L'astrologie chinoise ( ; ; ou ) repose sur des notions astronomiques et calendaires traditionnelles fondées sur un cycle de douze années représentées par autant d'animaux, souvent associés aux rameaux terrestres ().

Ces douze animaux-signes () apparaissent dans l'ordre suivantCette énumération a été complétée selon les pictogrammes codés dans Unicode pour le zodiaque asiatique, dans la plage U+1F400..U+1F418 du bloc Symboles et pictogrammes (1F300..1F5FF ; table des caractères Unicode de ce bloc). : Rat ou Souris ; Bœuf ou Vache, Buffle d’AsieAu Vietnam. ; Tigre ; Lapin ou Chat ; Dragon ; Serpent (Petit Dragon à l'oral) ; Cheval ; Chèvre ou Mouton ; Singe ; Coq ou PhoenixAu Japon,l'onagadori. ; Chien ; Cochon ou SanglierAu Japon.En Thaïlande.

Depuis le , ils font partie de nombreuses cultures populaires. Aujourd'hui, beaucoup de personnes dans le monde connaissent leur signe chinois.

L'astrologie des 111 étoiles étant réservée à l'Empereur, la plupart des Chinois utilisent l'astrologie Bazi (). Elle fait commencer l'année le 4 ou le 5 février, au début du printemps (), et se base sur l'année, le mois, le jour et l'heure de naissance, chacun exprimé par deux caractères : un tronc céleste et une branche terrestre.

Selon d'autres systèmes, l'année débute à la fête du Printemps, une date mobile qui, selon la nouvelle Lune, tombe entre le 20 janvier et le 20 février.

Astrologie vignette|300px|Le zodiaque sino-asiatique.

La tradition rapporte que pratiquement dès l'origine, les souverains chinois ont réservé la pratique de l'astrologie des 111 étoiles, codifiée par l'empereur mythique Huang Di en 2637 avant notre ère, aux seuls astrologues de leur cour. En effet, ils craignaient que leurs adversaires mettent à profit des périodes néfastes pour les renverser. À cause de cette interdiction d'observer le ciel, certains systèmes ne tiennent presque plus compte des planètes : l'année débute ainsi non pas au premier jour de la nouvelle Lune de printemps, comme dans l'astrologie des 111 étoiles, mais le 4 ou le 5 février.

Agriculteurs pragmatiques, les anciens Chinois ont imaginé des dizaines de systèmes astrologiques proches de la numérologie, qui leur permettaient de déterminer les périodes favorables aux plantations et, plus généralement, aux actes de la vie quotidienne. On peut citer : le système des 28 demeures lunaires, qui ne tient compte que de la Lune ; l'astrologie des 9 étoiles utilisée en Feng Shui, basée sur un carré magique et un cycle de neuf années qui prend en compte les orientations de la Grande Ourse ; l'astrologie des quatre piliers du destin, qui combine les données astrales de la naissance (dont la date et l'heure) à cinq éléments, selon un ensemble complexe de binômes (annuel, mensuel, journalier et horaire) mis au point par Chen Xiyi () entre la fin des Tang et le début des Song. Connu sous le nom de ziweidoushu (), c'est-à-dire « données des maisons astrales Ziwei et Dou » (les plus influentes), ce système compose une sorte de fiche d'identité.

Principaux astres Les anciens astronomes chinois ont associé les cinq planètes principales aux cinq éléments, d'où elles tirent leur nom actuel : Jupiter est le Bois ; Mars est le Feu ; Saturne est la Terre ; Vénus est le Métal ; Mercure est l'Eau.

À ces planètes sont associées des couleurs symboliques : Le Vert attribué au Bois, en consonance avec Jupiter et le Dragon Vert, à l'est ; Le Rouge attribué au Feu, en consonance avec Mars et l'Oiseau Rouge, au sud ; Le Jaune attribué à la Terre, en consonance avec Saturne et le qilin (licorne chinoise), au centre - représentant l'équilibre, c'est aussi la couleur de l'Empereur ; Le Blanc attribué au Métal, en consonance avec Vénus et le Tigre Blanc, à l'ouest ; Le Bleu et le Noir attribués à l'Eau, en consonance avec Mercure et la Tortue Noire, au nord.

