vignette|Velours du Kasaï.
Le velours du Kasaï est une étoffe traditionnelle en raphia, fabriquée dans la région du Kasaï, en République démocratique du Congo, par les Kuba.
Fabrication et usages La technique est encore pratiquée. Traditionnellement, le tissage est effectué en raphia par les hommes shoowa, un groupe appartenant au peuple kuba, tandis que la broderie est réservée aux femmes. Les brodeuses devaient idéalement être enceintes.
À l'origine, le tissu était fabriqué à partir d'écorce battue. Après l'introduction du raphia, cette technique a été en grande partie abandonnée. Certaines ceintures, appelées duun, sont encore fabriquées en écorce. Elles symbolisent le pouvoir et ne peuvent être portées que par certains nobles. L'écorce est aussi utilisée pour certains pagnes féminins appelés ishyeen. Le centre de ces pagnes est formé de nombreux triangles alternativement noirs et blancs, découpés dans de l'écorce naturelle ou teinte en noir, puis cousus ensemble. Chez les Kuba, la valeur de l'objet est liée à la difficulté de sa réalisation.
La tradition attribue le développement de cet art au roi Shyaam aMbul aNgoong, également appelé Shamba Bolongolongo, souverain du royaume Kuba, qui aurait introduit la pratique du velours du Kasaï en même temps que la culture du tabac et l'ikulBaudouin Mwamba Mputu, Le Congo-Kasaï, 1865-1950 : de l'exploration allemande à la consécration de Luluabourg, 2011, p. 27..
Le tissu est réalisé à partir de fibres très fines prélevées à l'intérieur des feuilles de jeunes palmiers raphia. Les feuilles sont d'abord séchées au soleil, puis fendues dans le sens de la longueur et reliées afin de former des pans de deux à quatre mètres. Les fibres sont ensuite entrelacées dans la trame pour créer l'aspect velouté. Le tissu peut être enroulé autour de la taille pour former un pagne appelé mapel pour les hommes et ntshak pour les femmes.
Les motifs, très variés, sont composés librement tout en reprenant des formes associées aux motifs de scarification des Kuba.
Le tissu est lourd et coûteux. Il peut servir de couverture de lit ou recouvrir le trône royal. La fabrication d'une pièce peut prendre de plusieurs mois à un an. Des fragments de tissu ont également été utilisés comme monnaie d'échange ou offerts en cadeauJean-Patrick Duchesne, Léopoldville-Liège, Liège-Kinshasa : les collections africaines, 2007, p. 128..
Galerie
Bibliographie Claude Fauque et Xavier Chaumette, Le velours ou la force de la douceur, 1994.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Kuba (peuple) Royaume Kuba Art africain traditionnel
Liens externes
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