David Sagno, né le à Dugny, est un criminel multirécidiviste français surnommé le ou l', lieu où il a tué deux femmes à quelques mois d'intervalle.

L'assassinat de Marie-Agnès Bedot, le , sur le pont de Neuilly, conduit à l'arrestation de Marc Machin, âgé de 19 ans au moment des faits. Décrit comme un , Machin est condamné à 18 ans de réclusion criminelle en 2004 et 2005.

Sagno a également tué, le , une autre femme sur le pont de Neuilly, Maria-Judite Araujo, alors que Marc Machin était en détention provisoire. Cet assassinat ne sera élucidé que six années après les faits.

Sagno se dénonce le , afin de soulager sa conscience et disculpe Marc Machin, qui est libéré le , puis acquitté le .

Placé en détention provisoire en , David Sagno est condamné, le , à 30 ans de réclusion criminelle assortis d'une période de sûreté de 20 ans.

Il sera libérable à partir de 2028.

Biographie

Jeunesse D'origine guinéenne, David Sagno naît le à Dugny, dans une famille de neuf enfants. Né de manière prématurée, il est décrit comme étant un "enfant timide", et est souvent considéré comme « attardé ».

Durant son enfance, Sagno assiste à des scènes de violence conjugale, voit sa mère battue par son père et ne trouve pas sa place à l'école. Après la séparation de ses parents, la mère de Sagno et ses enfants s’installent à Gonesse, dans le Val-d'Oise, où ils restent plusieurs années.

En 1989, la famille déménage de nouveau pour s'établir à Gisancourt, un hameau de Guerny, dans le département de l’Eure. Timide et incapable de s'imposer, Sagno est humilié par ses camarades d’école et les membres de sa famille. Il finit par s'isoler et s’enfermer psychologiquement dans un monde imaginaire.

En 1991, à l'âge de 16 ans, Sagno devient alcoolique. Il sombre rapidement dans la marginalité et devient sans domicile fixe. Son arrivée à l'âge adulte et dans la vie professionnelle est difficile ; il perd tous ses emplois, en raison de son alcoolisme. Malgré ses déboires et échecs, ses frères et sœurs le soutiennent et lui tendent la main, lors d'épisodes éprouvants.

En 1995, à 20 ans, Sagno effectue son service militaire dans la Marine Nationale, dans le Finistère..

Premiers faits d'agressions Le , à la veille de ses 21 ans, Sagno bénéficie d'une permission. Il poignarde une femme de 44 ans, à un arrêt de bus de Brest, à l'aide d'un couteau. La victime parvient miraculeusement à s'échapper, sans blessures graves. Sagno prend également la fuite, tandis que sa victime porte plainte au commissariat pour tentative de meurtre, en estimant que son agresseur a tenté de la tuer. Sagno passe la nuit à la rue en s'alcoolisant.

Il se rend au commissariat, le , afin de se dénoncer pour l'agression au couteau commise la veille. Durant sa garde à vue, Sagno affirme qu'il n'avait aucune intention de tuer sa victime. Il fait part de son addiction à l'alcool et déclare avoir voulu se protéger des représailles de sa victime lors de l'agression. Sagno est mis en examen pour violence avec arme, puis placé en détention provisoire. Il comparaît en 1996, devant le Tribunal correctionnel, et écope de deux ans de prison ferme pour ces faits.

À sa sortie de prison, en 1996, Sagno quitte le Finistère pour errer dans les rues de Neuilly-sur-Seine et fréquenter le quartier d’affaires de La Défense. ll est arrêté, en janvier 1997, pour un vol de sac à main et incarcéré quelques mois. En 2000, Sagno commet plusieurs agressions lors de bagarres et des dégradations de véhicule, à Paris, pour lesquelles il est condamné. Sagno ne supporte pas d'être un sans domicile fixe, ni d'avoir une vie d'errance entrecoupée de séjour chez ses frères et sœurs. Incapable de nouer une véritable relation sentimentale avec des femmes, il fréquente des prostituées. Après plusieurs errances dans la capitale, au cours lesquelles il dort dans des parkings, Sagno finit par trouver refuge dans un foyer d’hébergement.

