vignette Les sciences de l’éducation et de la formation concernent l’étude de différents aspects de l’éducation et de la formation, et font appel à diverses disciplines : histoire de l'éducation, sociologie de l'éducation, didactique des disciplines, psychologie des apprentissages, pédagogie, ou encore philosophie de l'éducation et formation des adultes. Depuis l'arrêté ministériel du , elles sont officiellement dénommées en France « sciences de l'éducation et de la formation ».
Définition À la fin du en France, on parle initialement de science de l'éducation, puis des sciences de l'éducation. Cette discipline est née dans un contexte politique à la fois général et scolaire, avec les lois sur l'instruction obligatoire et la diffusion de l'école publique. Ainsi, de nombreux auteurs ont proposé leur définition sur cette discipline : Pour Louis Not : la science de l'éducation serait centrée sur la réalité éducative, elle interrogerait les autres sciences pour en synthétiser les résultats sous forme de théorie qui serait à son tour confrontée à la pratique. Pour Viviane de Landsheere : distinction entre recherche en éducation qui porterait directement sur l'éducation et la formation et la recherche sur l'éducation qui serait dépendante des différentes disciplines scientifiques, elle serait tributaire des critères de validité des sciences mères. Il s'agit d'élaborer une théorie générale du curriculum conçu comme l'ensemble intégré des activités poursuivant des fins éducatives ou formatives. Pour Gaston Mialaret : les sciences de l'éducation sont constituées par l'ensemble des disciplines qui étudient les conditions d'existence, de fonctionnement, et d'évolution des situations et des faits d'éducation. Selon lui, démêler les facteurs qui entrent en jeu requiert le recours à plusieurs disciplines scientifiques : sociologie de l'éducation, histoire, démographie, économie de l'éducation.
Histoire
Naissance d'une discipline universitaire La municipalité de Bordeaux crée le premier cours universitaire de pédagogie dans une Faculté de Lettres, en 1882. En 1883, Jules Ferry crée un cours de science de l'éducation à la Sorbonne : la première chaire de pédagogie est créée. Elle est notamment occupée par Henri Marion, Ferdinand Buisson ou encore Émile Durkheim. Elle est supprimée en 1917, à la mort de DurkheimGaston Mialaret, Les Sciences de l'éducation, , Paris, Puf, coll. Que sais-je ?, rééd. 2011, présentation..
Associations et colloques L'Association internationale des sciences de l'éducation La première est l'Association internationale des sciences de l'éducation, qui prend en 1977 le nom d'Association mondiale des sciences de l'éducation (AMSE). Un premier congrès international de l’enseignement universitaire de sciences de l'éducation, se tient à Gand, en . Destiné aux professeurs d'université, il rassemble une centaine de participants, et est organisé par R.L. Plancke, de l'université de cette ville« Professor Dr.R.L. Plancke: A Tribute », Paedagogica Historica, vol.16 , n°1,1976 et Richard VerbistJ. J. Richard Verbist est né à Anvers le 26 juillet 1911. Il fait ses études à l'université de Gand, où il obtient son doctorat en sciences de l'Éducation en 1946. Il est ensuite professeur de psychologie et pédagogie de l'école normale de Tirlemont, jusqu'en 1946 (Scientia paedagogica experimentalis, 9, n°1, 1972, p.122-123)..
Lors de ce premier congrès, le principe de maintenir les échanges entre universitaires du champ de l'éducation est décidé, il s'accompagne de la création d'un , basé à Gand, de la création d'une revue et d'une décision de faire un deuxième congrès.
Celui-ci se tient à Florence, en 1957. La décision de créer une association est prise, son nom est trouvé : Association internationale des sciences de l'éducation. Un conseil d'enseignants universitaires représentant 28 pays doit coordonner le projetLes représentants français sont Maurice Debesse et Léon Husson., et un comité d'action de cinq personnes est nommé, dont font partie Maurice Debesse, R.L. Plancke, M.J. Langeveld, J. Sandven et W.A.C. Stewart. L'association est fondée officiellement au cours du congrès d'Oslo, en 1961. Elle doit notamment « L’Association mondiale des sciences de l’éducation : cinquante ans d’histoire », historique sur le site de l'université Reims Champagne-Ardennes, .
Les congrès se succèdent : après Oslo, il y a Cambridge (1965), Varsovie (1969), Paris (1973).
Pour connaître l'état des lieux en ce qui concerne l'organisation et les conceptions de l'enseignement pédagogique en Europe occidentale, le congrès de Gand de 1953 demande des rapports à des représentants de dix pays. Maurice Debesse doit établir le rapport pour la situation en France. Il adresse un questionnaire à 17 universités françaises, et les résultats sont publiés dans la revue Éducation nationale.
