vignette|Reste d'une roquette Katioucha de fabrication russe, dans la ville de Kiryat Shmona en 1969 Le soutien au terrorisme palestinien décrit les soutiens à l'utilisation du terrorisme par des groupes (ou des individus) palestiniens, dans le contexte du conflit israélo-palestinien, du nationalisme palestinien et de l'islamisme.

Ce soutien par des États se caractérise par de l'entraînement et des opérations; du soutien financier, en armement et en logistique; du soutien diplomatique ; du soutien dans l'organisation; du soutien idéologique ; et par des aides ou un refuge sur leurs territoires.

Des groupes terroristes/insurgés dans le monde, ont participé au terrorisme palestinien. Relations et collaborations avec des groupes terroristes/insurgés Le mouvement palestinien, c'est montré particulièrement ouvert à la collaboration avec des groupes terroristes extérieurs. Selon Nathalie Cettina, l'organisation El-Fatah fournie a des terroristes européens, moyen-orientaux et asiatiques sa capacité d'entraînement, et internationalisent ainsi la pratique terroristeCettina, Nathalie., Terrorisme : l'histoire de sa mondialisation, Harmattan, 2002 , . Le terrorisme international palestinien servira de modèle à ces groupes.

Bruce Hoffman décrit durant la période de la fin des années 1960 jusqu'au milieu des années 1970, le développement d'un « terrorisme de substitution ». Des actes sont perpétrés par des groupes terroristes agissant sur ordre de l'OLP, ou par des groupes qui manifestent une « solidarité révolutionnaire » avec le mouvement palestinien, souvent en contrepartie d'un soutien financier et logistique. En particulier des groupes européens, latino-américains ou encore libanais mènent des attaques contre des cibles juives israéliennes.

L'OLP entraîne ces groupes dans des camps d'entraînement au Liban et au Sud YémenDemocracy and Terrorism: Friend or Foe? Leonard Weinberg. Routledge, 2013. En particulier L'organisation néo-fasciste turque, Loups gris, devient la première à s'entraîner dans les camps palestiniens du Liban. Beaucoup des membres du groupe vivent dans le camp de Tel al-Zatar durant les années 1960, avant l'arrivée de Cubains, Somaliens et Pakistanais. L'un d'entre eux tente d'assassiner le pape Jean Paul II le . L'OLP accueille dans ses camps d'entrainement également des terroristes suédois, norvégiens et danoisBaracskay, Daniel, The Palestine Liberation Organization : Terrorism and Prospects for Peace in the Holy Land., ABC-CLIO, 2011 , . L'OLP facture jusqu'à 10,000$ pour un programme de six semaines d'entraînement.

Durant les années 1970 et 1980, des terroristes occidentaux et d'Amérique latine, ont fréquemment trouvé refuge dans les camps terroristes palestiniens, en particulier après avoir commis leurs attaques.

Durant les années 1970, le gouvernement turc réprime ses groupes terroristes/insurgés, qui sont alors dans l'impossibilité de se rendre aux camps d'entraînement.

Le FPLP établit des liens solides avec des groupes terroristes européens dès les années 1960, en offrant des entraînements dans ses bases en Jordanie (dont FAR et ETA). Le FAR collabore en particulier avec le FPLP.

Des attentats en Europe sont facilités par le partenariat avec l'OLP, comme pour l'attentat de la synagogue rue Copernic. Salah Mesbah Khalaf, chef de l'OLP, organise avec des terroristes allemands et italiens deux massacres en 1980 : l'un le l'attentat de la gare de Bologne, tuant 85 personnes et en blessant 200 et le second le , dans un pub de Munich durant l'Oktoberfest tuant 13 personnes et en blessant 300.

D'autres activités de collaboration avec les groupes palestiniens, comme le Fatah ou le FPLP, concerne les infrastructures de ses réseaux terroristes, qui leur permettent d'assister d'autres groupes en leur fournissant des faux documents.

Les groupes palestiniens recrutent également à l'étranger. Le FPLP recrute des Japonais, des Allemands, des Scandinaves, d'autres Européens et des Iraniens. Le FPLP-CG recrute pour sa part des Libyens, des Érythréens, des Syriens et des Tunisiens.

