Miroir du cyclisme est le nom d'un magazine (d'abord bimestriel, puis mensuel à partir de 1961) consacré au cyclisme, dont 480 numéros sont sortis entre 1960 et 1994 (6 bimestriels et 474 mensuels). Il était publié par les éditions J, issues des mouvements de jeunes résistants communistes. En 2025, il reparait sous l'égide du quotidien L'Humanité le pour un numéro 475.
La genèse du titre
Créé en janvier 1960, sous la forme d'un magazine bimestriel dont 6 numéros ont été publiés, Miroir du cyclisme est devenu mensuel dès janvier 1961, en reprenant sa numérotation au numéro 1. Sous cette périodicité mensuelle, il est paru jusqu'au numéro 474 de mars-avril 1994. À côté de Miroir Sprint, hebdomadaire évoquant tous les sports, avaient été créés successivement des mensuels spécialisés : Miroir du cyclisme, Miroir de l'athlétisme, Miroir du football, Miroir du rugby. Le magazine étendait une formule éditoriale utilisée par Miroir Sprint au moment des Tours de France. Depuis 1947 en effet, chaque été, Miroir Sprint publiait avec succès des numéros spéciaux intitulés Miroir du Tour. Miroir sprint avait aussi fait paraître en 1957, des numéros "cyclistes"respectivement les suppléments aux du avril et 590 du 23 septembre 1957 entièrement consacrés à un champion : Louison Bobet puis Jacques Anquetil. De plus, depuis 1952, chaque début de saison, Miroir Sprint avait publié un supplément Cyclisme auquel contribuaient les rédacteurs de l'hebdomadaire et des journalistes de cyclisme appartenant à d'autres rédactions Cyclisme 1955, supplément au de Miroir Sprint; Cyclisme 1956, supplément au ; Cyclisme 1958, supplément au ; Cyclisme 1959, supplément au N¨671 de l'hebdomadaire.
Miroir du cyclisme, comme Miroir Sprint est publié par les éditions J, qui sont issues de la mouvance des jeunes résistants communistes. Les éditions J prenaient le nom éditions Miroir Sprint. Elles font partie, comme Pif Gadget ou les autres publications des éditions Vaillant, du nombre important de titres de presse qu'éditera le Parti communiste français de la Libération jusqu'aux années 1990.
d'histoire éditoriale
Après les six numéros parus en 1960, le succès de la formule bimestrielle encourage les éditeurs à passer à un rythme de parution plus élevé. Le numéro 1 de la formule mensuelle sort en . Il est placé sous le signe de la commémoration de la mort du grand cycliste italien Fausto Coppi, survenu l'année précédente. Selon les contrôles de diffusion de la presse, en 1962, Miroir du cyclisme avait un tirage mensuel de plus de . La rivalité entre Jacques Anquetil et Raymond Poulidor, qui divise la France entre et , la richesse du cyclisme hexagonal en champions de valeur et, pour les lecteurs de Belgique les victoires de Rik Van Looy, fournissent au magazine cycliste de nombreux sujets d'articles, propices à passionner les lecteurs des années 1960. Pourtant la télévision commence à être une concurrente sérieuse et la presse sportive magazine doit sans cesse évoluer pour y faire face. Les photos-couleur des coureurs, insérées chaque mois dans la revue depuis 1963 ne suffisent plus. À partir de 1972 (numéro 152), ce sont des posters qui les remplacent, encartés au milieu du journal. L'hebdomadaire Miroir Sprint cesse sa parution au cours de l'année 1971. Miroir du cyclisme pour survivre change régulièrement de . Toutes essaient de retenir les lecteurs en développant et en améliorant le côté iconographique, au détriment du commentaire dont la place diminue au fil des années 1970. Le Miroir semble y réussir plutôt bien, fidélisant 80 % de ses lecteurs, selon une enquête faite à la demande de la direction du journal en 1975. La hausse continue du prix du papier, matière première de tout journal, les ajustements des tarifs postaux, le renchérissement des coûts de fabrication sont les seuls arguments qu'invoque la direction pour expliquer au lecteur les hausses du prix de son .
