vignette|Photo du traité de paix. Les accords de paix de Paris de 1973 sont des accords d'armistice signés le , au 19 Avenue Kléber, dans les anciens bureaux du ministère français des affaires étrangères, pour tenter de mettre fin à la guerre du Vietnam. Ils ont été conclus entre les États-Unis et la république démocratique du Vietnam (Nord Vietnam), la république du Vietnam (Sud Vietnam) et le Gouvernement révolutionnaire provisoire de la république du Sud Vietnam formé par le Front national de libération du Sud Vietnam (Viêt Cong). Elle est entrée en vigueur le lendemain à 8 heures du matin, heure du Vietnam.

Ils avalisent le désengagement militaire américain et ouvrent la voie à l'offensive finale des forces communistes et l'effondrement du Sud Vietnam de mars-.

Lê Đức Thọ et Henry Kissinger reçurent le prix Nobel de la paix 1973. Considérant la paix comme alors non établie, Lê Đức Thọ refusa ce prix Nobel.

Contexte de 1966-1972

Augmentation des forces américaines La guerre du Vietnam était devenue de plus en plus impopulaire au sein de l'opinion publique américaine lors de la présidence de Lyndon B. Johnson, lequel soutenait que la guerre du Vietnam était justifiée. Ce dernier assura à la communauté internationale que les États-Unis ne recherchaient ni à occuper le territoire, ni à établir de base, ni une domination économique, ni une alliance militaire avec le Vietnam. Dans le même temps, il s'engagea à donner par tous les moyens aux combattants américains des armes, des moyens financiers et un ordre hiérarchique. Le discours de Johnson du fut une tentative avortée d'influencer l'opinion publique en faveur de la guerre au Vietnam. À la fin de l'année 1966, Johnson augmenta le nombre de troupes américaines au Vietnam à .

Aux États-Unis, les Américains ne croyaient plus en cette guerre qui gaspillait beaucoup d'argent sans réel résultat, si ce n'est le fait que pour chaque opération menée au Vietnam, l'armée américaine, emportant ou pas l'opération, était celle qui perdait le moins en vies humaines face à ses adversaires nord-vietnamiens et au Viet Cong, si bien que, lors d'un entretien, le général William Westmoreland n'hésita pas à dire à propos du général Vo Nguyen Giap qu'il n'était qu'un piètre général et, qu'à sa place, il se serait fait éjecter de l'armée américaine depuis longtemps à cause de ses méthodes peu efficaces et surtout de ses sacrifices humains.

Début de retrait des américains, maintien de la pression militaire Le candidat à la présidentielle de 1969, Richard Nixon, fit alors de la vietnamisation de la guerre son cheval de bataille et, pour lui, les États-Unis pourraient se permettre de se retirer de ce conflit interminable la tête haute, permettant ainsi de réduire les dépenses que le Congrès américain aurait du mal à accorder plus longtemps.

Sitôt élu, Richard Nixon commença à retirer les troupes, conformément à ses promesses de campagne. L'effectif américain au Sud Vietnam atteignit son maximum lors des années 1968 et 1969, avec environ . En 1969 le Corps des Marines des États-Unis mena la dernière grande opération, , avec succès avant le début du retrait des éléments de ce corps dès , marquant ainsi le début de retrait des troupes américaines du Vietnam. marqua le retrait des Navy SEALs, et seuls quelques membres de ce corps prestigieux restèrent comme conseillers jusqu'en 1973. Dès son arrivée à la Maison-Blanche, Richard Nixon lança les pourparlers qui allaient devenir les accords de Paris.

