vignette|Bâtiment surnommé l'usine à trolls russe, à Saint-Pétersbourg.

Une usine à trolls.... (en anglais « »), ou une ferme à trolls. (de l'anglais « »), est une organisation qui regroupe et coordonne des trolls sur internet, voire des hackers, payés pour diffuser de manière massive des informations partielles, partiales ou totalement mensongères sur les réseaux sociaux.

Leur but est la déstabilisation géopolitique ou politique, le lobbying ou la propagande politique.. Ces usines à trolls peuvent soit être issues d’initiatives privées, soit être constituées et coordonnées par un gouvernement, parti politique ou tout autre groupe de pression. Les méthodes utilisées incluent la rémunération de commentateurs sur les réseaux sociaux, le trolling agressif de journalistes, ou la création de bots informatiques et de médias diffusant des informations mensongères..

L'organisation de diffusion de propagande russe ayant participé à des activités d'ingérence électorale dans la présidentielle américaine de ., est souvent qualifiée d'usine à trolls.

Terminologie En anglais, l'usage de l'expression « » (ferme de troll) ou « army » (armée de trolls) s'est répandu à partir de l'enquête , publiée en par le , sur une usine à troll à Saint-Pétersbourg chargée de publier des messages pro-Vladimir Poutine, anti-Ukraine et anti-américains... Le terme gagne en popularité avec les enquêtes sur les ingérences russes dans la présidentielle américaine de , et en particulier l'enquête du magazine américain , qui utilise à la fois le terme « » et de « » (militants ou hackers russes).. L'ONG américaine Freedom House parle de « keyboard armies » (armée de claviers). Le site de l'agence de presse américaine Bloomberg parle de « » (trolling d'État).

En français, l'expression « usine à troll » apparait dès sur FranceInfo, à la suite de l'enquête du . Certains journalistes préfèrent néanmoins utiliser les termes de « propagandiste », pour appuyer la différence avec le simple pourrissage non-rémunéré de forums sur internet par des trolls classiques, voire « d'armées de troll ».

D'autres traductions ou néologismes apparaissent dans d'autres langues, tels que les « » (en russe : ), mot-valise calqué sur les (Brigades rouges, en russe : ).

Trolls non humains Depuis le milieu des années 2010 au moins, certains trolls ne sont plus des humains, mais des bots, parfois dénommés « ».

Générés et gérés par une plate-forme dite d'intelligence artificielle, ils sont capables de délivrer des messages ciblés, construits en fonction de la personnalité de l'internaute visé.

Les algorithmes qui les construisent se basent sur la science de l'influence psychologique. Mis au service de la publicité et de la propagande politique, ils ont déjà pu contribuer à fausser des processus électoraux ou de référendums.

Ce type de trollisme virtuel, qui peut être associé aux fermes de trolls classiques, a été révélé par le scandale Facebook-Cambridge Analytica / AggregateIQ et la découverte de Ripon, une plateforme logicielle créée par AggregateIQ pour le Groupe SCL, afin de truquer les processus électoraux ou référendaires, en influençant artificiellement les émotions et le choix de vote des votants (sans leur consentement, et sans qu'ils aient conscience d'être manipulés).

Silvia Lombardo craint que ces bots générateurs de faits alternatifs, appuyés par des « » (« hypertrucages »), construits pour manipuler les personnes et la vérité peuvent conduire, voire ont déjà conduit depuis le milieu des années 2010 au développement de politiques populistes, et à l'évolution de nos sociétés vers un avenir plus dystopique..

Dans le monde Plusieurs pays dans le monde ont hébergé ou ont été la cible d'actions menées par des usines à trolls. Selon l'ONG américaine Freedom House, au moins dans le monde avaient en créé ou eu recours à des usines à trolls dans le but de discréditer le modèle démocratique, dont 18 pour influencer directement des élections..

Aux États-Unis : les campagnes électorales de Ted Cruz, Ben Carson et surtout de Donald Trump, soutenu par Steve Bannon qui considère qu'une campagne électorale doit être menée comme une guerre. et Robert Mercer. semblent avoir utilisé des fermes de trolls et ont utilisé le trollisme virtuel (via le logiciel Ripon) pour promouvoir les idéologies du libertarianisme de droite et du populisme politique. Pendant la présidentielle américaine de et la pandémie de Covid-19, et sa filiale ont été décrites comme des fermes à trolls pour avoir payé de jeunes conservateurs de Phoenix, en Arizona, dont certains étaient mineurs et étaient encouragés par leurs parents, pour poster des informations mensongères sur l'intégrité du processus électoral et sur la menace du Covid-19. Le paiement comprenait des primes pour les posts qui avaient le plus d'impact. Ils utilisaient leurs propres comptes de médias sociaux ou de faux comptes, sans révéler leur relation avec , et leur demandait de modifier légèrement les messages proposés et de les rediffuser sous chaque forme un nombre limité de fois pour empêcher la détection automatique.. Au Brésil, l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro s'est servi d'armées de trolls pour propager de la désinformation et tenter de discréditer ses adversaires.. En Iran les fermes à trolls sont aussi un outil de répression nationale. Au Royaume-Uni : la campagne du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne a utilisé ces méthodes pour faire advenir le Brexit, qui selon Dominic Cummings n'aurait pas pu être voté sans AggregateIQ., c'est-à-dire sans son logiciel Ripon, expliquent en (près de deux ans après le vote du Brexit) Christopher Wylie et l'agence de cybersécurité UpGuard.. En Russie, en Turquie., aux Philippines., en Macédoine du Nord., en Albanie. des usines à troll ont été installées à des fins de propagande politique. En Macédoine du Nord et dans les Philippines, elles auraient aussi participé à diffuser en des informations mensongères sur la pandémie de Covid-19.. En France, en , le site Mediapart dénonce les pratiques de , une société de gestion de la communication numérique basée en Espagne, qui aurait mis en place une pratique de trollage de grande ampleur visant à contrôler, pour le compte du Paris Saint-Germain, les informations circulant sur twitter se rapportant au club, à ses joueurs et aux médias que ce club considère être ses détracteurs..

Guerre en Ukraine Dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie depuis , les fermes à trolls russes, traduit de . des oligarques (Prigojine entre autres) sont particulièrement actives et participent à la propagande, désinformation et désorganisation du monde occidental dues à la guerre en Ukraine.. En , des vidéos d'Adolf Hitler générées par intelligence artificielle sur les réseaux sociaux sont vues plus de de fois. venant également du réseau social TikTok.. Ces vidéos ciblent le « Juif » bouc émissaire, et visent à générer l'antisémitisme en usant de procédés du passé couplés avec les moyens des nouveaux médias. Les services de sûreté intérieure des pays soutenant l'invasion russe de l'Ukraine, et en premier lieu Vladimir Poutine, n'hésitant pas à assimiler Volodymyr Zelensky (lui-même juif) à un nazi, et son peuple de même, selon un discours que Léon Poliakov a démonté dans ses ouvrages, et dont il a exposé l'entière faussetéCes mécanismes de duperies nuisibles, Poliakov les démonte dans la La causalité diabolique..

Dans la culture populaire

Télévision Dans la saison 5 de la série française Le Bureau des légendes, le jeune hacker César est envoyé au Cambodge pour prendre la tête d'une usine à trolls..

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

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