Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation, ou CDJM, est une association loi de 1901 française fondée le . C'est une instance d’autorégulation et de médiation entre les journalistes, les médias, les agences de presse et les publics sur toutes les questions relatives à la déontologie journalistique.
Association indépendante, le CDJM n'est ni un ordre professionnel ni . Ses centaines d'avis exprimés depuis 2021 se fondent sur trois chartes de déontologie, de même que les divers référentiels publiés par le CDJM sur la même période.
Objectifs Un des objectifs du CDJM est de répondre à la défiance croissante envers les médias en France. Les membres du CDJM instruisent en commission les dossiers dont ils sont saisis et proposent des avis qui doivent être adoptés en session plénière par le conseil d’administration.
Chartes de déontologie utilisées par le CDJM Les chartes de déontologie utilisées par le CDJM sont au nombre de trois: la charte de Munich européenne de 1971; la charte de déontologie du SNJ de 1918, réactualisée en 1938 puis en 2011; la Charte d’éthique mondiale des journalistes de la Fédération internationale des journalistes.
Différences avec le CSA Il n'existe pas de liens entre le CSA et le Conseil de déontologie journalistique.
Plusieurs différences, de taille distinguent les deux entités. Le CDJM, dont les avis ont un rôle strictement «pédagogique» , peut aussi être saisi sur des articles de presse imprimés ou en ligne, contrairement au CSA, qui a lui, en accord avec la convention signée avec l'ensemble des chaînes françaises, a un pouvoir de sanction, dont ne dispose pas le CDJM, association loi de 1901.
Histoire La création d'un organisme d’autorégulation de la déontologie du journalisme , selon le quotidien Le Monde. Années 1980 En France, l’idée a été avancée par Claude-Jean Bertrand, ununiversitaire et agrégé d'anglais, dès la fin des années 1980. Années 2000 En 2007 est créée l’Association pour la préfiguration d’un conseil de presse en France (APCP) par Yves Agnès, ancien rédacteur en chef du quotidien Le Monde et auteur d’un manuel de journalisme, afin de pousser à la création d’une telle instance. L’APCP mène une campagne auprès des médias et du monde associatif, syndical et politique pendant plusieurs années. Années 2010 Lancement de l'ODI aux Assises du journalisme de 2012 En 2012, l’APCP passe à une étape plus concrète, le lancement lors des Assises du journalisme de Poitiers d'un observatoire de la déontologie de l’information (ODI), chargé d'une veille déontologique, puis réunit l'année suivante, pour un colloque sur la déontologie, à La Sorbonne, les principales formations politiques français et les principaux syndicats de journalistes. Pendant les huit années suivantes, cet Observatoire de la déontologie de l’information publie un rapport annuel sur les principales questions déontologiques posées pendant l’année écoulée. Le rapport commandé à Marie Sirinelli De son côté, Aurélie Filippetti (PS), ministre de la Culture depuis l'élection de François Hollande en , commande rapidement un rapport à Marie Sirinelli, maître des requêtes au Conseil d'État et première Conseillère à la Cour administrative d'appel de ParisSNRL 2 Avril 2014 . Publié en 2014, il conclut à l’intérêt d’une telle structure, mais prend acte de l’absence de consensus concernant sa création et les modalités de son organisation parmi les professionnels de l’information et note que « toute forme de régulation publique supplémentaire apparait en ce domaine difficilement envisageable ». Entre-temps, Fleur Pellerin (PS), a succédé comme ministre de la Culture à Aurélie Filippetti. Procédure permettant au public d’interroger l'instance En , lors de ses premiers vœux à la presse, le président de la République Emmanuel Macron déclare qu'il "revient" aux journalistes "d’organiser en quelque sorte les règles" de leur profession mais l'année suivante, en , l’ODI décide de passer à une autre étape, en permettant au public d’interroger une instance indépendante sur le respect de la déontologie de l’information d’un article ou d’une émission, s'inspirant de procédures équivalentes en Europe.
Le rapport Hoog permet aux médias de tourner le dos au CDJM En , le premier ministre Édouard Philippe charge Emmanuel Hoog, président de l'AFP sous Nicolas Sarkozy, d'un rapport pour . Les conclusions de ce rapport diffèrent de celles du rapport Sirinelli et déçoivent car préconisant "une forme associative et non publique", les médias ayant "la possibilité de ne pas y adhérer". Il prévoit qu'en cas de non-adhésion, ils "ne pourraient alors pas voir leurs contenus rémunérés par les grandes plates-formes numériques""Conseil de déontologie des médias : une instance d’autorégulation sans pouvoir de sanction" par Alexandre Berteau, dans Le_Monde du 27 mars 2019 , ce qui ne sera pas appliqué.
De son côté, l'ODI organise en plusieurs réunions avec les professionnels intéressés pour définir les statuts du futur Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) en s’inspirant notamment du Conseil de déontologie journalistique œuvrant en Belgique francophone. La colère après les propos de Cédric O En , le secrétaire d’État au numérique Cédric O réclame , faute de quoi « l’Etat s’en chargera », suscitant la colère, puis tente de rectifier le tir. L'ancien président du CDJM, Patrick Eveno, est alors obligé de déclarer dans les médias qu'.
