vignette|redresse=1.2|Athéna portant l'égide frangée de serpents, hydrie attique à figures noires, v. 540 av. J.-C., Cabinet des médailles de la BNF. vignette|droite|Athéna du type Hope-Farnèse portant l'égide, copie romaine d'un original du , musée du Louvre. vignette|Athéna utilisant l'égide lors de la gigantomachie, sculpture du temple d'Athéna Polias, vers , musée de l'Acropole. vignette|redresse=1| vignette|redresse=1|

Dans la mythologie grecque, l’égide (en / ) est une arme merveilleuse détenue par Athéna, offensive autant que défensive, symbole de la puissance protectrice souveraine et qui fait d'Athéna une grande divinité protectrice des cités et des héros.

Mythe

Description Il n'est pas facile de comprendre en quoi elle consiste exactement chez les poètes épiques. Son étymologie naturelle (aigís signifie également « peau de chèvre », s.v. , p. 30b.) incline à faire penser qu'il s'agit d'un bouclier recouvert d'une peau de chèvre G. S. Kirk, The Iliad: a Commentary, Cambridge University Press, vol. 1, , note aux vers II, 446-451.. Elle est évoquée à plusieurs reprises dans l'Iliade, où l'épithète principale de Zeus est / , qui signifie, dans le Grand BaillyÉd. 2015, p. 39., « qui tient ou secoue l'égide » et que les philologues interprètent comme « Porte-Égide »Ken Dowden, Zeus, Routledge, 2006, .. Hésiode, dans la Théogonie, cite Zeus comme .. On a pu suggérer qu’aigi- désignait à l'origine plutôt un oiseau, qui dans certaines traditions germaniques ou lituaniennes accompagne le dieu de la foudre M.L. West, The East Face of Helicon: West Asiatic Elements in Greek Poetry and Myth, Clarendon Press, 1997, ..

L'égide est l'œuvre d'Héphaïstos (V, 308-310). — ou, chez Hésiode, de Métis, pour sa fille AthénaFragment 343 MW, cité par , .. Au chant II (v. 446-449), Homère la décrit ainsi :

Au chant V (v. 738-742), la représentation diffère sensiblement :

Les commentateurs tardifs y voient la peau de la chèvre Amalthée, nourrice de ZeusL'idée est d'abord suggérée dans l'épitomé des Katasterismoi (13), puis mentionnée explicitement chez (II, 13, 4).. À la mort d'Amalthée, Zeus aurait en effet pris sa peau pour en revêtir son égide.

Euripide propose une étymologie curieuse : selon lui, l'égide est une cuirasse revêtue de la peau de la Gorgone tuée par Athéna pendant la Gigantomachie (986-996).. L'égide porterait ce nom parce qu'Athéna se serait « ruée » (, du verbe / ) au combat. Il semble cependant qu'il s'agisse davantage d'un jeu de mots que d'une véritable étymologie. Des traditions lient plus étroitement l'égide à Athéna : dans l'une, il s'agit de la peau du géant Pallas, vaincu lors de la Gigantomachie et écorché par Athéna (I, 6, 1-2) et (III, 23). ; dans l'autre, il s'agit toujours de la peau de Pallas, qui serait le père d'Athéna, et que celle-ci aurait tué et écorché (II, 28, 2)..

Bien qu'il s'agisse dans les épopées du principal attribut de Zeus, celui-ci n'est que rarement représenté avec l'égide dans les œuvres d'art. À partir de l'époque classique, l'égide est considérée comme une sorte de cuirasse ornée d'une peau de chèvre et jetée sur les épaules d'Athéna, également appelée gorgonéion. Chez Eschyle (403-404)., l'égide semble consister seulement en une peau de chèvre, puisqu'Athéna peut la tendre devant elle comme une voile, pour être portée par les vents. Dans un de ses ouvrages., l'historienne Pauline Schmitt-Pantel la décrit comme « une tunique faite de la peau écaillée d'un dragon » « bordée d'une frange de serpents » et « sur laquelle est fixée la tête de la Gorgone Méduse ».

Théophraste parle d'un Aigis dans son Histoire des Plantes (III, IX 1-3), en parlant du sexe des arbres :

Fonction En secouant l'égide, Zeus déclenche le tonnerre et les éclairs, semant ainsi la terreur parmi les mortels :

De même, l'égide présidera à la destruction de Troie :

Il la prête occasionnellement à AthénaIliade (II, 446-449 ; XVIII, 204-208 ; XXI, 400-401) et (XXII, 297). mais aussi à Apollon. Lorsqu'elle est armée de l'égide, Athéna s'emploie plutôt à encourager qu'à terrifier : ainsi, c'est l'égide à la main qu'elle incite au combat les Achéens rassemblés près des nefsIliade (II, 446-454)., ou qu'elle donne courage à Héraclès alors qu'il va combattre Cycnos (343-344).. Elle en couvre également Achille alors que celui-ci s'en va effrayer les Troyens et permettra aux Grecs de récupérer le corps de PatrocleIliade (XVIII, 203-204).. Apollon s'en sert pour mettre en déroute les AchéensIliade (XV, 229-230 et 318-322). et pour protéger le corps d'HectorIliade (XXIV, 20)..

Le pseudo-Apollodore associe l'égide à la légende du Palladium. Alors que la jeune Athéna s'entraîne avec la naïade Pallas, Zeus interpose son égide pour protéger sa fille. Effrayée, Pallas ne peut détourner le coup d'Athéna, qui la tue. La déesse sculpte alors une statue de bois à son image et y fixe l'égide : c'est le Palladium (III, 12, 3)..

Origine Calvert Watkins. soutient que l'égide grecque est un emprunt à la littérature hittite, dans laquelle il est souvent fait allusion à un sac en peau de mouton ou de chèvre qui contient des allégories du bien-être (voir Mythe de Télipinu).

LEncyclopédie berbère considère qu'il est probable que le nom grec dérive de la racine pan-berbère Γ ϒ Δ (chèvre)G. Camps et S. Chaker, « Égide », in Encyclopédie berbère, 17 | Douiret – Eropaei [En ligne], mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 21 décembre 2016 ..

Symbole

L'égide est restée, dans l'Antiquité, le symbole de l'invulnérabilité garantie par la protection des dieux. Les empereurs romains sont ainsi souvent représentés avec une amulette placée sur la poitrine, miniature du bouclier orné de la tête de Méduse.

De nos jours, dans le langage courant, l'égide désigne un soutien, une protection voire un rempart, notamment dans l'expression « sous l'égide de ».

En histoire de l'art, on appelle « égide » un emblème composé de la tête et du collier d'une divinité, très courant en Égypte antique.

Dans l'United States Navy, les croiseurs de la classe Ticonderoga et les destroyers de la classe Arleigh Burke sont équipés d'un système de défense appelé Aegis (« Égide » en anglais).

En France, la médaille de la protection militaire du territoire comporte une agrafe « égide », destinée à récompenser les militaires qui participent de manière effective, sur le territoire national, à la protection des emprises militaires, des bâtiments publics de l'État, des organisations internationales et des missions diplomatiques et consulaires, depuis le ..

L'astéroïde a deux satellites, dont un baptisé Égide.

Notes

Voir aussi

Liste d'objets légendaires et sacrés

Catégorie:Objet ou substance de la mythologie grecque Catégorie:Bouclier Catégorie:Expression issue de la mythologie gréco-romaine Catégorie:Chèvre dans la mythologie Catégorie:Athéna Catégorie:Éponyme d'un objet céleste