vignette| Stèle funéraire de Licinia Amias sur marbre (début du ), provenant de la zone de la nécropole du Vatican et conservée au Musée national romain. Niveau supérieur : dédicace aux Dis Manibus et devise (, « poisson des vivants »). Niveau intermédiaire : un poisson et une ancre. Niveau inférieur: inscription latine de l'identité du défunt .

Le christianisme anténicéen est la période du christianisme primitif allant de l'âge apostolique du premier siècle jusqu'au concile de Nicée (325).

Contexte et croyances Croissance démographique du christianisme Rodney Stark estime que le nombre de chrétiens a augmenté d'environ 40 % par décennie au cours du et du . Ce taux de croissance phénoménal a obligé les communautés chrétiennes à changer tant dans leur structuration interne que dans leurs relations entre elles et avec leur environnement politique et socio-économique. À mesure que le nombre de chrétiens augmentait, les communautés chrétiennes devenaient plus grandes, plus nombreuses et plus éloignées géographiquement. Le passage du temps a également éloigné certains chrétiens des enseignements originaux des apôtres, donnant lieu à des enseignements divergents semant la controverse et la division au sein des Églises et entre les Églises. Les écrivains classiques ont confondu les premières congrégations avec des sociétés funéraires ou fraternelles qui avaient des caractéristiques similaires comme le culte divin, les repas communs, les réunions régulières, l'initiation, les règles de conduite et leurs propres lieux de sépultureWilken, Robert L. (1984). The Christians as the Romans saw them. New Haven: Yale University Press. p. 44 ..

Rupture avec le judaïsme

Les deuxième et troisième siècles ont vu une rupture brutale du christianisme avec ses premières racines juives. Il y avait un rejet franc du judaïsme d'alors et de la culture juive à la fin du deuxième siècle, avec un corpus croissant de littérature adversus Judaeos (contre les juifs). Bien que l'utilisation du terme chrétien soit attestée dans les Actes des Apôtres (80–90), la première utilisation enregistrée du terme christianisme (grec : ) est due à Ignace d'Antioche vers 107Walter Bauer, Greek-English LexiconIgnatius of Antioch Letter to the Magnesians 10, Letter to the Romans (Roberts-Donaldson tr., Lightfoot tr., Greek text), et est associé à la modification du sabbat, à la promotion de l'évêque et à la critique des judaïsants. Le divorce entre christianisme et judaïsme est ainsi entamé, la majorité des chrétiens cessent d'être considérés et de se considérer comme des juifs. Des communautés judéo-chrétiennes perdureront certes jusqu'au en Occident et au en Palestine mais elles furent minoritaires et marginalisées dès le .

Diversité des sectes chrétiennes Contrairement au christianisme des qui subira des interventions doctrinales du gouvernement de l'Empire romain et développa une solide structure épiscopale et unificatrice, le christianisme anténicéen était indépendant de l'État et était bien plus diversifié et polycentrique. De nombreuses variantes de cette époque défient les classements nets, car diverses formes de christianisme interagissaient de manière complexeSiker (2000). pp. 232–234.. Alors que l'église juive chrétienne était centrée à Jérusalem au , le christianisme païen s'est décentralisé au Langan, The Catholic Tradition (1998), pp.55, 115. Divers conciles d'églises anciennes locales et provinciales ont eu lieu pendant cette période, les décisions rencontrant des degrés divers d'acceptation de la part de différents groupes chrétiens.

Millénarisme

Le point de vue eschatologique prédominant dans la période ante-nicéenne était le pré-millénarisme, la croyance en un règne visible du Christ en gloire sur terre avec les saints ressuscités pendant mille ans, avant la résurrection générale et le jugement. Justin Martyr et Irenaeus étaient les partisans les plus fervents du prémillénarisme. Justin Martyr se voyait continuer dans la croyance « juive » d'un royaume messianique temporaire avant l'état éternelJohannes Quasten, Patrology, Vol. 1 (Westminster, Maryland: Christian Classics, Inc.), 219. (Quasten was a Professor of Ancient Church History and Christian Archaeology at the Catholic University of America) Furthermore according to the Encyclopedia of the Early Church “Justin (Dial. 80) affirms the millenarian idea as that of Christians of complete orthodoxy but he does not hide that fact that many rejected it.” M. Simonetti, “Millenarism”, 560.Justin never achieved consistency in his eschatology. He seemed to believe in some sense that the Kingdom of God is currently present. This belief is an aspect of postmillennialism, amillennialism and progressive dispensationalism. In Justin's First Apology he laments the Romans' misunderstanding of the Christians' endtime expectations. The Romans had assumed that when Christians looked for a kingdom, they were looking for a human one. Justin corrects this misunderstanding by saying “For if we looked for a human kingdom, we should also deny our Christ, that we might not be slain and we should strive to escape detection, that we might obtain what we expect.” (1 Apol. 11.1-2; cf. also Apol. 52; Dial. 45.4; 113.3-5; 139.5) See Charles Hill’s arguments in Regnum Caelorum: Patterns of Millennial Thought in Early Christianity. Additionally however, Philip Schaff, an amillennialist, notes that “In his two apologies, Justin teaches the usual view of the general resurrection and judgment, and makes no mention of the millennium, but does not exclude it.” Philip Schaff, History of the Christian Church, Vol. 2 (Peabody, MA: Hendrickson, n.d.) 383. Grand Rapids: Eerdmans, 2001. Irénée a consacré le livre V de ses Contre les hérésies à la défense de la résurrection physique et du jugement éternelAgainst Heresies 5.32..

