Pierre Berthezène, né le à Vendargues (Hérault) et mort le dans cette même commune, est un général français de la Révolution et de l’Empire, titré par Napoléon.
Il s'illustre au cours des guerres napoléoniennes puis lors de la conquête de l'Algérie, notamment lors de l'expédition d'Alger de 1830 au commandement de la division du corps expéditionnaire qui lui vaut d'être élevé à la pairie par le roi Louis-Philippe en 1832.
Biographie D'origine modeste, destiné à la vie ecclésiastique par ses parents, Jacques Berthezène et Marguerite Causse, son instruction est délivrée par un curé afin qu'il fasse ses études au séminaire de Montpellier. Toutefois, il ne termine pas son cursus qui est stoppé par la Révolution française. Cela le pousse à s'enrôler dans l'armée.
Les guerres de la Révolution
Le , il entre comme soldat dans le de volontaires de l'Hérault. Intégré dans la provisoire de bataille (devenue d'infanterie de ligne en l'an IV). Il y croise d'autres sous-officiers comme Jean Lannes et Claude-Victor Perrin qui seront par la suite également généraux. Il obtient les grades de caporal, sergent et sergent-Major les 17, 19 et . Il rejoint ensuite l'armée des Pyrénées orientales.
Le , quelques jours après l'affaire de Peyrestortes, la brigade renforce le corps qui assiège Toulon. À la prise de la ville et la déroute de l'armée anglaise, qui décide l'évacuation de la ville, il enlève à un sous-officier anglais son fusil et le conserve. Cet acte de bravoure lui vaut le grade de lieutenant le .
Sa demi-brigade passe alors à la division Garnier de l'armée d'Italie, et forme lors de l'amalgame du 20 avril 1796, la , où il sert jusqu'en l'an IX avec beaucoup de distinction.
Élu lieutenant par ses camarades le , il combat à Castiglione le , à La Corona le et à La Favorite le , il est employé en qualité de lieutenant-adjoint le complémentaire de la même année à l'état-major de l'armée.
En l'an VII, à la reprise des hostilités, le général Grenier l'attache à son état-major, et le général en chef le fait capitaine le , sur le champ de bataille de Saint-Julien (San Giuliano Vecchio), où se déroulera plus tard la bataille de Marengo.
Le général Compans le prend auprès de lui comme aide de camp provisoire, en vertu d'un ordre spécial du général en chef. Le , lors de l'attaque de Saint-Jacques (campagne du Var), il reçoit un coup de feu à la tête. Élevé au grade de chef de bataillon à la d'infanterie de ligne le thermidor, il est confirmé le par un arrêté des consuls, il ne cesse ses fonctions d'aide-de-camp et ne se rend à sa demi-brigade que le . Il en prend le commandement le à la bataille de Pozzolo, sur le Mincio. Il est atteint d'un coup de feu à la jambe gauche, blessure qui l'oblige à marcher avec des béquilles pendant les deux années suivantes.
Le Consulat et l'Empire Employé au camp de Saint-Omer de 1803 à 1805, et à l'armée du Nord en 1805 et 1806, il est nommé membre de la Légion d'honneur le et élevé au grade de major du de ligne le . C'est alors qu'il accompagne Louis Bonaparte en Hollande et occupe le Hanovre.
Colonel du d'infanterie légère le , l'Empereur, en lui confiant ce dernier commandement, lui dit : Le nouveau colonel se montre digne de cette faveur, particulièrement au combat d'Heilsberg le où le régiment se distingue. L'Empereur lui accorde la croix d'officier de la Légion d'honneur le , et le crée baron de l'Empire, avec une dotation en Westphalie le .
Après la paix de Tilsitt, le léger est placé sous les ordres du maréchal Davout et occupe l'île Rügen, sur la Mer Baltique. Lorsque les armements de l'Autriche (cinquième Coalition) appellent les armées françaises sur le Danube, le léger rejoint à marche forcée la Bavière. En l'espace de vingt jours, la Saint-Hilaire peut franchir la distance qui la sépare de Ratisbonne et rassurer les populations bavaroises, que l'approche des Autrichiens épouvantait.
