Le vol United Airlines 175 est un vol intérieur de passagers qui est détourné par cinq terroristes d'Al-Qaïda dans le cadre des attentats du 11 septembre 2001. Ils font délibérément s'écraser l'avion contre la tour sud du World Trade Center à New York, tuant les 60 autres personnes à bord, et au total 900 personnes environ dans la zone d'impact du bâtiment.

L'avion impliqué, un Boeing 767-200ER, faisait le service transcontinental quotidien de United Airlines entre l'aéroport international Logan de Boston dans le Massachusetts, vers l'aéroport international de Los Angeles en Californie.

D'après les conclusions de l'enquête officielle, après une demi-heure de vol, les pirates blessent plusieurs membres d'équipage et des passagers, entrent de force dans le cockpit, et maîtrisent le commandant de bord et le copilote. Marwan al-Shehhi, un membre d'Al-Qaida et pilote entraîné, reprend le contrôle. Contrairement au vol American Airlines 11, le vol 175 n'a jamais coupé son transpondeur et l'avion dévie de sa trajectoire pendant plusieurs minutes avant que les contrôleurs aériens de New York ne constatent ces anomalies à .

L'appareil s'écrase contre la tour sud du World Trade Center à 9 h 03 (heure locale), 17 minutes après le crash du vol 11. L'impact est capturé en direct par les nombreuses chaînes de télévision qui couvrent le premier crash, des millions de téléspectateurs dans le monde y assistent donc. L'impact et l'incendie qui en résulte causent l'effondrement de la tour sud, 56 minutes après le crash, ce qui cause des centaines de victimes supplémentaires. Pendant les travaux de recherches sur le site du World Trade Center, les travailleurs trouvent et identifient des dizaines de restes des victimes du vol 175, mais plusieurs morceaux de corps ne peuvent pas être identifiés.

Terroristes Marwan al-Shehhi, Émirats arabes unis, pilote, siège 6C Mohand al-Shehri, Arabie saoudite, siège 2B Fayez Banihammad, Émirats arabes unis, siège 2A Ahmed al-Ghamdi, Arabie saoudite, siège 9D Hamza al-Ghamdi, Arabie saoudite, siège 9C Les cinq terroristes arrivent aux États-Unis entre 2000 et le printemps 2001.

Vol Le vol 175 est assuré par un Boeing 767 en service depuis 1983. L'équipage est composé du commandant Victor Saracini, du copilote Michael Horrocks, des stewards Robert Fangman, Alfred Marchand et Michael Tarrou et des hôtesses de l'air Amy Jarret, Amy King, Kathryn Laborie et Alicia Titus. L'avion peut accueillir mais avec seulement le , il n'était rempli qu'à un tiers de sa capacité. United Airlines confirma que les mardis étaient les jours où il y avait le moins de passagers, avec un taux habituel de remplissage de 49%, les mardis, depuis trois mois pour le vol 175.

Embarquement et départ Les frères al-Ghamdi, arrivés en taxi à 6 h 20, sont les premiers des terroristes à enregistrer leurs bagages à l'aéroport international Logan de Boston. Ils sont suivis par Marwan al-Shehhi à 6 h 45 puis par Fayez Banihammad et Mohand al-Shehri à 6 h 53. Tous les terroristes embarquent sans problème entre 7 h 23 et 7 h 28.

Le vol 175 est prévu pour 8 h 00 mais du fait du fort trafic le , il ne reçut la clairance pour être poussé qu'à 7 h 58. L'avion décolle finalement à 8 h 14.

À ce moment-là, la Federal Aviation Administration de Boston fait face à une situation de crise ; le vol 11 American Airlines, lui aussi à destination de Los Angeles, vient d'être détourné.

Pendant que le vol 175 augmente son altitude pour atteindre sa croisière, les contrôleurs aériens de Boston entendent les voix des pirates de l'air du vol 11 dans un message adressé aux passagers contenant la phrase : « Nous détenons des avions. ». Le trafic aérien suit son cours, il n'est alors pas encore question d'état d'alerte.