Années 2020 Dès les premiers mois de 2020, le CDJM a reçu 63 saisines, pour 31 articles ou émissions, le total atteignant 115 saisines pour 77 « actes journalistiques » en dix moisArticle par Mathieu Deslandes le 01 octobre 2020, dans La_Revue_des_médias, sur le site de l'INA . Son premier avis motié par les saisines de 23 personnes, concerne une affaire d'accusation non-étayée et sans droit de réponse, formulée à la fin d'une interview, celle de l'avocat Juan Branco par la journaliste Apolline de Malherbe en sur BFM TV. Juan Branco avait aussi saisi le CSA.
Informée, BFMTV n'avait pas répondu au CDJM selon Le Figaro. Selon le Conseil, cité par Le Figaro, «l'ensemble de l'entretien avec M. Juan Branco témoigne d'une partialité envers l'interviewé qui dépasse la liberté d'investigation journalistique, et la dernière phrase prononcée par Mme Apolline de Malherbe ne respecte pas les règles déontologiques concernant les accusations sans preuve et le défaut d'offre de réplique», la journaliste concluant l'interview par «plus on vous entend et plus on se demande si Piotr Pavlenski n'est pas que l'exécutant et vous le manipulateur» avant de rendre l'antenne...
Juan Branco avait indiqué avoir été «approché» par l'artiste russe Piotr Pavlenski, en tant qu'avocat, mais démenti tout rôle dans la divulgation par ce dernier des vidéos pornographiques et messages sexuellement connotés adressés à une femme par le député LREM Benjamin Griveaux, obligeant ce dernier à renoncer à sa campagne pour les élections municipales de 2020 à Paris.. L'avis du CDJM est dénoncé par le magazine Marianne, qui l'accuse de Article par Hadrien_Matoux dans Marianne et s'en prend au code de déontologie, en opposant son article 5, , à son article 2, , qui selon Marianne peut justifier la phrase conclusive d'Apolline de Malherbe et enjoindrait même au CDJM de défendre cette dernière phrase. Plus généralement, le magazine reproche au CDJM d'être "entre subjectivité et impuissance" car ses avis ne .
Un autre avis important est rendu en 2024, dans une affaire de citation tronquée, toujours à propos d'une interview, mais cette fois en l'absence totale de la personne concernée, Dominique de Villepin, qui s'en était ému et avait saisi le CDJM, obtenant gain de cause contre BFMTV. L'ex-Premier ministre avait d'abord critiqué une forme de pensée unique aux États-Unis, via une interview accordée à Yann Barthès le dans l'émission Quotidien, estimant que les artistes souhaitant exprimer leur solidarité avec la Palestine préféraient parfois y renoncer pour se conformer au conformisme des actionnaires des sociétés du secteur de la culture, pour ne pas perdre leurs contrats, dans le contexte de l'émotion causée par le massacre du 7 octobre 2023, après avoir rappelé une situation similaire les années suivant l'attentat du World Trade Center en 2001. Une de ses phrases, dépourvue de toute référence, même suggérée, aux juifs, est « travestie »Article de Pauline Bock sur Arrêts_sur_images, le 28 novembre 2023 en reliant et trois jours plus tard lors d'une interview de Yonathan Arfi par BFMTV, contestée dès le lendemainArticle par Noah Lénaud citant Djamel Mazi, journaliste pour France Télévisions sur Télé 7 jours le 27 novembre 2023 car elle allègue que Villepin aurait dénoncé Conseil de déontologie journalistique et de médiation, décision du 12 mars 2024 , le bandeau en bas de l’écran affichant « “Domination” juive : de Villepin fait polémique ». La chaîne présente des excuses pour une BFMTV Le 28/11/2023 . Elles sont considérées comme tardives et insuffisantes, car absentes de la page du replay de l’émission, par le CDJM, qui conclut en et viole donc le code de déontologie. Le mois suivant, BFM est mise en demeure par l'Arcom car « les propos tenus par le présentateur et son invité, ainsi que le bandeau les accompagnant, traduisaient une présentation factuellement inexacte ». Yonathan Arfi maintient cependant son analyse sur ces propos datant de 2023, les assimilant à lors d'un discours de , dont Villepin est l'une des deux cibles principales, avec Jean-Luc MélenchonLe Monde du 4 juillet 2025 Le Parisien le 4 juillet 2025 . Villepin dénonce le lendemain des car risquant entre RMC, le 4 juillet 2025 .
Parmi les autres avis importants certains concernent l'étranger, où les journalistes français doivent avoir la même déontologie, le CDJM soulignant ainsi que France 24 aurait dû flouter et anonymiser Sadou Yehia, un éleveur malien qui dénonçait les agissements des groupes djihadistes dans sa région, assassiné moins d’un mois après avoir été identifié à l'écran. Autre avis jugé important celui sur la confusion entre publicité et information, le CDJM validant une saisine reprochant au quotidien régional Sud Ouest un « manquement aux règles déontologiques portant sur la nécessaire démarcation entre le travail journalistique et le travail de communication » à cause d'un numéro « tiré à part » payé par la mairie de Bordeaux et reprenant tous les codes graphiques du quotidien, la mention de la nature du partenariat restant trop discrète.