Le , Sagno s’en prend à des agents de la RATP. Il est emmené au commissariat pour y être placé en garde à vue, mais est finalement relâché, son état alcoolisé ayant altéré son discernement. Sagno est hébergé dans un foyer de Neuilly, les 29 et , où il parvient à dérober un couteau à pain. Une fois mis à la porte, il passe la nuit à dormir dans les sous-sols de La Défense.

Meurtres du Pont de Neuilly Le , Sagno se réveille avec l'intention de tuer quelqu'un. Il prend avec lui le couteau à pain qu'il a volé la veille puis se rend sur le Pont de Neuilly. Vers 7h30 du matin, Sagno aperçoit une femme de 45 ans, Marie-Agnès Bedot, puis se jette sur elle. Il la poignarde à l'aide de son couteau par deux fois dans le haut du thorax. Constatant que sa victime, qui s'est mise à tousser, est toujours en vie, Sagno décide de l'achever. Ensuite, il la viole puis prend la fuite en lui volant un CD de Johnny Rivers ainsi que quelques économies. Il jette par la suite le couteau dans une poubelle de la ville. Le corps sans vie de Marie-Agnès Bedot est retrouvé le matin même, sur le Pont de Neuilly, vers 10 heures du matin. Le lendemain, une infirmière, qui était passée sur les lieux du crime vers 7h35, affirme avoir vu d'après le signalement qu'elle donne aux policiers. Selon ses propos, ce dernier lui aurait proposé de lui .

La diffusion de son témoignage dans tous les commissariats de la région parisienne donne vite des résultats : un policier de Suresnes se rappelle une phrase similaire prononcée dans une affaire d'agression sexuelle commise dans le hall d'un immeuble en par un jeune homme nommé Marc Machin, qui a et qui .

Les policiers se rendent au domicile de Marc Machin, le , et y découvrent un blouson de cuir marron avec un col doublé de fourrure synthétique. Marc Machin est arrêté et conduit au 36 quai des Orfèvres afin de subir un interrogatoire sur le meurtre de Marie-Agnès Bedot. Placé en garde à vue, Machin affirme avoir deux témoins qui peuvent lui fournir un alibi pour la nuit du crime, mais ses deux amis, marginaux comme lui, se montrent incapables de confirmer ses dires. De plus l'infirmière l'identifie de « façon quasi-formelle » alors qu'il pose seul et revêtu du fameux blouson, derrière une vitre sans tain. Machin se retrouve face à Jean-Claude Mulès, un policier très réputé, expert des aveux. Afin d'obtenir des aveux du gardé à vue, Mulès parle avec Machin de son enfance. Devinant que Machin a été victime d’abus sexuels, Mulès lui promet une détention de 5 ans de prison et Marc Machin passe aux aveux, bien qu'il soit incapable de décrire correctement le meurtre. Machin renouvelle ses aveux, face au juge d’instruction, afin d'arrêter l'interrogatoire. Il déclarera par la suite qu'il a dit au policier ce que celui-ci voulait entendre. Une fois placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Nanterre, Marc Machin se reprend et affirme être innocent, en expliquant au juge d'instruction comment s'est déroulée sa garde à vue et les pressions exercées sur lui.

En février 2002, toujours sans domicile fixe, Sagno poursuit sa vie d'errance. Il commet plusieurs faits de dégradations, pour lesquels il est arrêté. Mis en examen pour dégradation du bien d'autrui, il est condamné à trois mois de prison avec sursis et ressort libre. Il est alors loin de se douter que Marc Machin vient d'être placé en détention à sa place.

