Charles-Adam de Bylandt-Palstercamp, né le à La Haye et mort le à Laon, est un militaire français d'origine néerlandaise.
Biographie
Né à La Haye le , Carel Adam van Bylandt est l'un des fils d'Anna van der Duyn (1747-1798) et du comte Alexander van Bylandt (1743-1819). Le , il entre à l'école des cadets hollandais. Après avoir servi dans l'armée des Provinces-Unies, il en démissionne en 1795, après la fondation de la République bataveLacretelle, ., à l'instar de son frère aîné .
Contrairement à ce frère acquis à la cause orangiste, Charles de Bylandt se rallie quelques années plus tard à Louis Bonaparte, frère de Napoléon I et roi de Hollande, dont il devient lieutenant-officier d'ordonnance le . Au début de l'année 1807, il est l'écuyer de la reine consort Hortense de BeauharnaisLacretelle, .. Il accompagne notamment celle-ci à Cauterets, dans les Pyrénées, en juin-Lacretelle, ..
Au début de l'année 1808, Bylandt, qui a été nommé capitaine le précédent, est à nouveau auprès du roi à Utrecht et à La Haye. Le , il est promu au grade de lieutenant-colonel. Le , il est nommé colonel au sein des gardes du corps à cheval. Il passe ensuite à l'état-major de l'armée puis au régiment de chasseurs, le , à la veille de l'annexion du royaume de Hollande par l'Empire français.
Entre août et , « prévenu de manœuvres contre la sûreté de l’État », Bylandt est brièvement incarcéré au donjon de Vincennes avant d'être relâché et autorisé à regagner son régiment stationné à Metz, où il reste quelque temps sous haute surveillance. Malgré cet épisode étrange, il obtient en 1811 la citoyenneté française ainsi que la confirmation de son grade de colonel dans l'armée française. L'année suivante, Louis le reprend à son service.
Pendant la retraite de Russie, en 1812, Bylandt est adjudant-commandant et chef de l'état-major de la division de cavalerie légèreBulletin de la Société archéologique, historique littéraire & scientifique du Gers, 2 trimestre 1956, -186..
Fait prisonnier pendant la campagne de 1813, Bylandt est libéré sur parole à Hambourg. En 1815, pendant les Cent-Jours, il aurait rejoint la cour de Louis XVIII à Gand. Deux ans plus tard, il demande et obtient sa réintégration dans l'armée française, avec le grade de colonel d'état-majorLacretelle, ..
En 1821, Bylandt est à nouveau étroitement surveillé car les autorités de la Restauration ont découvert qu'il retrouvait chaque année Hortense de Beauharnais en Italie ou à Arenenberg.
Habitant depuis 1819 à Paris, où il surveillait les études d'un fils naturelCe fils naturel serait Charles de Bylandt, officier dans le second bataillon de chasseurs et chevalier de l'ordre militaire de Guillaume (L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 10 septembre 1906, col. 342)., puis à Bréda, il meurt à Laon le . Il était chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre de l'Union et commandeur titulaire de l'ordre des Quatre Empereurs et de l'ordre du Mérite du Lion de Holstein-LimbourgArchives départementales de l'Aisne, état civil de Laon, registre des décès de 1857, acte (vue 194 sur 253)..
Père biologique de Napoléon III ?
En 1864, l'historien a écrit que l'empereur Napoléon III, fils de Louis Bonaparte, est en réalité l'enfant naturel du comte de Bylandt et de Hortense de Beauharnais. Il fonde cette affirmation sur des propos de son grand-oncle, , ambassadeur russe à la cour du roi Louis de Hollande, qui auraient été rapportés par le prince Élie Dolgoroukov puis confirmés par le comte Bloudov, secrétaire de la légation russe en Hollande en 1808Dolgoroukov, ..
Soixante-dix ans plus tard, étudie cette hypothèse dans un article publié dans la Revue de Paris. Tout en reconnaissant l'absence de preuve décisive, il constate que Napoléon III aurait dû être conçu vers le 25- si sa naissance, 270 jours plus tard, n'avait pas été prématurée. Or, dans la nuit du 25 au , Hortense dormait dans une auberge de Gavarnie, accompagnée de quelques proches et suivants, mais loin de son mari, parti pour Ussat depuis le et qu'elle n'a retrouvé que le suivant à ToulouseLacretelle, .. Hortense pourrait avoir voulu brouiller les pistes en précisant, dans ses Mémoires, qu'elle aurait auparavant renvoyé Bylandt en Hollande, inquiète pour la sécurité de son écuyer, ce dernier ayant fait « plusieurs chutes dangereuses en s'obstinant à [la] suivre à travers des routes trop difficiles pour son âge »Hortense de Beauharnais, .. Or, Bylandt n'avait que dix ans de plus que la reine et était dans sa année au moment de cette excursion.
D'autres hommes, également présents dans l'entourage d'Hortense à Gavarnie ou à Cauterets en , auraient pu être le père biologique de Napoléon III. On cite notamment Élie Decazes et l'amiral Ver Huell. Dans sa biographie du dernier empereur français, Pierre Milza estime qu'« aucune de ces hypothèses n'est à rejeter de manière définitive mais aucune [...] n'emporte davantage la conviction » et que, pour la plupart des historiens, dont Louis Girard, « l'hypothèse la moins improbable reste celle de la paternité du roi Louis »Milza, ..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Hortense de Beauharnais, Mémoires de la reine Hortense, t. I, Paris, Plon, 1930, (consultable en ligne sur Gallica). , La France sous le régime bonapartiste, t. I, Londres, Tchorzewski, 1864, (consultable en ligne sur Gallica). , « La naissance de Napoléon III », Revue de Paris, , (consultable en ligne sur Gallica). Pierre Milza, Napoléon III, Paris, Perrin, 2004, .
Liens externes
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