vignette|Vue aérienne (2016) Le palais du Prince-électeur de la ville de Trèves a été la résidence des électeurs de Trèves, c'est-à-dire des archevêques de Trèves, depuis le jusqu'en 1794. Les bâtiments renaissance et rococo ont été en partie construits sur le site de la basilique romaine de l'empereur Constantin. Au cours du , l'aile ouest du palais a été détruite afin de restaurer la basilique dans son état initial.
Après l'éviction des électeurs sous Napoléon, le palais a été utilisé comme caserne par les troupes françaises et prussiennes au jusqu'au début du . Le bâtiment a été gravement endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale . Ensuite, les bâtiments d'activité économique, appelé château inférieur, a été complètement démoli, à l'exception de la tour Rouge et d'un portail. Aujourd'hui, le bâtiment abrite plusieurs administrations. Une partie de l'aile nord est utilisée par la communauté protestante (salle Caspar Olevian) tandis qu'une partie de l'aile sud est utilisée à des fins représentatives (salles de réception ou de spectacles).
Le jardin du palais qui se déploie au sud est devenu un parc public au début du .
Fouilles archéologiques vignette|Découverte de la mosaïque romaine, aujourd'hui exposée dans le hall du palais Des fouilles ont montré que l'emprise du palais électoral était déjà bâtie dans l'antiquité romaine. Seuls quelques vestiges d'avant Constantin le Grand ont subsisté.
Sous Constantin le Grand, on y a construit plusieurs bâtiments formant un complexe autour de la salle du trône impérial (Aula ou basilique de Constantin). Lors des fouilles, on a mis au jour deux salles - situées dans la cour du palais électoral - décorées de mosaïques romaines (voir les zones hachurées sur la carte).
: bâtiments de style renaissance vignette|Vestige du château inférieur: portail de Saint-Pétersbourg À partir de l'an 1000 environ, les évêques de Trèves ont utilisé l'aula du palais des empereurs romains (basilique de Constantin) comme château. Le bâtiment antique a été crénelé à cette occasion et son abside nord (demi-cercle) a été transformée en donjon (voir illustrations de la basilique de Constantin).Quelques siècles plus tard, le bâtiment ne correspond plus aux besoins changeants et aux goûts du moment. L'électeur Johann VII von Schönenberg (1581-1599) projette un palais de style renaissance . Pour ce faire, il fait démolir des maisons d'habitation autour de la basilique afin de gagner de la place pour le nouveau bâtimentBernhard Peter: Das Petersburg-Portal in Trier. auf welt-der-wappen.de, aus Galerie: Photos schöner alter Wappen Nr. 270. Trier: Im Schatten der glanzvollen Kurfürsten; abgerufen 28. Oktober 2007..
Son successeur, l'électeur Lothar von Metternich (1599–1623) en lance la construction à partir de 1615. Celle-ci s'achève en 1676. Le palais est baptisé Saint-Pétersbourg en hommage à l'apôtre Pierre, le saint patron de Trèves. Le plan était de construire un château «supérieur» comportant quatre ailes avec les zones de vie et pièces de réception autour d'une cour intérieure carrée. Et au nord, le château «inférieur» avec les communs et buanderies reliés par une seconde cour intérieure.
Les travaux ont commencé par le château supérieur. Il a été construit sur et dans la basilique de Constantin, qui a été partiellement aménagée à cet effet. À l'origine, on était censé démolir complètement le bâtiment antique, mais la construction en briques romaines était si robuste que sa démolition aurait coûté trop cher. Il fut alors décidé de laisser le côté ouest et l'abside nord de la basilique et de les intégrer dans le palais comme murs extérieurs. Le sol du bâtiment romain étant plus bas que celui du , les murs Est et Sud n'avaient pas besoin d'être complètement supprimés. Les couches de briques les plus basses ont été conservées (visibles à nouveau dans la basilique aujourd'hui) et cette zone a été comblée. L'aile Ouest du palais ne faisait qu'environ un tiers de la largeur de la basilique. La largeur restante a été ajoutée à la cour intérieure du palais (voir plan). Après la pose de la première pierre en 1615, l'aile Nord a été achevée et la construction de l'aile Est a commencé jusqu'à la mort de Metternich en 1623. Le château supérieur n'a été achevé que sous l'électeur Philipp Christoph von Sötern, successeur de von Metternich.
