieu de mourir, la princesse tombera dans un profond sommeil d'où seul le baiser d'un prince pourra la tirer.
Le roi fait brûler tous les rouets du royaume, mais pour mieux encore protéger la princesse, il accepte la proposition des trois fées de l'emmener loin du château. Elles s'installent dans une chaumière au milieu d'une forêt et commencent à élever la princesse qu'elles renomment Rose. Loin de la vie de château, le temps passe pour la jeune fille qui approche des 16 ans tandis que Flora, Pâquerette et Pimprenelle essaient de vivre sans utiliser leurs baguettes magiques.
Un jour, en marchant en forêt, Rose croise la route d'un prince à cheval, le prince Philippe sur son destrier nommé Samson. Les deux jeunes gens tombent alors amoureux. Pendant ce temps, les trois fées profitent de l'absence de leur filleule pour ressortir leurs baguettes, mais elles finissent par se disputer, provoquant des effets lumineux magiques qui attirent l'attention du corbeau de Maléfique, passant au-dessus de la forêt. Il découvre ainsi où se trouve la princesse, information qu'il rapporte aux oreilles de sa maîtresse.
Quand Rose rentre et raconte sa rencontre avec le beau jeune homme dans la forêt, les trois fées ne peuvent plus lui cacher la vérité. Contre son gré, Aurore se rend au château de ses parents accompagnée de ses trois marraines. Attristée, elle reste seule dans sa chambre où une étrange sphère lumineuse la fascine et l'attire vers l'une des tours. Elle y découvre un rouet et se pique à la pointe de la quenouille, sombrant instantanément dans un profond sommeil sous les yeux de ses marraines qui l'avaient suivie. Ne pouvant se résoudre à annoncer ce terrible événement au roi Stéphane, elles décident de plonger le château entier dans le même sommeil, jusqu'au réveil de la princesse. Flora, Pâquerette et Pimprenelle découvrent alors que le Prince est, selon son père, tombé amoureux d'une paysanne, mais elles y reconnaissent la princesse. Les trois fées décident d'aller à la rencontre de Philippe au lieu de rendez-vous donné par Rose, mais elles y découvrent malheureusement que le Prince a été enlevé.
Maléfique fait emprisonner le Prince dans son château sur la Montagne interdite. Les trois fées retrouvent le Prince, le libèrent et l'arment d'une épée de vérité et d'un bouclier de vertu. Il s'échappe et combat alors Maléfique qui se métamorphose en dragon. Philippe, avec l'aide de la magie de Flora, parvient à transpercer le cœur du dragon avec son épée, tuant Maléfique sur le coup. Philippe galope alors vers le château et embrasse Aurore qui se réveille. Le château et ses occupants se réveillent ainsi, Aurore retrouve ses parents et un grand bal est organisé pour le mariage du Prince et de la Princesse, qui vivront heureux pour toujours.
Fiche technique Titre original : Titre français : La Belle au bois dormant Réalisation : Clyde Geronimi, assisté de Les Clark, Eric Larson et Wolfgang Reitherman Scénario : Erdman Penner, assisté de Joe Rinaldi, Winston Hibler, Bill Peet, Ted Sears, Ralph Wright et Milt Banta d'après Charles Perrault et les Frères Grimm Conception graphique : Direction artistique : Don DaGradi et Ken Anderson Couleur et Stylisme : Eyvind Earle Conception des personnages : Tom Oreb Cadrage (Layout) : McLaren Stewart, Tom Codrick, Don Griffith, Erni Nordli, Basil Davidovich, Victor Haboush, Joe Hale, Homer Jonas, Jack Huber et Ray Aragon Robin Allan, Walt Disney and Europe, . Décors : Frank Armitage, Thelma Witmer, Al Dempster, Walt Peregoy, Bill Layne, Ralph Hulett, Dick Anthony, Fil Mottola, Richard H. Thomas et Anthony Rizzo Animation : Supervision : Milt Kahl, Frank Thomas, Ollie Johnston, Marc Davis et John Lounsbery Animation des personnages : Hal King, Hal Ambro, Don Lusk, Blaine Gibson, John Sibley, Bob Carlson, Ken Hultgren, Harvey Toombs, Fred Kopietz, George Nicholas, Bob Youngquist, Eric Cleworth, Henry Tanous, John Kennedy et Ken O'Brien Effets d'animation : Dan McManus, Joshua Meador, Jack Boyd et Jack Buckley Assistant animateur et intervalliste (non crédité): Rolly Crump Disney Legends - Rolly Crump, Don Bluth Jeff Lenburg, Who's who in Animated Cartoons, Effets spéciaux : Ub Iwerks et Eustace Lycett Son : Robert O. Cook (supervision) Montage : Donald Halliday et Roy M. Brewer Jr. Musique : George Bruns d'après le ballet de Piotr Ilitch Tchaïkovski, La Belle au bois dormant Orchestration : Franklyn Marks (non crédité) Chansons : Sammy Fain et Jack Lawrence (Once Upon a Dream); Tom Adair et George Bruns (Hail to the Princess Aurora); Winston Hibler, Ted Sears et George Bruns (I Wonder); Tom Adair, Erdman Penner et George Bruns (Skumps); Tom Adair et George Bruns (Sleeping Beauty Song) Arrangements vocaux : John Rarig Montage musical : Evelyn Kennedy Budget : 6 millions USD Production : Ken Peterson Société de production : Walt Disney Pictures Société de distribution : Buena Vista Pictures Distribution Pays de production : Langue originale : anglais Format : Couleurs - Son stéréo pistes magnétiques (1959) 70 mm (Super Technirama 70) - 2,55:1 Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia 504-505 35 mm - 2,35:1 Durée : 75 minutes Dates de sortie : États-Unis : France : Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : Leonard Maltin Leonard Maltin, The Disney Films : Edition, ., IMDb, Pierre Lambert Pierre Lambert, Il était une fois Walt Disney : Aux sources de l'art des studios, . Pierre Lambert, Walt Disney, l'âge d'or, , John Grant John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, . et Jerry Beck Jerry Beck, The animated movie guide, 252-253.
