François Séverin Marceau-Desgraviers, né le à ChartresParoisse Saint-Saturnin, cote E45 vue 78/225, Archives départementales d'Eure-et-Loir. et mort le en Allemagne à Altenkirchen dans le land de Rhénanie-Palatinat, est un général français de la Révolution.

Biographie François Séverin Marceau est le fils de François Séverin Marceau-Desgraviers, procureur au bailliage de Chartres (1769) puis greffier en chef du bailliage criminel de Chartres (1778), et de sa seconde épouse, Anne Victoire Gaullier. Il est le frère aîné de Louis Augustin Marceau (1778–1839)Archives nationales, base Léonore, dossier de Légion d'honneur de Louis Augustin Marceau, Cote LH//1725/8., le beau-frère de Jérôme Guillard (1763–1808) et de Sergent-Marceau (1751–1847) (par le remariage en 1795 de sa demi-sœur, Marie Louise Françoise Suzanne Marceau (1753–1834) connue comme graveur sous les noms d'Émira Marceau-Desgraviers ou Champion de Cernel). Il est l'oncle d'Auguste Marceau.

Enfance Le jour même de sa naissance, aussitôt après son baptême célébré en l'église Saint-Saturnin de Chartres, il est placé en nourrice à Luisant auprès de Marie-Anne Aubert, épouse de Claude Houdard, vigneron, et passe son enfance comme un petit paysan, ne voyant que très peu sa famille, hormis l'été quand celle-ci vient vivre au Pavillon à LuisantJean-Charles Leloup, Histoires de la Beauce et de l'Eure-et-Loir, de 1739 à 1905, p. 15–33, d'après un texte de Valentin Stanislas Roullier (1802–1899), chez Amazon, 2020.

Un général des armées de la Révolution française Marceau est destiné par son père au barreau. N'ayant aucune attirance pour le droit, il s’engage à dans l'infanterie, le , au régiment d'Angoulême.

En service dans l'armée des Ardennes À la Révolution, il entre dans la garde nationale parisienne le . Il prend part à la prise de la Bastille.. En octobre, il est capitaine dans la garde nationale de Chartres. En 1791, il s'engage au de volontaires d'Eure-et-Loir où il est élu capitaine de la le . Il est promu adjudant-major le , puis lieutenant-colonel en second le .

Il passe à l'armée du Nord et demande à entrer dans les cuirassiers légers de la légion germanique, où il est admis le avec le grade de lieutenant-colonel.

En service dans l'armée de l'Ouest En 1793, il sert en Vendée dans l'armée de l'Ouest, où il se trouve mis en état d'arrestation avec son chef François-Joseph Westermann, par ordre du représentant Pierre Bourbotte.

Mis en liberté peu de temps après, il est capitaine au à cheval le et le sauve la vie à ce même Bourbotte qui, entouré d'ennemis pendant la bataille de Saumur, allait succomber lorsque Marceau survient et le délivre. Cette conduite lui vaut le grade de général de brigade le , soit deux mois avant Bonaparte.

Marceau est promu général de division le à 24 ans. Les représentants en mission restent cependant toujours méfiants à l'égard des généraux Westermann et Jean-Baptiste Kléber.

Devant la nécessité de réunir à terme l'armée de l'Ouest avec l'armée des Côtes de Brest, ils confient à Marceau, sur la proposition de Kléber, le commandement en chef par intérim de l’armée de l’Ouest le , à la place de Jean-Antoine Rossignol, et en attendant l'arrivée de Louis Marie Turreau le .

Les et , il remporte la bataille du Mans.

En service dans l'armée de Sambre-et-Meuse Muté en 1794 dans l'armée des Ardennes, puis dans l'armée de Sambre-et-Meuse, comme général de division, il y retrouve son camarade et ami Jean-Baptiste Kléber. Il participe aux batailles victorieuses de Fleurus en juin (aile droite), Sprimont en septembre et Aldenhoven en octobre ; il poursuit jusqu'au Rhin, toujours sous les ordres de Jourdan, s'emparant de Cologne le puis Bonn deux jours plus tard et enfin Coblence — fief des émigrés — le . Après la Belgique, la Rhénanie est occupée.

