Glossop est une ville de marché située dans le borough de High Peak, dans le nord du Derbyshire, au Royaume-Uni. En 2021, elle compte 17 825 habitants.

Historiquement, le nom Glossop fait référence au petit hameau ayant donné son nom à une ancienne paroisse mentionnée dans le Domesday Book de 1086 ainsi qu'au manoir offert à William Peverel par Guillaume le Conquérant. Un borough municipal est fondé en 1866, occupant moins de la moitié du territoire du manoir. La zone aujourd'hui connue sous le nom de Glossop correspond approximativement aux villages qui s'appelaient autrefois Glossopdale, sur les terres du duc de Norfolk. Glossop, à l'origine un centre de transformation de la laine, connaît une expansion rapide à la fin du lorsqu'elle se spécialise dans la production ainsi que l'impression de calicot, un coton grossier. Elle devient une ville de moulins avec de nombreuses chapelles et églises ; son destin est lié à l'industrie du coton.

Histoire

Toponyme et définition On pense que le nom de Glossop est d'origine anglo-saxonne, datant de l'époque de la colonisation par les Angles au , et dérive de Glott's Hop, où hop pourrait signifier vallée, une petite vallée dans un système de vallée plus vaste, ou un terrain entouré de marais, et Glott était probablement le nom d'un chef de clan. En raison de sa taille et de son emplacement, Glossop a de nombreuses définitions. Le village de Glossop s'appelle désormais Old Glossop. Howard Town et Milltown prennent de l'importance. Elles sont renommées New Town, puis Glossop. Des réorganisations administratives locales entraînent la promotion des villages de Glossopdale au rang de commune, avant que ce statut ne leur soit retiré. Des terres sont ajoutées à Glossop, tandis que d'autres en sont retirées. D'un petit hameau, le village devient une ancienne paroisse, un manoir, un borough ainsi qu'une commune. Actuellement, deux divisions du comté de High Peak Borough, dans le Derbyshire, portent le nom de Glossop.

Antiquité Il existe des preuves d'un site funéraire de l'âge du bronze sur Shire Hill (près d'Old Glossop) et d'autres vestiges possiblement préhistoriques à Torside (sur les pentes de Bleaklow). Les romains arrivent en 78 ap. J.-C. À ce moment-là, la zone se trouve sur le territoire de la tribu des Brigantes, dont la base principale se trouve dans le Yorkshire. À la fin du , les romains construisent un fort, Ardotalia, sur les hauteurs surplombant la rivière, dans l'actuelle ville de Gamesley. Le site de ce fort est redécouvert en 1771 par un historien amateur, John Watson. Il prend ensuite le nom de château de Melandra. Le vaste site est fouillé, révélant les remparts, un sanctuaire et le quartier général de la forteresse. L'espace est aménagé avec des parkings et des aires de pique-nique.

Moyen Âge Guillaume le Conquérant attribue le manoir de Glossop à William Peverel, qui commence la construction du château de Glossop, or, l'ensemble du domaine est par la suite confisqué. En 1157, le roi Henri II offre le manoir de Glossop à l'Abbaye de Basingwerk dans le Pays de Galles. Ils obtiennent une charte de marché pour Glossop en 1290, ainsi qu'une pour Charlesworth en 1328. En 1433, les moines louent l'intégralité de Glossopdale à la famille Talbot, qui deviendra plus tard comtes de Shrewsbury. En 1494, un fils illégitime de la famille, John Talbot, est nommé vicaire de Glossop. Il fonde une école, et pave le chemin muletier à travers les landes ; ce chemin est connu sous le nom de Doctor's Gate (Porte du Docteur).

Lors de la dissolution des monastères en 1537, le manoir de Glossop est offert à la famille Talbot. En 1606, il devient la propriété de la famille Howard, les ducs de Norfolk, qui le conservent pour les 300 prochaines années. Glossop est généralement offert au deuxième fils de la famille. La terre est trop humide et froide pour la culture du blé, mais elle est idéale pour les moutons rustiques des Pennines ; l'agriculture y est donc principalement pastorale. La plupart des terres appartiennent à la famille Howard et sont louées ; seule la localité de Whitfield possède des terres en pleine propriété. Les quelques maisons, solides et construites en pierre locale, ont permis le développement d'activités artisanales telles que le filage et le tissage de la laine.

Histoire civique et industrielle L'économie médiévale repose sur l'élevage de moutons et la production de laine par des agriculteurs locataires de l'abbé de Basingwerk, puis de la famille Talbot. Durant la révolution industrielle du , Glossop devient un centre de filature de coton. Un bon réseau de transport entre Liverpool et Glossop permet d'importer du coton, filé ensuite par une main-d'œuvre qualifiée dans le domaine du filage de la laine. Le climat de Glossopdale fournit une eau douce et abondante, utilisée pour alimenter les moulins et apprêter les tissus, et qui assure également l'humidité nécessaire au filage du coton sous tension. L'investissement initial est assuré par les ducs de Norfolk. En 1740, on utilise du coton non filé pour fabriquer des futaines et des tissus plus légers.