En parallèle, on a commencé à bâtir le château inférieur. Dès les années 1620, on a lancé à l'Ouest la construction d'un portail, également dans le style renaissance. Puis les travaux de construction s'arrêtèrent pendant plusieurs années lorsque l'électeur fut emprisonné pour des raisons politiques par les Habsbourg pendant la Guerre de Trente ans. Le château inférieur n'a pu être achevé qu'après la libération de Söterns. Il comprenait deux ailes longues et étroites à l'Ouest et à l'Est, qui étaient reliées directement au palais. Au Nord, un mur fermait la cour intérieure. En 1647, fut achevée la Tour rouge, un bâtiment carré massif abritant la chancellerie et les archives, au Nord-ouest du château inférieur. Ce n'est que sous l'électeur suivant, Karl Kaspar von der Leyen, que la construction du palais fut entièrement achevéeKurfürstliches Palais: Bau und Geschichte auf trier.de/tourismus; abgerufen 29. Oktober 2007..
Cependant, le nouveau bâtiment était rarement utilisé. Dès 1629, Trèves étant devenue dangereuse pendant la Guerre de Trente ans, les électeurs avaient déménagé leur résidence à Coblence. vignette|Salle rococo au premier étage vignette|Escalier rococo, par Seiz et Tietz
jusqu'en 1794: Aile rococo Seul l'électeur Johann Philipp von Walderdorff est retourné à Trèves, mais sans renoncer à la résidence de Coblence. En 1756, il chargea Johannes Seiz, un élève de Balthasar Neumann, de convertir et d'agrandir l'aile Sud du palais selon le goût du rococo. Les sculptures ont été réalisées par Ferdinand Tietz, qui avait entre autres travaillé pour Balthasar Neumann à Wurtzbourg. La nouvelle aile Sud, de couleur rose, devait dépasser des deux côtés du château précédent. Un avant-corps central (partie du bâtiment dépassant sur toute la hauteur) a été construit, et des risalites d'angle auraient encore dû subdiviser la longue aile des deux côtés. Cependant, le projet n'a jamais été complètement achevé: à l'Ouest, l'aile n'a été que raccourcie - sans le risalite d'angle - exécuté et s'arrête au niveau du mur Ouest, c'est-à-dire l'ancien mur de la basilique. Certaines perspectives de l'ancien bâtiment ont subsisté jusqu'à la reconstruction de la basilique, au .
À l'intérieur aussi, l'aile sud rose a été aménagée dans le style rococo. À l'étage supérieur de l'avant-corps, on a aménagé une salle à laquelle on accède par un escalier monumental depuis le côté Ouest de l'entrée principale. Les escaliers ont également été réalisés par Seiz et Tietz.
Jusqu'en 1794, le palais électoral a parfois servi de résidence aux électeurs, même si seules quelques pièces étaient entièrement meublées.
1794–1930: Emploi comme caserne et reconstruction de la Basilique vignette|Cour intérieure : l'avant-corps médian a dû céder en partie la place à la reconstruction de la basilique vignette|Aile Sud raccourcie, avec son pignon triangulaire à l'extrémité Ouest vignette|Transition d'aujourd'hui vers la basilique de Constantin vignette|Tour rouge (devenue aujourd'hui un clocher) En 1794, les troupes révolutionnaires françaises occupent Trèves et retirent à l'église catholique tout pouvoir politique. À partir de 1803, elles utilisent le palais électoral comme caserne.
