La guerre d'indépendance des États-Unis (en anglais : American War of Independence), également désignée aux États-Unis comme la guerre de la révolution américaine (American Revolutionary War), qui oppose les Treize Colonies, un groupe de colonies frontalières d'Amérique du Nord, au royaume de Grande-Bretagne, de 1775 à 1783, est l'un des processus de la révolution américaine qui voit les États-Unis s'émanciper de l'Empire britannique et accéder à l'indépendance en fondant une république fédérale.
Après sa victoire à la guerre de Sept Ans, le Royaume-Uni s'est imposé comme la première puissance coloniale mondiale. Néanmoins, sa situation financière est catastrophique. Afin d'y remédier, George III met en place des taxes visant les Treize Colonies comme le Stamp Act en 1765, finalement abrogées en 1766 à cause de la colère engendrée dans les colonies. En effet, de plus en plus de colons américains commencent tout juste à refuser d'obéir à ce gouvernement lointain qui leur impose des taxes, jugées injustes. De plus, les Treize Colonies ne sont pas représentées au Parlement britannique, d'où la célèbre phrase . En outre, les Américains souhaitent une plus grande autonomie politique et commerciale. Le massacre de Boston (1770) et la Boston Tea Party (1773) cristallisent les tensions. Finalement, le Royaume-Uni, craignant une insurrection armée, organise une saisie d'armes dans les colonies. Celle-ci dérape dans le Massachusetts, ce qui conduit aux batailles de Lexington et Concord en 1775. La guerre d'indépendance est déclarée. Le de l'année suivante, à Philadelphie, les Américains proclament leur indépendance sous le nom d'« États-Unis d'Amérique ».
À la suite de la bataille de Saratoga (1777), d'autres puissances européennes rejoignent le peuple américain, notamment la France. Celle-ci fournit des soldats, du matériel, des dons et des prêts aux insurgés. Elle s'engage ensuite officiellement en 1778. L'aide française navale et terrestre et le soutien de ses alliés contribuent à la victoire américaine, notamment à la bataille de Yorktown qui poussa les Britanniques à rendre les armes et à accepter l'indépendance des États-Unis avec le traité de Paris de 1783.
En 1789, George Washington, commandant de l'armée continentale durant le conflit, devient le premier président des États-Unis d'Amérique. Le principal fondement de la nouvelle nation américaine est alors le principe de liberté des individus. En réalité, les femmes, les esclaves, les Noirs libres et les Autochtones sont les grands exclus de la Déclaration des droits et demeurent les oubliés de la révolution américaine.
Origines de la rupture avec la métropole vignette|300px|Les treize colonies qui entrèrent en rébellion avec leur métropole.
Lois controversées La guerre de Sept Ans (1756-1763), connue pour ses combats en Amérique du Nord sous le nom de French and Indian War, opposa la Grande-Bretagne à la France et à l'Espagne. Ce conflit vida les caisses de la Couronne britannique. Londres décida alors de faire supporter une partie des frais de guerre aux colons américains. Le Parlement britannique imposa de nouvelles taxes en votant une série de lois qui provoquèrent le mécontentement de ceux-ci (Sugar Act en 1764, Stamp Act en 1765, Townshend Acts en 1767, Tea Act en 1773). Ils refusèrent de payer parce qu'ils n'étaient pas représentés politiquement à la Chambre des communes à Londres, revendication résumée dans le slogan .
Avec la proclamation royale de 1763, le gouvernement britannique empêcha également les colons des treize colonies d'étendre leurs territoires à l'ouest des monts Appalaches afin, entre autres, d'éviter les conflits avec les Autochtones.
Contentieux économique et social Les colons américains, en particulier les marchands des ports de la Nouvelle-Angleterre, reprochaient à la Grande-Bretagne sa politique commerciale : le trafic de certaines marchandises comme le thé était réservé aux navires britanniques, en vertu du monopole en vigueur. D'autre part, dans le but d'atrophier l'économie américaine, les Britanniques en vinrent à interdire à leurs colonies de vendre leurs produits à un autre pays que la Grande-Bretagne, car l'on estimait que si les colons avaient le droit de vendre leurs produits comme bon leur semblait et à qui bon leur semblait, les treize colonies américaines regorgeraient d'argent, qui ne profiterait pas à la couronne.
Rapport de force avant 1778 gauche|vignette|redresse=1.1|Hessois durant la guerre d'indépendance des États-Unis.
Planteurs et puritains d'un côté, Écossais, Noirs et Autochtones de l'autre Certains historiens affirment que la révolution américaine fut une guerre civile entre loyalistes et patriotes.
Dès la proclamation d'indépendance du , chacun dut choisir. Les favorables à l'indépendance furent appelés « Americans », « Patriotes », « Insurgents » ou encore « Congressistes ». Les autres furent appelées « loyalistes » ou les « hommes du roi »: le mot « Tory » était rarement employé..
Le Congrès disposait de 40 à 45 % d'opinions favorables dans la population. Les loyalistes, représentant 15 à 20 % de la population, étaient partisans du roi George III durant la guerre. Quelques-uns (particulièrement dans les Carolines) changèrent de camp.
Les descendants des puritains de Nouvelle-Angleterre, les planteurs de la côte dans le Sud, et les « Scots-Irish » d'Ulster de l'arrière-pays ont soutenu les patriotes. La très grande majorité des esclaves noirs libérés et des Autochtones étaient de l'autre côté, de même que les immigrants récents d'Angleterre et les Écossais des Highlands, implantés dans le piémont des Appalaches, qui ont eux soutenu les loyalistes.