Tout en assistant l'Armée de la république du Vietnam (Sud Vietnam) dans son renforcement propre, Nixon n'abandonne pas pour autant les missions d'appui de l'armée sud-vietnamienne lors des opérations ou grands raids menés par le Sud : c'est ce qui se produisit par exemple lors de l'offensive de Pâques en 1972, lancée par le Nord Vietnam qui pensait à tort que les Américains ne pourraient pas appuyer l'armée sud-vietnamienne en pleine croissance et dont la plupart des unités étaient fraîchement formées, sans expérience du combat, afin de remplacer l'armée américaine jusque-là sans cesse présente à ses côtés. En effet, en 1972, environ américains sont encore présents au Sud Vietnam. L'offensive de Pâques était la deuxième offensive majeure lancée par le Nord Vietnam afin de conquérir le Sud, marquée par les batailles d'An Loc, au Sud Vietnam près de Saïgon, et celles de Quang Tri, au nord du Sud Vietnam, près de la ZDM, dans le corps. Cette bataille fut la plus rude qu'ait subie l'armée sud-vietnamienne, n'étant pas du tout prête ni préparée, au cours de laquelle elle a perdu la ville de Quang Tri aux mains des communistes le . Au sud, les soldats sud-vietnamiens à An Loc peinèrent à repousser l'armée communiste. Le , Nixon décida d'intervenir en lançant l'opération Linebacker I. Le , l'armée sud-vietnamienne se lance dans la reconquête de Quang Tri avec l'appui aérien américain. Linebacker I fut un succès et la ville de Quang Tri fut libérée des occupants communistes le . L'opération Linebacker I se poursuivit pour prendre fin le . Pendant tout ce temps, les pourparlers se poursuivaient ou étaient interrompus à cause des événements ou des désaccords. Le , n'ayant pas obtenu de la part du Nord Vietnam une issue favorable, Nixon déclenche l'opération Linebacker II afin de mettre la pression au gouvernement nord-vietnamien et de les convaincre de revenir à la table des négociations.

Nixon exprima le fait qu'il souhaitait que les pourparlers reprissent le et qu'il arrêterait les bombardements quand Ha Noi accepterait. Ce fut le cas, et Nixon suspendit alors les bombardements au Nord le ; il informa ensuite Henry Kissinger d'accepter les conditions offertes en octobre.

Déroulement des négociations

L'action des négociateurs, Lê Đức Thọ pour la république démocratique du Vietnam, Nguyễn Thị Bình pour le FNL et Henry Kissinger pour les États-Unis, a mis fin à dix années de guerre. L'accord prévoyait le retrait des forces terrestres américaines dans un délai de 60 jours. En échange de quoi, Hanoï s'engageait à libérer tous ses prisonniers. Mais le problème vietnamien ne fut pas réglé pour autant : les États-Unis se retirèrent du conflit pour éviter une défaite « formelle » et la lutte armée continua jusqu’à la capitulation inconditionnelle du Gouvernement de Saïgon, le . La manœuvre de Henry Kissinger fut de se retirer avant la défaite finale, dans une paix honorable pour les États-Unis. Le problème des prisonniers de guerre était qu'officiellement il n'y a pas eu de guerre, juste une escalade par étapes depuis les conseillers de l'aide militaire MAAG (Military Aid Advisers Group) jusqu'aux troupes de combat et les bombardements aériens sur la république démocratique du Vietnam.

thumb|Signature des accords de paix de Paris le 27 janvier 1973.

Au départ, les États-Unis ne reconnaissaient pas le rôle du FNL, comme la république démocratique du Vietnam ne reconnaissait pas le rôle de la république du Vietnam. Le préambule des négociations se jouait à deux entre Hanoï et Washington, les deux principaux belligérants, pour finir par intégrer les deux parties de la zone sud du Vietnam.

La guerre du Vietnam n'ayant jamais existé sur le plan légal du droit international, il a fallu instaurer a posteriori une « belligérance » ou « guerre », un état de droit avec ses belligérants bien identifiés et définis, ses lois et règlements ainsi que son espace et son temps.

