La politique étrangère de Cuba désigne l’ensemble des relations internationales de la république de Cuba depuis son indépendance reconnue le , à la suite de la guerre d'indépendance cubaine remporte contre le Royaume d'Espagne.
Cuba est actuellement un pays chef de file au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, membre fondateur de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques, membre de la Communauté d'États latino-américains et caraïbes, de l'Association latino-américaine d'intégration et des Nations unies. Cuba est membre du Mouvement des non-alignés et a accueilli son sommet de . De plus, en tant que membre de l'Association des États de la Caraïbe (AEC), Cuba a été reconduit à la présidence du comité spécial sur les questions de transport pour la région des Caraïbes.
Depuis 2009, le ministre des Affaires étrangères de Cuba est Bruno Rodriguez Parrilla.
Chronologie des relations
Indépendance Les luttes pour l'indépendance remontent au milieu du avec la guerre des Dix Ans qui débuta en 1868 ; Les États-Unis intervinrent dans la guerre d'indépendance cubaine, qui avait fait depuis 1895 (soit 1/8 de la population), lors de la guerre hispano-américaine. Ils occupèrent ensuite l'île de 1901 à 1902, puis de 1905 à 1909, et poursuivent leur ingérence les années suivantes.
En 1924, Gerardo Machado devient président de Cuba avec le soutien des États-Unis, et dirige le pays d'une main de fer jusqu'en 1933, supprimant la liberté de la presse et réprimant l'opposition. vignette|Le dictateur cubain Fulgencio Batista en mars 1957 Le milieu du est marqué par les deux mandats de Fulgencio Batista (1940-1944 et 1952-1959), arrivé une première fois au pouvoir de manière démocratique, puis par un Coup d'État. Son régime est pro-américain.
Révolution et guerre froide En 1959, Fulgencio Batista est renversé par Fidel Castro lors de la révolution cubaine, qui réoriente la politique cubaine vers l'Union soviétique. Par la suite, du 17 au les États-Unis organisent une tentative de débarquement à la baie des Cochons de 1400 réfugiés cubains, qui se solda par un échec. Les États-Unis mettent alors en place un embargo économique en 1962, mais renoncent à toute invasion de Cuba.
Le pays est longtemps soutenu par l'URSS en échange de son alignement sur sa politique.
Le mois d' est marquée par la crise des missiles de Cuba et qui ont opposé les États-Unis et l'Union soviétique au sujet des missiles nucléaires installés à Cuba, pointés en direction du territoire des États-Unis. Cette crise qui mène les deux blocs au bord de la guerre nucléaire, est finalement désamorcée par des négociations conduisant au retrait de ces missiles.
Le statu quo caractérisé par l'embargo américain et le soutien de l'URSS perdure jusqu'à la fin de la guerre froide.
Réchauffement des relations avec les États-Unis Fidel Castro dirige Cuba jusqu'au puis son frère Raúl Castro Ruz est élu le lui succède après avoir assuré l'intérim pendant deux ans. La même année, Barack Obama est élu président des États-Unis et engage une détente avec Cuba..
En , le Congrès des États-Unis autorise les citoyens américains d'origine cubaine à se rendre à Cuba une fois par an ; puis, le , le Barack Obama annonce la fin des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Cubano-Américains vers l'île. Il est toujours interdit d'envoyer de l'argent à des membres de la fonction publique ou de l'armée cubaine, et l'embargo est, pour sa plus grande partie, maintenu.
Le , les deux pays annoncent conjointement la reprise de leurs relations diplomatiques, impliquant un assouplissement de l'embargo américain sur Cuba.. À cette occasion, les trois agents cubains toujours emprisonnés aux États-Unis sont libérés.
Le , les bâtiments qui abritaient jusqu'à présent les sections d’intérêts dans chaque capitale ont retrouvé leur statut d’ambassade.. Les employés ont été accrédités auprès de ces dernières et les chefs de mission sont devenus chargés d'affaires, en attendant la nomination d'ambassadeurs.