Les quakers de Pennsylvanie, généralement pacifistes, ne voulaient pas combattre.
Forces américaines contre forces britanniques
Au départ, les insurgés n'avaient qu'une petite armée de et l'essentiel des forces reposait sur des milices : en 1775, le général Gage disposait d'une armée d'environ trois-mille-cinq-cents hommes dans le Massachusetts, alors que l'armée britannique pouvait aligner au plus quarante-neuf-mille hommes, en dehors des milices.
Tout le monde n'étant pas favorable à la guerre, créer une armée était difficile. Dans un premier temps, cette armée n'était que des milices des États américains ; mais ces dernières, composées de vétérans de la French and Indian War aussi bien que de fermiers et autres volontaires, s'entraînaient une à deux fois par semaine sous le commandement d'ex-officiers de l'armée britannique. Le refus du Congrès de l'aider frustrait George Washington. Ses hommes avaient désespérément besoin de tentes, de chaussures, de nourriture, de fusils et de munitions.
Former une véritable armée était le premier objectif de George Washington. Les Britanniques pensaient que les forces américaines n'étaient que des rebelles désorganisés. Une victoire décisive et les Américains se rendraient. Au contraire, le seul but de George Washington était de survivre, de remporter quelques petites victoires et d'éviter une lourde défaite.
Le Congrès continental nomma George Washington commandant en chef de l'armée continentale (qui deviendra après guerre l'United States Army). Washington avait été, de longues années durant, officier de la milice de Virginie, opérant notamment lors de la guerre de Sept Ans, contre les Français du Canada. Bien que plus de Sur l'importance numérique des armées, . servissent du côté américain, l'armée ne dépassa jamais hommes, et Washington n'en commanda directement pas plus de Dans l’, l'historien avance le chiffre maximal de américains. Pour Christopher Duffy , l'effectif maximum devait être de treize mille insurgés.. Au total, hommes ont servi dans l'armée continentale tout au long de la guerre, tandis que les milices coloniales ont mobilisé pour leur part environ hommes. L'armée américaine était cependant bien moins organisée que l'armée britannique : moins disciplinée, elle subit de nombreuses désertions et la solde restait aléatoire.
La Grande-Bretagne dispose en Amérique du Nord de soldats britanniques et de soldats loyalistes. Ces forces sont renforcées par auxiliaires ou mercenaires allemands loués par leurs souverains
Au sein de l'Amérique britannique continentale les autres colonies restèrent fidèles à la Grande-Bretagne : la province de Québec, la province de Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve la Floride occidentale et la Floride orientale. Dans ces deux dernières, peu peuplées, les Britanniques recrutèrent des Séminoles.
Les dizaines de milliers d'esclaves noirs libérés par les Anglais
La guerre d'indépendance des États-Unis a été considérée par des historiens américains comme « l’occasion du plus grand soulèvement d’esclaves de notre histoire »"Deep Souths: Delta, Piedmont, and Sea Island Society in the Age of Segregation" par J. William Harris, éditions Johns Hopkins University Press, en 2003, (finaliste du prix Pulitzer) cité par lui-même plus tard. Si la majorité des esclaves noirs travaillant dans les treize colonies ne furent pas affranchis, plusieurs dizaines de milliers se sont enfuis ou ont été libérés par les Anglais"La première proclamation d'émancipation n'a pas été signée par Abraham Lincoln", par Andrew Lawler, dans le National Geographic le 2 mars 2021 dans les deux Caroline, mais aussi en Virginie, en Géorgie ou encore dans le Maryland, en échange de leur enrôlement dans les combats. Parmi eux, 20 appartenaient au futur président américain Thomas Jefferson, planteur en Virginie.
Au total, "Loyalistes noirs en Amérique du Nord britannique" par L'Encyclopédie_canadienne le 25 mars 2019 . Parmi ce nombre, ceux qui ont réussi à s'enfuir définitivement furent plus nombreux que les volontaires pour combattre dans l'un ou l'autre camp. Environ un tiers des de la Géorgie et plus de de la Caroline du Sud se sont enfuis pendant la Guerre, en grande partie vers la Floride espagnole, comme les sont partis avec les Britanniques lors des évacuations de Savannah et Charleston. D'autres sont partis vers les bois et les montagnes de l'arrière-pays, où ils ont constitué des gangs hors-la-loi difficiles à traquer. Beaucoup sont morts de malnutrition et quelques uns furent capturés par des officiers et revendus. En 1786, deux ans après la guerre, pas moins de 100 esclaves en fuite vivaient dans une communauté sur une île de la rivière Savannah. Selon Jill Lepore, historienne à Harvard, c'est ce qui en faisant basculer les riches propriétaires d'esclaves contre l'Angleterre.
Les Anglais ont été les premiers à recruter des esclaves comme combattants dès les premiers jours de la guerre. Dès le , quand les premiers combats éclatèrent à Lexington et à Concord, plus au sud, le gouverneur de Virginie Lord Dunmore, menaça d’armer des esclaves pour contrer l'insubordination croissante des Blancs dans sa colonie et dans les mois qui suivirent il en recruta des centaines. En mai, des rumeurs circulent à Charleston à ce sujet et la milice de la Caroline du Sud est des Anglais en la matière. À peu près au même moment, des fugitifs se rassemblent sur l’île Sullivan, dans le port de Charleston, protégé par la flotte britannique, après qu'une attaque américaine contre l’île ait , les . En , lorsque la Caroline du Sud s'est déclarée indépendante de la Grande-Bretagne trois mois avant les treize colonies dans leur globalité, elle citera comme motif le fait que les Britanniques avaient et .