La position occupée au ciel par les planètes, le Soleil et la Lune appelés Yang et Yin suprêmes ( ; ), tout comme le passage éventuel de comètes au moment de la naissance, sont censés influencer la destinée.

Jupiter revêt une importance particulière car pour compter les années, c'est sa révolution, et non celle du Soleil, qu'on prend en compte jusqu’au milieu de la dynastie Han. Selon la religion traditionnelle chinoise, l’année qui commence appartient au dieu de cette planète, « Taisui » (). Tous ceux qui sont nés sous son signe doivent lui faire une offrande au temple pour s'attirer ses bonnes grâces.

Maisons astrales La zone autour de l’écliptique et de l’équateur céleste est divisée en 28 secteurs d'amplitudes inégales (), contenant chacun une étoile repère qui sert à repérer la position des astres dans le ciel. Bien que parcourus par la lune au cours du mois lunaire, le concept de maison lunaire a été créé par les astronomes indiens, et n'a pas été utilisé par les chinois. L’ensemble de ce « zodiaque chinois » est divisé en 4 quartiers xiàng (), représenté chacun par un animal totem. Leur position est déterminée à la tombée de la nuit le soir de l’équinoxe de printemps. Les noms des maisons lunaires, difficilement explicables, sont très anciens : ils ont été retrouvés sur des objets funéraires datant des Royaumes combattants, et pourraient remonter aux Zhou. Il est donc difficile de connaître leur signification originelle, car le caractère qui les désigne a pu changer de sens. Néanmoins certains semblent désigner une partie de l’animal totem, comme jiǎo ().

De manière générale, les noms des astérismes chinois sont assez différents de ceux des 88 constellations occidentales. Par exemple, le chariot d’Ursa major est appelé « Les sept étoiles de la grande cuillère » (), en référence à Beidou, la boussole traditionnelle de divination taoïste en forme de cuillère (). Le Baudrier d'Orion est connu sous le nom de shēn參 dont un sens est « trois » ; Orion représente donc les trois dieux de la Fortune, du bonheur et de la longévité.

Le quartier le plus au nord, dont l'animal totem, une tortue fantastique dont la carapace évoque une armure, s'appelle Xuanwu, « guerrier noir » (), est particulièrement important. Il renferme dans la maison dǒu le chariot de la Grande Ourse (dǒu du nord) et l’astérisme nándǒu (dǒu du sud) dans le Sagittaire qui gouvernent les naissances et les morts. Sous le nom de Zhenwudadi, Xuanwu est aussi un dieu, esprit du ciel du Nord et de l'Eau dans la croyance taoïste.

Enceintes Autour du pôle nord céleste, les Chinois distinguaient trois zones étoilées qui semblaient chacune cernée par une enceinte, d’où leur nom des « trois enceintes ».

L’« enceinte impériale » ou « enceinte supérieure » se situe autour d'α Ursae Minoris, autrefois considérée comme fixe, axe du ciel. On croyait que les étoiles et les dieux stellaires qu’elle abritait gouvernaient les destinées de l’empereur et de sa famille. L’« enceinte du palais d'en haut », ou « enceinte moyenne » autour du Lion, de la Vierge et de Cassiopée, gouvernait les ministres et fonctionnaires du palais. L’« enceinte du marché céleste » ou « enceinte inférieure » autour d’Ophiuchus, de l’aigle et d’Hercule représentait l'administration locale. Les étoiles et astérismes de ces enceintes portaient des noms en rapport avec leur symbolisme, titres officiels ou nobiliaires par exemple.

Légende du Bouvier et de la Tisserande Les étoiles dans le ciel ne constituent pas seulement la base des lectures astrologiques, mais également la matière de nombreux contes. Par exemple, le triangle d'été est un trio constitué du bouvier, un jeune paysan (Alpha Aquilae/Altair), de la tisserande, une fée (Alpha Lyrae/Vega) et la fée Taibai (Alpha Cygni/Deneb). Le bouvier et la tisserande, époux séparés par décret céleste, se tiennent chacun d'un côté de la rivière argentée (la Voie lactée). Chaque année, le septième jour du septième mois dans le calendrier chinois, jour de la fête de Qi Qiao Jie, les oiseaux forment un pont à travers la Voie lactée. Le bouvier le traverse avec leurs deux fils (les deux étoiles de chaque côté d'Altaïr) pour une réunion annuelle avec leur mère fée. La fée Taibai chaperonne les deux amants.