Ayant atteint son altitude de croisière à 8 h 33 l'avion se dirige vers Los Angeles lorsque les contrôleurs aériens de Boston demandent à 8 h 37 aux pilotes s'ils ont le vol 11 en visuel. Les pilotes répondent que le vol 11 se trouve à une altitude de 29 000 pieds ; les contrôleurs leur demande d'amorcer un virage afin de l'éviter. À 8 h 40, l'avion entre dans l'espace aérien new-yorkais.

À 8 h 41, les pilotes du vol 175 rapportent au centre de contrôle aérien de New York une transmission radio suspecte qui provient du vol 11 :

En réalité, les pirates de l'air du vol 11 n'ont jamais prononcé la phrase rapportée par Saracini dans leurs annonces aux passagers même si la phrase « Que personne ne bouge », prononcée par Mohammed Atta, s'en rapproche.

La dernière transmission normale du vol 175 a lieu à . Les pilotes n'ont jamais été avertis du détournement du vol 11.

Détournement thumb|300px|right|Trajet du vol 175, d'après la commission d'enquête officielle. La Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis estime que le vol 175 fut détourné entre 8 h 42 et 8 h 46, une demi-heure après son décollage. Les pirates de l'air Fayez Banihammad et Mohand al-Shehri auraient pénétré de force dans le cockpit et égorgé les pilotes pendant que les frères al-Ghamdi déplaçaient de force les passagers vers l'arrière de l'appareil.

Les pilotes peuvent signaler une urgence en composant un code approprié sur le transpondeur, ce qui ne prend pas plus de 2 ou 3 secondes. Il faut donc supposer que le pilote, Victor Saracini, n’a pas eu le temps de composer ce code.

À 8 h 47, l'avion change à deux reprises de code transpondeur, passant du 1470 au 3020 puis au 3321 et commença à sortir de sa route mais le contrôleur aérien de New York chargé du vol 175, Dave Bottiglia, monopolisé par le vol 11, ne remarque pas ces anomalies.

À 8 h 51, l'appareil change d'altitude et manque de percuter le vol 2315 Delta Airlines de 300 pieds. Dave Bottiglia comprend alors que le vol 175 est détourné lorsqu'il lui demanda d'amorcer un virage afin d'éviter le vol 2315 et que l'avion, piloté par Marwan al-Shehhi, accéléra en direction du vol 2315. Dave Bottiglia envoya un message d'avertissement au pilote du vol 2315 :

Pendant les quatre minutes suivantes, Dave Bottiglia essaye à six reprises de contacter le vol 175 et écarte la plupart des autres avions de sa route.

Le vol 542 US Airways évite peu après le vol 175.

Peu de temps avant de s'écraser, le vol 175 manque à nouveau de percuter un appareil, le vol 7 Midwest Airlines, qui assure la correspondance entre Milwaukee et New York.

À 8 h 55, le New York Center est informé du détournement et Dave Bottiglia remarque :

Bottiglia prévint sa supérieure qui « essaya de contacter d'autres centres de contrôle régionaux mais fut informée qu'ils discutaient à propos d'un avion détourné [sans doute le vol 11] et qu'ils refusaient d'être dérangés ».

thumb|300px|Manhattan avec, en arrière-plan le World Trade Center, cible du vol 175. À 8 h 58, le vol 175 se trouve au-dessus du New Jersey à 28 500 pieds, se dirigeant vers New York. Pendant les cinq minutes suivantes, et jusqu'au crash, l'avion descend de 24 000 pieds, soit une moyenne de 5 000 pieds par minute.

Bottiglia affirme alors :

À 9 h 01, la FAA du New York Center demande l'aide de la tour de contrôle de New York afin de rechercher le vol 175 :

Un employé de la FAA avertit le centre de Herndon au même moment :

À 9 h 02, la FAA est informée du détournement.

Appels téléphoniques À 8 h 52, le steward Robert Fangman alerte United Airlines du détournement ; il informe la compagnie que les deux pilotes sont morts, qu'une hôtesse de l'air vient d'être poignardée et que les terroristes pilotent probablement l'avion.

Au même moment, Peter Hanson, passager du vol, informe également son père, Lee, du détournement :

À 8 h 59, Brian David Sweeney tente sans succès d'appeler son épouse, Julie, puis réussit à 9 h 00 à joindre sa mère Louise. Il l'informe que les passagers essaient de pénétrer de force dans le cockpit afin de reprendre le contrôle de l'avion : (message laissé par Sweeney à son épouse), (conversation entre Brian Sweeney et sa mère).

