Louis Lazare Hoche, né le à Versailles (France) et mort à vingt-neuf ans de la tuberculose, le à Wetzlar (ville libre d'Empire), est un général français de la Révolution.

Biographie Famille En 1768, il naît au Village de Montreuil, rattaché à Versailles en 1787. Son père est palefrenier à la vénerie du roi et sa mère s'appelle Anne Merliere.

Il est baptisé à la cathédrale Saint-Louis de Versailles ; son parrain est Lazare Moulin, épicier et sa marraine est Marie Agathe Coispeau, épouse de Jacques Duhamel« Hoche (Louis Lazare) », archives du service historique de l'Armée de terre, GD 138 ..

Mariage et descendance Lazare Hoche épouse en 1794 Adélaïde Dechaux, qu'il laisse veuve en 1797 avec une fille, Jenny Hoche, morte à Paris le , mariée à Paris le avec Étienne-Annet des Roys, auditeur au conseil d'État (1810), conseiller-général de l'Allier, pair de France (1832).

Le (5 germinal an VIII), la générale Hoche achète la terre et le château de Gaillefontaine, qu'elle conserve jusqu'à sa mort, survenue à Paris le ..

Avant la Révolution : garde-française À 14 ans, Hoche est reçu aide-surnuméraire dans les écuries royales. Devenu orphelin, il bénéficie de l'aide que lui offre une de ses tantes, fruitière à Versailles, et achète quelques livres avec lesquels il fait lui-même sa première éducation. Consacrant le jour à son travail, il emploie une partie de la nuit à étudier. À 16 ans, le , il s'engage comme soldat et est admis comme simple fusilier dans les Gardes françaises, dans la compagnie Colonelle le . Il est grenadier de la compagnie de d'Artaignan et le , il obtient le grade de caporal des grenadiers de Daucourt. Il ne tarde pas à attirer l'attention de ses chefs par la régularité de ses mœurs, son application à la lecture et sa prodigieuse activité.

Soldat de la Révolution française thumb|right|Portrait de Lazare Hoche, huile sur toile anonyme (école de David), vers 1793.Musée d'Arts, Bogdan et Varvara Khanenko, Kiev.

Il est présent au licenciement du régiment le (réforme), et s’engage avec le grade de sergent dans la garde nationale soldée de la ville de Paris, , . Il prend part à la marche sur Versailles dans les journées des 5 et 6 octobre 1789..

Le il obtient le grade d'adjudant sous-officier au . Par le ministre de la Guerre Joseph Servan, il passe le lieutenant au régiment de Rouergue à Thionville. Le il gagne ses galons de capitaine, par son rang d'ancienneté. Il commande une partie de l'infanterie et de la cavalerie de l'armée des Ardennes pendant la campagne d'hiver de 1792-1793. Il est à la défense de Thionville en , au siège de Namur en novembre et à celui de Maastricht en .

Il est chargé de l'intendance à l'armée des Ardennes. Le il est aide de camp du général Le Veneur (alias Leveneur), son oncle de laitLa grand-mère de Lazare Hoche est la nourrice du général Le Veneur et son père est garde-chasse du général Le Veneur. Voir Charles de Castilla, « Un registre d'actes de Mariages, Baptêmes pour les années 1796, 1797, 1799, 1800, 1801, 1802 », Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orne, 1914, , note ., qui le fait profiter de ses conseils et devient son mentor. Au siège de Thionville, à la bataille de Neerwinden, où il est blessé le , comme à Pellenberg, il donne des preuves de sa capacité et de sa bravoure.

Après la trahison du général Charles François Dumouriez en avril-, il est rappelé à Paris pour expliquer la situation. Hoche prend la défense du général Le Veneur devant le premier Comité de salut public, et expose un plan de campagne si bien conçu que Lazare Carnot se serait écrié : Le Comité tout entier se joint à Carnot pour admirer tant de savoir dans un si jeune homme, ce qui donne à Hoche la possibilité d'une ascension rapide. Le , grâce à l'appui de Lazare Carnot qui fait de lui le plus grand cas, il est nommé adjudant-général chef de bataillon employé à l'armée du Nord.