Le terrorisme palestinien a également bénéficié du soutien de groupes étrangers, comme de celui de l'armée rouge japonaise pour la piraterie aérienne de 1970 à 1973, ainsi que celui d'organisations d'extrême gauche allemandes, tel que la Fraction armée rouge pour l'attentat de Munich de 1972 ou bien le Mouvement du 2 juin avec Carlos le Chacal pour la séquestration des ministres de l'OPEP.

Après sa participation à la Conférence tricontinentale, en Arafat rencontre Fidel Castro à Alger et participe à l'entraînement des groupes de guérillas d'Amérique latine. Au Nicaragua, l'OLP arme les Sandinistes, qui persécute la minorité juive qui se retrouve expulsée avec ses biens réquisitionnés. Dans ses camps d'entrainement du Liban, l'OLP accueille plus de 40 différentes organisations terroristes|, dont des groupes nationalistes comme Commandos des justiciers du génocide arménien ou encore le PKK.

Le le « Commando Mohamed Boudia » fait 20 blessés dans l'attaque ratée de l'avion d'une compagnie israélienne. Le , un groupuscule fait exploser une bombe à la banque Leumi de Paris sans faire de victimes.

En particulier :

La Fraction armée rouge (FAR) d'Allemagne de l'Ouest, fournit aux terroristes palestiniens un soutien logistique pour commettre l'attentat de Munich. Par la suite des Allemands participent également à des attentats palestiniens, comme celui de 1975 contre le rassemblement de l'OPEP à Vienne, le détournement de l'avion El Al à Entebbe en 1976 et celui de Lufthansa à Mogadishu l'année suivante. En 1985, la Fraction armée rouge s'inspire de l'OLP et tente de créer une organisation faîtière avec les autres groupes terroristes « anti-impérialistes » européens. L'organisation reçoit un soutien des Palestiniens mais aussi depuis l'URSS. Le groupe participe aussi à une attaque ratée de dissidents du FPLP avec Carlos sur le sol français, le à Orly blessant 3 personnes.

Les Brigades rouges italiennes quant à elles, entretiennent des relations avec une faction palestinienne pour des trafics d'armements, mais ils affirment garder leur distance avec ces groupes étrangers.

Le groupe terroriste français Action Directe dirige sa violence contre les intérêts américains et en solidarité du nationalisme palestinien. En outre ce groupe attaque à l'arme à feu la mission commerciale israélienne le , l'ambassade d'Israël le et la voiture d'un diplomate israélien le . Le groupe commet par la suite des attaques à la bombe, le contre une société israélienne à Paris faisant un blessé grave et le en faisant sauter une bombe avec le FARL sous la voiture d'un diplomate israélien devant le lycée Carnot à Paris, faisant 51 blessés (ou une centaine de victimes). Le FARL (lié au FPLP-OE) commet deux assassinats, contre un diplomate américain, Charles R. Ray en janvier suivi en avril par celui d'un diplomate israélien, Yaakov Barsimantov.

L'IRA qui commet des attentats à la bombe spectaculaires établit des relations avec l'OLP situé en LibyeBurleigh, Michael., Blood and rage : a cultural history of terrorism, HarperPerennial, 2010 , .

Fusako Shigenobu de l'armée rouge japonaise établit des liens étroits avec le FPLP. Le groupe commet l'attentat de l'aéroport de Lod après avoir été formé par le FPLP à Baalbeck. Toutefois, le groupe renonce au terrorisme en 1982, n'ayant pas reçu de soutien international à sa causeChalk, Peter., Encyclopedia of terrorism, ABC-CLIO, 2012 , .

En 1979, le dirigeant de l'ETA va jusqu'à déclarer : « Nous nous considérons comme partie intégrante de la lutte palestinienne. Nous avons un ennemi commun ».

Les Tigres de libération de l'Îlam tamoul nouent des liens fort avec les groupes palestiniens, en vendant de nombreuses armes à ses groupes.