On lit dans le Bulletin de la Grande Armée, daté de Ratisbonne le :
Pierre Berthezène est gravement blessé lors de la bataille d'Eckmühl le lorsque le Léger enlève la principale position ennemie. Il se trouve, le lendemain de cette bataille, devant Ratisbonne quand l'empereur l'élève le , au grade de commandeur de la Légion d'honneur, récompense qui, à cette époque, semble réservée aux officiers généraux. La division Saint Hilaire passe sous les ordres du maréchal Lannes. Elle prend Vienne (Autriche), puis passe le Danube pour combattre à Essling les 21 et . Le Léger s'empare de la position capitale à Wagram le , mais ne peut s'y maintenir puis le lendemain enlève Wagram. À peine rétabli de sa précédente blessure, il en reçoit deux autres, fort graves, lors de cette bataille.
Promu général de brigade le , il remplace, par ordre de l'empereur, le général Razout dans le commandement de l'île de Walcheren (dont les Anglais s'étaient emparés en 1809 : Expédition de Walcheren) le , et le il entre dans les grenadiers de la Garde impériale avec le titre d'adjudant-général.
C'est en cette qualité qu'il fait la campagne de Russie en 1812, où il commande trois régiments de la Jeune Garde. Le , il protège le général Lenoury, chargé de détruire le Kremlin, puis il soutient la retraite de l'armée française jusqu'au moment où le corps d'armée du duc de Bellune (maréchal Victor) peut le relever dans ce service. À la Bérésina du 26 au , appuyé du prince Émile de Hesse-Darmstadt, qui se place volontairement sous ses ordres, il attaque la droite des Russes, leur fait , que Napoléon se plait à compter près du pont, et par ce mouvement hardi contribue puissamment au succès du maréchal Ney. C'est le témoignage que le maréchal Mortier lui rend auprès de l'empereur.
Au début de la campagne de Saxe (1813), il commande la portion de la Vieille Garde qui est à l'armée, et le jour de la bataille de Lützen le , avant que le général Roguet n'arrive, il a reçu de l'empereur cet ordre bref : La garde va au feu, et la Couronne-de-Fer devient la récompense de son brave chef le .
Le , à Bautzen, il est chargé de faciliter le débouché du du général Bertrand, que commande pour cette opération le maréchal Soult. L'empereur, qui arrive peu après, approuve les dispositions qu'il a prises.
Nommé général de division le , il reçoit à la reprise des hostilités, qui ont lieu le , le commandement de la d'infanterie au , sous les ordres du maréchal Saint-Cyr, dont il fait l'avant-garde pendant toute la campagne. À la tête d'une division du , il contribue à la victoire de Dresde les 26, 27 et . Il y demeure jusqu'à la capitulation (on sait que les et , restés à Dresde, furent forcés, par le manque de vivres et de munitions, à capituler le , et que les coalisés violèrent la capitulation et les envoyèrent prisonniers en Hongrie).
La Restauration La Première Restauration et les Cent-Jours
En , rentré des prisons de l'ennemi après le retour des Bourbons, il est mis en disponibilité. Cependant le roi Louis XVIII le décore de la croix de Saint-Louis le , et, sur la demande du maréchal Soult, l'attache au comité de la guerre le . Il est dans cette position au moment du débarquement de Napoléon Bonaparte au Golfe-Juan. Berthezène le seconde pendant les Cent-Jours, s'attachant ainsi de nouveau à la fortune de son ancien souverain.
Le , Napoléon le nomme président de la commission chargée du placement des officiers en demi-solde, et lui confie le la d'infanterie, de l'armée du Nord. Il combat vaillamment à Fleurus le , et y perd le cheval qu'il monte. Le général Habert ayant été gravement blessé à Wavre, il réunit le commandement de cette division à la sienne. Il chasse des hauteurs de Bierges 8 bataillons prussiens qui défendent cette position. Le , le général Vandamme met sous ses ordres deux autres divisions d'infanterie, et le charge d'arrêter l'ennemi pour donner le temps au maréchal Grouchy de prendre position à Dinant : il en résulte un combat très vif sous les murs de Namur, qui dure jusqu'à la nuit, et dans lequel il a un cheval tué sous lui.
