alt=Photographie aérienne des dégâts de l'ouragan Charley|vignette|365x365px|Dégâts de l'ouragan Charley Le Plan de réduction des risques naturels est une procédure d'urgence destinée à prévenir, préparer, organiser et gérer les situations inhérentes aux risques naturels.
Pour réduire le risque inhérent aux catastrophes naturellesUNISDR, Terminologie pour la prévention des risques de catastrophe, Genève, Nations Unies, 2009., il est nécessaire d’agir sur ses déterminants : aléa, exposition, vulnérabilité et capacité d'adaptation. Une fois déclenché, l'impact du plan dépend de la capacité des communautés affectées à le mettre en œuvre.
La réduction des risques est divisée en quatre phases : prévention (zonage, règle générale d’urbanisme, analyse de vulnérabilité, carte des aléas, etc.), préparation (alerte précoce, simulation de catastrophe), gestion (secours), relèvement (soins médicaux, subventions, logement temporaire).
Une communauté organisée conçoit des plans spécifiques pour aborder ces étapes, ils peuvent prendre la forme de points spécifiques dans des cadrages plus généraux. Par ailleurs, deux accords mondiaux réglementent la réduction des risques de catastrophe dans les pays membres des Nations unies : le Cadre d'action de Hyogo (CAH) (2005-15) et le Cadre de Sendai pour la Réduction du Risque de Catastrophe (2015-30). Après une action développée à l’échelle nationale, principalement pour s’assurer que chaque pays dispose d’un plan national de réduction des risques (CAH), le cadre de Sendai encadre la planification locale et recommande une approche systémique, prenant en compte tous les risques. L’inclusion des connaissances locales et scientifique, ainsi que la généralisation des systèmes d’alerte précoce en fait notamment partie.
Pays OCDE La Directive inondation () a conduit les différents pays à l'évaluation préliminaire et à la gestion des inondations dans les districts hydrographiques continentaux et outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte, La Réunion, Canaries, Açores...) : enjeux exposés, emprise potentielle des inondations extrêmes afin d’identifier les territoires à risque important d’inondation et de les représenter sur carte. Enfin, les plans de gestion des risques d’inondation ont été produits pour chaque district hydrographique. Les dispositifs d'alerte abondent mais leur potentiel semble loin d’être pleinement exploité, par exemple dans le cas des applications smartphoneEsteban Bopp, Johnny Douvinet, Damien Serre, Faire un tri dans le monde des applis, Netcom, vol. 32, , 2018 ().
France Les deux tiers des municipalités françaises sont exposées à au moins un risque naturelMinistère de la Transition Écologique et Solidaire . En 1995, les Plans de Prévention des Risques Naturels (PPRN) ont remplacé les précédents plans départementaux d'exposition aux risques introduits en 1982. Les PPRN contiennent un zonage et un règlement visant à réduire l’exposition et la vulnérabilité physique des biens et personnes en cas d’inondation, de tremblement de terre, d’éruption volcanique, de mouvement de terrain, d’avalanche, d'incendie de forêt, de cyclone tropical, de tempête. Le PPRN est annexé, après enquête publique et approbation, au Plan Local d’Urbanisme en tant que servitude d’utilité publique. La gestion d’un événement potentiellement catastrophique est modernisée par la loi du sur la Sécurité civile et par les 3 Décrets d’application introduisant le plan ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile) à l'échelle départementale (Décret du ), le Plan Particulier d'Intervention (décret ) et le Plan Communal de Sauvegarde (Décret 2005-1156)CEPRI http://www.cepri.net/directive-inondation.htmlFreddy Vinet (sous la dir.), Inondations 2. La gestion du risque, Londres, ISTE, 2018, 451 p. .
États-Unis Le Federal Disaster Mitigation Act 2000 envisage l’adoption de Plans Locaux de Mitigation des risques (PLM)Ward Lyles, Philip Berke, Gavin Smith, A comparison of local hazard mitigation plan quality in six states, Landscape and Urban Planning, vol. 122, 2014, () pour la préparation desquels la Federal Emergency Management Agency (FEMA) a élaboré des lignes directrices spécifiquesFEMA, Local mitigation planning handbook, 2013.. Les plans contiennent l’évaluation de tous les dangers qui menacent la communauté, l’évaluation des capacités (de gestion des urgences, de réglementation, de planification générale, fiscales et politiques), la stratégie d’atténuation (objectifs, actions, techniques, priorisation des actions, plan d’action) et des indications sur la maintenance du plan (mise en œuvre, intégration, suivi et évaluation, implication du public). Les lois spécifiques des États exigent que les PLM soient annexés aux plans généraux de chaque juridiction locale (par exemple, Californie Senate Bill 1035). En l'absence de PLM, 10 états (Arizona, Californie, Colorado, Floride, Idaho, Maryland, Missouri, Nebraska, Caroline du Nord, Oregon) exigent que le Plan Général prévoie un élément de sécurité ou envisage des dangers spécifiques, tels que l’élévation du niveau de la mer (Florida Senate Bill 1094-2015) et sur la base des directives respectives élaborées à cet égard. Les politiques identifiées par les plans globaux ou généraux d’atténuation des risques concernent généralement la limitation de la construction des zones à haut risque et l’identification de leurs usages admissibles, l'orientation de l'expansion des bâtiments vers les zones à faible risque, la cartographie des dangers, l’information des habitants des risques naturels, coordonner les planificateurs avec les gestionnaires des urgences pour éviter les conflitsJames C. Schwab (sous la dir.), Hazard mitigation: integrating best practices into planning, Chicago, American Planning Association, rapport , 2010 .. En ce qui concerne le relèvement, le National Disaster Recovery Framework (2016)US Department of Homland Security, National Disaster Recovery Framework, seconde édition, juin 2016 . définit les rôles et responsabilités des différents acteurs en mettant fortement l'accent sur la participation et l’inclusion du public dans toutes les phases du processus de planification locale de l’urgence. Chaque État établit avec sa propre loi l'obligation pour les gouvernements locaux d’adopter des plans d’urgence spécifiques (à savoir : Washington State House Bill 1171 approuvé le ).