L'Association francophone internationale de recherche en sciences de l'éducation (Afirse) Une deuxième association francophone est créée durant cette même période, par les chercheurs en , l'Association internationale de pédagogie expérimentale de langue française (AIPELF), qui prend en 1976 le nom d'Association francophone internationale de recherche en sciences de l'éducation (Afirse). La première rencontre a lieu à Lyon, en 1953, à l'initiative de Robert Dottrens, professeur de pédagogie expérimentale à l'université de Genève et créateur du laboratoire de pédagogie expérimental de cette université. Un laboratoire de pédagogie expérimentale existe à Lyon, créé par Léon Husson puis dirigé par Richard Delchet, deux personnalités de la société Binet participent à cette rencontre princeps qui réunit huit Français, deux Suisses et deux Belges, notamment Maurice Debesse, Gaston Mialaret, Hélène Gratiot-AlphandéryHélène Gratiot-Alphandéry, psychologue, directrice à l'école pratique des hautes études et cofondatrice de la revue Enfance, notice Bnf Data . et d'autres. Le projet de créer une association est prise durant ce colloque, il se concrétise en 1958, sous l'intitulé d'Association internationale de pédagogie expérimentale de langue française, dont le siège est à l'Institut pédagogique national. L'association organise un colloque annuel et un congrès international tous les cinq ans. Une ouverture vers des objets de recherche non directement liés aux disciplines scolaires se fait, avec des recherches en sociologie ou sémiotique. Progressivement, un élargissement à des chercheurs d'autres paysAfrique du Nord, Sénégal, Madagascar, Canada, Royaume-Uni... se fait. Au congrès de Paris, en 1962, des universitaires de 14 pays sont présents. Le congrès suivant se tient à Sherbrooke, en 1967, rassemblant moins de 200 participants. Un accent est mis sur la publication des résultats de recherche, avec des articles de revues : Revue belge de pédagogie, courrier de la recherche pédagogique, bulletin de la société BinetDevenue Recherches et éducations, site: https://rechercheseducations.revues.org/96, Cahiers de pédagogie expérimentale et de psychologie de l'enfant, et la revue déjà évoquée de Caen. Gaston Mialaret, Maurice Debesse, Jean Château, et Marc-André Bloch, par ailleurs responsable de la section pédagogique de la collection Bibliothèque scientifique internationale (Puf). En 1972, la revue Pour l’Ère nouvelle prend l'intitulé Les Sciences de l’éducation – Pour l’Ère nouvelle et, sous la direction de Gaston Mialaret, devient l'organe officiel de l'AIPELF, l'une des premières revues scientifiques francophones en sciences de l'éducation qui prennent ainsi progressivement leur autonomie à l'égard de la pédagogieLa Revue française de pédagogie, créée en 1967, est antérieure., elle le reste jusqu'en 1984.
En Belgique La Belgique fait figure de . Une section pédagogie ouvre à l'université libre de Bruxelles en 1919, suivie d'une école de pédagogie et de psychologie appliquée à l'université de Louvain en 1923 et d'instituts de pédagogie en 1927 au sein des facultés de philosophie et de lettres de Gand et de Liège. Ces instituts doivent être des et assurer aux étudiants une formation tant scientifique que professionnelle. En 1940, un institut supérieur de pédagogie est créé à Morlanwelz, dans le contexte de la Seconde Guerre mondialeHedjerassi évoque une volonté de , p.217., dont Fernand Hotyat prend la responsabilité, en y créant un centre de travauxNotice de la BnF Fernand Hotyat, « Le Centre de Travaux de l'Institut Supérieur de Pédagogie de Morlanwelz », Revue internationale de l'éducation, vol. 11, n°2 (1965), p.220-224 ..
L'Association belge des chercheurs en éducation (ABC-Educ) est créée en 2000 par des enseignants et scientifiques des universités belges francophonesSite de l'Association belge des chercheurs en éducation (ABC-Éduc) .. ABC-Educ s’est donné comme mission de promouvoir la recherche en éducation en Belgique francophone, quelle que soit l'appartenance disciplinaire des chercheurs. Elle compte actuellement plus d'une centaine d’affiliés, principalement issus des universités et des hautes écoles, ou cadres du système d’enseignement. Elle co-organise tous les trois ans, depuis 2007, avec l'Association des enseignants-chercheurs en éducation et la Société suisse de recherche en éducation, le congrès international d'actualité de la recherche en éducation et en formation (AREF).
En France : création de l'Association des enseignants et chercheurs en sciences de l'éducation (AECSE) Depuis 1967, les sciences de l'éducation sont une discipline universitaire. Les trois premières chaires sont fondées, par Gaston Mialaret à l'université Caen-Normandie, par Jean Château à l'université de Bordeaux et par Maurice Debesse à la Sorbonne. Maurice Debesse était titulaire depuis 1957 d'une chaire de pédagogie. Les forces sont limitées, du fait de l'absence de titulaires de doctorat dans cette discipline, qui pourraient être nommés aux nouveaux postes. Après la création officielle de la discipline à l'université, Debesse, Château et Mialaret prennent l'initiative d'une rencontre, en 1968, à Bordeaux, réunion à laquelle se joint Jacques WittwerJacques Wittwer a impulsé la création de la section de sciences de l’éducation à l'université de Bordeaux, devenue ensuite département autonome au sein de l'université.. L'« amicale » des 4 mousquetairesselon une expression de Gaston Mialaret, rapportée par Hedjerassi 2015. ainsi initiée s'élargit à de nouveaux acteurs : Michel DebeauvaisMichel Debeauvais est le créateur du département de sciences de l'éducation à l'université Paris-VIII, qui est alors à Vincennes., et Jean-Claude FillouxJean-Claude Filloux est l'un des fondateurs du département de sciences de l'éducation de l'université Paris Nanterre..