Le , le président américain Barack Obama fait une visite officielle à Cuba. C'est la première fois depuis 1928 qu'un président américain en exercice se rend sur le sol cubain..
Les relations entre les deux pays se détériorent après l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. La nouvelle administration cite Cuba comme partie intégrante de la « troïka de la tyrannie » (au côté du Venezuela et du Nicaragua) en Amérique latine.. Des sanctions économiques sont dirigées vers l'ile, notamment de fortes restrictions de l'activité touristique.
Relations avec le continent américain
Relations avec les États-Unis
vignette|Theodore Roosevelt, 26ème président des États-Unis élu en 1901, participe en tant que colonel à la guerre d'indépendance cubaine. Photo prise à Cuba, en compagnie du journaliste Davis en 1898. Les États-Unis interviennent à partir de 1898 dans la guerre d'indépendance cubaine, soutenant les insurgés contre l'Espagne. Les troupes espagnoles vaincues, les Américains instaurent en un gouvernement militaire d'occupation à La Havane.
L'indépendance de Cuba est reconnue, mais l'amendement Platt, adopté en , établit de facto un protectorat américain sur Cuba et octroie à Washington les bases de Guantánamo et de Bahia Honda. Les troupes américaines se retirent en 1902 mais investissent à nouveau le pays en 1906 pour mettre fin à des troubles politiques. Elles administrent le pays jusqu'en 1909. L'armée américaine est de retour en 1912 après une révolte des ouvriers agricoles ; la répression fait des milliers de morts.
Dans la deuxième moitié de , Cuba se détourne des États-Unis après la révolution pour se rapprocher de l'Union soviétique. Lors de son arrivée au pouvoir, Fidel Castro effectue son premier voyage officiel à WashingtonTangui Pennec (Agrégé de géographie, Institut français de géopolitique (CRAG-Paris 8).) Yves Lacoste. La géopolitique et le géographe. Il rencontre en le vice-président Richard Nixon à la Maison-BlancheRencontre historique entre chefs des diplomaties US et cubaine Capital, 10 avril 2015.
Dwight D. Eisenhower, accorde en 1960, de dollars pour créer un camp d'entrainement au Guatemala destiné à former des combattants anticastristes. Le débarquement de la baie des Cochons, mené en avril est cependant un échec. Le ministre cubain des Affaires étrangères, Raúl Roa García, demande l'aide de l'Organisation des Nations unies, affirmant que son pays avait été attaqué par « une force mercenaire organisée, financée et armée par le gouvernement des États-Unis, en provenance du Guatemala et de la Floride. » L'ambassadeur américain réfuta ces accusations, qu'il qualifia de « totalement fausses ». L'ambassadeur britannique apporta son soutien aux États-Unis : « Le gouvernement britannique sait par expérience qu'il peut faire confiance à la parole des États-Unis. »
Les premières mesures de rétorsion économique — la réduction des importations de sucre en provenance de l’île — ont été imposées à Cuba en 1960 en raison des nationalisations décidées par le gouvernement cubain.
Entre 1959 et 2015, le déficit migratoire cumulé dépasse le million, soit 12 % de la population moyenne durant cette période. Les quatre cinquièmes des Cubains se réfugient aux États-UnisCuba : histoire d’un exode Population & Avenir : . Pour favoriser l'émigration des Cubains, la CIA répand des rumeurs dans l'ile. La première d'entre elles fut un projet de loi qui prévoyait que le gouvernement cubain enlève aux parents la garde légale de leurs enfants. Cette fausse information permet en 1962 l'envoi, par leurs parents, de quelque aux États-Unis dans un exode connu sous le nom d'« opération Peter Pan ».
En , les États-Unis annoncent la reprise totale de délivrance de visas d'immigration pour les Cubains désirant s'installer aux États-Unis, dans un contexte de nouvel exode record vers ce pays, mais sans que se dessine une normalisation des relations avec l'île communiste. De nombreux Cubains profitaient depuis fin 2021 de l'exemption de visa au Nicaragua, un allié de La Havane, pour tenter ensuite de rallier les États-Unis. Sur l'ensemble de l'année 2022, plus de 326.000 Cubains, soit 3 % de la population de l'île, sont ainsi entrés illégalement aux États-Unis, selon les autorités américaines.