En André Ciccodicola en devient le rédacteur en chef adjoint puis le rédacteur en chef jusqu'en 1985 date à laquelle il quitte l'entreprise. En , les difficultés financières des éditions J, qui publient le titre, obligent la rédaction à déménager du 10 rue des Pyramides (Paris ) au 126 rue La Fayette (Paris ), siège des éditions Vaillant, à deux pas de l'ancien siège du PCF (qui se trouve au 120). Elle rejoint le service des ventes et des abonnements installé dans les lieux dès l'automne 1979les dates des changements sont observables dans les "ours" de chaque numéro: , octobre 1979, nouvel adressage des abonnements et , janvier 1981, nouvelle adresse de la rédaction Miroir du cyclisme est désormais édité par les éditions Vaillant-Miroir Sprint (VMS) et perd ainsi une certaine autonomie financière et éditoriale : une partie de ses collaborateurs quitte à ce moment-là Miroir du cyclisme pour créer un magazine concurrent, Sprint international. Parmi les partants figurent plusieurs des créateurs du journal, Claude Parmentier, en , puis Émile Besson. D'autres noms disparaissent, Robert Descamps, François Terbeen, sans que soit annoncé leur probable départ à la retraite.
La situation financière des éditions Vaillant-Miroir Sprint ne résiste pas à la baisse du nombre de lecteurs des années 1980, et plus sûrement à la hausse des coûts de fabrication et de diffusion, phénomène général à toute la presse écriteDans l'éditorial du , Maurice Vidal annonce encore vendus en 1980, et elles se voient obligées d'emménager et se fondre avec les éditions du PCF, les éditions Messidor (qui regroupent aussi les ex-Éditions sociales, Éditeurs français réunis, Éditions La Farandole), au 146 rue du Faubourg-Poissonnière (Paris ). Pour Miroir du cyclisme, cet ultime transfert s'effectue en . Un an plus tard, le directeur de la rédaction, Olivier Margot disparaît des colonnes, sans explication aux lecteurs. Michel Nicolini prend le titre de rédacteur en chef, assisté d'Henri Quiquéré. Pourtant si le journal perd de la rentabilité, force est de constater que le Miroir du cyclisme des années 1980 garde une haute qualité éditoriale qui se traduit par de nouvelles rubriques, une ouverture sur le cyclisme amateur, et la collaboration fréquente de la meilleure championne que le cyclisme féminin ait eu, Jeannie Longo. Le début des années 1990 est finalement fatal aux éditions VMS, comme aux éditions Messidor : Miroir du cyclisme subit une énième restructuration en 1992, en changeant de propriétaire. Son directeur fondateur, Maurice Vidal, cède sa place à une nouvelle équipe. Le groupe éditorial repreneur (Scandéditions) fait à son tour faillite au début de 1994 : Miroir du cyclisme cesse alors d'exister. Certains des membres de la rédaction, dont l'ultime rédacteur en chef, Michel Nicolini, et l'un des rédacteurs principaux de la revue Henri Quiquéré se retrouvent pour lancer un nouveau mensuel cycliste, Vélo un (de 1993 à 1999) , dont la conception ressemble aux dernières maquettes du Miroir du cyclisme. La page est tournée.