Quand le gouvernement provisoire fait semblant de vouloir se battre sous Paris, le général Berthezène est envoyé au pour en prendre le commandement, mais l'armistice ayant été conclu, il rentre à sa division. Après les événements de la "seconde abdication" de Napoléon, il commande ce corps derrière la Loire jusqu'au licenciement. Autorisé le à se retirer dans ses foyers, il obtient le un congé pour se rendre en Belgique.
La Seconde Restauration Après le licenciement de l'armée de la Loire, le général vient à Paris, où il a son domicile. Le général Despinois, qui commande Paris, l'appelle à son état-major, et lui déclare qu'il ne peut autoriser son séjour dans la capitale, qu'il doit voir le ministre de la Guerre le Duc de Feltre. il va trouver le ministre, qui lui dit de se rendre dans son pays. Sur son observation que ce serait chercher une mort certaine, le ministre l'engage à indiquer lui-même un lieu de séjour. Il choisit successivement Lyon, Strasbourg, Rouen, qu'on lui refuse. Puis on lui désigne Saint-Pol, près d'Arras, où les troupes anglaises sont cantonnées, et à son tour il refuse. Enfin, après avoir demandé en vain de se rendre en Italie ou en Prusse, on lui ordonne de partir pour la Belgique, où la police française entretient de nombreux agents.
Son exil ne dure que quelques mois, et, ce qui est assez remarquable, c'est que le ministre qui l'a forcé à quitter la France lui écrit de rentrer sans délai sous peine d'être rayé des contrôles de l'armée. Il rentre donc. Il est placé en non-activité le .
En 1818, il s'inscrit dans la « dévote et royale confrérie » des pénitents bleus de Montpellier. Il reçoit du maréchal Gouvion-Saint-Cyr le , une inspection générale d'infanterie et est remis en activité en 1820. Il est nommé grand officier de la Légion d'honneur le et membre du comité consultant de l'infanterie le .
L'expédition en Algérie (1830)
Il a le commandement de la division de l'armée envoyée à Alger en 1830, où il contribue beaucoup au succès des armées françaises.
thumb|250px|Débarquement de l'armée Française à Sidi Ferruch, 14 juin 1830. thumb|250px|Coup de vent au camp de Sidi Ferruch, le 16 (26?) juin 1830. Le , il débarque le premier sur le sol africain, et le même jour il s'empare de la position des Turcs, défendue par de seize et par 2 mortiers. Ensuite il se rend maître du camp de Staoueli et de la forte position de Bouzareah. Le , l'armée est assaillie par un orage épouvantable qui la menace du sort qu'éprouve celle de Charles Quint. En peu d'instants les munitions sont avariées, et le général en chef de Bourmont, craint une attaque dans cette circonstance importante, ordonne aux troupes de rétrograder sur Sidi-Ferruch. Le général Berthezène va trouver le général en chef et lui fait remarquer qu'un mouvement en arrière produirait un inconvénient plus grave que celui qu'on veut éviter, il lui déclare que, dans le cas même où les troupes seraient réduites à ne se servir que de leurs baïonnettes, il répondrait encore de sa position. Le général en chef cède, le général Berthezène se maintient, et bientôt l'armée peut marcher en avant.
Sa conduite lors de prise d'Alger décide de Bourmont, puis le général Bertrand Clauzel, à demander pour lui la pairie, qui lui est accordée deux ans après.
La monarchie de Juillet Commandant en chef en Algérie (1831) Le général Berthezène revient en France au mois de . le nomme grand-croix de la Légion d'honneur le . Le , il est nommé commandant en chef en Algérie en remplacement du général Bertrand Clauzel. Il y fait plusieurs établissements utiles, et toute sa conduite tend à faire aimer et respecter le nom français. Les Arabes le surnomment le Marabout (le saint).