Louis Le Barbier est un avocat, journaliste, explorateur, écrivain et administrateur de sociétés français né en 1862 à Dieppe et mort en 1934 à Paris.
Biographie
Né à Dieppe le Archives départementales de Seine-Maritime, > Commune de Dieppe > Registres Etat Civil > 1862 > Naissances > Cote 4E 4992 > vue 25/387, acte n°13, il est le fils de Florentin-Edmond Le Barbier (1828-1893), notaire honoraire à Dieppe et de Claire Desrotours Fanneau de La Touche (1835-1935). Il vit à Dieppe jusqu’à son adolescence, puis déménage vers 1877Journal Le Progrès de L'Oise du 27 juillet 1892 (page 2) avec ses parents et sa sœur Alice (1867-1958) au château du Meux, près de Compiègne, que sa grand-mère maternelle Jeanne-Valérie Poulain de la Bigne (1806-1890) vient de recevoir en héritageBulletin de la Société Historique de Compiègne, Tome 16 / 1914-1920 (page 134).
vignette|gauche|Le château du Meux au début du . Ce petit château de style Louis XIII, construit en 1637Livre "Une commune de l'Oise pendant l'invasion de 1814-1815" de Louis Le Barbier (pages 5 et 6), appartient à la famille maternelle de Louis Le Barbier depuis 1791. Dans un petit livre publié en 1909 sur un épisode de l’histoire du Meux, il écrit que 7 générations des siens sont venus au monde ou ont vécu dans ce château. Son arrière-grand-père Alexandre-Robert-Marie Poulain de la Bigne (1770-1864) fut d’ailleurs une personnalité locale, comme maire du Meux de 1807 à 1831 puis adjoint et ensuite maire de Compiègne de 1839 à 1846Journal Le Pays du 30 juillet 1892 (page 1).
Louis Le Barbier fera de ce château sa résidence principale pendant près d’un quart de siècle. Lui et sa famille quitteront cette belle propriété pour s’installer à Compiègne en 1900, au moment où il commence à entreprendre de longs et fréquents voyages en Afrique. Le château sera vendu le à la comtesse Béatrix Henriette Louise Marie Brunet d'Evry (née Foy)Livre "Le Château du Meux" de Jacques Darmon, 1999 (page 39).
Après des études au lycée Condorcet, Louis Le Barbier obtient une licence en droit à la Faculté de Paris et devient avocat à la cour d’appelBulletin de la Société de législation comparée - T21 de 1892 (page 28) de la capitale, où il exerce durant quelques années.
Il épouse Marie-Marthe Gervais (1867-1926) à Paris le Archives des actes d'état civil de Paris > Mariages > 9ème arrondissement > Année 1887 > 07/03/1887 > Cote V4E 6211 > vue 17/31, acte n°212. De cette union naitra leur fille unique SuzanneArchives des actes d'état civil de Paris > Naissances > 8ème arrondissement > Année 1888 > 30/08/1888 > Cote V4E 6079 > vue 6/31, acte n°1356 (1888-1977), qui entrera dans les ordres en 1910 au couvent des Bénédictines de la rue Monsieur, à Paris.
En 1890, il publie son premier ouvrage : De la déchéance en matière de brevets d'invention, en collaboration avec Auguste Plocque (1860-1908), avocat inscrit comme lui au barreau de Paris.
En 1892 (il a 30 ans), il abandonne le droit et s’intéresse au journalisme et à la politique. De conviction catholique et libérale, il s’investit dans les actions de la Ligue Populaire pour la revendication des libertés publiquesJournal des débats politiques et littéraires du 15 avril 1892 (page 3), destinée à œuvrer pour la défense de la religion sur le terrain libéral et démocratique, fondée et dirigée par Gaston David, père du député Robert David et beau-frère du président de la République Sadi Carnot.
Il se présente aux élections municipales de et est élu au MeuxJournal Le Progrès de l'Oise du 4 mai 1892 (page 2). Il succède ainsi à son père qui faisait partie du conseil municipal du Meux durant les 3 précédentes mandaturesJournal Le Progrès de l'Oise du 5 mai 1884 (page 2) et du 9 mai 1888 (page 2).
