Les communautés noires du Québec, aussi appelées les Afro-Québécois, sont constituées de toute personne membre de la minorité visible « Noir » habitant au Québec. Elles sont la plus large minorité visible au Québec, surpassant les Arabes et les Latino-Américains.
Histoire
Période française
vignette|Les descendants des esclaves noirs qui ont vécu dans l'actuel Canada français sont des Canadiens français passant pour Blancs... Ils portent des noms comme Carbonneau, Charest, Johnson, Lafleur, Lemire, Lepage, Marois et Paradis..
En 1607, Mathieu da Costa, interprète et explorateur, est identifié comme étant la première personne noire en Nouvelle-France dans l'histoire. En 1629, le premier noir esclavagé identifié en Nouvelle-France est Olivier Le Jeune, originaire de Madagascar ou de Guinée. Il est un enfant (âgé entre ou , selon les sources) lorsqu’il est amené au Canada par David Kirke, lors de l’invasion anglaise de la Nouvelle-France. En 1630, Olivier Le Jeune est vendu à Le Baillif, un commis français, pour la somme de cinquante écus. En 1632, le traité de Saint-Germain-en-Laye met fin à l’occupation anglaise de la Nouvelle-France. La même année, Le Baillif, sur le point de quitter la colonie, donne Olivier Le Jeune à Guillaume Couillard, un des premiers colons établis en Nouvelle-France. En 1633, le jeune garçon, qui fréquente l’école des Jésuites, est baptisé selon le rite catholique romain. Lors de son baptême, il reçoit le prénom d’Olivier, probablement en l’honneur du commis général Olivier Letardif, et le patronyme de Le Jeune, en l’honneur du père Paul Le Jeune. Olivier Le Jeune est inhumé en 1654, à Québec et il est enregistré comme domestique de Guillaume Couillard.
Période britannique
Avant 1799, la totalité de la population noire d'origine antillaise recensée provenait de colonies françaises : la Martinique depuis 1717 et Saint-Domingue depuis 1728. Au débutera la venue de personnes noires venant des Antilles britanniques, tels que la Jamaïque, Grenade, la Barbade et les Bermudes. Période post-confédérale À la fin des années 1890, les Afro-Américains composaient la moitié de la population noire de Montréal.. Au début du , les communautés noires de Montréal vivaient en majorité dans les quartiers de la Petite-Bourgogne, anciennement appelée Saint-Antoine, et de Saint-Henri au sud des voies ferrées..
Seconde moitié du Mouvement Black Power à Montréal
En 1965, à Montréal, les Jamaïcains Robert Hill, Anthony Hill et Alvin Johnson; le Dominicain Rosie Douglas; les Grenadiens Franklyn Harvey et Hugh O'Neile; la Barbadienne Anne Cools; et le Saint-Vincentais Alfie Roberts fondent le Caribbean Conference Committee.
En 1968, du 11 au , le Congrès des écrivains noirs co-présidé par Elder Thébaud et Rosie Douglas eut lieu à l'Université McGill. Le Congrès des écrivains, dédié à la mémoire de Malcolm X et de Martin Luther King était un rassemblement de militants noirs antiracistes venant de partout dans le monde. L'entièreté des invités du Congrès était des hommes et seulement un seul, était né au Canada. Le Congrès était divisé en deux séries d'interventions : l'aspect social et historique du conflit interracial Noir-Blanc (l'histoire des Noirs en Afrique et ailleurs, la psychologie du racisme) et l'aspect socio-politique du « problème noir » (le Black Power).. Il était divisé en deux séries d'interventions: Parmi les personnalités présentes au Congrès, il y eut Kwame Ture, Miriam Makeba, Ted Joans, , James Forman, Harry Edwards, , Jan Carew, , , , Cyril Lionel Robert James et .. Crise des 1500
Crise des « boat people » de l'air
Crise des taxis haïtiens
Période contemporaine Mort de George Floyd
Le , la mort de l'homme noir américain George Floyd provoque une série de manifestations et de marches à travers le monde en soutien au mouvement Black Lives Matter et en opposition au racisme et la brutalité policière aux États-Unis ainsi que dans leur pays de résidence. Le , une première manifestation co-organisée par Marie-Livia Beaugé, Stéphanie Germain et Will Prosper. eut lieu à Montréal de à . Des masques ont été distribués à tous les manifestants. La marche a débuté au quartier général du SPVM et s'est terminée au Square Dorchester où a eu lieu de prises de paroles et d'une minute de silence pour les victimes de violences policières. Cette manifestation a regroupé plus québécoises de toutes origines.. Le premier ministre du Québec, François Legault a réagi le lendemain en niant le racisme systémique au Québec et en affirmant que le racisme était moins présent au Québec qu'aux États-Unis et que le problème était moins grave au Québec...