Mexique La connaissance des risques à l'échelle locale est promue depuis 1994 avec le Guide pour l'identification des zones à risques dans les centres urbains. Cependant, ce n'est qu'à partir de 2011 qu'il se traduit par la préparation de l'Atlas de peligro y riesgo dans 192 communes. Malheureusement ces outils, qui sont valables en eux-mêmes, ont peu d'effet pour réduire la vulnérabilité et prévenir les catastrophes car ils restent séparés des politiques de développement urbainNaxhelli Ruiz Rivera, José Maria Casado Izquierdo, María Teresa Sánches Salazar, Los Atlas de riesgo municipales en México como instrumentos de ordenamiento territorial, Investigaciones Geográficas, in Boletín del Instituto de Geografía, UNAM, 88, 2015, (). En 2012, les compétences de la protection civile se sont étendues à la gestion intégrale des risques(2012)Irasema Alcántara-Ayala , Gestion integral de riesgo de desastre en Mécico: reflexiones, retos y propuestas de transformación de la política pública desde la academia, Investigaciones Geográficas, Instituto de Geografía, UNAM, 98, avril 2019, (). La réduction des risques est donc incluse dans les plans de développement communaux.
Colombie Le plan national de réduction des risques a été adopté en 2016. La réduction des risques à l'échelle municipale est prévue avec des Plans de gestion du risque de catastrophe introduits par la loi du 2012 sur la gestion des risques de catastrophe et sur le système national de gestion des risques de catastrophe. 75 municipalités sur et plusieurs départements se sont équipés de cet outil selon les orientations fixées par le Système National de Gestion du Risque Catastrophe (SNGRD) en 2012 et l’ont rendu librement accessible sur le web : l’un des résultats les plus significatifs en Amérique Latine. Les plans sont à moyen terme, organisés avec une description des aléas auxquels la municipalité est exposée, la cartographie des zones exposées, la quantification des enjeux, la description des impacts passés (dommages) et de la vulnérabilité, des mesures prises, la probabilité que chaque aléa se reproduise et les mesures (structurelles et non structurelles) pour y faire face. Les programmes de réduction du risque et les actions associées sont identifiés, chacun étant détaillé sous une forme qui quantifie la durée prévue d'exécution et le coût)Daniel Calerón Ramírez, Klaus Frey, El ordenamiento territorial para la gestión del riesgo de desastres en Colombia, Territorios, 36, 2017, ().
Sud Global Dans le Sud Global, nous rencontrons une situation extrêmement diversifiée.
Amérique Latine De nombreux pays ont adopté un plan national de réduction des risques de catastrophe (Argentine 2018, Brésil 2012, République Dominicaine 2011, Équateur 2019, Guatemala 2014, Haïti 2001, Panama 2011, Pérou 2014, Salvador 2017). Certains pays ont des plans locaux de réduction des risques (Brésil, Colombie, République Dominicaine, Honduras, Nicaragua, Pérou, Porto Rico), une cartographie des risques, des systèmes d'alerte précoce. De nombreux pays ont des plans d'urgence (Brésil, Équateur, Haïti, Jamaïque, Pérou).
Brésil Ce pays dispose des plans à l'échelle fédérale et locale pour réduire les risques de catastrophe. Le plan national de gestion des risques et d'intervention en cas de catastrophe (2012), le Plan municipal d’urgence et de protection civile et le Plan municipal de réduction des risques de catastrophe ont été introduits par la loi fédérale du . Le Plan de réduction du risque a été introduit dans le cadre du programme fédéral d’urbanisation, de régularisation et d'intégration des établissements précaires élaboré par le Ministère des Villes. Selon la loi, le Gouvernement fédéral aurait dû créer un Cadastre de municipalités avec des zones sensibles aux glissements de terrain et exposées aux inondations soudaines, aurait dû avoir un plan de protection civile et un plan pour réduire les risques de catastrophe. En l'absence de règlement du dit cadastre, de nombreuses communes ont adopté un plan de réduction des risques : entre 2011 et 2017 les plans ont été multipliés par 7 et 2261 communes auraient été équipées de cet outil important selon l’Institut Brésilien de Géographie et de StatistiqueIBGE 2018, .. Cependant, seule une très petite partie de ces outils de base est librement accessible sur le Web.
Pérou