Incarcération de Hoche (du 8 au 16 août 1793) Pour avoir défendu le général Alexis Le Veneur de Tillières incriminé, il est mis en état d'arrestation à Saint-Quentin le , traduit devant le tribunal criminel de Douai et acquitté le suivant.

Dunkerque vignette|Monument à la mémoire de Lazare Hoche par Jules Dalou à Quiberon, 1902.

Envoyé pour la défense de Dunkerque le , il prend les fonctions de chef d'état-major du général Joseph Souham. Ce jour-là avait été destitué par le représentant Duquesnoy le général O'Meara, comme Irlandais et aristocrate. Dunkerque se trouve dans une position géographique stratégique pour les Britanniques. Si elle est prise, ils contrôlent de part et d'autre le pas de Calais. Le , le duc Frederick, duc d'York et Albany, le fils cadet du roi George III, fait le siège de la ville de Dunkerque avec , réunis à de Wilhelm von Freytag.

Hoche reçoit le commandement de Dunkerque qu'il doit défendre contre les Britanniques. Il organise la défense de la place : après avoir résolu les problèmes d’intendance et sélectionné les meilleurs éléments autour de lui, il fait inonder la campagne autour de la ville. Lors du siège mené par Frederick, duc d'York et Albany, il opère plusieurs sorties qui rendent le siège trop difficile à conduire pour les Britanniques qui se replient le , grâce à l'intervention de l'armée du général Jean Nicolas Houchard qui a battu l'armée britannique à la bataille de Hondschoote.

À la séance de la Convention du , Lazare Carnot prend la parole. :

Les conventionnels Théophile Berlier et Narcisse Trullard transmettent un rapport à Jean-Baptiste Bouchotte, ministre de la Guerre :

Le , son habile défense de Dunkerque contre les Britanniques lui vaut d'être nommé adjudant-général chef de brigade, et le 13 du même mois il est promu général de brigade. Après avoir participé sous le général Vandamme à la prise de Furnes en Belgique le , il est employé comme chef d'état-major de l'armée des Ardennes.

L'Alsace (octobre 1793-janvier 1794) Il reçoit :

Il reçoit la mission d'enlever les positions de la chaîne des Vosges et de couper les communications entre les Autrichiens et les Prussiens. En , il échoue le 18 à Bisingen et le 30 à Kaiserslautern dans le Palatinat, bataille qui a pour objectif le dégagement de Landau.

Victoire de Wœrth (22 décembre) vignette|Lazare Hoche par Pierre-Charles Coqueret d'après Hilaire Ledru. Forts de leurs premiers succès, les Prussiens commandés par le duc de Brunswick et les Autrichiens par le général Wurmser envahissent l'Alsace. C'est alors que Hoche, ayant réorganisé l'armée de la Moselle, traverse les Vosges avec le gros de ses troupes et lance une contre-offensive victorieuse. Le il attaque les Autrichiens du général Hotze à Wœrth et Frœschwiller. Devant les hésitations de ses soldats, Hoche leur lance cette formule devenue célèbre : . Les volontaires et vétérans français s'élancent alors à la baïonnette et s'emparent des redoutes tenues par les soldats autrichiens. Le corps de Hotze est mis en déroute. Hoche est rejoint par l'armée du Rhin de Pichegru. Du au , les lieutenants de Hoche passent à leur tour à l'offensive, chassant les Prussiens de Brunswick de position en position. Brunswick et Wurmser regroupent alors leurs forces près du Geisberg, non loin de Wissembourg. Un monument est visible sur les hauteurs face à la ville.

Victoire de Geisberg (fin décembre) Hoche, quant à lui, a profité de son succès à Wœrth pour être nommé à la tête des deux armées de la Moselle et du Rhin. La Convention envoie à l'armée de l'Est six commissaires. Le , Saint-Just et Lebas, munis de pouvoirs extraordinaires, et le , Ehrmann et Lacoste, Lémane et Baudot, munis de pouvoirs illimités. Une animosité règne entre les deux groupes. Baudot et Lacoste, des dantonistes, nomment le Hoche général des deux armées de Moselle et du Rhin réunies, contre la volonté du ministre de la Guerre Bouchotte, de Saint-Just et Lebas, des robespierristes, favorables au général Pichegru..