Lors des élections cantonales de , il présente sa candidature dans le canton d’Estrées-Saint-Denis (arrondissement de Compiègne) dont fait partie Le Meux, mais il est battuJournal Le Progrès de l'Oise du 3 août 1892 (page 2).
C’est à cette époque qu’il devient directeur politique du journal L’Avenir national, puis quelques mois plus tard directeur politique du journal Le PaysJournal Le Figaro du 4 juillet 1892 (page 1), chargé par ses actionnaires d’en faire un journal républicain libéral.
Gaston Calmette écrit un long article en première page du Figaro sur ce changement à la tête du Pays, que l'on peut lire ici.
Louis Le Barbier reste à la direction du Pays jusqu’en , date à laquelle il est remplacé. Ses articles sont publiés presque quotidiennement en première page de ce journal de à .
En 1895, il se consacre à la rédaction d’un nouveau livre dont le sujet principal est Victor-Claude-Alexandre Fanneau de La Horie, général d’empire ayant participé à la conspiration Malet contre Napoléon Bonaparte en . Ce livre ne sera publié que 9 ans plus tard, en 1904.
L’intérêt de Louis Le Barbier pour le général de La Horie a une origine familiale. En effet, son grand-père maternel, Adolphe-Théodore-Antoine Desrotours Fanneau de La Touche (1803-1859), était le petit-fils de Marie-Catherine Fanneau de La Horie, tante du général. Il était aussi le fils adoptif de Marie-Charlotte-Perrine Fanneau de La Touche, cousine germaine du général.
De 1896 à 1899, Louis Le Barbier est rédacteur dans différents journauxRevue La Quinzaine du 16 juillet 1905 (page 608) : Le petit Moniteur, L’Univers Illustré, La Géographie, la Revue générale internationale scientifique, littéraire et artistique
En 1900 et 1901, il est chargé de deux missions d’études successives en Guinée et dans le Haut Sénégal Niger. Cette découverte de l’Afrique va changer le cours de sa vie professionnelle : durant les 3 décennies qui suivront, il consacrera une grande partie de son travail à des sujets en rapport avec les colonies françaises de l’Afrique de l’Ouest.
En 1902, il est nommé directeur général d’une société française faisant du commerce au Soudan Français (sans doute la Société Niger-Soudan) et s’installe à BamakoLivre "Dans la Haute Guinée (journal de route)" de Louis Le Barbier (page 10). C’est à cette époque qu’il explore la vallée du Niger à la recherche d’exploitations aurifères indigènes. En , il dépose à Conakry deux demandes d’autorisation de recherches minières en Guinée française, l’une au nom de la Société Niger-Soudan, l’autre personnelleJournal officiel de la Guinée française du 1er mai 1902 (page 87).
De retour en France en 1903, il retrouve sa famille à Compiègne (au 17 de la rue d’Alger, devenue rue Fournier-Sarlovèze en 1937) et se remet à l’écriture. Durant l’année 1904, il publie quatre livres chez Dujarric : La vallée du Moyen Niger et de la Haute Guinée, dans lequel il met en avant les ressources agricoles et industrielles de cette région du Soudan français ; Dans la haute guinée (journal de route), dans lequel il raconte son exploration de centres aurifères indigènes au nord-est de la Guinée ; Le Général de La Horie (1766-1812), qui reprend le contenu de son manuscrit de 1895 ; La dernière bêtise, son premier roman de mœurs.
Les trois premiers rencontrent un certain succès, en particulier Le Général de La Horie, salué par la critique dans de nombreux journaux et revues littéraires de l’époque (L’Aurore, Le Temps, Le Radical, Le Petit Parisien, La Liberté, Mercure de France, etc…). Son roman, par-contre, est un échec.
C’est à cette époque (dès 1903) que Louis Le Barbier se rapproche de Gabriel Bonvalot, ex-explorateur en Asie Centrale et fondateur du Comité DupleixLivre Notre Œuvre, son Passé et son Avenir du Comité Dupleix, publié en 1898, organisation ayant pour but principal d'attirer l'attention sur les colonies, de les faire mieux connaître et de préparer à la vie coloniale les Français susceptibles de devenir colons. Il s’implique dans les actions du comité, participe à ses conférences et rédige de nombreuses chroniques dans La France de Demain, bulletin périodique de l’organisation. De 1903 à 1919, il publiera ainsi près de 120 articles dans cette revue mensuelle sur des sujets aussi variés que l’agriculture, le commerce, l’industrie, les colonies, certains faits historiques, la politique nationale et internationale et bien-sûr la guerre entre 1914 et 1918. Il en sera même le rédacteur en chef durant quelques mois entre fin 1919 et début 1920.