Moulins Les premiers moulins de Glossop sont des filatures de laine. En 1774, Richard Arkwright ouvre un moulin à Cromford. Il développe le système d'usine et brevète des machines pour le filage du coton et le cardage. En 1785, ses brevets expirent et de nombreuses personnes copient le système d'Arkwright et ses brevets, comme en témoignent les moulins de la vallée de Derwent. En 1788, il existe plus de 200 moulins de type Arkwright en Grande-Bretagne. Parallèlement, le Derbyshire compte 17 filatures de coton, principalement à Glossop. En 1831, il y a au moins 30 moulins à Glossopdale, dont aucun ne comptait plus de 1 000 broches. Les propriétaires des moulins sont des hommes locaux : les Wagstaffs et les Hadfields sont des propriétaires fonciers libres de Whitfield ; les Shepleys, les Shaws, les Lees, les Garlicks et les Platts exploitent la vallée. Les Sidebottoms sont originaires de Hadfield, les Thornleys sont charpentiers et John Bennet et John Robinson sont marchands de tissus. John Wood de Marsden vient de Manchester en 1819 et rachète des filatures de laine existantes qu'il agrandit. Ce sont les moulins de Howard Town. Francis Sumner est un catholique dont la famille a des liens avec Matthew Ellison, l'agent de Howard. Il construit le moulin de Wren Nest. Les Sidebottoms construisent le moulin de Waterside à Hadfield. En 1825, John Wood installe la première machine à vapeur et les premiers métiers à tisser mécaniques. Sumner et Sidebottom emboîtent le pas et les trois usines, Wren Nest, Howardtown et Waterside, deviennent de très grandes usines verticales (une usine verticale est une usine qui filait le fil puis l'utilisait pour tisser du tissu). Avec les autres grandes familles, les Shepley, les Rhodes et les Platt, ils dominent la vallée. En 1884, ces six usines possèdent 82 % de la capacité de filature, avec 892 000 broches et 13 571 métiers à tisser. Glossop est une ville qui abrite de très grandes usines de calicot. Le tramway de Glossop a été inauguré en 1903 afin de relier les ouvriers aux différentes usines situées le long des axes principaux entre Glossop et Hadfield.

Dans les années 1850, l'imprimerie de calicot d'Edmund Potter (située à Dinting Vale) produit 2,5 millions de pièces de calicot imprimé, dont 80 % sont destinées à l'exportation. L'industrie papetière est créée par Edward Partington qui, sous le nom d'Olive and Partington, rachète la minoterie Turn Lee en 1874 afin de produire du papier de haute qualité à partir de pâte de bois par le procédé au sulfite. Il développe rapidement son activité en ouvrant des usines à Salford et à Barrow-in-Furness. Il fusionne avec Kellner de Vienne et est créé Lord Doverdale en 1917. Il meurt en 1925 ; ses usines de Charlestown ont créé près de 1 000 emplois.

Religion et acte de bienfaisance Bernard Howard, duc de Norfolk, reconstruit l'ancienne église paroissiale en 1831, érige la Chapelle catholique romaine de Tous-les-Saints en 1836, améliore le réservoir de Hurst en 1837, bâtit une école primaire avoisinant l'église, et construit l'hôtel de ville, dont la première pierre a été posée le jour du couronnement en 1838.

La ligne de chemin de fer Sheffield, Ashton-under-Lyne et Manchester arrive à Dinting en 1842, mais il s'agit d'Henry Howard, duc de Norfolk, qui construit l'embranchement ferroviaire vers Howard Town, de cette façon, le charbon peut provenir des mines de Dukinfield. La gare de Glossop arbore le lion, symbole du Norfolk. De nombreux noms de rues et de lieux à Glossop dérivent des noms et titres des ducs de Norfolk, comme Norfolk Square, et un ensemble de rues résidentielles proches de Norfolk Street qui portent le nom d'Henry Howard, 13e duc de Norfolk, le premier député catholique depuis la Réforme (Son deuxième fils est créé 1er baron Howard de Glossop et est l'ancêtre des ducs d'après 1975).

Un hospice de deux étages est construit entre 1832 et 1834 sur Bute Street. Son administration est confiée à l'Union des pauvres de Glossop en . Les bâtiments de l'hospice se composent d'une infirmerie de 40 lits, des porcheries et des salles d'accueil pour les vagabonds. L'hospice devient par la suite l'établissement d'assistance publique de Glossop, puis, à partir de 1948, l'hôpital NHS de Shire Hill.

Les propriétaires des moulins, catholiques, anglicans, méthodistes et unitariens, construisent des salles de lecture ainsi que des chapelles. Ils travaillent et prient ensemble avec leurs employés. Les Woods, les Sidebottoms et les Shepleys sont anglicans, donc tories, et ils dominent chaque conseil paroissial, seule forme d'administration locale avant 1866. Ils construisent quatre églises. Les petits propriétaires de moulins sont des dissidents et se rassemblent à la chapelle indépendante de Littlemoor, construite à Hadfield en 1811, mais ils construisent par la suite onze autres chapelles.

Pendant des décennies, une rivalité opposa Edward Partington, son ami Herbert Rhodes, aux familles Wood et Sidebottom. Les Wood construisirent les bains publics et aménagèrent le parc. Partington, quant à lui, fit construire la bibliothèque et le pavillon de cricket. Samuel Hill-Wood, de son côté, sponsorisa le club de football qui, durant la saison 1899-1900, évolua en première division anglaise. Lui et ses descendants devinrent par la suite présidents du club londonien d'Arsenal. Il fut député de High Peak de 1910 à 1929. Le fils d'Edward, Oswald, fut également député de High Peak de 1900 à 1910. Ann Kershaw Woods se consacra à l'éducation anglicane et fit construire des écoles.

La pénurie de coton et les relations industrielles