Les quatre gardiens célestes

Les vingt-huit maisons lunaires sont classées en quatre quartiers contenant sept constellations chacun. Ils sont identifiés à quatre créatures fantastiques, gardiens célestes. Les constellations ou étoiles notables auxquelles ils sont rattachés sont indiquées à leur suite :

La forme des animaux-gardiens ainsi que la répartition des couleurs se sont fixées sous les Han sous l'influence de la théorie des cinq éléments.

La licorne jaune (qilin) est associée au cinquième élément, la terre.

Signes chinois Ce sont douze animaux qui apparaissent dans l'ordre suivant : Rat ou Souris ; Bœuf ou Buffle ; Tigre ; Lapin ou Lièvre ; Dragon ou Lézard ; Serpent ; Cheval ; Mouton, Chèvre ou Bouc ; Singe ; Coq ou Phénix ; Chien ; Cochon, Sanglier ou Éléphant.

Dans certains pays les ayant adoptés, le chat remplace le lapin et l'ours remplace le porc, il en va ainsi aussi pour d'autres animaux. Ces signes sont associés dans le cycle sexagésimal chinois aux douze rameaux terrestres, qui en combinaison avec les dix tiges célestes constituent le système chinois de décompte du temps le plus anciennement attesté.

Légendes Des légendes relatent comment les animaux furent choisis et comment fut déterminé leur ordre. Le plus souvent, la sélection se fait par le biais d’une course sous l’égide de l'Empereur de jade, chef des dieux, ou du Bouddha. Parfois c’est le porc qui arbitre, et les incidents se multiplient du fait de son incompétence. Les trois anecdotes les plus connues : La course s’achevant par la traversée d’une rivière, le bœuf, bon prince, aurait accepté de transporter le rat entre ses cornes. Mais au moment de toucher la rive, celui-ci sauta à terre, devançant le bœuf ; c’est ainsi qu’il devint le premier signe. L'absence du chat serait due à la malice de son ami le rat, que l’Empereur de Jade avait chargé de convoquer les animaux pour la sélection des signes du zodiaque. Trompé par le rat, le chat ne se réveilla pas à temps, et c'est depuis qu'ils sont ennemis naturels. Il a néanmoins été retenu dans la version vietnamienne où il remplace le lapin. Lorsque l'Empereur de Jade organisa une fête avec 13 animaux qui peuvent aller dans des étoiles, le rat trahit le chat et ne le réveille pas quand il fait la sieste avant la fête, parce qu'il n'aime pas le chat. Arbitrage du porc : Le porc avait réussi à persuader l’Empereur de Jade de le choisir comme juge de la valeur relative des différents animaux. Il commença par faire enrager le tigre et le dragon en les plaçant derrière le rat et le bœuf. Ils firent un tel scandale qu’il fallut les apaiser. Le singe dessina sur le front du tigre le caractère "roi" (王) qu’il porte toujours, pour lui confirmer son titre de souverain des animaux terrestres. Quant au dragon, le coq, qui à l’époque portait des cornes, les lui offrit en guise de couronne et il fut consacré roi des animaux aquatiques. C’était sans compter sur le culot imbattable du lièvre. Il sortit des rangs pour défier le dragon à la course. Celui-ci accepta ; les deux adversaires allaient de front quand le lièvre se dirigea vers un bois. Les nouvelles cornes du dragon se prirent dans les branchages et il perdit. Il en blâma le coq qui, vexé, exigea la restitution de son cadeau. Le dragon lui répondit qu’il lui rendrait les cornes quand le Soleil se lèverait à l’ouest, et c’est depuis ce jour que le coq supplie tous les matins le Soleil de se lever de ce côté. Le lièvre devait sa rapidité en partie au chien qui lui avait conseillé de couper sa queue autrefois longue. Après sa victoire sur le dragon, le chien vient le féliciter, espérant des remerciements. Mais le lièvre lui dénia tout crédit dans sa victoire. Furieux, le chien le mordit et fut placé en queue de la série en punition.