En , durant la première campagne d'Allemagne, il est chargé par Jean-Baptiste Jourdan de diriger sur la rive droite le siège de la forteresse d'Ehrenbreitstein face à Coblence. Devant les revers de son commandant en chef et l’inaction de Charles Pichegru face aux Autrichiens, il lève le siège le et demeure sur la rive gauche du Rhin. Il remporte d'ultimes combats le (gorges de Stromberg puis Kreuznach) et le (Sulzbach), limitant les gains autrichiens au triangle Mayence, Mannheim et Kaiserslautern et forçant les Autrichiens à proposer le un armistice à Jourdan.

Mort Forcé de lever le blocus de Mayence qu'il commande depuis , il est chargé de couvrir la retraite de l'armée. Durant cette deuxième campagne d'Allemagne, il demeure à la tête de l'arrière-garde de l'armée de Sambre-et-Meuse dirigée par Jourdan, protégeant les défilés et le passage du Rhin. Il repousse provisoirement en septembre la contre-offensive de l'archiduc Charles-Louis d'Autriche-Teschen qui a battu Jean-Baptiste Jourdan le à Amberg ; tandis que pour donner le temps à l'armée de passer le défilé d'Altenkirchen le , il arrête la marche du corps ennemi commandé par le général Friedrich von Hotze, il reçoit d'un chasseur tyrolien un coup mortel qui le laisse entre les mains de l'ennemi, dans la forêt d'Höchstenbach. L'archiduc Charles fait en vain prodiguer au jeune général républicain des secours, mais Marceau succombe. Il est inhumé dans le camp retranché de Coblence au son de l'artillerie des deux armées.

Hommages Hommages de la ville de Chartres

Le (), cinq ans après sa mort, la colonne Marceau, un obélisque en pierre, est érigée en hommage sur une place de sa ville natale de Chartres, qui est rebaptisée de son nom, .. En 1851, un monument en bronze en sa mémoire est réalisé par Auguste Préault pour orner la place des Épars à Chartres, .. En 1893, le nouveau lycée de Chartres inauguré rue Saint-Michel en 1887, prend par décret en date du le nom de lycée Marceau, ... Une des rues rejoignant la place Marceau porte également son nom, Marceau y étant né au . En 2013, à la demande du maire, il a été réalisé une fresque murale représentant une scène de tournage, dont l'acteur principal n'est autre que Marceau. Elle se situe à la croisée des rues de-Lattre-de-Tassigny et de la Volaille..

Hommages nationaux L'un des deux grands bas-reliefs en pierre de l'arc de triomphe de l'Étoile, sculpté par Henri Lemaire en 1833, représente les honneurs rendus au général Marceau lors de ses funérailles à Altenkirchen. Une statue en pierre de Marceau, réalisée par Gabriel-Jules Thomas, orne une des niches du rez-de-chaussée de la façade du pavillon de Rohan du palais du Louvre à Paris. Le modèle en plâtre est conservé au musée des Beaux-Arts de Chartres. Sa statue équestre en bronze, œuvre d'Auguste Clésinger (1882), Thiébaut Frères fondeurs, est érigée au milieu de la cour d'honneur des écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan. Ses cendres ont été inhumées à la fois au Panthéon de Paris, aux Invalides et sous sa statue, place des Épars, à Chartres. Son cercueil fut transféré au Panthéon de Paris le , lors des cérémonies du centenaire de la Révolution française. Marceau est la plus jeune personne reposant au Panthéon.. En , un timbre français « Général Marceau 0,50 + 0,10 » fête le bicentenaire de sa naissance. Dans les et arrondissements de Paris, l'avenue Marceau lui rend hommage. Dans le arrondissement de Paris, la villa Marceau lui rend également hommage. Au château de Versailles, un buste de Marceau est exposé. Ce plâtre fut commandé par en 1835 et moulé sur le modèle de Jacques-Edme Dumont, en terre cuite, présenté au musée du Louvre en 1801..