Conséquences

Les accords de paix de Paris furent la concrétisation de la politique américaine de « vietnamisation » en 1972, qui consistait à laisser les Vietnamiens régler leurs propres affaires. Cette politique de vietnamisation avait eu son précédent français pendant la guerre d'Indochine avec la création de l’État vietnamien de Saïgon et son « Armée nationale » dans laquelle furent formés les « généraux » de Saïgon qui succédèrent à Ngô Đình Diệm.

Même en retirant les troupes terrestres du territoire vietnamien, Richard Nixon avait promis au gouvernement de Saïgon un soutien logistique. Néanmoins, malgré la tenue correcte de l'armée sud-vietnamienne lors de la réplique à l'offensive du Tết, la république du Vietnam s'écroula, à l’exception des irréductibles et de ceux qui étaient les plus impliqués dans les différents sphères des différents gouvernements de Saïgon.

Lors des négociations, le seul opposant à ces accords était le président sud-vietnamien Nguyễn Văn Thiệu. Nixon essaya de l'apaiser en lui écrivant le que . Cette fois, cependant, en raison de l'opposition du Congrès Nixon n'était pas en mesure de faire une telle promesse, puisque la possibilité d'obtenir les crédits nécessaires au Congrès était nulle. Nguyen Van Thieu n'était pas d'accord.

Le , Kissinger et Le Duc Tho revinrent à Paris. L'entente conclue entre les États-Unis et le Vietnam du Nord était essentiellement celle qui avait été conclue en octobre.

Le ont été signés les accords de paix à Paris, mettant fin temporairement à la guerre du Vietnam. Il en ressort le retrait des troupes américaines du Vietnam, la libération des prisonniers de guerre américains et sud-vietnamiens, le maintien du régime du Sud. Seul le retrait des troupes nord-vietnamiennes du Sud Vietnam n'a pas été retenu. Toutefois, que le régime de Thieu soit maintenu ou non, ce qui comptait aux yeux des communistes, c'était le départ des Américains qu'ils redoutaient tant car, par deux grandes tentatives d'offensives majeures (offensive du Tết de 1968 et offensive de Pâques), les Nord-Vietnamiens avaient subi des revers spectaculaires et des défaites cuisantes. Ces offensives majeures ont-elles été lancées trop prématurément ? Sans doute, à analyser ce conflit avec du recul (en 1968 l'effectif américain était à son maximum, en 1972 bien que seulement soient encore présents, l'armée américaine a laissé le plus gros contingent parmi l'US Navy et l'USAF ; de plus, disposant encore de bases aériennes en Thaïlande et dans le Pacifique proche, de quoi lancer les bombardements massifs à en croire l'opération Linebacker II). L'état-major nord-vietnamien, depuis lors, craignait les affrontements militaires directs avec les Américains, du moins ce qui en est sorti de l'opération Cedar Falls (du 8 au ) où les combattants du Viet Cong fuyaient les combats en se cachant dans le réseau des tunnels de Củ Chi. L'opération Cedar Falls fut un succès américain.

Le Nord Vietnam, après deux défaites a-t-il compris que, tant que les Américains étaient encore présents au Vietnam, il ne pourrait gagner cette guerre ?

C'est pourquoi, après les désaccords à l'issue de cette négociation, les dirigeants nord-vietnamiens ont compris l'enjeu du départ des Américains du Sud-Vietnam. Une fois partis, ce sera une affaire entre Vietnamiens du Nord et ceux du Sud.

Fin , le dernier soldat américain quitte le Vietnam avec les prisonniers de guerre américains. À partir de ce moment, on peut parler de conséquence directe de ce départ :

Le président sud-vietnamien Nguyen Van Thieu, trop souvent dépendant d'aides américaines, se retrouve comme du jour au lendemain avec les aides militaires réduites de plus de deux tiers. Bien que son armée au fil du temps augmente en effectifs, elle est constituée, pour la moitié, d'éléments fraîchement formés, manquant totalement d'expérience à l'inverse des combattants nord-vietnamiens qui pour la plupart ont gagné contre l'armée française.