Le , une marche commémorant la mort de George Floyd et ayant rassemblé près de a eu lieu à Repentigny où les manifestants ont été victimes de propos racistes.... Le , à Trois-Rivières, une marche antiraciste allait de l'Université du Québec à Trois-Rivières vers l'hôtel de ville et finalement au bureau de la députée fédérale..
Le , une seconde marche est co-organisée par Anastasia Marcelin de la Ligue des Noirs, nouvelle génération à la place Émilie-Gamelin, à Montréal jusqu'au square Dorchester de à . Le SPVM a originellement été invité à participer dans la marche jusqu'à que leur invitation soit annulée la veille de la marche.. D'autres manifestations ont eu lieu le même jour à Sherbrooke., Québec., Sept-Îles. et à Rimouski..
Le , neuf policiers noirs écrivent une lettre à Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, après qu'il a nié la réalité du profilage racial et du racisme systémique dans le SPVM. La lettre lui demande de faire face au problème...
Le , ont manifesté dans une manifestation antiraciste à Pierrefonds..
Le , la Fondation Dynastie et des communautés noires réalisent une fresque avec la phrase « La vie des Noir.es compte » et le hashtag « #BlackLivesMatter »sur la Rue Sainte-Catherine entre les rues Saint-Hubert et Saint-André à Montréal... Le mot « compte » a été écrit aux couleurs de l'arc-en-ciel en hommage aux personnes noires LGBT et au slogan « Ça va bien aller ».. Le , une fresque « La vie des Noir.es compte » et une autre fresque « Black Lives Matter » ont été dévoilées dans deux parcs prairivois....
Démographie En 2016, Statistique Canada a recensé près de noires au Québec et elles représentaient 26.6 % de la population noire vivant au Canada..
Liste de municipalités avec une population noire au-dessus de la moyenne provinciale Moyenne provinciale : 4 %. Montréal (10,3 %) Montréal-Est (8,5 %) Châteauguay (8,3 %) Laval (7,8 %) Terrebonne (7,2 %) Repentigny (7,1 %) Longueuil (7,0 %) Dollard-Des Ormeaux (6,8 %) Gatineau (6,1 %) Pincourt (5,6 %) Brossard (5,2 %) Saint-Anselme (4,9 %) Vaudreuil-Dorion (4,7 %) Côte-Saint-Luc (4,3 %) Dorval (4,3 %) L'Île-Perrot (4,2 %)
À Montréal, les communautés noires sont principalement concentrées dans les arrondissements de Montréal-Nord (), LaSalle (), Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (), Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (), Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (), Ahuntsic-Cartierville () et de Pierrefonds-Roxboro ()..
L'âge médian en 2016 de la population noire était de contre au niveau provincial. Évolution démographique Les chiffres historiques entourant la population noire vivant sur le territoire du Québec sont sous-représentatifs en raison du fait que les esclaves noirs n'étaient pas comptés dans le recensement, que les immigrants clandestins ne l'étaient pas non plus et que plusieurs recenseurs décidaient d'omettre l'existence de personnes noires vivant dans un lieu donné. Plusieurs personnes noires mentionnées dans la presse locale n'étaient pas comptées dans le recensement.