Relations avec la Bolivie En , la Bolivie annonce la suspension de ses relations diplomatiques avec Cuba après que le chef de la diplomatie cubaine Bruno Rodriguez, ait qualifié Jeanine Añez, présidente par intérim de Bolivie après le renversement d'Evo Morales, de "putschiste autoproclamée".
Relations avec la Colombie En , La Havane accueille les accords de paix entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie.
Relations avec le Venezuela
Pendant les années de guérilla menée par Fidel Castro pour renverser le dictateur Fulgencio Batista, de nombreux actes de solidarité vénézuélienne avec le Mouvement du 26 juillet ont lieu. Après la chute du dictateur venezuelien Marcos Perez Jimenez le , une collecte parmi la population vénézuélienne amasse , ainsi que beaucoup d'armes et de munitions. Des radiodiffuseurs vénézuéliens ont l'initiative de retransmettre les bulletins de guerre de Radio Rebelde via Radio Rumbos et Radio Continent, ce qui permit de connaître les avancées des guérillas castristes et les revers du dictateur Batista.
En 1959, Fidel Castro sollicite le président vénézuélien Rómulo Betancourt pour obtenir son appui et l'obtention de pétrole. À la suite du refus ce celui-ci Cuba arme les groupes d’extrême gauche qui combattent Romulo Betancourt pour le renverser. Après l'implosion de l'URSS, Cuba renoue avec le Venezuela. Ainsi en 1992, Fidel Castro apporte son soutien au président Carlos Andrés Pérez et condamne le coup d'État manqué du lieutenant colonel Hugo Chávez. Ce dernier est emprisonné puis libéré deux plus tard.
Quand le nouveau président du Venezuela s'éloigne de Cuba, Fidel Castro invite Hugo Chávez à La Havane, les deux hommes sympathisent. En 1998 Hugo Chávez arrive au pouvoir à CaracasCrise au Venezuela: pas de paix sans Cuba RFI, 11 août 2017. Hugo Chávez décrit Fidel Castro comme son « mentor » et parle de Cuba comme « une démocratie révolutionnaire Venezuela ends upbeat Cuba visit, BBC News, 24 août 2005 ».
Dans les années 1980, le futur président du Venezuela, Nicolás Maduro suit une formation à l'école des cadres du Parti communiste de Cuba destinée à former les futurs révolutionnaires d'Amérique latine. Il reçoit des cours de philosophie marxiste et d'économie politique, il apprend l'histoire de l’Amérique latine, des révolutions mexicaine et cubaineMaduro saigne le Venezuela L'Express, 3 août 2017Paulo A. Paranagua (journaliste au "Monde") Comment Nicolas Maduro est devenu l’élu de Cuba au Venezuela.
Les relations bilatérales s'accentuent notamment sur une aide au développement, une coopération entre les entreprises, des transactions financières, l'échange des ressources énergétiques et des technologies de l'information et de la communication dans les domaines des services de renseignement et militaires. Une caractéristique des échanges Cuba-Venezuela est que les biens sont peu coûteux pour le pays d'exportation, mais d'une grande importance pour le pays importateur.
Relations avec Haïti
À la suite de la révolution cubaine, le dictateur haïtien François Duvalier rompt ses relations diplomatiques avec Cuba sous la pression de l’Organisation des États américains. En 1977, malgré l'absence de relations diplomatiques officielles, les nations des Caraïbes signent un accord de frontière maritime entre Cuba et Haïti établissant la frontière maritime officielle dans le passage au vent. Jean-Bertrand Aristide et Fidel Castro conviennent de rétablir les relations en 1997 et plus tard au cours de cette même année, une ambassade de Cuba a ouvert ses portes à Port-au-Prince.
sont d'origine haïtienne faisant du créole haïtien la deuxième langue la plus parlée du pays.