Louise Sweeney demande à son fils où est l'avion ; il lui déclare que l'avion vole probablement au-dessus de l'Ohio.

Le joueur de hockey sur glace Garnet Bailey essaie à quatre reprises d'appeler sa femme, sans succès.

À 9 h 00 également, Peter Hanson appelle une seconde fois son père :

Au moment où l'appel fut coupé, Lee Hanson entend soudainement une femme crier.

Crash thumb|300px|right|Le vol 175 juste avant l'impact contre la tour sud du World Trade Center.

À , le vol United Airlines 175 percute le côté sud de la tour Sud (WTC 2) du World Trade Center à 872 km/h, au niveau des étages 78 et 84. Environ 637 personnes sont tuées sur le coup. La tour Sud est alors en cours d'évacuation depuis , une minute avant d'être frappée. Le crash est vu en direct par des millions de téléspectateurs, les principales chaines de télévision ayant interrompu leurs programmes pour couvrir « l'accident » qui s'était produit dans la tour Nord.

La FAA du New York Center prévient au même moment le NEADS et le Air Traffic Control System Command Center, à Herndon en Virginie, du détournement du vol 175. Dans sa chronologie des attentats délivrée le , le NORAD affirme avoir été informé du détournement à . La Commission Kean réfute cette affirmation en confirmant l'heure de l'avertissement à .

thumb|300px|left|L'impact du vol 175 juste contre la tour sud du World Trade Center.

Une évacuation massive de la tour débute alors. Au moins un escalier est resté intact après l'impact, permettant ainsi à 18 personnes bloquées au-dessus de la zone d'impact de s'échapper.

Peu avant le crash, l'avion était à une altitude de avant d'arriver à moins de lors de son crash. L'avion a amorcé une descente extrêmement rapide en l'espace d'une dizaine de secondes.

Du fait que de certains angles de vue des caméras de télévision la tour Nord cachait l'image de la tour Sud, certains journalistes ont cru qu'une seconde explosion avait eu lieu dans la tour Nord à la suite d'une possible explosion du fuselage du premier avion. En direct, les journalistes exploitant le sujet devant les spectateurs se demandèrent s'ils assistaient à une attaque terroriste ou à un très rare accident aérien.

Plusieurs témoins ont confirmé avoir vu le vol 175 amorcer un virage important afin de frapper la tour Sud, à la différence du vol 11 qui avait percuté la tour Nord perpendiculairement à son axe. Ainsi, si l'avion avait poursuivi sa route sans faire de virage, il aurait seulement percuté le complexe avec son aile gauche ou l'aurait même complètement manqué.

thumb|275px|Débris de l'avion, dans les décombres du World Trade Center.

Selon le rapport publié par le NIST, la vitesse de l'avion lors de l'impact fut estimée à () Final Report on the Collapse of the World Trade Center Towers (page 108), nist.gov , ce qui lui accordait 50 % de plus d'énergie que le vol 11. Mais, frappant la tour entre les étages 78 et 84, il laissait une empreinte plus courte ( d'envergure) malgré un angle de gîte plus important (38°) car à ce niveau la structure extérieure était (deux fois) plus résistante qu'au niveau de l'étage 95. L'angulation de la direction de vol a fait que la moitié tribord de l'appareil ne pouvait pas rencontrer la structure interne des poteaux porteurs, permettant ainsi à des parties de moteur, de train d'atterrissage et de carlingue de ressortir par l'angle est du bâtiment et d'être retrouvés jusqu'à quatre cents mètres de distance. L'avion sectionna 32 des 60 colonnes extérieures de la face Sud sur cinq étages, dommages auxquels il faut ajouter ceux réalisés dans l'angle oriental par la sortie des morceaux de moteur et de train droits. L'empreinte laissée par l'avion avait une surface tout à fait comparable à celle de la tour Nord. Les dommages subis par la structure centrale sont tout aussi inconnus que ceux de la tour Nord.

thumb|Schéma montrant la dispersion des débris du vol 175 après l'impact contre le World Trade Center.