Après le Congrès de Vienne en 1815, lorsque les Prussiens, protestants, ont récupéré Trèves, rien n'a changé. Ils ont à leur tour utilisé le palais électoral comme caserne pour leurs troupes jusqu'en 1918.
Vers 1830, la tour rouge est surélevée d'un étage.
Le roi Frédéric-Guillaume IV a alors pris une importante décision: la basilique de Constantin doit être restaurée dans son état d'origine (romain) et cédé à la communauté protestante de Trèves - qui n'avait auparavant pas de lieu de culte. De 1841 à 1862, sous la direction de l'ingénieur Carl Schnitzler on a reconstruit la basilique dans ses dimensions d'origine. Cette salle imposante est utilisée par la communauté protestante à partir de 1856 et consacrée comme lieu de culte.
Les conséquences pour le palais électoral ont été considérables: l'aile ouest a dû être complètement démontée, ce qui a réduit la cour intérieure. Le palais a par conséquent perdu son architecture symétrique. Afin d'assurer une certaine continuité avec l'imposant mur en briques romaines de la basilique, on a employé un grès rougeâtre. L'aile sud rococo a également été touchée et raccourcie à l'ouest. Au départ, il avait été prévu de retirer l'aile afin que toute la façade sud de la basilique soit à nouveau libre. Cependant, cela aurait également nécessité de démolir l'escalier rococo, considéré comme précieux sur le plan artistique. On a alors abouti à un compromis architectural: la façade ouest de la basilique n'est que partiellement exposée et le palais électoral a été raccourci de plusieurs mètres, mais les escaliers ont été conservés. Il est également probable que ce compromis permettait de garder une certaine symétrie à l'aile Sud et, surtout, laisser intact l'avant-corps centrale. Une exposition complète de la façade Ouest de la basilique aurait effectivement nécessité une démolition partielle de cet élément (voir photo de la cour intérieure). L'aile Sud a donc été raccourcie par une coupe lisse de sorte que son côté Ouest se termine par un pignon triangulaire sans ornement et diffère donc également du côté Est avec son pignon en croupe. Cette inégalité n'est apparue qu'au début du quand on a encore raccourci les étages supérieurs du côté ouest.
Peu de salles souterraines ont été conservées. En particulier une cave à vin située sous la basilique. On l'a redécouverte, ainsi que d'autres vestiges de muraille et d'hypocauste, lors de fouilles effectuées au sous l'édifice romain. On peut maintenant les visiter depuis le centre de la basilique (nécessité de s'inscrire à l'avance).
À partir de 1871, le régiment d'infanterie rhénane n° 69 est cantonné dans ce qu'on appelait à l'époque la «caserne du palais»
Pendant la Première Guerre mondiale, elle a abrité l'hôpital de réserve n° III Lazarette in Trier arge-deutsche-geschichte.de (Motivgruppe Deutsche Geschichte).. Après la guerre, la caserne fut brièvement occupée par l'armée américaine, suivie par les Français en 1919, qui nommèrent la caserne "Quartier de la Marne", en souvenir de la bataille de la Marne. Le Palais électoral est ainsi resté une caserne jusqu'à la fin de l'occupation en 1930Adolf Welter: Trier in der Besatzungszeit 1918–1939. Petermännchen-Verlag der Trierer Münzfreunde, Trier 1992, , S. 15..
À partir de 1930: utilisation pour l'administration, l'église et les réceptions L'intérieur avait été profondément modifié en étant utilisé comme caserne et, mis à part les escaliers, presque rien du mobilier et des décorations d'origine n'avait survécu. Dans les années 1930, il était prévu de transformer le palais électoral en un grand musée dans lequel les collections modernes des musées de Trèves devaient être rassemblées. À cette fin, certains des espaces intérieurs ont été restaurés, mais les plans ont finalement été abandonnés en raison du début de la guerre. Cependant, on a pu redécouvrir certains restes de peintures et de stucs.