En musique Henri Kling composa en 1884 Le Général Marceau, une marche pour orchestre d'harmonie ou fanfare. Celle-ci fait partie d'une série consacrée également au Général Hoche (1884), au Général Kléber et au Maréchal Masséna (1887). Le compositeur Sven M. Hellinghausen composa également une marche Général Marceau à l'occasion des célébrations des 700 ans de la ville d'Altenkirchen en 2014. Un hymne à Marceau a été écrit et composé par Chabriel-Parfait en hommage à celui-ci :

En littérature Il inspire à Victor Hugo le personnage de Gauvain dans le roman Quatre-vingt-treize. Pour preuve, ils possèdent de nombreux traits de caractère communs comme la magnanimité et un début d'histoire similaire.. En témoigne cette citation : .. L'Homme océan lui a également dédié un vers dans son poème (I) dans Les Châtiments. Ce qui inspira le mime Marceau pour son nom de scène.. Il est le personnage principal d'un court roman d'Alexandre Dumas, La Rose rouge (1831). Un passage du Le Pèlerinage de Childe Harold de Lord Byron lui rend hommage : Version originale :

Version française :

Hommages en France au travers des rues À Cholet, capitale de la Vendée militaire, le nom de Marceau fut donné pendant le Premier Empire à une partie de la rue Nationale d'aujourd'hui, située entre la rue du Devau et la rue Jean Jaurès (dite alors de l'Échelle). En 1816, elle est prolongée jusqu'à la place de la « Grande Casse » (devenue « Créac'h-Ferrari »). Puis, en 1889, on nomme rue Marceau la nouvelle voie ouverte entre les rues Pasteur et de l'Échelle. Pour éviter toute confusion avec le mime Marceau, vers 1970 elle est rebaptisée, rue François Séverin Marceau. À l'origine de cette nouvelle rue, presque à ses deux extrémités, deux corps de bâtiments d'écoles primaires publiques, l'une de garçons, l'autre de filles et maternelle, portent le nom du général sur cette voieCholet à travers les rues d'A. Jeanneau et A.Durand (éditeur: Pierre Rabjeau, année : 1988, page 85).. De nombreuses villes possèdent une rue à son nom, dont Belfort, Bordeaux, Bram, Issy-les-Moulineaux, Lyon, Montluçon, Montpellier, Nantes, Narbonne, Nice, Rennes, Rivesaltes, Toulouse ou Tours.

Hommages divers Au Logis de la Chabotterie, en Vendée, le musée possédait jusqu'en 1993 un automate à l'effigie de Marceau.

Le est encore donné aujourd'hui. D'autres hommages, plus mineurs, lui sont rendus, comme une fève, des figurines en diverses matières..

Le poème de Byron a inspiré la peinture "La Pierre Brillante de l'Honneur (Ehrenbreitstein) et la Tombe de Marceau" à Joseph Mallord William Turner..

Il fut au programme d'histoire pour les cours moyens, sous la Troisième République. En témoigne, le manuel « Cours moyen. Histoire élémentaire de la France, répondant aux programmes du certificat d'études primaires » de Gustave Ducoudray..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Joseph Lavallée, Éloge historique du général Marceau, mort de ses blessures à , à Altenkirchen, le cinquième jour complémentaire de l'an IV (Paris, de l'impr. des amis réunis, an VI, in-8°, 52)

Valentin-Stanislas Roullier (1802-1899), Le Général Marceau (1880) :

, Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français

Thierry Lemoine, Le Général Marceau et la prise de Thuin le 21 floréal an II (), dans Sambre-et-Meuse. Publication trimestrielle du Centre d'histoire et d'art de la Thudinie, , , 36

Articles connexes Sergent-Marceau (1751–1847), peintre, graveur et aquatintiste, son beau-frère. Auguste Marceau (1806–1851), capitaine de frégate et missionnaire, son neveu.

Liens externes

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