Entre 1903 et 1912, Louis Le Barbier écrit de nombreux articles dans une douzaine de journaux et revues périodiques (liste présentée plus bas). Entre 1906 et 1909 il publie aussi chez Dujarric neuf opuscules de 15 à 70 pages sur différents sujets historiques, la plupart reproduisant ses écrits dans La France de Demain. Parmi ces opuscules, deux sont consacrés aux frères du général de La Horie : Le premier, Ce que pensaient les fonctionnaires du Premier Empire, évoque les tracasseries administratives subies après la conspiration Malet par Ismaël de La Horie, jeune frère du général, simplement parce qu’il était "le frère de". Le second, Notes sur la campagne de Russie en 1812 par un officier de la Grande Armée raconte les ennuis subis par un autre de ses frères, Michel de La Horie, qui a vu sa carrière militaire brisée pour les mêmes raisons.
C’est aussi entre 1903 et 1912 que Louis Le Barbier tente de s’enrichir par l’exploitation des centres aurifères de la Haute-Guinée qu’il a explorés en 1902. En 1903, il continue comme l’année précédente à déposer des demandes de permis de recherches minière à Conakry. En il participe à la création de la Société Minière Niger-Guinée, comme actionnaire et administrateurJournal Cote de la Bourse et de la Banque du 16 novembre 1907 (page 16). Son objet principal est la mise en valeur des droits apportés à la société pour la recherche, l'extraction et l’exploitation de tous minerais dans tous pays et notamment dans la région de l'Afrique Occidentale (Niger-Guinée).
En , il devient administrateur de la Société de Recherches Minières de l’Afrique Occidentale, qui vient d’être constituée et dont l’objet est aussi lié à l’exploitation de permis de recherche minièreJournal Cote de la Bourse et de la Banque du 13 décembre 1909 (page 3). En , il fonde la Société Minière de KémonJournal Cote de la Bourse et de la Banque du 21 avril 1910 (page 3) dont l’objet est l’exploitation aurifère à Kémon (cercle de Satadougou-Niger). Il en est l’un des administrateurs et aussi l’actionnaire principal avec plus de 600.000 Francs investis. Mais la société rencontre rapidement des difficultés techniques et financièresJournal L'Echo des Mines et de la Metallurgie du 20 janvier 1913 (page 12) et doit cesser son activité au bout de 3 ansJournal L'Echo des Mines et de la Metallurgie du 22 juin 1914 (page 10). Après cet échec, il cessera de s’intéresser à l’or de Guinée.
En , Louis Le Barbier devient collaborateur du journal Les Annales Coloniales, dans lequel il écrira en moyenne 2 à 3 articles par mois. Cette collaboration cessera au début de la guerre mais reprendra en 1926 jusqu’à son décès en .
En , il fonde la Société d'Etudes Industrielles et Agricoles de la Côte d'Ivoire et de la Côte Occidentale d'AfriqueJournal Les Annales Coloniales du 6 septembre 1913 (page 3), dont l’objet est l’étude et la mise en valeur de toutes opérations industrielles, agricoles et commerciales à la Côte d’Ivoire, dans les possessions européennes de la côte occidentale d’Afrique et au Maroc.
En il quitte la France, accompagné de son ami le comte Guy de Fayolles, pour une mission d'étude commerciale et agronomique en Côte d'Ivoire. Ce voyage est parrainé par le Comité Dupleix et dure environ 3 mois et demiJournal Les Annales Coloniales du 22 novembre 1913 (page 2).
C'est à la suite de ce voyage, en 1914, qu’il publie chez Emile Larose la 1ère édition de son nouveau livre La Côte d'Ivoire : agriculture, commerce, industrie, questions économiques, préfacé par Gabriel Bonvalot. Cette 1ère édition est aujourd’hui introuvable.