Sagno se réveille, le , en ayant de nouveau l'obsession de tuer quelqu'un. Il se rend sur le Pont de Neuilly et aborde une femme, Maria-Judite Araujo, âgée de 48 ans. Sagno se jette sur elle, après avoir vu son parapluie noir, puis la frappe la tête à l'aide d'un tesson de bouteille. Ensuite, Sagno la viole puis quitte les lieux, alors que Mme Araujo agonise avant de mourir quelques secondes plus tard. Le corps sans vie de Maria-Judite Araujo est découvert le jour même, tout comme le corps de Mme Bedot quelques mois plus tôt. Bien que les similitudes entre les meurtres de Marie-Agnès Bedot et Maria-Judite Araujo soient troublantes, le juge d'instruction refuse de joindre les deux dossiers, du fait que l'arme du crime ne soit pas la même dans les deux affaires. En plus de cela, le premier meurtre a déjà un auteur présumé , Marc Machin, qui est en prison lors du second meurtre. Les vêtements de Marie-Agnès Bedot (la première victime) sont cependant examinés, en vue d'une expertise ADN.

En juillet 2002, les résultats du test ADN démontrent que l'ADN retrouvé n'est pas celui de Marc Machin, sur les lieux du crime et le corps de Marie-Agnès Bedot. Cependant, le témoignage de l'infirmière, sept mois plus tôt, ne joue pas en sa faveur. De plus, le fait que Machin soit connu en tant que délinquant sexuel renforce son image de . Marc Machin reste donc en prison. En revanche, les scellés du meurtre de Maria-Judite Araujo demeurent inexploités, malgré les demandes répétées des proches de Marc Machin, qui croient en son innocence. Malgré cette part de doutes, Machin est condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot. Sa peine est confirmée en appel : 18 ans de réclusion criminelle, alourdis d'une période de sûreté de 12 ans. Marc Machin forme ensuite un pourvoi en cassation, mais ce dernier est rejeté.

Agressions et faits postérieurs aux meurtres de Neuilly En octobre 2002, Sagno aborde une femme de 47 ans dans un parking de Neuilly-sur-Seine. Il se jette sur elle puis se livre à des attouchements. Laissée vivante, la victime porte plainte et permet d'arrêter David Sagno. Placé en garde à vue, Sagno reconnaît avoir commis une agression sexuelle sur sa victime. Il est mis en examen pour agression sexuelle, puis placé détention provisoire. Son ADN est prélevé puis enregistré au Fichier national automatisé des empreintes génétiques. Le prélèvement ADN de Sagno ne permet toutefois aucune incrimination contre lui vis-à-vis de ses meurtres du Pont de Neuilly, du fait que le premier ait un et que le second soit inexploité. Sagno comparaît en décembre 2002, devant le Tribunal correctionnel, pour agression sexuelle, et est condamné à treize mois de prison ferme.

Sagno est libéré en 2003, après quelques mois de détention, et est hébergé par l'une de ses sœurs. Il souhaite alors abandonner sa vie criminelle et se ranger des faits d'armes. La cohabitation se passe bien, mais donne un vent de mal-aise à la sœur de Sagno, qui le décrit tel un . Effrayée par les de son frère, elle finit par le mettre à la porte, sans pour autant cesser de le soutenir. Sagno retrouve un travail fixe, mais finit par être licencié, du fait de son alcoolisme. Il reprend alors son errance, dans les quartiers de La Défense.

En 2005, Sagno se rend chez une prostituée de 62 ans, dans le but de faveurs sexuelles. Il refuse de payer sa prestation et tente de l'étrangler, mais lâche prise. La victime porte plainte et dénonce Sagno, qu'elle connaît pour être un client régulier. Sagno est arrêté et reconnaît les faits. Il affirme ne pas avoir pu payer la prostituée, du fait de contraintes financières, et reconnaît que cette contrainte lui a rappelée son échec auprès des femmes. Il est mis en examen pour puis placé en détention provisoire, à la Maison d'arrêt de Nanterre. Fait surprenant, il est incarcéré pendant trois mois dans la même prison que Marc Machin, avant que celui-ci ne soit transféré à la Prison de Rouen. Sagno comparaît, en 2006, devant le Tribunal correctionnel, pour , et est condamné à 3 ans de prison ferme. Durant sa détention, il est soigné par des experts psychiatres car des délires paranoïaques lui sont diagnostiqués, susceptibles d'altérer son discernement.