Le il lance une offensive générale contre les positions ennemies. C'est la fameuse seconde bataille de Wissembourg.

Hoche prend lui-même la tête des attaques qui sont menées contre les troupes autrichiennes de Wurmser. Malgré les violentes charges de la cavalerie autrichienne, les soldats français résistent puis enfoncent les lignes d'infanterie autrichiennes. Dans le même temps, Championnet et Soult réussissent à repousser les Prussiens de Brunswick. Afin de protéger sa retraite, le général prussien tente une dernière attaque contre Hoche. Les Français la repoussent assez vite. Battus de manière décisive, les Autrichiens de Wurmser et les Prussiens de Brunswick évacuent définitivement l'Alsace.

Quelques jours plus tard, le , le général Jean René Moreaux, un lieutenant de Hoche, réussit à repousser les Prussiens hors de Kaiserslautern après un combat de trois jours. Peu de temps après, Landau est débloqué et les Français pénètrent en vainqueurs dans Spire et Worms. Le , il demande et il obtient du Comité de salut public d'être séparé de l'armée du Rhin.

Incarcération de Hoche sous la Terreur (mars-août 1794) Le général Hoche et le colonel Jean-François Debelle épousent le 21 ventôse an II () à Thionville respectivement Adélaïde et Justine Dechaux.

Poursuivi par l'animosité de Saint-Just, il est décrété d'arrestation le , il se voit enlevé à l'armée de la Moselle dont il a le commandement en chef, se trouvant nommé à l'armée d'Italie pour commander l'expédition d'Oneglia.. Ce n'est apparemment qu'une diversion car dès son arrivée à Nice, un ordre du Comité de salut public le précède que doit appliquer le vieux général Dumerbion :

Il est ramené à Paris le , emprisonné aux Carmes et à la Conciergerie pour trahison comme membre du club des Cordeliers dominé par Danton (à la suite d'un arrêté signé par Carnot, Collot d'Herbois, Billaud-Varenne, Robespierre et Barère), d'où il ne sort que le après la chute de Robespierre. C'est Lazare Carnot qui signe son mandat de mise en liberté le 17 thermidor an II. Hoche est accueilli à sa sortie de prison par le conventionnel Théophile Berlier chez qui il va souper..

La répression de l’Ouest 200px|vignette|Statue de Lazare Hoche par Henri Lemaire sur la place Hoche à Versailles (quartier Notre-Dame). Le , il est nommé commandant en chef de l'armée des côtes de Cherbourg, le des armées des côtes de Cherbourg et des côtes de Brest réunies, le , de l'armée des côtes de Brest seule, , de l'armée de l'Ouest, et le , de l'armée des côtes de l'Océan, à la place du général Canclaux, formée par la réunion des trois armées de l'Ouest, des côtes de Brest et des côtes de Cherbourg, pour pacifier l'Ouest de la France (Vendée et Bretagne). Il rétablit la discipline, adopte une tactique efficace contre la guérilla des Blancs (camps et unités mobiles) et signe le traité de La Jaunaye le avec Charette, chef des Vendéens. Il adopte vis-à-vis des royalistes une politique modérée de pacification.

Du côté chouan, il signe, sans y croire, les accords de la Mabilais le . Mais plusieurs chefs ne les signent pas, les accords sont transgressés puis rompus au bout d’un mois. Hoche est prévenu d’un débarquement à Carnac. Il fait repousser les débarquements britanniques dont celui des émigrés dans la presqu'île de Quiberon, commandés par Puisaye, Hervilly et Sombreuil, du au , et il défait les Chouans. Il obtient alors le commandement de toutes les armées de l’Ouest.

Prévoyant une seconde tentative, il dispose des troupes sur la Sèvre Nantaise afin d’empêcher une concentration des forces vendéennes et empêche le débarquement de l’île d'Yeu en s’y présentant avant les Britanniques. Il désarme systématiquement la Vendée : la pression s’effectue par réquisitions et prises d’otages. Son rapport à Paris est approuvé, et il obtient le commandement de l’armée des côtes de l'Océan. Son second, Travot, capture Charette le . Hoche achève alors le désarmement de la Vendée militaire, et la pacification est officiellement proclamée le .