Le Miroir du cyclisme, objet de collection Depuis sa disparition, les numéros de Miroir du cyclisme deviennent des objets de collection, s'arrachant parfois à prix fort. Si le suivi de la numérotation des numéros parus entre 1960 et 1994, atteint le nombre de 480 (6 bimestriels + 474 mensuels), au cours de son existence, le Miroir fit paraître des numéros spéciaux, hors numérotation, et des suppléments HS (hors série) qui accroissent le nombre réel d'exemplaires parus. Ces numéros spéciaux sont particulièrement recherchés de par leur contenu : la liste de ces numéros, sans numérotation, en fait apparaître 11, sous réserve d'inventaire complémentaire. 1963. Tout le cyclisme, réalisé par Abel Michéa, Robert Descamps, Claude Parmentier est un numéro de 50 pages détaillant de A à Z le palmarès de tous les coureurs du peloton des professionnels, ainsi que la composition des équipesCe numéro est de couverture noire. Les auteurs, auxquels est joint le maquettiste Robert Jacquemin, sont signalés par un petit "ours" en première page.. 1964. Tout le cyclisme, de couverture bleue, livre, en égrenant leurs palmarès l' Histoire de toutes les courses. Présenté comme un supplément du 42 () cette publication de 40 pages donne la liste chronologique et le podium correspondant de la plupart des épreuves du calendrier cycliste professionnelCe numéro est réalisé par le spécialiste des compilations du magazine, Robert Descamps, comme l'indique le "deuxième de couverture.. La nouveauté principale de cette somme n'est pas seulement dans le contenu. Elle réside dans l'illustration en couleurs de la moitié des pages. D'autres numéros Tout le cyclisme paraissent au cours de la longue vie de Miroir du cyclisme, mais ils sont inclus dans la suite numérotée de la revue. 1969. La prodigieuse carrière de Jacques Anquetil est un Hors-série paru avec le 119 en . Fort de 68 pages, il surfe sur la vague d'intérêt que suscite la retraite du coureur, dont Miroir du cyclisme a bien sûr suivi depuis 1960 les exploits, mais aussi relaté de façon bienveillante l'attitude vis-à-vis des premiers contrôles « antidopage »La position des journalistes sportifs, qui à l'époque réussissaient à nouer des liens de proximité avec les coureurs (puisqu'il en est question ici mais la problématique dépasse le seul sport cycliste), mériterait… un article à elle seule. La mort de Tom Simpson se traduit-elle par une distanciation ? 2 numéros consacrés à Bernard Thévenet. 1975 (supplément au - Les escalades de THEVENET). 1977. Numéro 236 bis (juillet) "Un grand champion". 1978-1979. Trois numéros "hors série" de la série générale numérotée, paraissent en l'espace de douze mois. Curieusement ces "hors série" sont numérotés "1", "2" et "3"...Ils semblent correspondre à une stratégie commerciale à mettre en correspondance avec la montée en puissance du nouveau numéro un du cyclisme français : Bernard Hinault est présent en photos sur les trois couvertures...en maillot jaune (HS : le livre d'or du cyclisme 78), en maillot de l'équipe "Renault" (HS : Courses et champions 1979), et en maillot de Champion de France (HS : Il était une fois Bernard Hinault)Deux de ces numéros sont réalisés par un nouveau venu dans la rédaction, Benoît Heimermann, le troisième est réalisé en septembre 1979 par Henri Quiqueré, alors que le "rédacteur en chef adjoint" Claude Parmentier est parti d'un magazine où il était présent dès la première année.. 1983. Louison Bobet, est un album souvenir (HS paru avec le 331), édité lors de la mort du champion. 1987. Jacques Anquetil, est de même un album souvenir (HS paru avec le 401) paru après sa mort 1987. Joop Zoetemelk, toute une carrière, retrace les bons et mauvais jours du hollandais lorsqu'il prend sa retraite de coureur (401 S)
À ces 491 numéros s'ajoute un certain nombre de publications sous forme de volumes brochés, également affichés comme « hors-séries ».
1975 (octobre). Cyclisme d'aujourd'hui, les meilleures photos avec une préface signée Jacques Anquetil 1976 (octobre). Cyclisme d'aujourd'hui, les meilleures photos avec une préface signée Raymond Poulidor et 2 autres opus consacrés à Poulidor : L'adieu au tour (1 poster - juillet 76) et Les meilleures photos d'une carrière (septembre 76). 1988-1990. 7 ouvrages brochés paraissent : Images 88, Année 89, Année 90, Grands exploits (avril 89), Les conquérants de l'arc-en-ciel (septembre 89), La montagne des géants (1989) et Tour de France 1903-1987 Les vainqueurs (juin 88) + 1 numéro hors-série : La France par ses champions (avril 88)
D'autres numéros, indépendamment de ceux consacrés à l'histoire des grandes compétitions (Tour de France, Paris Roubaix, etc.) sont très prisés, car leur contenu donne à voir et à lire des articles qui dépassent la stricte narration des courses. Numéro 69, : Vive le vélo. De l'ouvrier à Jacques Anquetil. Numéro 100, : 100 ans de cyclisme. Numéro 112, : Le cyclisme de A à Z. Numéro 164, : Le fabuleux Eddy Merckx.