Les organisations Septembre noir, Abou Nidal et le FPLP engagent quant à eux des liens avec le terrorisme arménien de l'ASALA, ou encore avec le terrorisme français des années 1980. En 1980, le groupe Fractions armées révolutionnaires libanaises(FARL) est fondé par Georges Ibrahim Abdallah au Liban, ce dernier ayant épousé la cause palestinienne et ayant appartenu au FPLP puis au FPLP-OE. Le groupe se livre à une série d'attentats en particulier en FranceGilles Ferragu [archive], Histoire du terrorisme, Perrin, 2014.

Plus récemment des collaborations avec des groupes de crime organisé sont relevées par les agences de renseignement européennes. Notamment en 2001, mettent en cause des groupes de crime organisé d'Italie dans la fourniture d'armements à des groupes palestiniens. En 2002, les autorités italiennes décrivent une relation de réciprocité entre ces groupes, les uns reçoivent de l'armement, tandis que les autres soutiennent le trafic de stupéfiants des seconds.

De l'extrême droite La collaboration entre les groupes d'extrême-droite européens et les groupes palestiniens se poursuit après la Seconde Guerre mondiale. En particulier : L'OLP recrute en 1969 deux anciens nazis, Erich Altern de la Gestapo et Willy Berner, SS du camp d'extermination de Mauthausen. Le nazi Johann Schuller fournit des armes au Fatah et le néo-nazi Belge Jean Tireault du groupe La Nation Européenne du financement. Le néo-nazi Belge Karl van der Put recrute des volontaires pour l'organisation palestinienneDavid Patterson, A Genealogy of Evil, Cambridge University Press, 2009, p. 25 . Dans les années 1970, Udo Albrecht, un criminel allemand qui combat avec les groupes palestiniens lors de Septembre noir en Jordanie à la tête d'une milice de néofascistes appelée le Freikorps Adolf Hitler, met en contact Karl-Heinz Hoffmann (dirigeant du groupe terroriste Wehrsportgruppe Hoffman) avec l'OLP basé au Liban. 20 terroristes de son groupe terroriste néonazi Wehrsportgruppe Hoffmann sont entraînés dans les bases de l'OLP au Liban. Des néofascistes allemands aident les groupes palestiniens à commettre des attaques terroristes. Par exemple en 2012, Der Spiegel révèle que deux néofascistes allemands, Willi Pohl et Max Abramowski, avaient aidé le groupe Septembre noir dans le massacre de Munich en 1972, en transportant les terroristes et en les aidant à obtenir des passeports. Le financier suisse François Genoud, allié des nazis, devient un soutien financier majeur du FPLP, ainsi qu'un ami proche de son fondateur, George Habbash, et du fondateur de Septembre noir, Ali Hassan Salameh. Il révèle en fin de vie au journaliste français Pierre Péan, avoir été impliqué dans le détournement du vol 649 de la Lufthansa par des Palestiniens en 1972, qui avait parmi les passagers à bord Joseph P. Kennedy II. En , Karl-Heinz Hoffmann est arrêté et jugé pour le meurtre de Shlomo Levin et Frieda Poeschke avec deux acolytes Allemands. Après la dissolution du groupe terroriste, un néofasciste allemand du groupe, Odfried Hepp, est formé au Liban par des membres de l'OLP, et mène en 1982 des bombardements meurtriers contre des bases militaires de l'OTAN en Allemagne. Il est arrêté en 1985 par les autorités françaises alors qu'il pénétrait dans un appartement appartenant à un membre du FPLP. Sa libération est exigée par des terroristes palestiniens lors de la prise d'otage de l'Achille Lauro. En 1985, le skinhead anglais Michael Davison collabore avec deux terroristes de l'OLP pour tuer trois Israéliens près de Larnaca, à Chypre.

Soutien d'États Situation dans le monde arabe L'OLP bénéficie d'un soutien particulier alors que l'organisation est soutenu par de nombreux pays arabes, au contraire des mouvements séparatistes ou insurrectionnels nationalistes comme ceux des Kurdes, des Cachemiris ou des Sikhs qui n'ont pas obtenu un tel soutien.Michel, Quentin., Terrorisme : regards croisés, PIE-P. Lang, 2005 , , p. 24-26.