Distribution Voix originales Mary Costa : Princess Aurora/Briar Rose (la princesse Aurore/Rose) Bill Shirley : Prince Phillip (le prince Philippe) Eleanor Audley : Maleficent (Maléfique) Verna Felton : Flora/The queen (la reine) Barbara Jo Allen : Fauna (Pâquerette) Barbara Luddy : Merryweather (Pimprenelle) Taylor Holmes : King Stefan (le roi Stéphane) Bill Thompson : King Hubert (le roi Hubert) Bill Amsbery : Maleficent's goon (sbire de Maléfique) Candy Candido : Maleficent's goon (sbire de Maléfique) Pinto Colvig : Maleficent's goon (sbire de Maléfique) Dal McKennon : Owl (Hibou) Marvin Miller : Narrator (Narrateur) Thurl Ravenscroft : Singer (Chanteur)
Voix françaises (1959) Irène Valois : la princesse Aurore / Eglantine Huguette Boulangeot : la princesse Aurore / Eglantine (chant) Guy Severyns : le prince Philippe Jeanne Dorival : Maléfique Henriette Marion : Flora Colette Adam : Pâquerette Jacqueline Ferrière : Pimprenelle Jacques Berlioz : le roi Stéphane Raymond Rognoni : le roi Hubert
(1981) Janine Forney : la princesse Aurore / Rose Danielle Licari : la princesse Aurore / Rose (chant) Guy Chapellier : le prince Philippe Sylvie Moreau : Maléfique Paule Emanuele : Flora Marie-Christine Darah : Pâquerette Jeanine Freson : Pimprenelle René Bériard : le roi Stéphane Roger Carel : le roi Hubert Hubert Noël : le narrateur Sources : Pierre Lambert et carton DVD
Distinctions Nominations Grammy Awards 1959 : Meilleure bande originale cinéma ou télévision Oscars 1960 : Meilleure musique pour un film musical Young Artist Awards 1980 :
Sorties cinéma Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database.
Premières nationales
Ressorties principales
Sorties vidéo - VHS et Betamax (Quebec et Etats-Unis) avec recadrage 4/3 - 2e doublage 1988 - VHS avec recadrage 4/3/plein écran - - VHS avec recadrage 4/3 et image restaurée - 1997 - LaserDisc au format 2,35:1 () - - VHS (Quebec et Etats-Unis) avec recadrage 4/3 - 2e doublage 1999 - VHS avec recadrage 4/3 et image restaurée - - DVD au format 2,35:1 () et restauration numérique - - VHS avec recadrage 4/3 et restauration numérique - - Double DVD Collector au format 2,35:1 () et restauration numérique - - DVD et Blu-Ray au format cinémascope d'origine 2,55:1 (), son 7.1 en HD -
Origine et production Pour le studio Disney, la période 1940-1950 est marquée par une grève des employés, par la Seconde Guerre mondiale et par leurs conséquences, notamment la production de films compilant plusieurs séquences (voir Studios Disney de 1941 à 1950). En 1946, le projet Cendrillon est lancé afin de reprendre la production des longs métrages d'animation Michael Barrier, Hollywood Cartoons, .. La sortie du film Cendrillon en Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, est un succès qui confirme le « retour du studio Disney après plusieurs années de vaches maigres John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, . ».
Au début des années 1950, le studio revient donc à la transposition de contes pour enfants en longs métrages d'animation Sean Griffin, Tinker Belles and Evil Queens, et choisit d'adapter La Belle au bois dormant. Ce projet marque ainsi le retour de Disney aux contes de fées Douglas Brode, From Walt to Woodstock, David Koenig, Mouse Under Glass, et aux sources européennes Robin Allan, Walt Disney and Europe, ..