Démolinguistique En 2016, de la population noire québécoise est francophone et peut s'exprimer dans une langue non officielle; est polyglotte en anglais, en français et dans une langue non officielle; est unilingue francophone; et est seulement bilingue en français et en anglais. En somme, 72,3 % des communautés noires au Québec parlent plus d'une langue et seulement 27,7 % d'entre elles sont unilingues. Ethnicité Les communautés noires au Québec sont principalement d'ascendance caribéenne () et africaine (). Ces origines ethniques sont suivies par des origines européennes () et des origines nord-américaines non autochtones (). RangOrigines ethniques Total12 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 Statut générationnel
Plus de la moitié des membres des communautés noires étaient des immigrants de première génération, nés à l'extérieur du Canada, et plus d'un tiers de ceux-ci sont nés au Canada d'un parent né à l'étranger. Parmi la population immigrante, 30 % était des immigrants récents, c'est-à-dire qu'ils se sont établis au Canada entre 2011 et 2016. 60 % des immigrants récents était nés en Afrique. RangLieu de naissance.Total123456789101112
Statut socioéconomique Le taux de chômage des personnes noires au Québec est de 13 %, ce qui est plus élevé que la moyenne provinciale de 7,2 %. Emploi En 2016, selon les catégories de la Classification nationale des professions, les communautés noires du Québec travaillent en prédominance dans les domaines des ventes et services, des affaires, finance et administration et de la santé.
Selon les catégories d'industrie du Système de classification des industries de l'Amérique du Nord, les personnes noires québécoises travaillent pour la plupart dans l'industrie des soins de santé et l’assistance sociale, de la fabrication, du commerce de détail et des services administratifs, services de soutien, services de gestion des déchets et des services d'assainissement. Scolarité Dans une étude sur les élèves des communautés noires des cohortes 1994, 1995 et 1996 au Québec., 86,9 % des élèves afro-québécois font une éducation secondaire francophone.
Religion En 2011, 82 % de la population noire québécoise est chrétienne, 10,4 % n'a aucune croyance religieuse et 7,2 % est musulmane. En ne prenant en compte que les confessions chrétiennes, 41,1 % de la population noire est catholique ; 6,5 % est pentecôtiste ; 5,8 %, anglicane et 24,4 % d'entre elle appartient à d'autres branches du christianisme comme l'évangélisme.
Racisme antinoir
La Clinique juridique afro-canadienne (African Canadian Legal Clinic) définit le racisme antinoir comme l'ensemble des préjugés, des stéréotypes et des discriminations envers les personnes noires qui causent des inégalités au plan sociétal.
Stéréotypes historiques
vignette|Représentation d'un « roi nègre » cannibale. Dans la seconde moitié du , la littérature, la scène artistique et la publicité québécoises représentent les personnes noires en trois représentations majeures et en cinq représentations sous-jacentes : Le « Noir damné » dont découle la figure du « Noir mystérieux »; Le Noir-chose dont découle les figures du « Noir animal-machine » et du « Noir-marchandise »; Le « bon nègre » qui est sus-jacent à l'« Ève noire » et au « Noir bête sauvage ».
Plus tard, s'ajouteront les figures du « Noir indolent », du « mauvais nègre » et du « Noir révolté ». « Noir damné » La représentation du « Noir damnné » tient son origine de la malédiction de Cham qui dit que la condition d'esclave du Noir est le seul moyen pour celui-ci pour s'expier de ses péchés et éviter l'enfer. Par exemple, en 1702, le Monseigneur de Saint-Vallier, propriétaire d'esclaves, décrète que l'esclavage des personnes noires est héréditaire. Ce stéréotype subira une crise vers 1750, lorsque des curés propriétaires d'esclaves vendent leurs esclaves à cause du manque de ressources, ce qui démontre que l'esclavage est plus une question économique qu'une question religieuse.
Dans la première moitié du , le Noir est perçu comme un ange déchu habitant l'enfer et qu'un mauvais génie est attaché à sa destinée. « Noir mystérieux »