Parmi les premiers pré-millénaristes il y avait Pseudo-Barnabé”Among the Apostolic Fathers Barnabas is the first and the only one who expressly teaches a pre-millennial reign of Christ on earth. He considers the Mosaic history of the creation a type of six ages of labor for the world, each lasting a thousand years, and of a millennium of rest, since with God ‘one day is as a thousand years.’ Millennial Sabbath on earth will be followed by an eight and eternal day in a new world, of which the Lord’s Day (called by Barnabas ‘the eighth day’) is the type" (access The Epistle of Barnabas here). Philip Schaff, History of the Christian Church, Vol. 2 (Peabody, MA: Hendrickson, n.d.) 382., Papias d'Hiérapolis, Méthode d'Olympe, LactanceInsruct. adv. Gentium Deos, 43, 44., CommodienAccording to the Encyclopedia of the Early Church “Commodien (mid third c.) takes up the theme of the 7000 years, the last of which is the millennium (Instr. II 35, 8 ff.).” M. Simonetti, “Millenarism,” 560., Théophile d'Antioche, TertullienAgainst Marcion, book 3 chp 25, Meliton de SardesSimonetti writes in the Encyclopedia of the Early Church “We know that Melito was also a millenarian" regarding Jerome's reference to him as a chiliast. M. Simonetti, “Millenarism”, 560., Hippolyte de Rome et Victorin de PettauNote this is Victorinus of Pettau not Marcus Piav(v)onius Victorinus the Gaelic EmperorIn his Commentary on Revelation and from the fragment De Fabrica Mundi (Part of a commentary on Genesis). Jerome identifies him as a premillennialist.. Au troisième siècle, il y avait une opposition croissante au pré-millénarisme. Origène a été le premier à contester ouvertement cette doctrine“Origen (Princ. II, 2-3)) rejects the literal interpretation of Rev 20-21, gives an allegorical interpretation of it and so takes away the scriptural foundation of Millenarism. In the East: Dionysius of Alexandria had to argue hard against Egyptian communities with millenarian convictions (in Euseb. HE VII, 24-25). M. Simonetti, “Millenarism” in Encyclopedia of the Early Church, Translated by Adrian Walford, Volume 1 (New York: Oxford University Press, 1992), 560. It is doubtless that Origen respected apostolic tradition in interpretation. It was Origen himself who said "Non debemus credere nisi quemadmodum per successionem Ecclesiae Dei tradiderunt nobis" (In Matt., ser. 46, Migne, XIII, 1667). However as it is noted in The Catholic Encyclopedia "Origen has recourse too easily to allegorism to explain purely apparent antilogies or antinomies. He considers that certain narratives or ordinances of the Bible would be unworthy of God if they had to be taken according to the letter, or if they were to be taken solely according to the letter. He justifies the allegorism by the fact that otherwise certain accounts or certain precepts now abrogated would be useless and profitless for the reader: a fact which appears to him contrary to the providence of the Divine inspirer and the dignity of Holy Writ.". Denys d'Alexandrie s'est opposé au pré millénarisme lorsque l'œuvre chiliastique, La réfutation des allégoriseurs de Nepos, un évêque d'Égypte, est devenue populaire à Alexandrie, comme indiqué par Eusèbe de Césarée dans Histoire ecclésiastique. Eusèbe a dit du prémillénarien, Papias, qu'il était « un homme de petite capacité mentale » parce qu'il avait pris l'Apocalypse au pied de la lettreEusebius, Historia Ecclesiastica. 3.39.13.

Pratiques Les communautés chrétiennes sont venues adopter certaines pratiques juives tout en en rejetant d'autres. Seul Marcion a proposé le rejet de toute pratique juive, mais il a été excommunié à Rome en 144 et déclaré hérétique par la proto-orthodoxie croissante.

Sabbat Selon Richard Bauckham, l'église post-apostolique contenait diverses pratiques en ce qui concerne le sabbat. Il semble clair que la majorité de l'Église primitive ne considérait pas l'observation du sabbat comme nécessaire ou d'une importance essentielle pour les chrétiens qui ont en fait préféré le dimanche.

Baptême infantile Le baptême des enfants était largement pratiqué au moins au troisième siècleCross, F. L., ed. The Oxford Dictionary of the Christian Church. New York: Oxford University Press. 2005, article Infant Baptism mais il est contesté qu'il l'ait été au cours des deux premiers siècles du christianisme. Certains croient que l'Église de l'époque apostolique pratiquait le baptême des enfants, arguant que la mention du baptême des ménages dans les Actes des Apôtres aurait inclus les enfants du foyerRichard Wagner, Christianity for Dummies (John Wiley & Sons 2011 ). D'autres croient que les nourrissons ont été exclus du baptême des ménages, citant des versets de la Bible qui décrivent les foyers baptisés comme croyants, alors que les nourrissons ne le sont pas. Au , Irénée, évêque de Lyon, y a peut-être fait référence"He (Jesus) came to save all through means of Himself—all, I say, who through Him are born again to God and children, infants, and boys, and youths, and old men" (Adversus Haereses, ii, 22, 4)Paul King Jewett, Infant Baptism and the Covenant of Grace, (Eerdmans 1978), p. 127.. De plus, Justin Martyr a décrit le baptême dans sa Première Apologie (écrit au milieu du ), comme une option, en l'opposant à l'absence de choix que l'on a dans sa naissance physique"Since at our birth we were born without our own knowledge or choice, by our parents coming together, and were brought up in bad habits and wicked training; in order that we may not remain the children of necessity and of ignorance, but may become the children of choice and knowledge, and may obtain in the water the remission of sins formerly committed, there is pronounced over him who chooses to be born again, and has repented of his sins, the name of God the Father and Lord of the universe; he who leads to the laver the person that is to be washed calling him by this name alone.". Cependant, Justin Martyr semble également laisser entendre ailleurs que les croyants étaient des « disciples de l'enfance », indiquant de cette manière qu'ils étaient peut-être baptisés.